%: I W ' -^ yj//- ^ ANNALES DES SCIENCES D OBSERVATION TOME IV T^c^^f% IMPRIMERIE HE H. FOURNIEH, BUE DE SEIKE, N° i l\. ANNALES DES SCIENCES D'OBSERYATION , (JOMPRENAST l'AstHONOMIE , LA PhYSIQIJE, LA ChIMIE, LA MlNERA- LOGIE, LA GeOLOGIE, LA PhYSIOLOGIE ET l'AnATOMIE DES DEUX REGNES, LA BoTANlQXJE, LA ZoOLOGIE ; LES THEORIES MATHEMATIQDES, ET LES PRINCIPALES APPLICATIONS DE TOUTES CES SCIENCES A LA MeTEOROLOGIE, A L'AcRICULTrRE, AUX ArTS ET A LA MeDECINE ; PAR MM. SAI6EY ET RASPAIL. TOME IV, ROUEN FRERES, LIBRAIRES-lilDITEURS , RUE DE L'eCOLE DE MEDECINE ; n" i3; BRUXELLES , AU DEPOT DE LA LIBRAIRIE MLDICAtE FRANCAISE., i85o. ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION MEMOIRE SIR LES COULEtTRS PRODIUTES PAR I ES SURFACE^ DES METAUX ET DES CORPS DIAPHANES, LORSQu'oN LES A HAYEES ; PAR M- BrEAVSTER. ( Extrait. ) M. Brewster dit avoir lu, le 5 fevrier 1825, a la Societe royalc d'Edimboiirg, un extrait des recherches qu'il avait entreprises depuis un an, concernant Taction des surfaces rayees snr la lumierc; mais ayant bientot appris que Frauenhofer s'occupait d'observations ana- logues, qui furent presentees a I'Academie royale de Munich, le 14 juin 1823, M. Brewster crut devoir interrompre son travail; il en public aujourd'hui les resultats principaux, sur I'avis que vient de lui donner M. Yelin, I'anii et le coUegiie de Frauenhofer, que les phenomenes dont lui, M. Brewster, s'etait particuliereinent occupe, avaient entiercment echappe a I'attention du physicien bavarois. «Lorsqu'une surface nietallique, plane et poiie, est couvertc de traits egaux et equidistans, on designera par m la largeur de chaque trait ou de la portion de surface que ce trait aenlevee, et par n la largeur de I'espace compris entre deux traits voisins , ou de la por- tion de surface primitive, qui est demeuree en place. Alors. si I'image d'une chandelle est observee par reflexion , sur une pareille surface (la trace du plan de reflexion etant parallele aux traits) , on la verra accompagnee d'autres images, qui presenteront les couleurs du prisme , et qui seront rangees a droite et a gauche de la premiere . sur une ligne perpendiculaire aux traits. L'image mediane est legt- 4- • rcmt'iU colonV ; elK; est due a hi reflexion dcs portions n de la stn-- fmc nietallique , tandis qne les autres images proviennent des portions w. On pout ie deniontrer, en auf^mentant m et diminnant n indefiniment ; ear aiors les images eolorees acquierent leur niaxi- ninni d'intensite , tandis que i'iniagc mediane devient extremenienl faihlc; et \ice versa, qiiand on angiuente n el qu'on diminue w. La production do ees images eolorees, leur distance a Timage me- diane, el la dispersion de lenrs couleurs, ne dependent que de w-|-;/, on du nombre dcs traits qui occupent une largeur donnee; et les lois de ces phenomencs ont ^te soigneusement determinees par Frauenholer. >) En examinant ccs images eolorees, continue M. Brewster, j'ai observe, dans quelqucs cas , une disparition singuliere de ccrtaines couleurs , qui variait avec Tangle d'incidence, et qui n'affectait qoel- quefois qu'une seule de ces images. Cette absence de couleur se faisait remarquer quelquefois dans les systemes de traits tres-rap- proches, et d'autres fois dans les systemes plus espaces; on ne pouvait Tattribuer a quelque cause accidenlelle, vu sa symetrie de position. Dans une experience oi"! ce phenomcne etait tr^s-marque, jc fus surpris de voir que I'image reflechie par les portions de la surface primitive de I'acier, se trouvait fortcmenl coloree, que sa teinte variait avec I'angle d'incidence , et qu'elle paraissait liee a I'absence de certaines couleurs dans les images prismatiques. » Jusqu'alors j'avais employe un rayon de lumierc fourni par uii petit trou circulaire ; mais afin d'observer sur une plus grande eten- due, je me servis ensuitc d'une longue fente etroite, qui me don- nait un faisceau convergent de 5o on ^o degres. Je vis alors des phenomenes du plus haul interet. L'image ordinaire de I'ouverlure ( Ibrmee par les espaces n) , fut coupee dans une direction perpen- diculaire a sa longoeur, par de larges franges eolorees, dont les teintes variaicnt de o a 90 degres d'incidence. Ceci fut observe suv plusieurs plaques ayant de 5oo a 10000 trails par pouce. Dans un cas oi'i la surface avail 1000 traits, on n'observa pas moins de (|uatre ordres de couleurs, savoir : blanc, sous I'incidence de 90'',oo' ; jaune 8o,5o; ronge-orange 77,3o ; violet 76,20; limile du violet et du bleu 75,40; bleu-brillant 74iJ<'; blanchatre 71; jaune ()4,45r violet 59,45; iimite du violet el du bleu58,io; bleu 56; vert- bleuatre 54,5o ; vert-jaunalrc 53, 1 5 ; vert-blauchiitre 5 1 ; jaime-blan - ( "• ) cliutre 49; jaune /i^jiS; jaiinc-violet 4' ; ^(lugL'-^iolet 30; violet- blanthntre 3i ; vert 24; jaune 10; rougeatre o. » Ce sont €-videnin)cnt les couleurs des anneaux reflcchis par les plaques minces. En faisant varier raziniutli dc la plaque d'acier , on obsenait toujours les memes couleurs, sous les memes incidences ; et ces couleurs n'eprouvaient aucun changement , lorsqu'on \a- riait la distance de rouverture on celle des yeux de I'observateur. » J'ai ensuite examine differentes autres plaques qui jonissent de la meme propriete; quelques-unes foumissent trois ordres de cou- leurs, d'autres n'en fournisscnt que dcux,ou qu'un seul , on meme seulement une ou deux tcintes du premier ordre. » Ici M. Brewster donne I'enumeration des teintes fournies par 6 plaques d'acier , ayant de 5oo a 2000 traits par pouce , et par 6 autres plaques de cire , ayant de 2000 a 10000 traits ; il en resulto que plus il y a dc surface enlevee par les traits , plus les teintes sont brillantes , et plus elles comprennent d'ordres de couleurs. II etait alors curieux de voir ce qui arriverait, quand on aiuait enleve a peu pres toute la surface. On fit en consequence 2000 traits par pouce, niais de maniere a enlever a la surface presque toute sa par- tie polie, et Ton obtint quatre ordres de couleurs, sous des inci- dences plus fortes que dans I'exemple precedemment cite ; car Irs limites de ces ordres de couleurs se trouvaient a 80 degres, a 69° 4o^ a 48° et a 10° d'incidence. » Tels sont les phenonienes que presente I'iniage todinaire , for- mee par la reflexion de la lumiere sur les cspaces n ; je vais main- tenant examiner les images prismatiques dans la plaque d'acier dont \e me suis deja servi, et qui a 1000 traits par pouce. Voici ce que i'observai : » Soit AB (pL 5, fig. i) I'image de I'ouverture rectangulaire , reflechie par les espaces n, et ab,ab', a"b", a " b ", ses images prismatiques, oil TV, Tv', etc., sont les bordsviolets, et rr, r'r', etc., les bords rouges. Dans le premier spectre nh, les rayons violets disparaissent en m, sous une incidence de 74°? ct les rayons rouges, en n, sous une incidence de 66"; les couleurs intermediairos, bleu, vert, etc., etant detruites dans des points situes entre m et n, et sous des incidences comprises entre 74° ^t ^°- Dans le second spectre a' b', les rayons violets disparaissent en m*. sous une inci- dence do 06° 20', et les rouges en n' a 55' ^5'. Dans le Irolsicmc ( ■'• ) spectre a" li' , les rayons violot.s sinU dotriiits en m" a 5^°, et les rouges on a" i\ {\i°'b'i>'. Enfin dans le cjitatrihne spectre a'" b'", les rayons violets n'existcnt phis on m" a 4S°i ni les rayons rouges en n'" a 25" 3o'. >> line pareillc seiie dc lignes obscures s'observe encore sur toutes les images prisniatiques, a dc molndres incidences, comme on le volt en ^ 1 , ^' v , oil les rayons violels disparaisscnt en /w , les rouges en V , ct les coulcurs intermcdiaires entre res deux points. Dans ce second ordrc dc bandcs obscures, la ligne ,« >' commence et fmit sous les nicmes incidences que la ligne m" n" de la troisieme image prismatique a" 1)"; la ligiie /"'t', sur la seconde image, correspond dc meme a la ligne m"n"', sur la quatrieme image. Ce singulier genre d'obliteration de couleurs est represente plus distinctement dans la figure a , oi^i Ton a marque la bande mn sur la portion rrv v de la premiere image prismatique. )) Pareille chose arrive pour Timagc ordinaire AB. D'abord, le violet disparait en o, le rouge en p, et les couleurs intermediaires cnlre ces deux points ; ce pn^mier espa(;e obscur ne correspond a aucun dc ceux des images piismatiques. En second lieu, le violet disparait en q et le rouge en r; et cct espace correspond aux espaces m'n' de la seconde image prismatique, sous le rapport des inci- dences. La troisieme disparitiou du violet arrive en s, et celle du rouge en t ; et cet*espace correspond aux espaces //' '' , m'" n'" des seconde et q^fcritmeJmages prismatiques. » Mais dans tous ces cas, les points m, n, ^, v, etc. , indiquent seulemcnt les minimum d'intensite , ou les maximum d'airaibllsse- ment des teintes; car celles-ci ne disparaisscnt jamais complete- ment, ct les couleurs placees sur la ligne mn, par exemple, fer- ment un spectre oblique, qui contient tous les rayons solaires. >) L'analysc de ces phcnomcnes curieux, et en apparence com- pliques, dcvient tres-simple, lorsqu'on les observe avec une lumiere homogcnc. Avcc la Inmicre rouge , on obticnt I'imagc ordinaire AB de rouverturc, reflcchic par les portions n de la plaque d'acier, et de chaque cote de cette piemiere image , les quatre images qui correspondent aux images prismatiques , comme le montre la figure 3. Toutes ces neuf images sont formees de lumiere rouge pure, qui disparait en quinze endroits, c'est - i\ - dire qui presente un pareil nombrc dc minimum. Les centres p,r, t,n, ", etc., de ( 5 ) CCS lathes rectangulaircs correspondent aux points marqui'-s dc» mcmes Icttres, dans la figure j. Si Ton so fiit servi dc liuniere violette, les centres de ces taches obscures eussent correspondu aux points o , q , s , m , /« , etc. , de la meme figure i . » Voici les positions exactes de ces minimum, pour les rayons extremes du spectre solairc. Rajons rouges^ p = 76'',oo'; n = 66,00; r = n' = 55, 45; v=n"=4i ,35; t = '' = n'" = 23, "bo-Rajons violets, p=r8i,3o; n = 74; r = n' = 66, 20; v=zn" = 57;t = .'=n"'=48. » Lorsque la meme plaque d'acier, ayant 1000 traits par pouce, est exposee a la lumiere ordinaire, et que le rayon incident est tres- pres de la normale, les 5% 6% 7' et 8" images prismatiques sout reunies en une masse blanchatre, terminee exterieurement par un espace noir. Si I'angle d'incidence s'accroit, les 6% 7% 8' etg'' images se confondent les unes dans les autres; ce sont les 7% 8% 9' et 10' images qui se melangent, quand on augmente encore I'incidence; et ainsi de suite, I'espace exterieur noir s'eloignant de I'image ccn- trale AB, a mesure que Ton augmente rohliquite des rayons incideus. » Ayant couAcrt cette plaque avcc dc I'eau, puis avec de I'huile de cassia, je trouvai que, pour la meme incidence. I'espace noir s'eloignait aux distances angulairessuivantes: air 12", 25'; eau 17, 1 5; huile 21, 22. Les sinus de ces angles sont en raison inverse des in- dices de refraction pour ces trois milieux. « J'ai observe des phenomfenes analogues a ceux que jo viens dc decrire, en rayant des plaques d'or, d'argent, decuivre, despath- calcaire , etc. » M. Brewster a cherche ensuite a comparer, sous ce rapport, des matieres solides differemment refringentes ; mais il n'est pas amvc a des resultats satisfaisans et comparatifs. Alors il s'est borne aux plaques d'acier et de cire, ayant de 5i3 a 10000 traits par pouce, sur lesquelles il repandait successivement de I'eau, de Talcool et de I'huile de cassia. Ces trois liquides , difleremment refrangibles, I'ont conduit a cette consequence, que sous une meme inri) II suit de la qu'il faut bien se garder d'admettre une diminution dansle pouvoir refringent des espaces//, provenantdelamatiere que Ton enleve en rayant les corps, soit metalliques, soit transparens. Dans I'hypotlu'se de Remission de la lumiere, on doit considerer cette souslraction de matiere comme equivalente a une diminution de densite de la surface; et dans le systfeme des ondes, cette cause peut alterer la densite de I'ether on son elasticite, autour des nom- breuses saillies produites a la surface du corps. [Philosophical Transaclionx ; 1829, pag. 3oi. ) (l) Vnyez ces Annalcs. t. Ill, \>. 3.1 (9) RECHERCHES suR l'intensite magnetique de differens lieux de l'aliemagne et DES PAYS-BAS ; PAR M. QCETELET. ( Exlrait. ) nDepuis quelques annees, les savans se sont occupes avec assi- dnitt; de recherchcs sur I'intensite magnetiqtie ; et deja Ton est parveiui a deduire dc I'ensemble de leurs observations plusicurs re- sultats curieux... M. Hansteen a publie recemment des cartes ma- gnetiques, d'apres ses propres observations et cclles des voyages les plus habiles. Le parallelisme et la regular! te des lignes isody- namiques n'est certainement pas un des resultats les moins curieux dece travail; mais il serait a desirer maintenant que de nouvelles observations vinssent remplir les lacunes nombreuses qu'on re- marque encore sur la carte de M. Hansteen , afin de verifier si les conclusions que ce savant a deduites des recherches anterieures , se confirment ou presentent des anomalies pour quelques points particuliers. 1. On remarque avec peine que la carte de M. Hansteen ne prc- sente, pour tonte la France , qu'une seule observation de I'intensite magnetique, celle qui concerne la capitale; et qu'il ne s'en trouve aucune pour le royaume des Pays-Bas. Ayant eu occasion, pendant I'ete de 1829, de faire un voyage en Allemagne , par ordre de notre gouvernement, j'ai tire parti de cette circonstance pour determiner I'intensite magnetique a Bruxelles, en la comparant a celles que j'obticndrais dans d'autres villes , ou des observations pouvaicnt avoir eu lieu antcrieurement , et pour faire en meme temps des observations dans des lieux ovi I'intensite n'avait point encore ete determinee : c'est I'ensemble de ce travail que je presentc ici , en meme temps que les resultats des calculs que j'ai etc dans le cas do I'airc pour rendrc mes observations comparables. » ( »o ) Ces observutioHS out etc ftiites avec deux aiguilles pareilles a celles lie M. Hansleen: cc soul dcs cylindres d'acicr d'enviroii 66 milli- aietres do longueur, sur 4 millimetres de diainttre, termines en pointes, et suspendus a iin fil dc soie. On cherche le temps em- ploye par ces aiguilles pour faire cent oscillations; on ramene I'ob- scrvation a une temperature commune dc m" R; on corrige cette observation de la tres-petite perte de magnetisme qu'ont eprouvce les aiguilles durant le voyage, en la supposant reguliere; on prend comme unite la force magnetiquc pour Altona, oy\ MM. Hansteen et Sabine ont fait leurs observations , et Ton obtient les resultats sui- vans, la premiere colonne indiqiiant les stations ; laseconde, les mois et jours de I'annee 1839, qui cxpriment la date de I'observation ; la troisieme , la duree en secondcs de cent oscillations ; la quatrieme, les rapports dcs intensities magnetiqucs horizontales ; et la cinqui^mc, le nuniero de I'aiguille avec luquelle on a fait I'observation corres- pondante : Rruxelles 3 jiiillet. Bnixellos .... 3 id. Altona '. 19 id. Allona sg et iS id. Hreine 27 et 28 id. Berlin, 1" station 5 aoftt. Tierlin , 2*" station 10 id. Berlin , 2" station 10 id. Dresde ic) id. Leipsig 24 "^■ Weimar 28 et 29 id. (jotha 2 septeinbre. Gcettingue 4 id. Goettingue 4 id. Cassel 7 id. Krancfort 10 id. Krancfort „ 10 id. Darmstadt 16 id. Sommet dii Krenigstuhl 21 id. Heidelberg. 22 , 23 et 24 "'. Heidelberg 23 et 24 '^• Chateau de Heidelberg 24 id. IVlannheim 26 id. Cnblence • . 28 id. Bonn 29 id. Aix-la-Chapelle 3 octobre. Macstrichl .'< di. Mais jiour delcruiiner les inlcnsites magnelique? lotales, il I'au- 374",66 1,0254 392,13 1,0236 379,38 1 ,0000 396.73 1,0000 40 1,53 0,9785 3qo,70 i,o3i 1 391,57 1,0265 373,57 i,o3i4 382,53 1,0756 386,72 1,0524 387,09 I ,o5o/j 387,f)3 1,0475 390,71 . , i,o3io 390.74 i,o3o9 389,03 1,0^^00 385, 16 1,0600 368,19 1,0617 383,27 380,95 1,0715 i,oSi6 38., 93 1,0790 .,0854 364, ' 5 ,382,24 1,0773 384,85 1 ,0626 386,69 1,0526 389,60 1 ,0370 390,70 i,o3i 1 389,31 i.oSS.S ( >• ) drait connaitre rinclinaisoii de I'aiguille a chacune de ces stations ; malheurcuseineiit on ne connait gueie que les suivantes : Bruxelles G8° 56',5 Dresde d-;" ^i',7> Berlin 68 42 Goeltingue, ... 68 Sg Leipsig 68 08, a Francfort .... 67 Sa On pent a I'aide de ces inclinaisons et des intensites magnetiqiios horizontales, calculer les intensites totales, on du moins leurs rap- ports. Mais I'auteur n'a pu rapporter ces intensites totales a ceiles que JM. de Humboldt a Irouvees au Perou , sous I'equateur magne- tique, et a Paris; la premiere etant designee par I'unite et la se- conde par 1,5482. II a vainement cherche a lier ses propres obser- vations avec ceiles de Paris, en recourant aux observations que MM. Hansteen et Sabine ont faites a Paris et a x\ltona ; car toutes ces observations sont assez discordantes pour qu'on ne puisse regarder comme bien probable la moyenne 1,544^? adoptee pour I'intensite magnetique totale a Bruxelles. ( Memoires de V Academic de Bruxelles , t. 6.) THEORIE PHYSIQUE DE LA COMMl'MCATION DU MOUVEMEKT A DISTANCE, ET EN PARTICILIER DU MAGNETISME EN,MOUVEMENT OV PAR ROTATIOS ; PAR M. Saigey { Suite de la naire 53 du tome J II. \V^ Partie. Lois des distances. Dans la premiere partie de ce niemoire, j'ai resume toutes les rechorchcs qu'on a faites sur le magnetisme en mouvement. Les plus imporlantes sont evidemment ceiles de M. Arago , pour les experiences directes, et ceiles de M. Poisson , sons le point devuo llieoriquo. En effet , M. Arago est le seul qui ait parfaitement eirconscrit I'^tude de cettc nouvellc branche de la physique, en f 12) caiaclerisant , dans leiirs principale;; tiiconstances, les Irois coiu- posantcs rectangulaiics cic I'acliuu qu'iiii ilisque metallique cii moiivement exercc sur vine aiguille aiinantee ; et iM. Poisson, au luoyen de Tanalyse, a reduit en forniulcs, non-seulenient les com- posantes paralleles au plan du disque, que Ton conuaissnit deja , mais encore la composante noruiale , dont sa tlieone avail indique I'existencc. Toutcfois, la coniparaison des resultals numeiiI. Pois- son a formes pour certains cas, ayant ete omis par la meme raison. Sans vonloir dcprecier ici une analyse profonde et souvent tres- elegante, sur laquelle d'ailleurs je reviendrai dans un article spe- cial, il me scmble qu'on pourrait arriver plus simplement etd'ime maniere plus immediate, aux resultats effectifs que Ton a en vue, faire en un mot beaucoup moins de frais analytiques pour si peu d'applications , et mettre le tres-petit nombre des formules utiles auxquelles on parvient, a la portee de I'intelligence des experimen- tateurs, sans les condamner a nous suivre dans le dedale de nos calculs. Je ne ferai done point ici un etalage de formules generates ; j'irai droit aux solutions des problemes dont j'aurai a m'occuper , sauf ensuite a les coordonner ou a les enchainer les unes aux autres. Description de V appareil. J'ai donnc , dans un precedent article (i), la description d'un ap- pareil trcs-simplc, au moyen duquel j'ai fait quelques experiences preliminaires sur les phenomenes qui nous occupent. J'ai trouve , de cette maniere, que Taction absolue d'une plaque de cuivre , sur une tres-petite aiguille aimantee, qui oscillc dans une direction (») Aniiales, t. II , |) ( i4 ) pnrallele, est sensiblcnicnl on rti'xMm invfirsc dti carru dc la dis- lance. Mais, hien que ctUe aiguille nit ete observee a des distances de la plaque, ni tirs-petitcs ni trcs-grandes, neannioiiis j'ai trouve que toutes ces distances dcvaient etre un pen angmentees , pour mettre un accord suffisant entre les resultats de I'experience et les indications de la loi precitee. J'attribuai , mais a tort , toute cette deviation a une erreur sur la position du zero des distances ; car i'avais fait les experiences dans le vide de la machine pneuma- tique, et j'avais reconnii d'une mnniere evidente rinfliieiice de la presence de Fair sur la longueur du fd de cocon qui servait de sus- pension I'l Taiguille. Mais aprts avoir constate, par quelques cen- taines d'experiences tres-varitcs , que les phenomenes du magne- tisme en mouvemcnt etaieut tout-a-fait independans dc Taction de I'air atniosphtrique, j'a^ voulu verifier la loi du carre des distances, daiis Fair libre , et au nioyen d'un appareii tres-precis , dont jc donne maintenant la description. MM (pi. 5 , fig. 4 ) <'st un plateau dc marbre carre ayant 4^ cen- timetres de cote et 24 millimetres d'cpaisseur; il est parfailement dresse sur sa face superieure, que Ton rend horizontale, soit au moyen d'un niveau, soit au nioycn du fil de suspension dc qui tient lieu de fil-;i-plomb. Comme le marbre agirait un peu sur I'ai- guillc aimantee , si cette dcrniere s'en trouvait trop rapprochee, il est necessaire de suspeudrc , pour ainsi dire , la plaque mttallique dont on veut observer Taction amortissante , au lieu de la poser immediatcment sur le plateau. A cet effet , on a coupe , a la parlie inferieure de la cloche, un anneau de verre AA , lequel, bien use sur ses deux bords et exactement calibre , a 5^ millimetres de hau- teur et ig5 millimetres de diametre , qui est aussi celui de la cloche. On met cet anneau au centre du platea>i ; puis ou le sur- monte d'une plaque metallique PP , d'un tres-grand diametre et d'une epaisseur plus ou moins considerable. Mais, pour preve- nir la flexion de la plaque, on ajoute des supports SS, formes de tubes de verre que Ton a prealahlement uses a leurs deux bouts, en les reunissant en faisceau ; Icur hauteur commune etant precise- ment egale a la hauteur de Tanueau, la plaque est supportec par un nombre de points suffisans pour etre bien plane et bien parallele iiu plateau MM, comme d'ailleurs on peut s'en assiuer dirccteinent. Ensuile on pose la cloche CC sur la plaque, tellonicnt qu'elle (-or- ( 'i ) respontle a pen pr^s a I'anneaii qu'on en a dt'tacln';. Ainsi la plaque PP seinl)le couper la cloche en deux parlies, et ole la plaque mctalliquc ; en second lieu, on a enleve de la parlie int'erieure de la cloche , une portion de verre dont les rides tleforinent les objets que Ton examine an travers. Le verre de la cloche, jusqu'au point oOi elle repose sur la plaque, est mainlenant d'une graude ncttete; et I'aiguille ab, placee u I'interieur de la cloche, pent ctre vue du dehors sans eprouver aucune deforma- tion. La hauteur de la cloche est de 21 centimetres, depuis la plaque PP jusqu'a la tubulure DD'. Celle-ci est garnie d'une nion- ture en laiton non magnetique. La partio inlerieure de celte mon- ture est fixce a la cloche , et divisee par une mince cloison hori- zontale m , laquelle est elle-meme coupee en deux suivant un de ses diametres ; c'esl a travers cette i'ente tres-etroile et a bord* polls, que passe le fil de suspension de I'aiguille. La partie supe- rieure de la monture entre a frottement dans la pnrtie inferieure , ou elle penetre jusqu'a la cloison ni. Cette partie mobile porte un arbre horizontal ej avec une pouHe a gorge d; c'estla partie es.senr tielle de la machine, et qui exige le plus d'exactitude dans sa con- struction. Ln fil de cocon , dont I'un des bouts est coile sur I'arbre de la poulie, vient s'enrouier sm- la gorge de celle-ci , et porle u son autre extremite c I'aiguille aimantee a b. Une aiguille fg raorque sur un cercle de verre gradue /u', de i5G milliraclres de diometre , le nombre de tours et de degres que Ton fait faire a la poulie , soit dans vui sens , soit dans I'autre. On a soin de fermer le haul de la monture D' par un couvercle , afin de conserver la poulie aussi nette que possible. Ce n'est qu'apres avoir mis en place le fil de cocon d c , que Ton gradue la cloche, au moyen de fins traits a I'encre , menes du haut en has , sur toute la longueur de la parol. Quand le plateau M M est bien horizontal , le fil de cocon d c disparait entre deux quelcontjues de ces divisions, eloignees I'une de I'autre de i8o tiegres; cette coincidence est un moyen plus precis qu'un niveau a bulie ordi- naire, pour ramencr le plateau M M a I'horizontalite. La moyenne de dix experiences a donne 0,07353 millimetre , pour le chemin parcouru par I'aiguille aimantee , dans le sens de la verficale , correspondant :'i un degrc parcouru par rniguille du cercle ( i6 ) grndiie // /■; et coniine on pcut lire inimedialcment les quarts do degn; marques sur ce cerole, la hauteur de I'aiguille u h est deter- niiiiee a inoiiis dcs deux ccntiemes de millimetre, ce qui est plus que suffisant pour cc genre d'experience. Exviii'ieiices fniies nvtc an diiquc inetalliqtie ires -mince et inch' fin inicn I cl em In. Pour proceder avec ordre, nous considererons d'abord Taction d'un scul point magnetique, austral ou boreal, sur un atome me- tallique qiidconque; puis. Taction de ce meme point magnetique snr una plaque nu'tallique infinimcnt mince et indefiniment cten- duc;ensuite. Taction surcette meme plaque de deux points magne- tiques. Tun austral et Tautre boreal; enfin nous examinerons le cas d'une aiguille magnetique reelle, c'est-a-dire , composee d'une in- finite de points oil predomine, soil le fluide austral, soil le fluide boreal, en presence d'une plaque metallique d'une tres-pelile epais- seur et d'un tres -grand diametre; ce dernier cas etant le seul que Ton piiisse soumettre a Tobservation directe. 1° Vn point mas:ntHique , austral ou boreal, en prcnence d'un atome de cnivre. Si Tatome de cuivre jouissait de la propriete ma- gnetique comme le fer, son magnetisnie naturel se decomposerait en magnetisme austral et en magnetisnie boreal, Tun etant attire et Tautre etant repousse par le point magnetique a Taction duquel on le soumet. L'aimantation de Tatome de cuivre s'opererait sui- vant la droite menee dc cet atome an point exterieur qui agit sur lui; et Tenergie d'une pareille aimantation serait inversement pro- portionnelle au carrc de la distance; c'est-a-dire que Taction exer- cee a son tour par Tatome de cuivre sur un point exterieur, inva- riable de position relativement auxdeuxautres, serait inversement proportionnellc au carre de la distance compris cntre ceux-ci. De cette maniere Tatome de cuivre, dans iequel le point magnetique aurait developpe du magnetisme libre , reagirait sur ce dernier point en raison inverse de la quatrieme puissance de la distance. Mais Taction qui s'exerce cntre du cuivre parfaitement pur et un aimant, est insensible tant que ces deux corps sont en repos; cllc ne devient appreciable (|ue quand Tun est en mouvement relative- ment a Tautre. Dans ce cas. il resterait a decider si Taction muluell»f run pciiul uiagiitiliquc et d'uii alome dc cuivrc, s'exerce siiivnnlla lignc qui les joint, conimc dans le cas du repos , ou suivant la di- icction du mouvement, ou enfin dans une direction inteimediaire. Nous ne ferons a ce sujet qu'une hjpothese provisoirc; pour la conm odite du langagc , nous deromposerons toutes les actions cle- nientaires qui se passcnt entro I'ainiant et Ic cuivre, suivant la droite qui joint deux elemens quelconques, sauf cnsuite a projeter cette ac- liou inuluelle sur des axes diriges arbitraiiemcnt. Ainsi nous dirons ([lie Taction d'un point magnetique sur un atonic de cuivrc , et la reaction du second sur le premier, s'operent suivant la droite qui les joint; que I'un dcTeloppe dans I'autre une quantite de magne- lisuie libre, invcrsement proportionnelle au carre de la distance; ([ue celui-ci reagit sur celui-la , en raison directe de la quantite de son magnetisnie developpe ct en raison inverse du carre de la distance , ce qui donne le lapport inverse de la quatrieme puissance de la distance. Quant a la reaction inutueile des atonies de cuivre, on admcttra aussi qu'elle s'opere suivant la droite qui les joint, en raison in- verse du carre de la distance, et en raison directe du produit des quantitos de magnetisme developpees. Cette reaction a-t-elle lieu pour deux atonies, dans leur etatde repos rclatif, pour deux atonies, par exeniple, qui font partie du nienie corps? ou bien n'est-elle appreciable qu'autant que I'un de ces atonies se nieut par rapport a I'autre? ce sout des questions du meme ordre que celles que Ton pouvait se faire relativcuient au magnetisme produit dans I'etat de repos et dans I'etat de mouvement des aimans et des corps iiietalii- ques ; questions qui ne peuvent etre resolues que par I'oljservation directe, de la inenie maniere qu'on a constate la difference d'aclion des aimans sur les nietaux , suivant que ces corps etaient en repos ou en mouvement. 2° Ln point mas^nelique e.i\ prt!>enct d'nnc plaque nittolliinie inJiiihnenL mince el indeftninienl elendiie. S'il s'agit, par exemple, d'un point magnetique austral a (tome III, pi. 1 , fig. i ) , faisant partie d'une aiguille liorizontale a />, sus()endue par son centre c, ct d'lme plarpie de cuivre A B aussi borizontale ; on considerera le point (I conime le sommet commun d'une infuiite de pyramides infin iment petitcs et indefinimcnt allongees, dirigees dans toutes les 4. ^2 ( ^^ ) tliieclidiis, (Ic inanii-re a enibrasscr loul Tespace aiigulaiie autour dn jioiiil o. L'une dc oes pyraiiiitles sera, par (jxomplc, a mm', qui inlerceple une portion m de la plaque, dans une premiere posi- liou A 15, et une portion w' de la nieiue plaque, dans une seconde position A' B'. Les deux elenicns de .surface ni et w' sout en raison direclc des (;anes des distances a m et a m', on des oarres dcs distances c C el c C' du centre di; raiguiile an centre de la plaque, ces deux cen- tres etant supposes places dans la nieine verticale. Ainsi, a qnelque distance que Ton eloigne la plaque dc I'aiguille, a un element m considere dans une ccrtaine position correspondra toujours un ele- ment »;'--considere dans une autre position , de telle maniere que ces deux elemens soient en raison inverse du carre des distances. D'un autre cote , Taction du point a sur les elemens m et m' , ayant toujours lieu suivant la menie direction, il est evident que les quantitcs de niagnetisme qu'il y developpera diiectemenl , ne pourront plus varier qu'en raison inverse du cnrre des distances. D'oi'i il resulte q>ie les qnanlites ahsolues de niagnetisme deve- loppees en in et en w', sont egales. En effet les intensites magne- tiques de cha(|ue point de m et de «/', etant en raison inverse des canes des distances , et ces memes points etant en nombre propor- tionnel aux carres des memes distances , ces deux rapports com- bines donnent la meme quantite de magnetisme en m et en m>. Ce que nous venous de dire pour ces deux elemens de surface , s'appliqne a tons les elemens qui se correspondent en A B et en A' B'; etsi la plaque est infininient elendue, il est clair qu'a un element m de A !'> correspondra toujours un clen\ent /?.' de A' B'. Reciproquement ///et '//' reagiront suivant la meme direction sur le point a; et, puisque leur quantite de magnetisme libre est la meme , leurs actions sur ce point seront en raison inverse des car- res dcs distances. Par consequent , tons les elemens de la plaque en A B , et tons les elemens correspondans de la plaque en A' B' reagiront sur a, en rai- son inverse du carre des distances cC et cC; et s'il n'y avait a considerer que la rtMCtion de la plaque sur le point a , due a Tac- tion dirccle de ce point siir cliacuu des points de la plaque , on en condurait que la reaction totale est en raison inverse du carre de la dislaii c. ( '9 ) Mais les eloineas ni de la plaque en A JJ , ou mi de la plaque en V B', reagissent les uns sur les autrcs ; et il peut arriver que cetle ic'action augmente nu diminuc !eur magnetismc dc'-vcloppe par le point rt. Consideronsalors deux autrcs I'lenienscorrcspondans^ety', Inn sur la plaque en A B , I'autrc sur la plaque en A' B'. I.c magne- iisme total dc y. et dc a?', de m ct de m', prorenant de Taction directe du point a, etant proportionnel aux surfaces de ccs elemens , le produit magnetiquc my- sera egal au produit magnetique m' y' ; et la distance de m. a y sera a la distance de m' a /^', conune cC est ;i cC, c'est-a-dire en raison directe des distances de I'aiguille i la plaque. Done les actions mutuelles de m et de //, de m' et de /«', seront en raison inverse des carres de ces dernieres distances. De plus, ces deux actions anront lieu dans la nieme direction, entre des I'lemens seniblahlenient places et semblablement ai- niantes. Done Taction de toute la plaque en \B sur son element m, est a Taction detoute la plaque en A'B' sur son element m', dans le rap- port inverse des carres des distances de I'aiguille a la plaque. Done les reactions nsutnelles de tous le? points de la plaque sont dans le mCme rapport. Done enfin, la reaction totale de la plaque sur le point a, en tant qu'elle provient de Taction directe de ce point sur chacun de ceux de la plaque, et des reactions mutuelles de tous ces points, est en raison inverse du carre dc la distance dc Taiguille a la plaque. La resuitante de toutes ces actions sur le point a, coincide evi- demment avec la perpendiculaire abaissee de ce point sur la plaque. Elle se transporte parallelement a elle-meme , en suivant le point a dans ses diverses positions. II est done possible de substituer a Tac- tion de toute la plaque , un seul point, qui sera la projection ortho- gonale du point a sin- cette plaque, et que Ton considerera comnie le si^ge d'une force constante, agissant sur a en raison inverse du carre de la distance. Le problemc qui consiste a determiner, pour toute distance. Tac- tion d'une plaque mctallique sur un point magnetique. lequel se meut parallelement a la plaque, revient done a celui-ci: trouver Taction mutuelle de deux points qui reagissent en raison inverse du carre de la distance. ( 20) ,1" Deux points magncliques , I'lin nuslral el Vniilre boreal , en presence d' line plague infiniment wince el injinimcnt dtendue. Soiont If point magnetiqnc austral a, et le point magncti(|ue boreal b, appartenant a unc aiguille a b suspendue horizontalement, par son eeiilre f,au-dessus de la plaque horizontalede ruiAic AB. Chacun de ces points agissant directcment sur iin meme element m ,\m\ pour y develiipper du magtietisme dans la direction m ) 5° Enfiii , action tolale pruvenanl (l pour la distance .r, que Ton devra employer dans tons les calculs suivans. Ensuite il suiTit de considerer Taction exercee par toute la plaque, sur Tun seulcmcnt des poles de I'aiguille , puisque Taction sur Tautrc ( 33 ) [.ulc fsl piccisumeiU l.i nieme, vu la synietrif de position dc les deux pules lelativcmeiit aii point dc suspension de 1 'aiguille. Si lis deux poles se reduisaient a deux points, donl la distance reci- l)roque fut 3 a, en designant leur intensite coauuune par w , et par ///' I'intcnsile commune des forces qui resident a leurs projections orthogonales sur la plaque , lesquelles tienncnt lieu dc Taction dc toutecette plaque, on anrait pour Taction exercee sur Ttui dc ces poles , Texpression 177 m' (4„"-f .T^ (') dont le premier terme indique Taction, sur le pole en question, de son point projectif, suivant la ligne de projection, et dont le se- cond terme exprime Taction, sur le memcpolo, du point projectit de Tautre pole , action contraire a la premiere , et deconij>osee sui- vant la direction de cclle-ci. Quand la longueur de Taiguillc 2 a sera tres-grande , relativemenl ala distance .rtle cette aiguille a la plaque, le second terme pourra etre neglige, comparativcment au premier; et Taction mutuelle de Tai- guille et dc la plaque sera en raison inverse du carre de la distance . comme je Tavais deja observe dans mcs precedentes recbcrclies. Malheureusement pour la thcorie , une aiguille aimautec , qnelque petite que soit son cpaisseur, relativemenl a sa longueur, ne pourra jamais etre consideree comme ibrmee de deux points magnetiques seulemcnt. Ce magnetisme est appreciable en deux portions as;ez considerables des deux moities dc Taiguille , et la longueur de ces parties sensiblement niaguetiqucs sera toujours de Tordre des dis- tances dc Taiguille a la plaque. Si, en effet, on se sertd'une aiguille extreineuient mince , on sera oblige de la rapprocher beaucoup de la plaque dont elle devra eprouver Tinfluence ; et si on la prend energique, c'est-i'i-dire epaisse, il faudra la tenir ;i de grandes dis- tances, pour pouvoir la considerer comme foimee de deux seuls points magnetiques. Ainsi , quoi qu'on fasse , ce genre d'adion exige qu'on tienne compte de Telendue des pai-ties magnttiijues de Tai- guille, et qu'on prepare les formules en consequent e. Les distances x de Taiguille a la plaque, elant complecs dans le sens de la verticale , prenons Taxe borizontal dtv Taiguille pour cclui desj-, el considerons une particule magneliciuc rn a unc distance ( -^'a ) fHielc()ii(|iie j>', siir I'aigiiillo roellc dniit il est question ; ct, sue la iloiiljrc aiguille fictive qui en est la projection orthogonale . ct qui tient lien tie Faction de toule la |)laque , prenons une parli(-ulc ma- f^neliquc m' a une distance quelconquc r' : Taction niutuelle de ces deux particules , decomposec suivant I'axe de projection ou I'axe des x , atua pour expression , m nil X f{v) f [t) ctant une fonction inconnue de la vilesse relative v des parti- cules w et m'. Waintenant 11 faudrait soiiimer les actions element taires sur toute la longueur de I'aiguille rcelle ctde I'aignille fictive. On pent encore ici partager cette integration en deux , relativement a chacune des nioities de I'aignille rcelle. On voit d'ahord que cette action totale sera dans un rapport plus grand qne le lapport inverse du carre de la distance .r, a cause du terme (r-J"')' *T^' acconipagne x'' au denominatcur et qui est toujours positif. En dcveloppant le denominatcur, on aurait une serie conimcncant para:', et proccdant suivant les puissances impaires et dccrois- santes de x f puis en retranchant le facteur .r du numerateur , on aurait finalcnient pour denominateur une serie commencant par le carre de :r, et proccdant par les puissances paires. Mais I'integra- tion ramenerait en general des puissances paires et des puissances impaires de ,r ; et en degageant le numerateur de ses facteurs en X, Ic denominateur pourrait alors se developper en serie, procc- dant par toutcs les puissances decrc^issantes de x, a partir de ,r". On le mettrait alors sous la forme en calculant «', ft', -,',.•■ , par la melliodc des coefficiens indeter- mines. Dcsignons par M le magnetisme do toute une moitie de I'aiguille rcelle, par M' le magnetisme de toule une moitie de I'ai- guille fictive, pary(V) une valeur moyenne entre toutes cclles dey(7'), ct par c, Z^, :■ ... , les valeurs de »', /?', 7', ..., qui con- viennent a cet etat moyen : on aura, pour exprimer Taction niu- tuelle de ces deux moitics d'aiguillc , la formule ( 20 ) MM'/(V) ( X -|- « + fix -' + y'x-" + •••)'• Eiifin , si Ton pose , pour abreger , X =x-j- ^' + ^:r— + ^ z-" -f . . . . , Taction dc toute I'aiguille fictive, c'est-u-dire ractioo dc toutc la plaque, sur I'une des moides de I'aiguille reelle, sera exprimec par une formuie semblable a la formule (i), savoirpar MM'/tV) MM'/(V).X .N — X^ ^a^-^X^yi^' oil 2 a est la distance nnituelle des deux poles de I'aiguille. L'analyse serait impuissante pour faire connaitre la valeur exacte de X , et nous n'essaierons pas meme dc calculer les premiers termes de son developpement. II nous suffira de les deduire de I'observa- tion immediate , et de prouver , par Ic fait meme , que les coeffi- ciens «, ^, ?,... vontsans ccsse en diminuant , a mesure que Ton rapproche I'aiguille de la forme d'une ligne sans largeurni epaisseur; en sorte que la limite de X est x, auquel cas on retombe sur la forniulc (i), enprouvantainsi que Taction d'un point magnetique sur une plaque metallique est en raison inverse du carre de la dis- tance, et les actions elementaircs en raison inverse de la quatrieme puissance. Par ce procede, nous demontrerons octte derniere pro- position (qui est le but de la seconde partie de notre memoire), et nous trouverons en meme temps des formules simples, capables de representer, avec beancoup de precision, des phenomenes doiif I'extreme complication resisterait a tous les efforts directs de l'ana- lyse. Premiere experience. EUe a ete faite au moyen d'une aiguille plate, en forme de losange. La grande diagonale est de 99,6 milli- metres, la petite diagonale de 8, et Tepaisseur de o,5o. La distance d'un pole a Tautre est de 74^4 '• c'est la valeur de 2 a. Cette aiguille a ete suspendue au-dessus d'un disque de cuivre pur, ayant 5i8,3 millimetres de diametre, une rpaisseur moyenne de 1,1 52 millimetre, determinee en partant de la densite observec 8j8i4. Le parallelisme et Thorizontalite de I'aiguille et de la plaque ( 2b ) L'taieiit si hien etablis, que I'aij^nille a pu osciller, dans une circon- It'ience entiere, a nioins d'nii dixitiiie de millimetre de la plaque. On a eompte les nomhres d'oscillatioiis que raiguille cxecutait depuis I't'cart initial de lo degre.s du meridien magnetique, jus- qu'i\ I'ecart final de i degre. Entre ces deux limites , elle faisait 200 oscillations, hors de la presence du disque. Elle en aurait fail un nomhre indefini dans le vide absolu , et loin de cette cause in- connue dont j'ai dcja paile, et qui reside probablement dans le inagnetisme terrestre. A 17,6 millimetres du disque, elle n'a plus I'ait que g3 oscillations ; proportion gardee, elle en eQt fait 174? si elle n'avait eprouve que Taction du disque. En efiet , les causes etrangeres au disque out amorti le mouvement oscillatoiro de I'aiguille, d'un nombre de degres marque par -^ =— ; resteut 0(200 — n.'i ) , . 1 ,. ^ .,, . ,, , ■ ■ — degres, amortis par le disque en qo oscillations; don 20 Ton conolut qu'il en amortirait g, ou amenerait I'aiguille de 10° a 1°, en 200 X 9^ 200 — 93 oscillations. C'est ce nombre d'oscillations qui est in\ersemcut proportionnel a Taction du disque. ( T^oyez, pour plus dedevelop- pement, ces Ann ales , t. II , p. 1 1. ) En eniployant les deux premieres approximations de X dans la formule (2), et s'appuyant sur les valeurs donnees ci-dessus, sa- voir : pour Tepaisseur de la plaque 6' = i,i52, pour Tepaisseur de Taiguille e=o,5o, et pour la distance des deux poles 2a=74j4» on trouve az=7et^ = — 7, en faisant coincider Tobservation et le calcul, aux distances 1,62 et 17,6 du tableau suivant. Dans ce ta- bleau , les nombres de la premiere colonne sont les distances b , comptees de la face inferieure de Taiguille a la face superieure de la plaque ; la seeonde colonne contient les nombres d'oscillations que Taiguille a executees entre les demi-amplitudes de 10 degres et de 1 degre ; la troisieme colonne donne les nombres d'oscillations que Taiguille eut executees sous Tinflucnce seule de la plaque ; la qiialribme colonne renferme ces memes nombres calcules par la formule ; enfin la cinqiiieme colonne. est deduite de la quatrieme, ct contieul le? nombres d'oscillations que Taiguille deviail executor ( 27 ) reellenfienl: . cii vertu de la nieine fonmile. Ccttc explication coii- vieiit 11 toiitcs les series d'observatioiis que nous rappoilcioiis ci- apres. ' nislances /•. Ost'itlon3 obscni-es. Oscillalions calculies. 0,1/17 2 2,0 — . — o,5i5 4 . 4,' . o,88a 6 . 6,2 . 1,25 8 . 8,5 7,4 . 7'» 1,6a 10 . 10,5 10,5 . 10,0 2,28 14 . i5,i i5,7 . 14,6 3,01 18 . 19.8 21,2 . 19,2 3,75 22 24.7 26,6 . 25,5 4,41 26 . 29.9 3i,5 . 27,2 5,07 3o . 353 36,5 . 3o,9 5,96 35 . 42,4 43,5 . 35,7 7,55 45 . 54,8 55,0 . 45,1 8,82 5i . 68,4 68,6 . 5i,. 10,5 59 . 83,7 83,1 . 58,7 12,5 70 . 108 107 69,7 14,7 80 . i33 i54 80,2 17,6 95 . 174 174 . 93,0 20,6 io5 . 221 222 io5 24,5 118 . ■ 288 290 118 28,7 i5i . 38o 586 I 32 55,8 145 . 5o2 521 144 J9j7 i55 . 689 7i5 1 56 46,5 i65 . 945 908 164 55,7 175 . i4oo 1 564 ,74 Infini 200 Chaquc pole de notre aiguille est eloigne dc 12,6 millimetres de I'extremile correspoiidante , et le magnetisme y est sensible sur plus de 5o millimeties d'eteudue. Avec une pareille aiguille , les actions, a de petites distances de la plaque, sent extremement obliques , et il est remarquable qtie deux corrections suflisent pour mettre tant d'accord enlre le Qjdcul et I'experience. La seconde coiTcclion, dependante de-S, n'affecte guere quo les nombres d'oseillations observees jusqu'a 6 millimetres de distance. Pour arriver a des distances moindies qu'un millimetre, il serail neces- saire d'employer iin terme de plus, dans le developpemcnt dc la formulc (2). J'ai seulenient voulu inontrer ce qu'on obtient par Ic nioyen ile deux de ces teinies. Avec le seul terme constant « , on pent deja descendrc jusqu'a 5 millimetres; et nous aliens voir qu'il suffit a lui seul dans le cas des experiences suivantes. Deuxienie exju'rience. Meme disqne de cnivre que dans la premiere experience ; aiguille cylindiique de ioo,5 millimi'trcs de longueur, sur 0,84 millinictre de diametre. La distance d'un pole a I'extremite correspondante de I'aiguille est de 2,63 milli- metres ; par consequent la distance mutuelle des deux poles est de 95,24 millimetres : c'est la valeur de 2a. Ensuite en trouve c=:i,^ millimetre, et ^= — 0,08 millimetre, pour les constautes des deux premieres approximations de la formule (2). Ces constantes sont , comme on voit , bien moindres que dans le cas de I'expe- rience precedente, et la derniere pourrait etre negligee sans cr- reur sensible. Ceci provient de la forme de I'aiguille , dont tout le magnetisme est , pour ainsi dire, concentre aux deux poles. On calcule ensuite les resultats du tableau suivant , dont les colonnes correspondent ;\ celles du tableau precedent. Distances t. Oscilla lions obseiTtes. 0,184 8 8,8 0,404 1 1 . . 12,6 0,735 >4 16,7 1,36 30 . . 36,0 3,1 3 27 • • Sg^s 3,09 35 . . 58,8 3,82 40 • • 74,4 5,i5 48 . . 108 7,i3 58 . . 176 11,2 70 . . 567 »4>7 75 . . 564 23,1 80 . 1 o65 29'4 83 . . 2o5i Infini. 86,5 Oirillalions c alcukes. 8,8 . . 8,0 12,4 • 10,8 17,3 . . 14,3 26,2 . 20,1 39,1 . 26,9 58,o . 54,7 74,4 ■ 40,0 109 48,3 173 . 57,7 353 69,4 555 . 74,8 ii38 . 80,4 1940 . 83,8 Troisienie experience, Meme disque de cuivre que dans les experiences precedentes ; aiguille cylindrique de ioo,3 millimetres de longueur, ct de 0,66 millimetre de diametrc. Les poles sont cloignes de 1,73 millimetre des extremites corresponduntes ; leur ( ^9 ) flistance mutuellc esl done de 96,84 milliuR-tres: c'est la valeur de 2a. On trouve ensuite , pour les constantes dcs deux premieres ap- proximations de la formulc (2), «=i , i millimetre, et ,5= — 0,06 mil- limetre. Ces coefficiens , compares a ceux de I'experiencc prece- dente, sonl a peu pres en raison inverse des diamelres dos deux aieiiilles. Uiances b. Oicillallo ns observers. OscillatloDS calcuIeeB. .0,147 6 . 6,7 6,9 • . 6,2 0,441 •0 . 12,1 12,1 . 10,0 0,700 i5 . 16,8 16,9 . . i3,i o»99^ 16 . 22,1 22,3 . • 16,1 1,40 20 3o,5 3o,3 . • '9,9 »?99 25 . 45,9 43,6 . • 24,9 3,01 02 . 7i'.4 7'4 • . 32,0 5,82 56 . . 94,5 97,6 . . 56,4 5,i5 42 . l52 149 • 41,7 7,55 47 • 248 257 • 47,5 1 1,0 52 . 5o5 496 . • 5i,9 i4j7 54 . 783 833 . 54,2 22,1 56 . . 1624 1751 . 56,1 294 57 . . 53o6 3o21 • 56,9 Infini 58 . Constqueiice de ces trois experiences. Pour determiner Fac- tion d'une plaque sur une aiguille aimantee, en partant de cette hypothese qu'un element magnetique , toutes choses egales d'ail- leurs, agit en raison inverse du carre de la distance sur un element metallique , lequel reagit sur le premier en raison inverse de la quatrieme puissance , il eut fallu d'abord connaitre la distribution des fluides magnetiques, sur toute la longueur de I'aiguillc , et meme dans le sens de ses trois dimensions; ensuite il eut fallu prendre la somme de toutes les actions elementaires, decomposees suivant une direction commune. Mais le mode d'une pareille dis- tribution de magnetisme est si complique, et les integrations qu'il necessiterait surpassent tellement les forces de I'analyse , qu'on n'obtiendrait en definitive , et apres des efiforts inouis, qu'une ap- proximation douteuse et insuffisante. Au lieu de suivrc cette marche, il est beaucoup plus simple d'assigner, a cette reaction de I'aiguille et de la plaque , le genre de developpemeut qu'eiie ( •'■>o ) comport crai I , si I'on olVectuait leellement le.s calciils. En laissant les coeflkiens indelerniinos, on Ics deduil diiectement de I'ob- scrvation , et Ton passe des formes les plus compliquces de I'ai- guille a ses formes les plus simples, cu observant, pour eliacuii de ces cas, les simplifications que les coustantes en eprouvent. Cest ainsi que, dans les experiences precedenles, les constantcs E et /2 ont sans cesse diniinue de valcur, et meme tres-rapidemciil, a mesnre que Ton se rapprochait davantage du cas ideal d'uue aiguille maguetique sans largeur ni epaisseur ; tellenient qu'a la limitc, il devient evident que ces constantes disparalssent , aussi bien que toutcs celles dont on n'avait pas tenu comple; et Ton arrive ainsi a di'monlrer que Taction d'mie plaque tres-mince et indefiniment ctcndue , sur chacun des p(Mes d'une aiguille magne- tique et lineaire, est en raison inverse du carre de la distance, quelle que soit d'ailleurs la reaction des elemens de la plaque entre eux. Exptrience faile avec una bande metalliqite. On peut encore demontrer la loi suivant laquelle un element magnetique agit sur un element metallique , en employant une bande de cuivre Ires-mince , qui figure une simple llgne droite. Dans ce cas, on fait passer par le point magnetique une infinite de plans qui, venant couper cette ligne dans une direction per- pendiculaire a sa longueur, la partagent en surfaces eleinentaires. Le point magnetique agit, sur ces elemens , en raison inverse du carre de la distance; mais, comme ces elemens ne croissent qu'en longueur, leur surface est proportionnelle a cette dis- tance , et , par consequent , leur quantite totale de magnetismc est en raison inverse de la simple distance. Alors chacun rea- gissant sur le point magnetique en raison inverse de la troisieme puissance de la distance, leur reaction totale, sur ce point, suit la meme loi. D'un autre cote , deux elemens quelconques de la bande metal- lique reagissent les uns sur les autres en raison directe du pro- duit de leurs masses magnetiques , et en raison inverse du carre de leur distance mutuelle. iMais cette distance croit dans le meme rapport que celle de la bande aii point magneticjue exterieur ; de (5, ) plus, chacune ile ccs masses magnetiqucs est eii raison inverse de la mCme distance: Taclion tolalc; dc deux eleniens enlre eux, est done en raison inverse de la quatriime puissance de cetle distance. Done I'aclion exercee par une bande metallique, sur un point niagnetique extcrieur, se comjtosc de deux parties; I'une, en raison inyerse de la troisieme puissance de la distance, pro- veuant de Taction immediate de ce point ; I'autre , en raison in- verse de la quatrieme puissance de la distance, due a la reaction de la baiide sur elle-racme. Si cette derniere partie de Taction pent etre negligee ^ relativement a la premiere, il s'ensuivra qu'ime bande de cuivre agit, sur un point magnetique , en raison inverse dc la troisieme puissance de la distance. On peut alors remplacer la bande metallique par la projection orthogonalc du point magnetique sur cette bande , si Ton consi- dere cette projection comme le siege d'une force constante, qui reagirait, sur le premier point, en raison inverse de la troisieme puissance de la distance. Et, en suivant un raisonnement semblable a coiui que nous avons fait, pour etablir les formules (i) et (2) , nous demontrerions que cette nouvelle action est exprimee par la tbrmule , MM-/(V) (5) dans laquelle les lettres ont la meme signification (|ue dans la for- mule (2). Qitairieme experience. La bande de cuivre est sufTisamment longue pour pouvoir etre consideree comme inlinie, relativement a la distance de Taiguille. Cette bande a 4 millimetres de largeur et 0,96 millimetre d'epaisseur. Elle est placee horizoutalement sur sa grande face, et perpendiculairement a la longueur de Tai- guille ; de telle maniere que le pole de celle-ci est situe dans la verticale du milieu de la bande. Une seconde bande, egale a la premiere, est placee de meme sous Taulre pole de Taiguille, afin dc rendre Taction plus seiisible en la doublant. L'aiguille est cellc que Ton a employee dans la deuxi'eme experience ; pour ( '^2 ) que ses pAles ne sorteut point du milieu ties bantles , on ue la fait osciller qu'enlrc Ics dcmi-arnplitudes de 5" el i°. En se hor- nant a la premiere approximation de X, on trouve « = 0,8 mil- limetre. istttucei b. Oscilhtio 119 observees. Osc illatloi 6 calculees. 0,074 8 . 9»2 . 0,396 3o . 58,9 59> . . 5o,o 0,755 40 . . 116 ii5 • 39^9 1,47 5o . . 275 298 • 5o,7 2,21 56 . 671 611 . 55,6 5,68 60 . 5535 1 680 • 59,0 Iidini 1 , 1 Si Ton voiilait descendre jusqu'a la premiere distance, qui est moindre qu'ini dixieme de millimetre, il faudrait prendre un terme de plus dans le developpement de X; mais ['accord est assez satis- (aisant, et Ton pent condure de cette experience, qn'une bande etroite a^git sur un point magnetique , en raison inverse de la troi- sieme puissance de la distance ; conclusion qui s'accorde avec celle du paragraphe precedent, pour assigner aux actions elemenlaires la loi inverse de la quatrieme puissance de la distance. Experience faite avec ime particule melallique. Chiquieme experience. II etait curieux d'observer directement la reaction d'un point magnetique et d'une particule de cuivre. Qu'on se represente deux petites plaques de ce metal , m el m' {Tome HI, pi. i ,Jig. 5), de 4 millimetres de longueur et de lar- geur, et de 1,2 millimetre d'epaisseur; elles sont collees par leurs grandes faces, sur des fds de soie tres-fins pq et p' q', tendus horizontalement entre les montans /»/", qg,pi/\ q' g' do deux petits supports en bois , qui sont places dans une direction perpen- diculaire au meridien magnetique e e'. L'aiguille aimantee ab , la meme qui a servi a faire la deuxieme experience , est suspendue au-dessus de ce systeme, de telle maniere que ses poles soient dans les verticales des centres des plaques. Quand on fait osciller l'aiguille en une position determincc , il (35 ) faut qu'on puisse adQiettie que ses pules restenl a la mC-mc dis- tance des deux plaques, dans toute la course d'une oscillalion. On devra done recartcr ties- pea du meridicn magnetique, d'un ou de deux degres, par exemple. Si le niagnelisme de I'aiguille etait concentre a ses deux poles , comme en deux points geometriques ; si en menie temps, les pla- ques ni et /;/ pouvaient Ctre assimilees a deux particules de cuivre , raction niutuelle de ces systemes de points serait en raison inverse de la quatrieme puissance de la distance, celle-ci etant supposee assez petite pour que a ne puisse reagir sur m', ni b sur m. Mais dans la realite, il faudra recourir a la formule MM'/(V) (4) ou les lettres ont la nieine -valeur que dans la formule (2). En se bornant a la premiere approximation , on trouve les resultats sui- vans : Oscillntions faites de 2° a 1° d' amplitude ; a = i,5 inillimttre. )islaDces b. Oscillation s ohserv,-es. O.-ciUalions calcuUi-. 0,125 6 . 9^6 9,6 . . Co o,588 9 • 20,6 21,6 . • 9j2 0,809 12 . 48,0 48,0 . 12,0 147 14 . 1 12 117 . i4,i 2,10 i5 . 240 227 . i'h9 InCni 16 Oscillalions Jailes de 3° a 1° d' amplitude ; ^ =^ \^[^ millimelre. 0,110 i5 . 24,0 25,0 • i4»^ o,386 20 . 54,1 57,6 . 20,6 0,754 3o . . 120 120 50.0 1,52 35 . . 280 275 • SI, 9 2,21 38 . . 760 721 • 57»0 InGni 40 II est done encore demontre par celte experience directe, que 4. 5 (34) la reaction d'une particule nietallique , sur uii point magnetique, est en raison inverse de la qiiatrieme puissance tie la distance. Eu egard a la rapidite avec laquelle cette action diminue , a mesure que la distance aiigmente, il ne paraitra pas surprenant que des plaques aussi petitcs que celles de I'experience precedentc, aient pu reduire a un tiers le nombre des oscillations de I'aiguille , pour la distance d'environ un dixieme de millimetre. Experience faite avec une plaque d'une epaisseur indejinie. Nous avous vu precedemment qu'une plaque de cuivre d'une etendue indefinic, et d'une epaisseur tres-petite, agit sur un point magnclique exlerieur, comme la projection de ce point sur cette plaque, cette projection etant le siege d'une force constante agis- sant en raison inverse du carre de la distance, En designant par 777 I'intensite magnetique d'une plaque ayant I'unite d'e- paisseur , 77? dx sera I'intensite magnetique de la plaque , re- duite a I'cpaisscur infiniment petite dx , et situec a la distance x. Son action sur le point magnetique exterieur m' sera done expri- mee par m mdx Or, si Ton empile les unes sur les autres, une infinite de plaques semblables a celle-la, formant une epaisseur e, la masse magne- tique de chacune d'elles sera exprimee par 777 dx ; et leur action totale sur m' sera I'integrale de I'expression differentielle prece- dentc, prise depuis la distance b du point magnetique a la pre- miere plaque, jusqu'a la distance b-\-e Ae ce meme point a la derniere plaque. De plus , les differens points de la plaque , qui representent Tac- tion de ses tranches elementaires, reagissent les uns sur les autres, mais d'une maniere constante, puisque ces points sont le siege de forces constantes. Cette reaction s'opere en raison directe du pro- duit des masses 777, et en raison inverse du carre de leur distance mutuelle ; elle modifie I'intensite magnetique de ces differens points, et par suite', Taction de ceux-ci sur le point 777'. (55 j Mais en considerant toutes ces actions couime superposees, on aura prouve qn'une plaque d'une epaisseur quelconque, reagit sur un point exterieur niagnt'lique, commc le ferait la droits qui me- sure cette epaisseur, en prenant cette droite dans le prolonge- ment de la perpendiculaire abaissee de ce point sur la plaque, et en supposant que les diffeiens points de la meme droite sont le siege de forces egalcs , constantes , agissant en raison inverse du carre des distances, soit sur eux-niemes, soil sur le point magne- tique exterieur. L'action totale de la plaque sur ce point, se composera done de deux parties; I'une provenant de I'epaisseur de la plaque, consi- derce coninie une aiguille lineaire qui serait dans la direction de ce point , et qui aurait une ugale intensite magnetique sur toute sa longueur; I'autre, provenant d'une seconde aiguille qui coincide- rait avec la premiere, et qui representerait le resultat de Taction de celle-ci sur ses proprcs points. Quand au lieu d'un seul point magnetique exterieur, on a k con- siderer une aiguille reelle , aimantee , chacun de ses points donne lieu a deux aiguilles fictives, comprises dans I'epaisseur de la plaque , et dirigees suivant la perpendiculaire abaissee de ce point sur cette pla(|ue. II faut ensuite tenir compte de la reaction de toutes ces aiguilles fictives, les unes sur les autres, ce qui complique sin- gulierement le probleme. Dans le cas oii Ton regarderait ces reactions conime tres-laibles , dans I'bypothese ou ellcs seraient meme nuUes, vu rimmobilite relative des differens eleniens de la plaque, on n'aurait plus a con- sidcrer que Taction des aiguilles fictives, dont le magnetisme est constant ; et si Taiguille exterieure se reduisait a deux points ma- gnetiques , le probleme consisterait desomiais a sommer les actions de deux droites sur deux points situes dans leurs prolongemens. L'action de ces droites sur Tun de ces points, est Tintegrale de i'expression differentielle 777 77?' dx 777 m' xdx ' X' ( 4«^ -|- -i'' ) ■''' prise depuis x^=b , jusqu'a x=^b-\-e, dn designant tcujoiirs par b la distance de Taiguille a la premiere surface de la plaque , par e ( 36 ) I'epaisseur de celle-ci. et par 2/2 la (listance mutuelle ties points magnetiqiies. On trouve , pour telle inlegrale, Dans le cas oi'i I'aignille a nne epaisseur tres-petile t', il faut d'a- l)()rd rcDiplacer b par cette valciir dc x, savoir: el de plus , si Ton veut tenir compte du magnetisme disperse au- tour dcs poles de I'aiguille , on rcmplacera x par X , dont le de- \eloppement a ete donne precedemment ; on designera enfin par M' le magnelisme de toule une nioitio de raiguille, par M ce- lui d'une mince tranche de la plaque, et paryCV) la fonction de la Vitesse des differens points de raiguille , qui correspond a I'etat moyen que nous considerons ici. On aura, de cette maniere, la I'onnule pour exprinner Taction totale de la plaque sur I'un des poles de I'ai- guille , et il ne r€ste plus qu'a douljler cette action, si Ton veut avoir egard aux deux poles. St'xieme experience. L'aiguille cylindrique de 0,84 millimetre de diametre , qui a servi a faire la seconde experience, n'ayant plus eprouve que d'une maniere insensible. Taction amortissante du disque de cuivre eloigne d'environ 3o millimetres, on voit qu'il suffitde prendre une masse de ce metal, d'une epaisseur im pen superieure a 5o millimetres, pour qu'on puisse la considerer comme indefmie. J'ai done superpose Ics unes aux autres , 16 plaques de cuivre, offrant une epaisseur totale de 41 millimetres; mais ces pla- ques n'ayant en diametre que deux ou trois fois la longueur de Tai- guille, je n'ai pu Ics envisager comme indefinies dans le sens de (57 ) leur lurlace, que pour des distances de I'alguille qui ue seraieiit pas trop considerables. Je n'ai done pousse les experiences que jus- qu'a la distance dc 20 millimetres; car au-dela, I'absence du cuirrc se fait dejt\ sentir d'une maniere evidente. Enfin ne voulant em- ployer ici aucune correction, je n'ai calcule les observations qu'a partir de deux millimetres dc distance. On a pour la distance des poles de I'aiguille art = 95,34, pour le diametre de I'aiguille e' = 0,84, pour I'epaisseur des plaques e = 4i ; et , comme je pose «^=o, ^ = 0, etc, au lieu de la formule corrigee (5), il sufRt de prendre la formule qui la precede , et qui est etablie dans I'hjpo- these d'une aiguille formee seulement de deux points magnetiques. On trouve alors les resultats du tableau suivant : Distances b. Oscillations obscr^ees. Osrillaliom calrulen. 0,184 4 . 4,2 o,G25 6 . 6,5 i,5i 8 . 8,8 . 2.38 11 12,6 1 1.7 10.5 3,3i 14 . 16,7 16,6 . »3,9 4,58 18 . 22,7 23, u lS,2 7,35 26 . 37,2 38,2 . 26,5 9,56 32 . 5o,8 5i,5 . 32,3 12,5 39 . 71,0 71,0 . 39,0 16,5 47 • io3 101 . 46,6 20,^ 53 . 137 i34 52,6 Tiifini 86,5 . Quand I'epaisseur e surpasse de beaucoup la distance b, In pre- uiier tcrme des fornuiles citees, qui exprime la partie principale de Taction, se reduit a I'unite divisee par 0. Done, dans ce cas, Taction amortissante est en raison inverse de la simple distance de Taiguille a la premiere surface du metal. Experience Jaite nvec iine sphere. Je n'ai point truuve pour le cas d'un point magnetique en pre- sence d'une sphere dc cuivre, une mauicre simple de rcprrscnter leiu- action nuituelle. II faut alors recourir a une integration di- rcrte. On prendra le centre de la sphere pom- Torigine dc» coor- ( oH ) doniHcs; on dirigeia I'axe des x suivaiit la verticale , et de bas en lunut. Kii sup|)(jsant que le point magnotique soit sur eel axe, a line distance de rorigine egale a .r, et nommant :r', j', z Ics coor- donnecs des points dc la sphere, la reaction de I'un de ses ele- mens sur le point magnetiqne, provenant de Taction directc de ce point , aura pour expression, A ( ,r' — X ) dx' dy' dz en supposant cette action inversement proportionnelle a la quatrifeme puissance de la distance, et decomposee suivant I'axe des x^ qui sera la direction de la resultante de toutes les actions elementaires. L'integrale obtenue directement, est, en designant par /• le rayon de la sphere et par b la distance de sa surface au point magne- tique , ( vA^b I ,( 2/--f- I) \ b II resterait encore a determiner Taction niutuelle de tons les ele- mens de la sphere; mais nous avons deja vu , par le iait meme, qu'on pouvait la negliger, quand il ne s'agit que d'avoir les rapports des actions, rclativement aux distances. Quand le rayon /• de la sphere est tres -grand par rapport a la distance b du point magnetiqne , il ne reste plus dans la formule precedente que le seul fncteur variable r\ et Ton retombe ainsi dans ' b le cas d'une plaqut; tres-epaisse , dont Taction amortissante est en raison inverse de la simple distance. Seplieme experience. Le rayon de la sphere de cuivre, parfai- tement tournee et polie, est ;'^65,g millimetres. L'aiguille cylin- drique, qui a servi i\ faire la seconde experience, est suspendue horizontalement et de telle manicre que Tun de ses poles soit dans la verticale du centre de la sphere; son dianietre etant de 0,84 mil- limetre, on changera les distances observees h, en K /> ( Z'-j-o,84) ftvant de les mettre dans la formule (6). Enfin , pour que le pole ( 39) de I'aiguille ne s'ecarte pas trop tie la verticale du centre ile la sphere , on s'est borne a des oscillations tres-petites , executees entre les denii- amplitudes de 3° et i°. En ne tenant compte qnc de la premiere correction des distances, on obtient a = o,5 millimetre. Didiincn b. OicillJlions, obseriefs. Oscillation 9 c 4tculee«. 0,221 6 . 7^1 7,2 . . 6,1 0,441 8 . 10,0 9^9 • • 7»9 0,735 10 . i3,5 l3,2 . 9-9 >»47 .4 . 21,5 21,8 . . 14,1 a, 10 »7 • 29,7 3o,o . . '7,' 2,87 20 . 40,0 40,0 . . 20,0 4,56 25 . . 66,7 66,3 . 24,9 5,88 28 . • 93.3 90,5 . 27'7 8,3 1 32 . 160 144 3i,3 13,0 35 . . 280 253 34,5 infini 40 . L'accord entre I'observatioa et le calcul est tres-satisfaisant , exccpte vers la fin de la serie, oii I'influence de I'autre pole de I'ai- guille se fait deja senlir; on n'y a pas eu egard. Conclusion generale de celle seconde pailie. De toutes les experiences precedentes il rcsulte que, toutes choses etant d'ailleurs egales. nn point magnetique agit siir une particule metallicitie, en raison inverse du carre de la distance, et que cctte particule reagissant sur le point magnetique suivant la meme loi . leur action mutuelle est en raison inverse de la qua- trieme puissance de la distance ; d'ou il rcsulte : -Que Taction mutuelle d'un point magneti([ue ctd'une lignc droite infinie, formee de particules metalliques, est en raison inverse de Li troisieme puissance de la distance, en ne tenant point compte de Taction rcciproque de ces particules ; Que Taction mutuelle d'un point magnetique et d'un plan mctal- lique infini, est en raison inverse du carre de la distance, ((uelle que soil d'ailleurs I'action rcciproque des poinis du plan ; Que Taction mutuelle d'un point magnetique et d'une masse me- talliquf infinic, mais terminee par un plan, est en iai?on inverse (4u) de la ijimple distance, en ne tenant point compte de Taction reci- proqiie des pninis de la masse. Dans la troislenie partie de ce menioiie , nous determinerons les luis relatives a la vitcs^e. SLR LA DECOMPOSITION DE L'lJRi^E ET DE L'ACIDE URIQUE A UNE TEMPlllRATURE I^LEVISE; PAR M. WoHlER. ( Exlrnit. ) On sait que Turee deconiposee par distillation , ne laisse pas de residu charbonneux. Fourcroy et Vauqucliii qui, les premiers , ont fait cette observation, ont yu I'uree entrer en ebullition, degager du carbonate d'ammoniaque, puis donner un sublime qu'ils ont pris pour de I'acidc urique, et qui n'etait reellement que du car- bonate d'ammoniaque. L'uree dont M. Wuhlcr s'est servi etait trrs-pure et en grands cristaux. Deux precautions sunt a prendre pour la preparer ; d'abord il ne faut la prccipitcr de I'urine concentree , qu'avec de I'acide ni- tricjue debairasse d'acide nitreux, ce dernier ayant la propriete dc detruire beaucoup d'uree; ensuite il faut avoir soin de laver plu- sicurs fois le nitrate d'uree arec de I'eaii a la temperature de la glace fondante , et presser fortement ce nitrate entre du papier non colic. De cette maniere on le dcbarasse de la matiere colorante de I'urine , mieux qu'avec le cliarbon animal. Pour decomposer le nitrate d'lu-ce, il faut y mettre du carbonate de baryte plntot que dii carbonate de potassc, etlavcr'le melange d'uree et de nitrate, apres rcvaporation, avec une grande qnantite d'alcool froid. Il n'est pas exact de dire que I'uree en dissolution dans I'eau , donne, par I'ebullition, du carbonate d'ammoniaque; ce degage- ment ne s'opere qu'apres le depart de I'eau , le point de fusion de I'uree etant a 120 degres centigrades. CbauITee jusqu'a cette tem- perature . olle commence a bouillir fortement , par le degagement \ (4i ) du carbonate d'amnioniaque , jusqu'ii ce qu'enfin I'uree se trans- forme en bouillie , puis en une poudre grise , sans degagement ul- terieur de carbonate d'ammoniaque. Cette poudre ne se dissout qu'un peu dans I'eau chaude. La li- queur filtree donne par refroidissement, de pctits cristaiix blancs et brillans , qui sont identiques avec I'acide cyanique de M. Serul- las. Mais ce chimiste n'a point reuiarque que cet acide renCcrnie beaucoup d'cau de cristallisation. A I'air, ccs cristaux perdent leur transparence, sans pourtant se reduire en poudre. Chauffes mode- remcnt, lis degagent 23,4 pour cent d'cau, qui emporte les deux tiers de I'oxigene de I'acide. Celui-ci cristallise en prismcs rhom- boldanx obliques, s'il est hydrate; njais a I'etat anhydre, il donne des octat'dres comprimes , i base carree. On I'obtient ainsi , en le dissolvant dans les acides suU'urique et muriatique concentres et chauds. L'acide anhydre chaufle dans une cornue, se sublime en une matiere blanche, partie pulverulente, partie cristalline ; c'est en- core de I'acide cyanique , qui , comme I'alun calcine , devient moins facilement soluble dans I'eau. Une portion moins considerable de I'acide se decompose sans residu charbonneux, en gaz azote et acide carbonique, probablement ayant I'odeur de I'acide cyaneux. Si Ton refroidit le col de la cornue et le recipient, on voit apparaitre, en effct, de I'acide cyaneux liquide et pur, que I'auteur avail jadis nomme acide cyanique , et qu'on n'avait point encore obtenua cet etat de purcte ; il est incolore, tres-volatil . d'une odeur extreme- ment penetranfc, et sa vapeur affectc fortenient les yeux. Mis dans I'eau, il se decompose subitement en produisant de la chaleur et drgageant du carbonate d'ammoniaque. Tellement que, si Ton dislille I'acide cyanique, en emploj'ant un recipient humecte d'eau, ce liquide et I'acide cyaneux produit , se transforment en cristaux de carbonate d'ammoniaque. Mais, si I'on fait arriver la vapciu" de I'acide cyaneux. dans de I'ammoniaqne caustique, on oblient , par revaporation , de I'uree en cristaux incolores. La similitiule des proprictes de I'acide cyanique avec celies de I'acide jty ro-itriqut , a porte I'auteur a faire une etude nouvelle de ce dernier acide. Pour Ic preparer, il a fait maci'rer des cxcrcniens de serpent, reduits en poudre, dans I'acide muriatique, pendant un jour enticr, pour cnlevcr le 'phosphate de chaux et I'ammo- (4^ ) iiiuque. Apres les avoir bien laves et foitement dessechos, il les a distilles a la chaleur rouge , et il a ete bientut convaincu que I'acide pyro-uri(|ue n'est autre chose que I'acide cyanique. MM. Cheval- lier et Lassaigue, qui ont fait les plus longues recherchessur I'acide pyro-uriquc, avaient obteuu pour sa composition, 4 volumes d'a- cide carbonique sur i vohimc d'azote, avec lo pour cent d'hy- drogene; mais cette analyse est entierement I'autive. En distiilant de I'acide uriquc bien sec, il n'apparait point de li- quide , mais une quantite considerable d'acide hydro-cyanique. Le sublime, d'abord mou , se durcit a Pair; il est brun-jaunatre, et sent rhydro-cyanatc d'ammoniaque. II presente quelques minces fcuilles cristallines. On no peut en separer I'acide cyanique pur, sans dctruire I'urce; mais si Ton continue a chauffer tant qu'il se de- gage du carbonate d'ammoniaque, et si Ton dissout le residu dans I'cau bouillante , on obtient, apres la filtration et le refroidissement , des cristaux d'acide-cyanique. On retrouve encore cet acide dans le sublime , si Ton le dissout a chaud dans I'acide nitrique , qui de- truit I'uree et laisse deposer I'acide cyanique. On peut retircr aussi Puree de ce sublime brut, en employant d'abord de I'eau froide, puis de I'alcool; mais il est vrai de dire qu'on separe difTicilement I'uree de I'acide cyanique qui I'accompagne, etque pour y pnrvenir, il faut rcitcrer souvent Taction cjes dissolvans aqueux et alcoolique. II parait que Fourcroy et Vauquelin avaient deja remarque cette production de I'uree par la distillation de I'acide urique. Ces trans- formations de Puree et de I'acide urique, en acide cyanique et en carbonate d'ammoniaque, et de I'acide urique en uree et en acide cyanique , deviendront sans doute remarquables sous le point de vue physiologiquc , et pourront jeter quelque lumiere sur c.ertaines m.aladies et certains depots urinaires. II est probable que Pon trou- vera de I'acide cyanique dans ces depots. M. "Woehler a fait quelques experiences sur la decomposi- tion du cyanogi'ne dans I'eau. Comme ce liquide ne dissout que quatre fois son volume do cyauogene, il s'est servi deux fois de suite de la mcme eau pour operer cette decomposition. La liqueur, eeparee d'nn depot brun qui s'y etait forme, avait une couleur jaune; evaporee a consistance de sirop, elle se prit, par le refroi- dissement , en une masse molle et brune , dont une parlie put se dissoudre dans I'eau en jaune brillant , et dont Pautre parlie forma ( 43 ) nil depot Juiine-hrunntre. La dissolution evaporee, donna unc masse cristalline , qui , traitec par I'alcool ou I'acide nitiiquc , Ibur- nit de I'uree bien caracturisce. II est tres-remarqualjle que Ton ob- tiennc ainsi de I'uree ])ar la reaction de deux corps organiques, I'eau et le cyanogtne. 11 estTraisemblable qu'il se produitd'nbord de I'acide cyaneux ct de rammoniaque; mais il ne se forme point d'a- cide cyanique. Uparait qu'il se produit encore deux matiercs inco- lorcs et cristallines , dont I'une est probablenient uu sel aniraonia- cal, la meme que Vauquelin [Ann. de Chlm. ct de Phys. , t. 9, p. 1 13 ) a deju obsersee, ct qu'il a prise faussement pour du cyanate [Aiinalen der Chen? ie Bid Phr.sik;X. i5, p. O19). SUR L'ACIDE MELLITIQUE; PAR MM. WOEHLER ET J. LlEBIG. L'un de nous a publie des recherches sur I'acide mellitique et les sels qu'il forme, et nous nous sommes reunis pour faire de sa com- position I'objet d'une analyse exacte. D'apres la maniere dont se comportent les mellitates au feu, il nous paralt trcs-vraiseniblable que rhydroi;cne nefait pas partie des elemens de cet acide. Le mellitato d'argent en effet, ne fournit, par la distillation seche . aucune trace d'eau ct aucun autre produit con- tenant de I'hydrogene. Ce sel, brOle par de I'oxide de cuiyre, apres I'avoir bien seche dans le vide , ne donne pas non plus d'eau. ou une quantite si petite (o,ooi5 pour ico), que cette quantite meme prouve evidemment I'absence de I'hydrogene dans I'acidn melli- tique. Quoiqu'il ne paraisse pas probable que I'acide mellitique con- liennedel'azote, nous n'avons pas neglige de nous en assurer. Les dernieres portions du gaz obtenu par la decomposition du mellitate d'argent avec de I'oxide de cuivre, ont etc absorbccs enticrcment par la potasse caustique. 0,206 gr. de mellitate d'argent, contcnant 0,07058 d'acide , decomposes par I'oxide de cuirrc , ont produit , a o degre et 28 pouces du burometre, 66 centimetres cubes de gaz carbonique; ce qui donne pour sa composition : 5o,2i de carbonc, et /J9,7C) d'oxigene. ( 44 ) Ell calculant d'apies I'equivalent connu tie i'acide niillitiquc (6a,5), le nonibre d'atomes de ses elcniens, on a : 4 atonies de carbone = 5,03748; 5 atomes d'oxigcue = 5; d'oi'i I'alome de I'a- cide calcule 6,o574^- Pour controler ce resultat , nous avons decompose par I'oxide de cuivre, Ic mellitate d'ammoniaque neutre; les dernieres portions du gaz obtcnu rcnfcrmaient , sur 5 volumes , 4 volumes d'acide carbo- nique et 1 volume d'azote, resultat qui confirme pleiiienient la com- position de I'acide mellitique. En comparant la composition de I'adde mellitique avec celle de I'acide succinique , on trouve une ressemblance frappante ; la premiere differe de I'autre en ce que I'acide succinique con- tient de I'hydrogene , corps qui manque dans I'acide mellitique; de maniere qu'cn retrancliant Thydrogene de I'acide succinique, on a exactement la composition de I'acide mellitique. II parait, d'apres cela, assez probable que cet acidc provient de la decomposition de I'acide succinique qui, corame on le sait, se rencontre aussi dans dss couches de bois fossile , quoiquc le succin manque dans celles 01^ se trouve le mellite. Nous avons tcnte do produire I'acide mellitique en fondant et sublimant de I'acide succinique dans du chlore sec ou humide , sans obtenir cependant un resultat favorable. L'acide succinique n'est nuilement decompose par le chlore. En chauffant I'acide suc- cinique avec un execs de potasse causlique, il se decompose avec degagement d'hydrogene; il ne se produit pas d'acide mellitique, mais uniquement de I'acide oxaliqu^. Cherchantla cause de ce resultat defavorable, dans la composi- tion de I'acide succinique , nous I'avons soumis a une nouvelle ana- lyse; mais elle ne diffi-re nidlemcnt de celle que M. Berzclius a faile. Voici ces resultats. L'acide succinique employe fut purifie de la maniere suivantc : on fit passer par une dissolution saturec d'acide succinique un courant de chlore, jusqu'a ce que I'odeur particuliere dc l'acide eCit disparu completement, et que la liqueur fut devenue limpide. On obtint alors par evaporation des cristaux d'acide succi- nique d'une blancheur parfaite, qu'on debarrassa de l'acide hydro- rldorique adherent, par de nouvelles cristallisations et des lavages reiteres, tant que I'eau de lavage trouhlait le nitrate d'argont acide. On soumit ces cristaux a la sublimation dans un malrns qu'on chauf- fait dans un bain d'acide sulfurique. (45 ) 0^400 gr. d'acicle succinique sublime, brftles par de I'oxide dc cui\Te, donneicnt o, i84 J^r. d'eau. 0,0957 gr. d'acide deconiposi'S de la memo inanierc donnerent, in o degre et 28 pouces de pression , 75,96 centimetres cubes d'acide carboniquc : sa composition est d'aprcs cette analyse, sur 100 par- ties : 44«^8 de carbolic, 5, 00 d'hydrogi-iie ct 5o,62 d'oxigene. 1,060 dc succinate de plomb, decomposes par I'acide sulfurique, donnent 0,995 sulfate de plomb ; I'equivalent de I'acide est, d'apres cette analyse, 8,533. M. Berzelius a analyse I'acide succinique combine u I'oxide de plomb, qui etait par consequent prive d'eau n'appartenant pas a sa composition : en admettant que I'acide succinique sublime relint une demi-proportion d'eau, qu'il ne cede qu'en se combinant avec dcs oxides plus forts, et en I'ajoutant a son equivalent, le calcul donne pour 100 parties d'acide succinique sublime : carbone 44j04» hydrogene 4758, oxigene 5i,58; resultat qui coincide avec I'a- nalyse. Le mellitate d'ammoniaque , chauffe dans un tube de verre , se decompose et donne des produits assez remarquables. Nous devons nous contenter d'en faire mention , le manque de matiere ne nous ayant pas permis de faire des recherches. II se degage d'abord de I'eau, ensuite de I'acide hydrocyanique , et il se sublime des cris- taux d'un vert briljant. Les cristaux se dissolvent difTicilement dans I'eau ct lui communiquent un goCit amcr. (Aniiales de Chiinie et de Physique ; t. 45, p. 200). RECHERCHES SDR L'lODE; PAR M. Serxjllas. ( Extrait. ) Depuis le memoire dans lequel M. Gay-Lussac a fait connaitre les principales combinaisons de I'iode , il n'avait point ete public d'obscrvalions plus interessanles que celles de M. Serullas sur les proprietes de ce corps. Nous les donnons ici a pen pros textuelle- ment , en n'omettant que quelque? details de moindre interet, aia^i (4(i) que la partie louungeuse, arrivce sans detour a son arlresse. M. Sc- rullas a prouve que I'hisloirc de I'iode iaissait beaucoup a desirrr, et qu'elle devait etre debarrassee de quelques erreurs. Sous ce der- nier rapport, il scrait bon que ce cbimiste revit les experiences de M. Sementini sur la production de certains oxides d'iode, et celles de MM. Configliacbi et Dumas sur la force elastique de sa vapcur, les premieres experiences n'ayant encore ete contredites que par M. Wcchler, et les autres etant contradictoires entre elles. Bi-iodale de potasse. Si Ton sature incompletement une dissolution aqueuse de chlo- nire d'iode, par tme dissolution de potasse caustique ou carbona- tee pure , il se precipite une matiere cristalline , qui est un compose de diloiure de potassium et d'iodate acidc de potasse, ou un chloro- iodate de potasse. Apres I'avoir separe , on le dissout, on le fdtre, et on le place dans une etuve a 25 degres. En 24 heures on a des cristaux tres-purs d'iodate acide de potasse , en prismes droits , rhomboi'daux , termines par deux sommets diedres; ^5 parties d'eau en dissolvent une de ce sel a la temperature de i5°. Ce bi-iodate a ete parfaitement desseche ; o,5 gramme ont ete chauffes graduellement jus(iu'au rouge dans un petit tube de verre. Apres la disparition des vapeurs violettes et la cessation du dega- gement d'oxigene, le residu a ete 0,21 gr. d'iodure de potassium. La mT-nie quantite de bi-iodate a ensuite ete chauffee dans un tube courbe , ferme par un bout, et dont I'extremite ouverte plongeait dans une Icgere dissolution de potasse caustique. L'iode volatilise s'est converti en iodure de potassium , qui , transforme en iodure d'argent, a pesr o,5 gr. Enfin la meme quantite de bi-iodate ajant etc dissoute dans I'eau , et traitee directement par I'acide sulfureux, puis par le nitrate d'argent, a donne 0,61 5 gr. d'iodure d'argent. II en resnite que le bi-iodate de potasse est forme d'un atome de base et de deux atomes d'acide , tandis que I'iodate neutre contient un atome de chacun des elemens. Tri-iodate de potasse. Pour I'obtenir on cliauffe une dissolution d'iodate neutre de po- tasse avec un grand exces d'acide sulfuriqne. On fdtre, et on aban- (47 ) donne la liqueur dans une etuve a 25°. II sc forme assez pronipte- nient des cristaux rhombouiaux d'une admirable rcgularite , d'une parfaitc transparence, qui sont du tri-iodate de potasse tres-pur. Ce sel a la propriete de prendre, avec le temps, uilelegere couleur rougeatre; ?.5 parties d'cau ;'» i5° en dissolvent i partie. On pent encore I'obtenir en versant directcment de la potasse dans un tres- grand extes d'acide iodique, et faisant cristalliser. 0,5 gr. de ce sel bien sec, chauffes fortement dans un tul^e de yerre, entrerent en fusion, et donnerent pour residu 0,1 5 gr. d'io- dure de potassium, ou 0,21 gr. d'iodure d'argent. LamCnie quan- tite de sel, traitee directcment par I'acide sufureux et par le nitrate d'argent, a donne o,645 gr. d'iodure d'argent. Ces deuxessais prou- vent que le tri-iodate de potasse est forme d'lin atome de base et de trois atonies d'acide. Chloro-iodate de potasse , et sulfo-iodure de potasse. La propriete qu'ont lesacidesd'enlever a I'iodate neutre de potasse, une partie de sa base, et de ie transformer en tri-iodate, etant re- connue, il s'agissait de savoir si, en concentrantune dissolution d'io- date neutre, a laquelle on aurait ajoule un acide, on obtiendrait des sels doubles en proportions definies. Ces essais n'ont pas donne de resultats evidents. Toutefois on pent obtenirune combinaison de sul- fate et d'iodate de potasse , en concentrant les eaux-meres dcsquelles on a separe le tri-iodate de potasse. II se forme alors des cristaux transparens et tres-reguliers, que I'auteur considere comme une combinaison singuliere de bl-sulfate et de bi-iodate de potasse. Efl effet, si Ton chauffe o,5 gr. de ce compose, on obtient pour residu 0,17 gr. de sulfate neutre de potasse. La meme quantite de ce sulfo-iodate de potasse, traitee par I'acidc sulfureux, puis par le nitrate d'argent, a donne 0,44 gr. d'iodure d'argent. Enfin, si Ton dissout ce compose , il fournit par la cristallisation du bi-iodate pur, et la liqueur cTaporee a siccite laisse un residu de sulfate acide. Quant au chloro-iodate de potasse, on I'obtient en saturant in- completement, par la potasse caustique ou carbonatec , une disso- lution de chlorurc d'iode , filtrant et laissant cristalliser. II se forme assez vite des prismes droifs quadrangulaires, dont les quatre aretes ( 18 ) longitudinales sont remplac^es par des plans termiiies par des som- mct-s a (|uatre faces. Kxposes a I'air ils pcrdent bientut leur transpa- rence ; 18 a 20 parties d'eaii dissolvent une partie dc ce sel double. 0,5 gi-. do ce sel, traitesparl'acide sulfureuxetle nitrate d'argent, rammoniaque, I'acide nitrique, etc., ont donne o,5i gr. d'iodure d'argent; rosultat qne Ton peut cxpliquer en supposant que le sel double employe, soit forme de chlorure de potassium 0,07806, et de bi-iodate de potasse 0,40887 : total o,486g3, au lieu de o,5. Sur Viodale de sonde. En salurant par la sonde caustique, du chlorure d'iode , de la meme maniere que I'iodate acide de polasse , il n'y a point eu de precipite , ni de cristallisation. Ainsi on ne peut obtenir d'iodate acide de sonde, ni consequemment du chloro-iodate dc cette base. ' Noiiveaii nioyen d'oblenir I'acide iodique. Cette difference des proprietes de la potasse et de la sonde a sug- gerc a rauteiu- la nianierc suivante de preparer I'acide iodique. « On cliauffe une dissolution d'iodate de soude avec un exces d'acide hy- dro-fluorique silice. La liqueur etaiit siiffisamment rapprochee et bien refroidie , on separc le depot de fluate double de silice et de soude. On continue I'evaporation par une legere ebidlition , en ajoutant une certaine quantite d'eau, de temps en temps, jusqu'a ce que tout I'acide hydro-fluorique silice soit volatilise ; ce qui exige un certain temps, et ce qu'on reconnait a la disparition de I'odeur caracteristiqiie de cct acide, dans le moment oi'i le liquide assez concenlre est encore eu ebullition; on ii'a a craindre aucune reac- tion sur I'acide iodique. » Le liquide reduit en consistance sirupeuse , est, apres le refroi- disscment, verse sur tm flltre. L'acide s'ecoule lentement, aban- donnant la petite quantite dc fluate double qu'il avait retenue; on I'amene ensiiite sans peine sous forme solide par une tres- douce chaleur. » Ce precede, dont I'execution est tres-facile, donno beaucoup d'acide iodique , puisque I'iddate de soude en contient les trois quarts de son poids, 70 parties sur 100 ; seulement il n'est pas d'une pu- (49) rete absolue, mais suffisante pour le plus grand nombre de cas oi'i il est susceptible d'etre employe; car un grauiuie de cet acidc de- compose par la chaleur dans un tube, a laisse pour residu un cen- tigramme, et d'autrcs fois un centigramme et demi, ce qui lail un centieme et un soixante-quinzieme. » Obsen'olion siir le clilorure d' iode. L'duteur a trouve i^'qu'il y a formation de chlorure d'iodc par le contact des acides iodique et hydrochlorique dissous ; oe qu'on ne taisait que presumer, seulement d'apres I'analogie qui existe enlre les proprietes de cette dissolution et celle du chlorure d'iode, au- cune experience directe n'ayant ele faite jusqu'ici a cet egard; 2° que la production du chlorure d'iode, dans cette circonstancc , etablit bien que c'est un compose a proportions definies , et que la composition qu'on luiassigne seraitexacte; 5° que le chlorure d'iode dissout dans I'eau ne change pas d'etat , du moins a un certain de- gre de concentration. -> Action muliielle de Vacide iodique et de la morphine , on de I' acetate de cette base. «Si Ton met en contact, a la temperature ordinaire , de I'acide io- dique dissous , avcc un seul grain de morphine ou d'acctate de cette base, la liqueur se colore lortement en rouge -brun, et il s'exhalc une odeur tres-vive d'iode. La centieme partic d'un grain d'acetate de morphine suffit pour produire cet effet d'une maniere encore tres- sensible; Taction est tr^s- prompte, si la hqueur est un pen concentree; elle est plus lente quand elle est etendue; mais elle n'est pas moins appreciable au bout de quelques instans , nieme dans sept mille parties d'eau. «La quinine , la cinchonine , la voratrine , la strychnine et ia bru- cine, soumi^es aux nHnncs cpreuves, n'agissent aucunement sur I'aeide iodique ; tandis que la plus petite quantite de morpliinc ou de son acetate, qu'on ajoute a ces substances, devient evidenlc par les changemens qu'on a indiques, c'est- a -dire, odeur ct couleur caracteristiques de I'iode. » L'auteur propose, en consequence, I'iode comme un reactif (res- 4- 4 (5o ) sensible de la morphine, non-seulcmcnt libre, mais melangec, combinee aux acides ou a son etat naliiicl dans ropium. Les iodatcs acidcs do potasse (mais non I'ioilatc neiitre) , et les chloro-iodate et sultb-icdale de potasse agissent dc niemc que I'acide iodiquc. Pour rondre cette action encore plus sensible , on pouna commencer par triturer, avec un pen de gelee d'amidon, la petite quantite de H([uide contenant la morphine , puis vcrser I'acide iodique pour developpcr la couleur bleue. L'autcur reviendra sur I'cxamcn d'une maliere jaune qu'on ob- lient par cette reaction , apres avoir decante la liqueur et I'avoir fait evaporer spontiinement. Elle est peu soluble ; elle fuse sur les charbons incandesccns , et se decompose tout a coup, avec une espece d'explosion, a une temperature de laS a i3o degres. Des essais paraissent indiquer que cette matiere jaune est composee d'un iodure et d'un iodate avec la morphine modifiee. Acide iodique cristallise ; non -existence des acides iodo- sulfurique, iodo-Jiitrique , iodo-phosplwriqiie. \oici les precedes suivis par I'auteur pour obtenir I'acide iodique cristallise. « Premier proce,!c. L'acide iodique etant d'abord obtenu par Tac- tion de I'acide hydro -fluori que silice, sur I'iodate desoude, on le dissout dans I'eau pour y meler une certaine quantite d'acide hy- dro-fluorique simple ; on fdtre , alia de separer une matiere blanche qui se precipite, et on abandonne le melange dans une cuve. Les cristaux , qui sont des lames hexagonales , paraissent deriver d'un octaedre ; separes du liquide reslant, ils retiennent encore un peu d'a- cide hydro-fluorique ; mais une legere chaleur le volatiliee : il sufiit de placer ces cristaux sur du papier et de les chauffer. 11 est bien entendu que pour ces differentes operations, les entonnoirs et les capsules dont on se sert, doivent etre reconverts d'une couche de cire pour soustraire le verre a Taction connue de i'acide hydro-fluo- rique. Second procedc. Une dissolution d'acide iodique , etendue et me- lee d'acide sulfurique, abandonne, par une evaporation spontanee, dans une etuve , I'acide iodique sous forme de cristaux. Troisieine procMc. De I'acide iodique epaissi en consistance de ( 5. ) sirop, place clans uii lieu sec, cristallise. Pour avoir Ics cristaux i)icndistincts, il iaut fairc ocouler la partie liquido avant la dessicca- lion complete. QuatrCeme niojen direct. On fait une dissolution d'iodate de sonde; on la chauffc jusrju'a rebullition, pendant 12 a i5 minutes, avec del'acide sulfuriqne en exces, an moins le double dc la quan- tite necessaire pour saturer la sonde contenne dans I'iodatc em- ploye; on filtre. La liqueur suflisamment concentree, etant aban- dnnnec a elle-meme dans une etuve de 20 a aS degres, presente en ties-peu dc temps une masse cristalline, qu'on separe et qu'on lave avec tres-pen d'eau; placee sur du papier Joseph, on la laisse egoutter ct secher a I'etuve; prcssee, elle se divise en petits cris- taux brillans. L'eau-merc contient I'acide sulfurique, Ic sulfate dc soude et un pen d'acide iodique dont la separation ne pent etrc complAte. » L'acide iodique ainsi obtenu , est pur ; I'essai en est facile; quel- ques portions chauffces dans un tube jusqu'au rouge, doivent dis- paraitre entierement. S'il avail retenu quelques traces d'iodate de sonde, on lui ferait subir une seconde dissolution et cristallisation avec addition d'acide sulfurique. '> Cette experience, qui me parait tres-importante par elle-meme, puisqu'elle nons donne la faculte de precipiter par l'acide sulfurique, Taciilc iodique de sa combinaison avec la soude oi'i il se trouve si aboudamment, me le semble encore davantage par I'observation suivante a laquelle elle m'a conduit. » J'ai reconnu que les substances que Davy designe sous les noms (Vacide iodo-sulfiirifjue , iodo—nitrique , iodo-phosphoriqiie, et qu'il a consideres comme des acides doubles a proportions definies, n'existent pas. » Ainsi , quand on verse de l'acide sulfuriqne on nitrique dans nne dissolution concentree d'acide iodique, le prccipite qui se forme a I'instant, etant separe, lave legerement al'eau, place ensuite sur du papier a fdtrc et dans un lieu sec , abandonnc entierement l'a- cide sulfurique on nitrique qu'il a pu retenir; on diange le papier, et il ne reste plus que de l'acide iodique pur. On pent done, ainsi qu'on I'a dit, I'avoir en cristaux transparens, en chauftant la disso- lution d'acide iodique avec dc l'acide sulfuriqne on nitrique, la laissant rcfroidir , on bien en la faisant evaporer Icntcnient dans ime ( 5a) ctuvo flus legere , separee de I'autre, entra en ebullition a 28°, temperature a laquelle elle se volatilisa completement , et qu'elle ne put pas depasser. La densite de ce liquide fiit Inuvee de i,455; au contact de I'eau, il se Iransforme en acide nitrique et en oxide d'azote , et offre toutes Ics proprietes du compose d'acide nitrique et d'acide nitreux . ob- tcnu par M. Dnlong. Le liquide le plus pesant etant soumis a I'ebullition , la tempe- rature de ce point s'eleva continuellenient, depuis 28° jusqu'au- dela de 1 26°. Comme I'aoide nitrique fumant , il a uue couleur rouge fonce , qu'il perd au moment 011 il est a moitie volatilise. Le pro- duit de cette distillation est forme de parties egales des deux liquides en qxiestion. La pesanteur specifique du plus lourd est de i,53g. Il se comporte comme I'aoide nitrique fumant. De cette experience ii rcsulte que I'acide nitrique fumant est une dissolution d'acide hypo-nitrique dans I'acide nitrique , qui pour- tant n'en pent dissoudrc que la moitie de son poids environ ; de sorte qu'en distillant I'acide nitrique fumant ordinaire, on obtlent un liquide plus pesant, ou une dissolution saturee d'acide nitreux dans I'acide nitrique, et un liquide plus leger, savoir de I'acide hypo-nitrique. ( Annalen der Phjsik und Cheniie; torn. XV, p. 618. ) SUR L'ACIDE CONTENU DANS L'UillNE DES QUADRU- PEDES HERBIVORES; PAR M. LlEBIG. ( Ex hail. ) « L'urine de cheval melee avec de I'acide hydro -chlorique en exces , donne, au bout do quelque temps, un precipite cristaUin , jaune-brun, qui a une odeur particuliere et desagreable, qu'on ne pent lui oter par de simples lavages avec de I'oau. On fait bouillir ce precipite avec la chaux vive et do I'eau ; et, au liquide filtre, on ( 5« ) ajoule line solution ilc chlorure ile cliaux jusqu'ii ce qu'on ne sente plus I'odeur tie I'luine, et enfin, du charbon animal jusqu'a ce que la li(iueur filtree soit decolorce. Cette liqueur, encore chaude, est melee avec de I'acide hydro-chlorique pur en grand execs, et on laisse refroidir. II s'en separe des prismes assez gros, d'nn blanc tblouissant , d'une longueur de 2 a 3 pouces, demi-transparens, et qui, par leurs proprictcs, different beaucoup de I'acide benzoi'que. >> C'est a cette substance que I'auteur impose le nom (Yacide hip- piirique. L'analyse clementaire en est assez difficile. Par I'oxide de cuivre, il a fourni dans quatre experiences, 96 volumes d'acide carbonique sur 6 volumes d'azote, puis, 79 sur 4> 99 siu- 6, et 53 sur 3. BrOle dans I'appareil qui a servi a faire l'analyse du ful- minate d'argent, il a donne 20 volumes d'acide carbonique pour 1 volume d'azote. Enfin I'hippurate acide d'ammoniaque , decom- pose par I'oxide de cuivre, a donne 27 volumes d'acide carbonique sur 2 volumes d'azote. Pour determiner la proportion d'hydrogcne, on brflle une grande quantite d'acide hippurique raele a de I'oxide de cuivre , et Ton recoit la vapeur d'eau sur le chlorure de cal- cium. 3oo parties de cet acide ont donne 180 parlies d'eau; et 0,0625 gramme ont donne 76,48 centimetres cubes de gaz a o degre et a 28 pouces de pression. II resulte de tout cela que I'acide hippurique est forme de Azote .... 7,337 ... 1 . . . 7,291 Carbone. . . . 63,o32 . . . 20 . . 62,5oo llydrogene. . 5, 000 . . . 10 . . . 5, 208 Oxigene. . . . 24,63 1 . 6 . . . 25,ooi 100,000 100,000 D'apres l'analyse de I'hippurate de plomb, 100 parties d'acide se combinent avec 55,3 1 parties d'oxide de plomb, et le sel cristallise renferme 25,64 parties d'eau. II s'ensuit que I'oxigene de i'acide est egal a celui de I'eau , et 6 fois celui de I'oxide. L'auteur a examine quelques hippurates. L'acide hippurique donne, par sublimation, une maliere crislalline jaune ou rosee, qui, traitee par la chaux, puis par I'acide muriatique, a toutes les proprietes de I'acide benzouiuc. On produit encore I'acide ben- zoi'que, en chauffant I'acide hippurique avec I'acide sulfurique ; il (5; ) y a eii outre degagenicnt d'acide sult'uicux : cc qui proiivc quo I'acidc bcnzoique ne se trouve pas tout forme dans le nouvol acide. L'aiileur n'a pu trouver d'acide benzoique dans la nourriture dcs chevaux dont il a examine I'urine. L'acide hippuriquc est done ou un acide nouveau, ou un compose d'acide benzoique et d'une matiere organique ; quand on le distille , outre l'acide benzoique , il degage une odenr tres-marquee d'amandes ameres et beaucoup d'animo- niaque ; il laisse un residu charbonneux. ( Annates de Chimie et ue Physique, torn. XLIII,p. 188. ) MEMOIRE SIR DE KOUVEAUX EFFETS ELECTRO-CHIMl(^)tES PROPRES A PRODIIRE PES COMBINAISONS , ET SI'R LEUR APPLICATION A lA CRISTALL1SA1 ION DU SOIIFRE ET d'aXJTRES SCBSTaNCES ; PAR M. Becquerel. ' ( Anafyse. ) Davy a cru que, dans Ics decompositions operees par la pile, si l'acide , en se rendant au pule positif, rencontre une base avec la- quclle il peut former un sel insoluble , la combinaison avail lieu et se precipitait. Ce fait, d'apres M. Becquerel, ne doit pas etre gene- ralise , car il peut arriver que I'energie du courant I'emporte sur I'aflinite des deux corps , qui alors ne se combinent pas. D'abord , si Ton prend un tube de verre ouvert a ses deux bouts, renfermant, asa partie inferieure, de I'argile impregnee de nitrate de potasse, et, a sa partie superieure, de I'alcool ordinaire; qu'ou mette ce tube dans un autre tube rempli d'une dissolution de sul- fate de cuivre; puis, qu'on fasse communiquer les deux liquides , par un arc plomb et cuivre , le cote cuivre plongeant dans le sul- fate, et le cote plomb dans I'alcool : le cuivre se reduit sur la l;une du memc metal, tandis que I'oxigene et l'acide sulfurique du sul- fate se transportcnt vers la lame de plomb. Mais, au lieu d'obtenir du sulfate de plomb, il s'y forme des cristaux de nitrate de plomb. Cela provient de ce que l'acide sulfurique, en travcrsant I'argile, y a decompose le nitrate de potasse , et renvoye I'acidc nitrique au ( 58 ) polo j)ositit'. On voit id une aniiiite phis Ibite que I'energie tlu cou- laiit ; on voici un second exemple. Si I'on verse, dans un bocal, une dissolution de sulfate de cuivre , et dans un second bocal , une dissolution alcoolique de sulfo-caibo- nate depotasse; puis, qu'on etablisse une premiere communica- tion entre les deux Hquidcs, avec un tube de verrc recourbc et rempli d'argile imprognec de nitrate de potasse, et une autre com- munication, par un arc plomb et cuivre, le cuivre plongeant dans le snllate et le plomb dans le sulfo-carbonate : le sulfate se de- compose, son cuivre se reduit, son oxigene et son acide se portent versle plomb; mais I'acide rencontrant le nitrate de potasse s'em- pare de cette base , et renvoie I'acide nitrique dans le sulfo-carbo- nate, oOi 11 se forme sur les parois du vase, du carbonate neutre dc potasse, du carbonate de plomb en cristaux aciculaires, et proba- blement des sulfates de potasse et de plomb ; enfm , le soufre sc depose sur le plomb oii il cristallisc. C'est en procedant de mome , que I'auteur annonce avoir obtenu des cristaux de sulfate de chaux et de sulfate de baryte. Pour troisieme exemple, I'auteur fait usage de bi-carbonate do soude et de sulfate de cuivre, que Ton fait communiquer par une couche d'argile et par une lame de cuivre. L'acide sulfurique de- place I'acide carbonique, qui vient former un carbonate de cuivre, ou plutot un double carbonate de cuivre et de soude, en belles aiguilles d'un vert-bleuatre satine. Jusqu'ici le courant voltai'que a ete assez faible pour permettre a I'acide sulfurique , d'abord separe d'une premiere base , de se com- biner avec une seconde base plus forte , en expulsant I'acide avec lequel elle etait unie. Maintenant il est possible , en augmentant I'energie du courant voltai'que , d'amener I'oxigene des bases et tous les acides au pole positif, et les metaux au pole nogalif. Voici Fappareil que I'auteur emploie a cet effet : Trois bocaux sont places sur une meme ligne ; le premier est rempli d'une dissolution de sulfate ou de nitrate de cuivre , et communique au second par un tube recourbe et plein d'argile humectee d'une certaine dissolution saline. Ce second bocal renferme le liquide sur lequel on veut ope- rer, ct communique au troisieme par une lame do platine. Ce troi- sieme bocal ne renferme que de I'eau rendue legerement conduc- trice par un peu d'acidc ou de scl marin. Enfin, pour acbcver lo circuit, on fait communiqnor les bocaux oxlremcs par un couple ( 5j ) voltaique zinc el <.uivie. Ces deux boniux n'Miit (iiic .leiix orilKc. chacun; mais celui du milieu en a uu Iroisienic [mv ui'i passe uu tube de sOrete qui indique la force ehstique des gax qui se deve- loppent dans ce bocal. L'auteur ayant mis dans le bocal median, une dissolulion alcoo- liqae de sulfo-carbonatc de potasse; dans le premier, mie disso- lulion de sulfale de cnivre ; et dans leur tulje de communication , une dissolulion de nitrate de potasse : Tadde suUurique csl venu deplacer I'acide nitrique , qui, avec I'oxigene de I'oxide de cuivre , a reagi sur le liquidc du vase median, oi'i il s'est depose Sur le platine des cristaux de soufre, de carbone neutre de potasse, etc. Mais si au sulfo- carbonate de potasse on substitue une dissolu- tion aqueuse de sulfo-carbonate de baryte, il y aura production de cristaux de soufre et de sulfate de baryte. Dans ce second exem- ple, I'acide sulfuriquc a pu parvenir jusqu'au vase median. Voici un moyen de constater la presence des acides nitrique el murialique, dans une dissolution. On remplace la lame de plaline par une lame d'or; puis on verse dans le premier bocal une disso- lution de sulfate de cuivre ; et dans le second bocal et dans !e tube de communication , le liquide souniis a I'essai. L'acide sulfurique chasse les deux acides de leurs conibinaisons; et ces acides, avec I'oxigene du cuivre, arrivant a la lame d'or, communiqucnt subi- tement au liquidc une teinte jaune qui indique la presence de I'acide nitro-muriatique. Pour dernier exemple, l'auteur a mis dans le bocal median une dissolution dc sulfate de potasse, el une lame de cuivre a la place de la lame de plaline. Le nitrate du tube de communication est encore decompose par I'acide sulfinique du sel renferme dans le premier bocal. L'acide nitrique ainsi mis en liberie arrive, avec I'oxigene du cuivre, et s'cmpare de la base du sxdfile ; l'acide sul- fureux se porle sur I'oxide de cuivre qui se forme en meme temps, et produit un sulfite dc cuivre qui se combine avec du sulfite de potasse. II en resulte un sulfite double, qui est de nouveau detruit par l'acide nitrique surabondant. II se degage alors de l'acide sul- fureux ; le sulfite de potasse est transforme en bi-sulfite et en nitrate de potasse. Quant au sulfite de cuivre, il se precipite en cristaux oclaedrcs, Iransparcns , d'un rouge vif, avec I'eclat du gieual py- rope , lei enfin que M. Chevreul Ta obtenu depuis l<>ng-temps par ( <>o ) les moyens ordiuuiies de la chiniie. ( Anuules de Cliiniie el cle Physique, toni. XLIII, p. i3i.) OBSERVATIONS SUR LA FORME El LA DENSITJ& DE LA NEIGE ; PAR M. Qbetelet. On pent voir dans VIntroductio ad philosophiani naturaleni de Mussclienbrock , les observations des anciens physiciens sur la densite de la neige , et sur la forme liexagonale et variee de ses cris- taux; dans ces derniers temps, M. Scoresby a figure jusqu'i 48 de ces varietes. M. Qnetelet publie les premieres observations qu'il a faites dans le but d'examiner s'il n'existait pas de relations entre la I'orme et la densite; 11 renvoie pour les figures, a I'ouvrage de Musschenbroek. Ayant pris pour unit6 le volume d'eau provenant de la fusion de la neige , la pesanteur de ccUe-ci sera I'unite divi- see par son volume. Date. Tempcralure R. Volume. Forme. a5 nov. 1829. -|- 0,5 5,f)o Flocons informes. 16 (IJc 0,0 7,00 j Neige fine sans forme de- in jc/ — 0,8 7,5o 1 termine'e. ■io ill — 1,5 i-io" Fig. 7 et 17. 21 ((/ — 1,0 y, i3 luforme. ■±\ ill — /|,o (1,16 id. ■?.bi2 ) clinaisons. Ces difturenccs ne penvcnt Tire attributes aux erreurs de I'observation , ni aux varialions diunics ou annuelles; mais il est piol)al)lc qu'elles proviennent de ce que I'aiguille se meut , non pas d'un niouvement uniforme , maisavcc unc vitesseacceleree, comnic en effet I'indique le tableau des inclinaisons. Les memes calculs fails pour Londres , oi\ la dcclinaison a attoiiil en i8i4, son maximum 24° 20', tandis que la declinaison etait dc -0°, conduisent aux resultats suivans : I'axe du cone decrit par I'ai- guillc aimantee , est incline de 29° 45' sur I'equateur terrestre ; I'ou- vcrturc du cone de 17° 35'; et Tare parcouru sur le cercle qui sert de base, par la generatrice, est de 67° i3', depuis 1660, epoque on !a declinaison etait nuUe. jnsqu'en iSi4 on elle etait a son maxi- mum ; ee qui fail un mouvcmcnt annuel ct uniforme de 26" 1 1" 4/t 1 . IMaxs si Ton calcule les observations de Londres avec ces donnees , on ne trouve pas le meme accord que pour les observations de Pa- vis. Le mouvement parait aussi etre accelere , et de plus I'axe du cone decrit par I'aiguille n'cst peut-etre pas dans le plan du meri- dien terrestre. I' Ces deux excmples, dit I'auteur, sont bien loin de sufiire pour determiner comment Touverture du cone decrit par I'aiguille aiman- tee varie avec la latitude et la longitude. On ne saurait meme as- surer avec confiance qu'ello decrive partout un cone droit. Tontefois, ce qui precede me semble suffire , malgre le petit nombrc de don- nees dont i'ai fait usage , et I'inexactitude qu'elles comportent , pour montrer : 1° que le mouvement de I'aiguille horizontale ne doit pas fitre indefiniment progressif; 2° que le mouvement de I'aiguille d'in- clinaison ne le sera pas davantage ; 3° que les momens de repos des deux aiguilles ne doivent pas arriver aux memes epoques; 4° que le mouvement total de raiguille magnetique, obtenu en combinant les resultats fournis par les deux aiguilles de declinaison et d'indi- naison , est plutot accelere que retarde. Quant a la duree d'une re- volution entiere de I'aiguille , on ne pent pas encore la predire avec une "-rande exactitude. >> Pour rendre sensible a I'oeil la nature du cone decrit par I'aiguille aimantee, I'auteur propose de rapporter celle-ci au centre d'une sphere, sur la surface de laquelle on indi- querait chaque annee , le point on le prolongement de I'aiguille ■viendrait la pcrcer, et de porter dans cette direction une longueur proportionnclle a I'intcnsile de la force magnetique. ( Extr. d'un mtmoire In h V Jcnd. des Sciences de Paris, le 19 mni 1828. ) I ( 05 ) MEMOIRES COMPOSES AU SlUET d'cSE CORRESPONDANCE METEOROLOGIQVE , AYAKT POfR BUT DE PARVENIR A PREDIRE IE TEMPS BEArCOTP A l'aVANCE SUR UN POINT DONKE DE LA TERRE ; PAR M. P.-E. MORIN. * La question la plus importante qu'on puisse esperer de rcsoudre en meteorologie . est ccUe dc predire ou plutot de calculer le temps qu'il doit faire a une epoqiie future ct determinee , de la menie ma- niere qu'on predit a I'avance tons les phenonienes astronomiques. Lorsque les physiciens eurent imagine les principaux inslrumens de meteorologie , tels que le baronietre , le thermometre et I'hygro- mitrc , on crut que le probleme de la determination des saisons ne demandait plus, comme I'astronomie , qu'un gr!\nd nombre de bonnes observations. Alors il sc forma en AUemagne une societe mcteorologique , dite du Palatinat , composee des geometres et des physiciens les plus celebres de cette epoque, dont le but etait de procurer aux observateurs de toutes les contrees de I'Europe, des instrumens comparables, et de recueillir tons les faits relatifs a la mutcorologie. Cette societe ne dura que douze ans; mais clle avail donne a la meteorologie une impulsion dont les effets subsistent encore au- jourd'hui. Des observateurs nombreux enregistrent I'etat du ciel et de I'atmosphere , et en publient le resume dans les recueils scienti- fiques. Mais il n'y a plus d'accord ni de correspondance dans ces observations; bien plus, elles se font la plupart a I'insu les imes des autres. Qui recuoillera ces observations eparses , pour les comparer et en faire sortir quelques lois? Ce devrait etre sans doute qiielque societe meteorologi([ue ; mais a defaut d'une pareille reunion scien- tifique, un homme se presente , qui s'occupe avec ardeur des phe- nomenes atrhospheriques, et qui reclame I'assistance de tons les amis de la science. iM. Morin, ingenieur des ponts-et-chaussees. a done etabli une correspondance pour I'avancement de la meteorologie. 11 a deja public quatre memoires sui' le sujet, oi'i il expose ses vues sur la iiieteoKilon-if , la niauiere dont les observalions doivent etre (<^4 ) faitcs, ct la nature memc de ccs observations. Los personnel qui s'y adonnent sont invitees i\ hii adresser le resultal do lours rerher- ches, ct les ronsei{?nenioiis qu'il demande sont les suivans : i° sur la topognij/Jiie, la latitude, la longitude et la hauteur de la station, la nature du pays jusqu'a une certaine distance; 2° sur la sujjerjicie dn terrain , c'cst-a-dire , sur son etendue, la nature du sol, la quan- tite de terrains cultives, inculles, couverts d'eau, de forets, d'ha- bitations, ou de neiges perpotuclles; 7t° sur les result at s generaux mt'tcorologifjues , la direction des vents, leur duree, leur etat ha- bituol d'humidite ou de secliercsse , de chaleur ou de froid , etc. ; la duree des liivers, la quantite de neige , les epoques de sa chute et de sa disparition; les observations thermometriques , barome- triques et hygronietriques; la quantite de pluie tomboe, I'evapora- tion, les crues des rivieres, la vitesse de leurs eaux, les tempetes; enfin les regies plusou moins probables, d'apres lesquelles on tache de predire le temps dans chaque pays. Mais a cote de ces observations qui ne demandent que de la pa- tience ct de i)ons instrumens, il ne faut pas negliger de developper quelques vues hypothetiques , et d'appliquer avec plus d'exactitude qii'on ne I'a fait jusqu'a present, les theories gonerales de la phy- sique. De cetle maniere on verra peut-otre mieux queiles recher- ches doivent etre faites, queiles autres peuvent etre negligees; et au lieu d'accumuler sans discernemont une masse d'observations incoherentes , il faudra les discuter au fur et a mesure qu'on les possedera, pour les employer a la determination successive des phenomenes meteoriques dont les periodes sont diurnes, annuelles et seculaires , en s'attachant d'abord a prevoir les evenemens atmo- spheriques les plus prochains, comme etant les moins difficiles a comprendre, De memo que , sans connaitre les grandes lois de I'astronomie , on pout determiner la position d'un astre , dans une hcure , dans un jour, dans un an, par I'observation de sa marche procedente, faitc avec une certaine precision; de meme on pent espercr d'etendre la prevision des phenomenes atmospheriques, a des epoques de plus en plus eloignees.;Sous ce rapport nous ver- rions avec plaisir I'auteur poursuivre ses investigations, et les ob- servateurs repondre a son appel. (Adresser les envois ohez Carillan- Goeury, librairc, a Paris, quai des Augustins, n° ^\ , ou par la voie de TAdministralion des Ponts-et-Chaussees, des Mines, etc.) (65 ) ESSAI DE CHIMIE MICROSCOPIQUE APPLIQUliE A LA PHYSIOLOGIE, l'aRT DE TRANSPORTER LE LAHORATOIRE SCR LE PORTE-OBJET , DANS l'etcde des corps orgamses ; PAR M. RASPAIL. ( Suile. Voyez lome III, p. 567—586. ) 126. Applications des iheories prectdentcs mix substances azotces aitlres que les tissus. — Nous avons vu (§54) que I'am- moniaqiie ?e forme dc toutcs pieces, dans les substances organiques non azotees , et qui sonl capables d'absorber de I'air ; que d'un autre cote il se forme en meme temps un ou plusieurs acides (§ 1 14) qui en s'unissant avec I'ammoniaque, peuvent offrir des caracteres va- riables selon que la base ou I'acide sont en exces ( § 1 1 5 ) ; que ces deux creations sont accompagnees de la desorganisation des tissus, et peuvent bien en etic les effets plus ou nioins immediats. Or, ce qui arrive sous I'influence d'une desorganisation spontanee des tissus, n'arriverait-il pas sous celle d'une desorganisation artifl- cielle ? Je ne pense pas qu'on puisse le nier. Car, qu'importe par quel moyen on separe les elemens d'un corps, pourvu qu'en defi- nitive ils se trouvent dans un etat d'isolement favorable a de nou- velles syntheses ? 127. Dans mes recherches sur les tissus organiques (1), j'avais deja annonce que la potasse , ou tout autre alcali caustique , en ,(1) Tom. Ill des Mcni. fie la'soc dhist. nnl. dc Paris, § i5, 27, p. 88; § gS, eXc. 4. 5 ( 60 ) desorganisnnt les tissus par relevation de temperature, se saturait d'un acidc soil carboniquc, soit do loute aiiti'e cspecc , qui sc for- mait alors aiix depens des elcmens isolcs des tissus. La preuve sur laqiiclle je foiidais cettc assertion etait sans replique a mcs ycux ; car i'avais observe que I'amidon, apres avoir ete torrefic avec dc la potassc caustique , se colorait en bleu par I'iode , ce qui n'arrive pas lorsque la potasse n'a pas passe a I'ttat au moins de carbonate. U faiit en effet employer un acidc , pour que I'iode ue se porte pas sur la polasse , quand cette base n'est comliinee avec I'acide carbo- niquc qu'au premier degre. M. Gay-Lussac (i) vient de confirmer cette dccouverte , en s'assurant que , par la potasse , les substances organiques fournissent surtout de I'acide oxaliquc. 128. En consequence, lorsqu'on traitera par un alcali, et a I'aide de la chaleur, une substance organique formee de tissus de di- verses natures , on pourra produire des acides qui eux-memes sem- bleront etre de diverses natures , soit en s'associant les uns aux autres, soit en s'associant avec des substances organiques qu'ils sont capables dc dissoudrc , telles que les huiles , les resines , I'albu- mine , etc. ; mais si d'un autre cote il se forme aussi de I'ammo- niaque, on aura produit an sel ammoniacal qui, en cristallisant , sera capable de donner le cbange sur sa nature et son origine ; ct enfin si les procedes que nous employons soit en chimie, soit en physique, pour isoler I'acide et la base d'un sel ammoniacal, sont impuissans, ce sel ammoniacal apparaitra sous forme d'un alca- loidc , dans lequel I'analyse elementaire nous indiquera la presence I ile I'bydrogene, de I'oxigene, du cai'bone et de I'azote. Or, quels sont les procedes dont nous venous de parler? Un acide mineral pour isoler I'acide organique ; une base pour isoler la base ammo- niacale, enfin la pile; mais dis,ions-nous alors, n'est-il pas possible que I'acide organique ayant plus d'affinite pour I'ammoniaque que I'acide mineral, et la base tcrreuse en ayant moins pour le premier acide que la base ammoniacale , le sel ammoniacal resiste a cette double epreuve, et que la pile ne soit pas plus puissante que les reactifs ? He bien, cette opinion a t'te depuis pleinement confirmee (1) Ann. de chini. et ile phys.. t. XLI, aoftt i82(). Voy. Ann. des d'ohs. , t. in, p. 4^1. (67 ) par M. Wcehler, qui a decouvert que I'uree n'etait qu'un cyanate d'ainmoniaquc. Le hasard, nous osons I'assurer, ne laissera pas celle di't-ouvertc isoloc dans la science; et , tot ou tard , nos alcalis ve- f^L'taux seront reconnus pour des sels ammoniacaux avcc exces de Iiase. 129. Lcs alcalis Yegetaux cristalliscnt tons , comme Ic font los sels organiqucs a base d'ammoniaqiie. Malgrc la variete de Icurs rami- fications, on pent dire qu'cUes affcctent toutes un certain type ge- neral qu'il est facile de reconnaitre , lorsqu'on en a fait une etude anssi detaillee que celle que nous avons poursuivie depuis deux ou trois ans. Les variations qu'on observe dans les ramifications du meme scl, tienncnt au plus ou moins de rapidite avec laquelle I'evaporation du menstrue aura eu lieu, au degre de temperature, a la nature du menstrue, aux melanges etrangers, etc. , etc. i3o. Si nous consultons ensuite lcs proportions que les tables d'analyse elementaire nousdonnent, pour les quantites de carbone, d'oxigene , d'hydrogene et d'azote que chacun de ces alcolo'ides contienne, on restera convaincu, je pense, que rien ne s'oppose a les considerer comme des sels ammoniacaux avec exces de base. Soicnt en cffet la Quinine et la Vcratrine ; I'analyse de MM. Dumas et Pelletier nous donne pour la premiere et pour la seconde : Carbone. Quinine 76,02 Veratrine 66,75 En prenant tout I'azote de la quinine et le combinant avec 1,78 d'hydrogene, j'aurai io,25 d'ammoniaque. Restera 4588 d'hydrogene, io,45 d'oxigene, 75,02 de carbone qui forme- raient I'acide combine avec I'ammoniaque. Mais iO,gi d'acide sulfuriquc neutralisent 100 de quinine; or 10.91 d'acide suli'u- rique satureraient 4,68 d'ammoniaque. Si done nous supposons que I'alcaloide soil un sel ammoniacal, avec exces de base, I'exces de base serait 4,68 et il resterait 5,55 d'ammoniaque pour saturer I'acide plus 011 moins melange que nous supposons exister dans la quinine. On aurait alors un double sel ammoniacal el neutre. Azole. Ilydr. Oxigeue. 8,^45 6,66 10,43 5,04 8,54 19,60 (G8 ) Parmi Ics ficides vegelaux, c'est I'acide benzo'iqnc qui se rap- prochc le plus tie noire acide suppose par la quantite de carbone : Carbone. Oxigene. Ilydrogene. Acide suppose 75,02 10, 45 ^,^S Acide bcnzoique 74j8G 19,87 5,27. Mais 87,51 d"acide benzoique saturent 12,49 d'ammoniaque. Dans la veratrine nous troiiverions par les memes calculs , 6,10 d'ammoniaque, dont 2,84 saturant 6,64 d'acidc suUurique; d'oi'i il resulterait que 5,25 d'ammoniaque satureraient I'acide suppose, lequel serait compose de 66,75 de carbone, 7,48 d'hydrogene, 19,60 d'oxigene, acide, comme on le voit, qui se rapprocherail encore de I'acide benzoique. i3i. En appliquant les memes principes aux odours, aux miasmes , aux typhus , etc. , on se trouve tout a coup au sein d'une explication lumineuse et facile de tout autant de phenomenes sur lesquels I'imagination s'est exercee et s'exerce encore par des theories vagues et indeterminees. i32. Les odeurs , en general , des corps organises n'etant que des sels volatils a base d'ammoniaque, plus ou moins variable, dans leurs proportions, on ne verra plus rien d'inexplicable dans Tex- perience (§ ii5) qui nous a fait decouvrir que la fetidite insup- portable du gluten se metamorphose en odeur agreable d'acide caseique , des qu'on met en contact ce foyer d'infection avec I'acide hydrochlorique. L'acide hydrochlorique a eu pour principal effet de s'emparer de I'exces de base, et de rendre par consequent le sel a sa premiere innocuite. C'est de la meme maniere que I'acide acetique communique une odeur agreable et souvent une odeur de violette a I'urine chargec des principes de I'asperge officinale. i33. Des miasmes se degagent du sein des eaux, des cntrailles de la terre, des debris des cadavres; or ocs miasmes deleteres n'etant des composes nuisibles que parce qu'ils sont facilement de- composables par un acide quelconque ou une base ammoniacale; les fumigations, par les acides carbonique, acetique ou pyroligneux qu'elles produisent, saturent I'exces de base et forment un double sel innocent et durable , d'un sel fugace et dcsastreux. Les chlorures soit de chaux, soit d'oxide de sodium, opereront alors par double (69) decomposition ; I'acide delettre par liii-meme se repoi'tera sur la sonde oil ia chaux , le ehlbre satiirera I'amnioniaque , et dc la lesul- tera un double sel ou deux sels, dont les acides devenus fixes ne pourronl plus nuire a roiganisation. 134. On voit ainsi que ces qucrelles de contagion et de no 11 contagion se touchent de bien pres, et se reduisent, en definitive, a un malentendu. Que ces sels ammoniacaux et deleteres se de- gagent des doaques , des marais , etc. , ou dn corps gangrene ou decompose des morts et des mourans , les deux hypotheses sonl i'galement admissibles ; la premiere dominera dans un cas, la se- (onde dominera dans I'aulre. Les habits eux-memes seront suscep- libles de devenir a leur tour, sinon des foyers, du moins des vehicules de contagion , scion que les circonstances physiques seront plus ou moins capables de favoriser la communication des sels pestiferes a base d'ammoniaque. Dans les grandes chaleiirs, par une atmosphere chaude et humide, lorsque I'homme imprudent qui s'en revet est dans un etat de moiteur et de transpiration, ces sels se communiqueront avec un succes plus rapide et plus per- nicieux que par unc temperature froide, seche, ou bien lorsqu'ils agiront sur unepeau moins permeable et moins visqueuse etsur des temperamens plus propres a les neutraliser en tout ou en partie ; car il est encore fort possible que I'exces seid en soit pestiferc et mortel. i55. En consequence, en admettant que toutes les substances azotees alcalines ou neutres ne soient azotees que par I'existence d'un sel ammoniacal, et que les tissus quelconques, ou vegetaux ou animaux , qui donnent de I'azote a Tanalyse , puissent etre re- presentes par une combinaison d'une molecule d'eau et d'une ou deux molecules de carbone, combinaison qui formera la base essentielle du tissu, lequel s'associant ensuite avec rammoniaque ou un de ses sels , apparaitra avec les formes des substances ani- males, et, s'associant avec les bases terreuses, composera le ligneux ; en admettant, dis-je, ces idees, I'explication des phenomenes devient plus simple et plus facile, et Ton ne se voit pas oblige de creerautant de theories qu'on s'occupe de cas particuliers. Quant a I'association des tissus avec les bases terreuses , nous y rcviendrons apres avoir acheve I'histoire de la graine des cerealcs . donl cette digression , iiulispefisable du rcste , nous a fait suspcndrc le cours. i56. Hordtine. — Quoique le resultat que nous allons obtenir ( 7<' J soit un rosuUat negatif pour la scic'iice , et que I'cxpericnce iloivc rayer un nom du catalogue iles subslanccs organiques; cependant les details qu'amenera necessairement ce sujet, 8eront Ic comple- ment de I'analyse des cereales. 157. Dans xm travail insere dans les Aiinales de chimie el de phjsirjue , t. V, Proust signala en France, sous le nom d'hordeine, une substance qn'il avail rencontrce dans la iarinc d'orge, et qu'il avail dcja designee en Espagne sous le nom de cevadinn , de ce- vada (orge en espagnol). i58, « Quand on lave une p;1tc de cette farine, dit ce chimiste , comme s'll s'agissait d'en tirer de la giutine (i), cette derniere ne s'y trouve point; mais les doigts rencontrent a sa place je ne sais quoi (le rude, de sableux, qui h'cst autre chose, en effet, que le produit dont nous venous de parler L'analyse ne montre rien qui la distingue de tons les tissus ligneux dont I'azote ne fait pas ou presque pas partic. A la distillation, par exemple, le vinaigre , I'huile et les gaz qui en retiennent une partie, mais aucune trace d'anmioniaquc. L'acide nitrique la dissout; il en forme de I'acide oxaliqiie, du vinaigre; apres quoi parait un soupcon de ce jaune amer, qui rappelle toujours un peu d'azote. » (p. 342.) i38. Le procede dont s'est servi Proust, pour isoler cette substance, consiste simplement a faire bouillir Vamidon et Vhor- dci'rie qui se sont deposes simultanement dans le fond du vase pendant la malaxation. L'ebuilition rend I'amidon soluble, I'hor- deine se precipite; et Ton obtient I'hordeine pure au moyen de quelques lavages. i5q. a la lecture de la description de cette substance ct du pro- cede que I'auteur avdit suivi pour I'obtenir, je concus des doutes assez forts sur son existence reelle , et je me proposal de I'obtenir par moi-meme et de I'etudier a I'aide de mes nouveaux procedes. i4o. Apres I'avoir obtcnue exactement par le procede de Proust, le premier conp-d'oeil dont elle fut ro])jet au microscope me con- vainquit, qn'au lieu d'unc substance inuuediate, j'avais sous les yeux un compose complique de tissus dont il ne me restait plus (i) CVst le gluten auquel , selon I'lisage moilernc , Proust a donnc une terminaison en ine. ( 7' ) qu'ii etiidier la region dans la graine elle-mC-me. 11 estiniililc do taire observer que ce melange de tissus se distingue au microscope lout aussi l)ien dans la I'arine d'orge qu'apres son extraction. Le ^eul nioyen do mcttrc quelc[ae ordre daus ccs nouvelles rccherches, ft de parvcnir a dcs resultals plus positifs, c'etnit d'eludicr sepa- rcnient chaquc organe de la graine en parliculier el d'en tracer des figures exactes, en tenant toujours conipte du dianutre des I'ormes qui se prescntcraient constamnienl. .Te vais proceder, a eel (gard, en passanl des organes plus externes aux organes pins internes (i). i4'- Une coupe longitudinale du grain mOr de ble, pratitiuee a Iravers le sillon median que Ton observe sur la face posterieure du grain, offre (fig. 2), 1° Ic pericarpo (a) qui, sur le cote oppose, tapissc I'interieur du sillon; 2° le perispermc blanc et farineux [d] ; 3° I'embryon (^) , dont Tenipreinte se voit i'l travers le pericarpe a la base de toute graine des cereales. 142. La meme coupe pratiquee sur nn grain d'orge (fig. i) offre, outre ces trois organes ,^ les valves calicinales (e) qui, en s'agglutinant sur la surface eSterieure de la graine, semblent former un autre pericarpe (2). 143. Pericarpe. — Avfuit la fecondationde I'ovaire, le pericarpe se composait de deux couches: I'une blanche, tres-cpaissc, remplie de fecule (dans I'ovaire du froment), et placee a rexterienr, I'autre plus mince, vcrte, tapissant I'interieur dc la cavite, el susccplible, a une certainc epoque, de se separcr de la cuuche blanche, en con- servant pourtant des traces dc leur premiere adherence. i44' A mcsurc qu'on approche de la maturite, la couche ex-- terne et blanche perd pen a peu sa fecule et son epaisseur ; ses cel- lules , depouillees de la substance nutrilive . s'appliquent les unes centre les aulres; et quelque nombreuses qu'elles soient, telle est (1) Voycz pi ^ , dans la livraison prochaine des Annales; toules les figures, a I'exceplion dc 1 et a, sont grossies i3o fois. (2) Ce sont IfS rcstesde ccs deux valves, qui nous mirent sur la voic dc de'couvrir que les grains trouves dans un lombeau egyplitn, et que MAI. Kuntli , Julia-Fontcnellc et Lehaiilif avail de'lermine's coniinc ^k•^ grains do Me, n'elaienl . ( 75 ) iy 1,1^.. — Fig. 9, id. prise nii-clessiis de roml)ryoii de I'orge. — !"ig. 10, id.Au IjIc. — Fig, 1, fragment de feuilles de la plumule de I'orge ct du ble. — Fig. « 3, cellules du cotyledon de I'une et de I'autie graine. Toutes ces figures ayant ete calqiiees comparativement , au grossisscment de i5o diametrcs , il est facile, avec le secours -eul des flgures de la planche , de determiner la grandeur reelle de tous ces organes. On n'a qu'a appliquer une regie divisee en millimetres sur chacun d'eux, on a pour la grandeur reelle a, le nombre b de millimetres qu'occupe I'organe, di vise par le grossissc- ment c, c'est-a-dire a = - de millimetre. c 154. Une fois la forme et la region de tous ces organes ayant ele suffisamment determinees, il me restait ,a reconnaitre quels etaient ceux que Ton rencontrait dans I'hordeine de Proust ,'obte- nue a I'etat d'une grande purete. Je malaxai de la farine de ble sur un tamis , pour en separer le gluten ; je fis subir la meme ope- ration a la farine d'orge, qui ne me donna qu'une quantite inap- preciable de gluten. Je soumis a Tebullition la fecule qui etait tom- bee au fond du vase, je decantai quelques instans apres le repos du liquide, je lavai Ic residu a differentes reprises, ct j'obtins ainsi une poudre jaunatre, moinsfine dans le ble que dans I'orge, insoluble dans I'eau, susceptible d'etre decoloree, mais non dis- soutc par I'alcool , et que je m'empressai de reconnaitre au mi- croscope avant sa dessiccation, afin de ne pas permettre a ses mo- lecules de s'agglutiner et de se confondre ensemble. Sans cette precaution , Ton ne rencontrerait presque que des grumeaux opaques et pourtant susceptibles d'etre determines; et en les broyant, on les altererait au lieu de les isoler. i55. Or dans la substance poudreuse que je venais d'obtenir, je ne decouvris que les lambeaux de la couche blanche (o) , et resineuse {b) du pericarpe (fig. 1 a et fig. 8, g, 10); la couche a cellules noires et hexagonales, qui enveloppe le perisperme (fig. 5 et 6); les fragmens des feuilles de la plumule de I'em- bryon (fig. 12) ,etci\ et Li quelques teguniens de fecule qui avaient ete entraines par le precipite, on quelques grains integres qui avaient echappe a I'influence de I'ebullition , et donl on pouvait •jcgliger la presence dans la determination de la nouvelle substance que j'etudiais; plus les poils (i5). les ecailles (i6)- 1 56. En coiisoqueiice au lieu (I'mic substance nouvelle, je n'a- vais la que du son tres- divis<'" , qui ne se compose que de IVa},'- mcns du pericarpe et de I'enihiyon du ble. Ces Iragnicns elanl insolubles etplus pesans que les tegumens de fecule, se precipi- tent des que rebullition cesse de les tenir en agitation et en sus- pension , et on les retrouve au fond du vase, sous forme de poudre plus ou moins impalpable. Vojez dans quelles aberrations la chimic organique allait se Je- ter avec tout le luxe de ses appareils et la complication de ses pro- cedes , quand il est arrive a uu chimiste aussi distingue que Proust, de prendre pour une substance immediate etqu'il rcgardail comme ayant une haute importance en physiologic, un simple prtcipite de son tres-divise. L'auteur ayant fait I'analyse de I'orgc avant el apres la germination, trouvo que dans le premier cas IVjo/JcY/jt; etait dans la proportion de 55 a loo dans la farine d'orge , et que dans le second cas la proportion n'etail plus que de 12 a loo; re- sultat qui lui parut si etonnant , qu'il s'en exprime en ces termes : Et pour riwrdeiiie enjin , descendue de 55 a 12 par la gcrrnina- lion , qu'esl-elle devenue? se serait-elle transformte en antidon'? Que de recherclies n'exigeraient pas ces questions .' 157. Mais, dira-t-on, si I'hordeine n'est que du son tn's-divise, comment se fait-il que des graines d'un volume a pcu pri'S egai , telles que celles du fromcnt et de I'orge, fournissent, la derniere 55 d'hordeine sur 100 de farine, tandis que la premiere en fouruit a peine 30 sur 100? L'anatomie des deux graines donne une reponse percmptoire a cettc double objection. Je ne parlerai pas ici des paillettes calici- nales qui recouvrent intimement le grain d'orge, et dont les frag- mens, en se reunissant a ceux du pericarpe, "doirent necessairement grossir encore la quantite du precipitc. Mais cependant il est bon de faire remarquer que ces paillettes, en s'attachant au pericarpe, ont du imprimer a cet organe des modifications physiques que n'aura pas le grain de ble. C'est dii resle ce que la dissection de- montre. Car si Ton pratique une coupe transversale sur le grain d'orge et sur celui du ble, on ne manque pas de s'apercevoir que le pericarpe du ble s'enleve en entier et comme un ruban cinulaire, M tandis que le pericarpe de I'orge, au lieu de s'exfolier, ne se de- ^ tache que par fragmens Ires-petUs. Ce qui se passe sous le tranchant (77) du scalpel, doit evidemment avoir lieu aiissi sons le poids de la nieulo. Ell consequence le son se trouvera a un ctat de division bien plus grossier dans la faiine de ble que dans celle de I'orge. Ses Iragniens resteront done au-dessus du hluteau quand on tami- sera la farine de ble; tandis que plus petits et presque miciosco- piques dans la farine d'orgc , lis passe ront avec la feculc et le gluten a travers les mailles du bluteau , et deviendront ainsi presque in- separables mecaniquement de la farine d'orge. i5g. La prenve en grand de ce que vient de nous reveler I'a- nalyse microscopique, nous est fournie par I'orge perle. On sail qtie cette substance se prepare en Hollande, en ecartant la meule, qui des-lors n'ecrase plus le grain d'orge , mais le roule sur lui- meme , et le depouille par le frottement de son pericarpe et de son embryon ; le grain d'orge s'offre alors sous la forme d'une boule blanche perlee comme les petites boulettes de sagou ( §. 78), d'oOi vient le nom d'orge perle , et qui ne retiennent plus de leur pericarpe que la portion qui , etant emprisonnee dans le sillon (§•) posterieur de la graine , n'a pu elre usee par la meule. Or si Ton broie cette substance pour en faire de la farine , on obtient une fa- rine aussi blanche que celle du froment , et qui ne donne plus qu'unequantite inappreciable d'hordeine,laquelle provient desfrag- mens du pericarpe qu'cmprisonne le sillon dont je viens de parler, 160. Maintenant il est facile de s'expliquer pourquoi apres la germination de I'orge on obtient si pcu d'hordeine. Le peri- carpe, apres la germination, s'est isole dn perisperme dont le gluten s'est decompose et dont la fecule s'est sacriflee aux depens de I'embryon qui a cru et vegcte. Ce pericarpe est devenu moins cassant et plus elastique en s'imbibant intimement d'eau. Sous la meule, il ne se brisera done plus qu'cn larges compartimens, qui ne passeront plus u travers le bluteau, et qui resteront au-dessus du tamis sous la forme du son ordinaire. Voila la cause bien simple de I'erreur qui a porte M. Proust a croire que I'liordcine diminuait et que I'amidon augmentait, tandis qu'au contraire il est evident que I'amidon diminue en se sacrifiant a la nutrition de I'embryon, et que I'hordeine reste stationnaire, a cause de I'incorruptibilite delaresine qui remplit et distend ses cellules internes , et de I'inalterabilite de la couche externe, dont les cellules ne contiennent rien qui soit ca- pable de fermenter. ( 7« ) i6o. Ces rosultats paraissent si simples aujourd'hui qu'on scia tcntedepenser qu'ils n'eusscnt pas echappe auxmeuiiicrs,aux bou- langers ot u tous ecus qui ont I'liabitude d'observer ou de manipu- ler les i'arines. Qu'on relise, ce memoii'e a la main, les travaux qui ont eu pour objel la panification , on cioira lire la refutation du tra- vail si etcndu de Proust. « La I'arine d'orge , dit Parmentier (i), est presque loujours del'ectueusc , a cause du son , dont le tissu rude et coupant la rend rude au toucher; la pate qui en resulte est cassante et plus courte que ccUe du seigle, d'oi^i il est aise de conclure qu'elle ne peut fournir un pain bien leve. Pour tirer le meilleur parti de I'orge , il faut eloigner d'abord la meule courante, flfm de concasser seulement le grain, et soparer tout le son ; I'orgc ainsi nionde , demande a etro converli en farine comnie les gruaux. On en obtient plusieurs farines qui, melangees ou employees ii part, sont toutes de nature a durcir , etant combinees avec I'eau et raises en boulettes. « «La meilleure i'arine, dit IMathiole (2), est celle qui n'est trop bien nioulue, et qui a ete un peu gardee, et qui jette et rend un son gros; car une farine trop moulue fait du pain comme s'il etait du son. » 162. Il ne faudrait pas s'attendre a obtenir, dans toutes les experiences, 55 sur 100 d'hordeine , comme Proust I'indiquc dans son travail. Ce nombre variera considerablcment selon les pro- cedes employes et le temps que durera I'experience. Plus on la- vera, plus les pellicules de la couche externe du pericarpe (fig. 4 «), les tegumens d'amidon et les fragmens du gluten monteront et resteront en suspension , en sortc qu'a force de lavages, sur 14 gros de farine d'orge, j'ai fini par ne plus obtenir que 1 gros d'hordeine ; €t comme j'avais soin d'examiner au microscope les eaux de lavage, toutes les fois que je decantais, il deveaait evident a mes yeux, que j'enlevais a chaque fois des fragmens nombreux des organes les plus legers de ce mebnge en precipitation. i63. Et c'est ici I'occasion de faire remarquer combien Ton se trompe quand, a I'aide des analyses en grand des farines, on (0 Parfait Boulanger , p. 566 (a) Sur Dioscor., trad, de Piriot , fi_yoii , ihS.^ , p. 186. ( 79 ) assure avoir obtenu des quantites precises, susooptibles d'etre ex- primecs par des fractions et inenie des unites. Le son, rommc on vient dele voir, passe en assez grande quantite avec I'amidon, Ic gluten se reunit aussi a cette substance, surtout quand il n'est pas elaslique; I'amidon, a son tour, reste emprisonne en quantite no- table dans la substance du gluten ; il faut en dire autanl du sucre , de I'hnile , de la resine et des fragmens de rembr3'on ; en sorte que tel auteur indique une quantite d'huile, tel autre ne mentionne pas uieme cette substance, et qu'en un mot une analyse en grand est un vei'itable chaos, une simple approximation inulilc a la phy- siologic , et dont les resultats peuvent tout au plus servir les ma- nufactures et les arts. 164. Dans tout ce que j'ai expose, je n'ai prctendu parler que de I'hordeine de Proust; car M. Thenard (1) a evidemment con- fondu deux substances distinctes : les lies des vins qui sont des pellicules provenant d'une vegetation cryptogamique , et I'hor- deine de Proust, que je viens de prouver n'etre que du son tres- divise. 1 65. Orgnnes analogues aiix grains de fecule. — Fecule verte. — Apres cette digression sur I'analyse de la graine des cereales, je repreuds I'histoire de I'analogie qu'ont avec la fecule les organes vegetaux ou animaux; et je commence par la fecule verte. Ayant broye, dans un mortier en verre, des cotyledons A'' Acer platanoiJes en germination, a I'epoque oi'i la plumule ne se com- pose encore que de deux feuilies, j'obtins une fecule verte qui se precipita au fond du verre, en laissant incolore le liquide qui la sur- montait ; examinee au microscope, elle n'offrait que des vesicules ovales de formes diverses, variant a I'infini autour de 1/20 de long sur 1/40 de large , les unes vides et blanches et ne se dessinant que par des contom-s liniaires , les autres pleines de globules verts, et d'autres enfin ne possedant que quelques-uns de ces globules. L'al- cool enlevait la matiere verte que renferment ces globules dont on ne voyait plus alors que les parois vesiculaires. Du reste , ces glo- bules etaient intimement attaches a la parol interieure de la grande {1^ Traile de chimie , ed. i8i4 > !• IV. P- 23o , Sd^ et 3i5. ( 8o ) vesicuU', aiiii'i qu'on pouvait s'eii convaincre en iniprimant iiii mom eiiiont de rotation a ces grandes vesicules. i6(). II est evident que ces Acsioulcs joucnt, dans les cotyledons dc I'erablc, le nicmc rule que la fecule dans les perispermes des an- tics vegetaux, qu'elles sacrifient leiir matiire verte au profit de la phiniule, comnie les tcgumens sacrifient leur gomme au profit du nieme organe dans les graines farineuses. Les cellules blanches sont cellcs qui se sont epuisees a cet effet ; celles qui renferment en- core des globules verts , sont celles qui ne se sont pas encore entie- rement depouillees. iG--. La niatit'ie verte par elle-menie n'est done qu'une resine amorphe soluble dans I'alcool, I'other, lesacides niiueraux surtout, et susceptibles de colorer I'eau en restant en suspensioa a la faveur des globules qui la recelent. Cette matiere verte a la propriete de passer par toutes les nuances du prisine, et c'est elle qui devicnt iaune et soiide dans le pericarpe du ble parvenu a la maturite. Cette matiere verte est identique par ses proprietes chimiques avec celle qu'on trouve dans la plupart des organes animaux , dans la vesicule du fiel par exemple. Le passage insensible de la couleur verte a toutes les autres couleurs, sous I'influence de I'oxigene, ne serait-il pas identique avec le phenomene qu'on observe en com- posant le cameleon mineral ? Car les i'enilles et tous les organes verts renferment du manganese et de la potasse. 168. Ces cellules remplies de globules verts s'obtiennent encore isolement par le dechirement des feuilles des plantes grasses telles que le Seditm senipervknim , et ce sont ellesque Ton voit repre- sentees sur la planche 10, torn. II, fig. 20, dans toutes les phases de leur elaboration. i6g. On avait beaucoup dispute pour savoir si les cellules vege- tales jouissent chacune d'une parol propre; on avait employe pour le prouver, lantot I'eau bouillante, tantot I'acide nitiique. Mais on aurait pu objecter, avec juste raison, que I'isolement de ces cel- lules n'etait alors qu'apparent, etque I'eau bouillanleet I'acide ni- trique n'avaient fait qu'user et que corroder les lambeaux d'une cellule contiguii a celle qu'on par\enait de cette maniere a isoler. Le simple dechirement d'une feuille grasse , comme on le voit, suffit pour etablir le fait d'une maniere percmptoire. 170. Lorsque les globules liniites qui renferment la matiere verte, ( 8> ) ne sacrifienl pas leur contenu ji la nutrition dc la plumule , lis le sacrifient a leur propre accroissenient; et alors on les rencontre avec des diametres dc plus en plus gros, si on a soin de les obser- ver jour par jour dans le mtme organe. ( ha suite au prochain numero. ) NOTICE GEOLOGIQUE Sl'R LES TERRAINS DU DEPARTEMENT DE LOT-ET-GARONNE ( ANCIEN AGENAIS ) ; PAR L.-A. Chaibard et A.-G. de Raigniac. Au milieu des materiaux deja rassembles pour elever la geologic au rang des autres sciences naturelles , ceux que renferme cette no- tice paraitront vraiseniblablement fort etranges ; mais nous disons ce que nous avons vu et rien que ce que nous avons vu. On n'y trouvera point d'hypothesc : on n'y trouvera pas meme une con- jecture. Si nous nous sommes egares , c'est par les sens seulement que nous I'aurons ete. Notions topographiques el autres. Les parties les plus basses du departement sont le lit de la Ga- ronne et cclui du Lot. Les vallees de ces deux rivieres sont se- parees par des coUines dont la plus grande hauteur s'eleve a peine a deux cent dix metres au-dessus du niveau de la mer (i). Les points culminans de la contree sont, au nord de la vallec de la Ga- ronne, le sommet de Latrufe sur la route de Perigueux, le moulin de Marsac et celui de Ferrussac au nord d'Agen. Au sud , ce sont les sommets de Xaintrailles , d'Espiens, de Montagnac et dc Laplume. (0 Selon line niovenno hnrnmc'triqiie de AI. ,1c Godailh, lc zcfro ilt- 4- ' G ( 82 ) Rien ne parait dominer ces points culininans, soil vers ie bassin de la Dordogne, au nord, soit vers le bassin de I'Adour, an sud. Les substances minerales dont se compose la masse de ces collines sont an nombre de cinq. Le sable, la matiere calcaire, I'argile, le silex et le gypse ; sans compter les fossiles de toute nature qui se frouvent accidentellement dans plusieurs couches, les galets ou cail- loux roules qui couvrent le fond des vallees , les graviers qui recou- vrent certaines collines , et du minerai de fer qui alimente quelques usines. Ces collines sont de deux sortes ; les uncs n'offrent que des co- quilles d'eau douce dans leurs calcaires, tandis que les autres ne ren ferment que des coquilles marines dans ces memes calcaires. L'ensemble des premieres sera designe ici par le nom de sj-steme des calcaires a coquilles d'eau douce ; l'ensemble des secondes par le nom de systeme des calcaires a coquilles marines. Un seul coin du departement appartient au systeme a coquilles marines. C'est la partie situce a son extremite nord -est, et qui se trouve comprise entre Byron, Libos et les collines au sud de la rive gauche du Lot. Cette petite partie du departement exceptee , tout le reste appartient au systeme a coquilles d'eau douce. Chacun de ces deux systemes sera decrit en particulier dans les deux sec- tions suivantes. SECTION PREMIERE. Systeme des calcaires a coquilles d'eau douce. Le lit de la Garonne , depuis sa sortie du departement entre Mar- mande et Lareole jusqu'a Toulouse , est creuse dans un gres mo- I'e'tiage so\is le pont d'Agen est a 25 metres au-dessus du niveau de I'Oce'an 25 met. Selon un nivellement de la route de Perigueux par M. Lade- veze, ingenietir, le sommet de Latrufe, sur la roule de Pe'ri- gueux, serait a 183 metres au-dessus de I'e'tiage de la Garonne. 182 Plus 3 metres ( par apcrcu) pour atteindre le point culminant a Test 3 En somme 210 met. ( 83 ) lasse. Le lit du Lot, dcpuis Aiguillon jusqu'a I'einbouchuie de la Lemance ii Libos, est creuse dans le meme gres molasse. Au-delu, le lit de cette riviere est dans le calcaire dependant de la formation crayeuse, comme on le verra en son lieu. Depuis le lit de la Garonne, jusqu'aux points culminans de La- plume, d'Espiens, de Xaintrailles au sud d'Agen , et depuis les points culminans qui se trouvent sur la ligne du partage des eaux entre la Garonne et le Lot, jusqu'au gres dans lequel coulent ces deux rivieres , on trouve la serie des couches suivantes de haul en bas. (i). Coupe generale des formations. Graviers ou sables et argile ferrugineuse recouvrant indifferem- ment tous les terrains. — Argile, avec bois silicifie ressemblant au figuier, alternant avec 5"^ Calcaire a coquilles d'eau douce , gris et hlanc , deux bancs. — Marnesd'abordsablonneuses, puis calcaires, servant de luoyen do transition graduelle et insensible au sable pour passer au calcaire. Sable ( sans fossiles ? ) — Argile alternant avec 4* Calcaire a coquilles d'eau douce et tubulures , gris et blanc ,, deux bancs au moins. — Transition marneuse du sable au calcaire. Sable avec ossemens de mammiferes terrestres. — Argile avec lui banc d'huitres a bee , gypse en cristaux et bois silicifies dicotyledones. 5" Calcaire a coquilles d'eau douce , gris et blanc avec ossemens de mammiferes; trois bancs puissans et roche de silex (meuliere ). immediatement superposee. — Transition marneuse et gypse en cristaux ou en masse. (i) En ge'ologie, il est essentiel que la note des coupes de coUines fassc tableau , c'est-a-dire que les couches supe'ricures se trouvent en note ati- dessus des inferieures. On ne s'ecartera jamais ici de ccfte regie. Le lecteur se verra alors force de lire de bas en hautj mais il n'y a la nul inconvenient. On s'y accoufume saos peine, et font deviont ])lus clair, jilus intelligible. ( 84 j Sable (le couleur cendre-blanc , renfermant un lit de marne calcaire. — Arfiile avec bois silirifie de dicotyledones et monocotyledones ressembhmt au palmier, alternant avec a' Calcaire a coquilles d'eau douce , et ossemens rares de mam- miferes terrestres, trois bancs puissans avec roche de silex imme- diatement superposee. — Transition marneuse plus puissante que les autres. Sables avec bois silicifies de palmiers et d'arbres dicotyledones resseniblant au hetre. — Argile alternant avec I" Calcaire a coquilles d'eau douce et ossemens de mammi feres, de tortues, de crocodiles; deux bancs. — Marnes d'abord sableuses, puis calcaires, au nioyen desquelles le sable subjacent passe au calcaire superpose par une transition graduelle et insensible. Sables, sans fossiles ? Lit de la Garonne dans du gres molasse et sous une couche de marne argileuse. Independamment de ces couches geologiques , on doit noter que le fond de la vallee de la Garonne, cehii du Lot, sont reconverts de gros graviers et de cailloux roules qu'il faut se garder de con- fondre avec le gravier des hauteurs qui recouvre indifferemment tous les terrains. Dans ce tableau general on a place plusieurs accidens de formations qui ne se montrent qu'en certains lieux cites seu- lement et non partout. Voici des coupes partielles qui justifient cette insertion. Coupe depuis le sommet d' Espiens , de Xaintrailles on de Laplume, jusqua la Garonne. — Argile alternant avec 5* Calcaire a coquilles d'eau douce , gris et blanc , avec des morceaux a I'etat de marbre. ( deux bancs au moins. ) — Transition marneuse. || Sable colore par le fer en certains lieux. — Argile alternant avec (85) 4* Calcaire a coquilles d'eau douce, gris et blauc. ( deux bancs AU moins. ) — Transition marneuse. Sable avec osseniens roules de quadnipedes, a Xaintrailles. — Banc d'huitres a bee dans de I'argile grise alternant avec Ic 5' Calcaire a coquilles d'eau douce, gris et blanc, et gypse en cretes dans I'argile intercalee. — Transition marneuse. Sable avec un lit de marne calcaire au milieu. — Argile alternant avec 1' Calcaire a coquilles d'eau d'eau douce, blanc ( trois bancs puissans), avec meuliere celluleuse, immediatement superposee. ■ — Transition marneuse. Sables on gres. — Argile. 1" Calcaire a coquilles d'eau douce, un banc ordinairement peu puissant, souvent fort mince. — Transition marneuse. Sable avec veines de craie. Gres molasse dans le lit de la Garonne, au-dessus d'un lit dc marne argile use. ( Observal.) On n'a point compris dans la coupe precedente le gravier de moyenne grosseur, forme de petits galets de quartz et de porphyre , qui recouvre toutes les coUines de cette contree. Ce gravier, comnie on le verra en son lieu, appartient a un autre ordrc de formations independantes. Coupe depuis le sommet de Latruje , ou depuis le nioulin de Marsac jusqu'a la Garonne. — Argile avec bois siliciQe ressemblant au figuier. 5" Calcaire marneux a coquilles d'eau douce, gris et blanc; deux bancs au moulin de Marsac. — Transition marneuse du sable au calcaire. Sables presque point micaces, souvent marneux. — Argile alternant avec 4' Calcaire a coquilles d'eau douce , gris et blanc ; deux banc?^ - — Transition marneuse. ( 86) Sable peu micace , blanc-terreux. — Argile avec huitres i bee, et bois de dicotyledones silicifie , alternant avec 3" Calcaire a coquilles d'eau douce , et ossemens de quadru- pedes; trois bancs, avec roche de silex en petites plaques imme- diatement superposees. ( A Fontiroux. ) — Transition marneuse. Sable blanc-cendre moins micace , avec un lit de marne calcaire presqu'a sa superficie. • — Argile alternant avec 2* Calcaire a coquilles d'eau douce , Indusies ; ( trois bancs puis- sans ) avec roche de silex celluleuse ; a la Luz. . — Transition marneuse tres-puissante. Sables et gres molasse gris-terreux , micace. 1" Calcaire marneux, ou marnescalcaires a coquilles d'eau douce; (banc mince. ) — Transition marneuse du sable au calcaire. Sable et gres avec filons ou veines de craie tres-frequens. Lit de la Garonne dans du gres molasse , au-dessus d'un lit de marne argile use. Coupe a Saint- Laurens pi'es Moissac. (Tam et Garonne. ) (i) — Terre argilo-sablonneuse cultivee. 4' Calcaire a coquilles d'eau douce et transition marneuse , en- viron 2 metres. Sables ou gres. 3' Calcaire a coquilles d^eau douce, recouvrant une terre noi- ratre avec ossemens de rhinoceros et autres quadrupedes. Profon- deur totale, 66 pieds. (2) — Transition marneuse. (1) Nous donnons ici cette coupe, quoiqu'elle soit, efrangere au de'par- tement de Lot-et-Garonnr, pour la raison que les notes fournies a M.Cuvier sont inexactes, et que d'ailleurs la collinp de Saint-Laurens fait partie du systeme des calcaires de I'Agenais. (2) Cuv. ,_Rech. OSS. fos., p. 5o. ( 87 ) Sable blanc-cendre. 2' Calcaire a coquilles d'eau douce , alternant avec de minces lit* d'argile. — Transition mameuse. Sables blanc-terreux. I" Calcaire marneuxen indices et transition mameuse. Sable. Gres molasse dans le lit de la Garonne. ( Obs. ) M. A. Boue (i) a donne conime exemple des terrains de i'Agenais , dans les Annales des sciences nnturelles , une coupe du Pech de Bere , sitae a I'embouchure du Lot dans la Garonne ; mais ce zele et estimable geologue y a omis le sable cendre vert qui se- pare le deuxieme calcaire du troisieme. II suffit sans doute de re- iever ici cette omission, car cette coUine n'offre d'ailleurs que la serie des couches inferieures des coupes precedentes y compris le troisieme calcaire et les grosses huitres de I'argile superposee. Coupe a Baupiij' pres de Marmande, Terre marno-sablcinneiise cultivee. Grfes calcaire ou calcaire sablonneux avec une multitude de co- quilles marines univalves et bivalves. (Pierre de construction de Bordeaux) (2). — Sable avec un lit de petites huitres oblongues. — Meullere en petites plaques dans les champs au-dessus du 1" Calcaire a coquilles d'eau douce et tubulures gris et blanc, (deux bancs epais alternant avec des lits minces d'argile). — Transition mameuse. Sable micace gris-terreux avec un banc d'argile a sa partie in- ferieure. Lit de la Garonne dans le sable. Coupe a Soumenzac. Meulieres en grosses masses compactes immediatement super- posees au (i) Ann. SL . mil . , 1824 , |>. 83 el 9';. (n) Comtnc on Ic sail, ce banc de pienes n'cst autre chose qiic la j>») lie (88) 5* Calcaire a coquilles d'eau douce. II est siliceux au contact. — Tran.xition marneuse. Sables. — 3Ieidiere en grosses masses immediatement superposees au 1' Calcaire a coquilles d'eau douce alternant avec de minces lits d'argile. , — Transition marneuse puissantc. Sables. — Meulieres en grosses masses compactes immediatement su- perposees au 1" Calcaire a coquilles d'eau douce reposant sur le sable au- dessus de la plaine de la Garonne. Nous aurions pu donner ici un bien plus grand nombre de cou- pes; niais elles ne sauraient etre que des repetitions inutiles. Toutes les coUines de I'Agenois , a Texception de quelques accidens que Ton aura soin de mentionner, se composent des memes couches geologiques, et renferment toutes celles que comporte leur eleva- tion plus ou moins grande. L'existence de ces cinq calcaires a coquilles d'eau douce super- poses, et separes I'un de I'autre par de puissans bancs de sable, surprendra plus d'un geologue ; mais cette existence n'en est pas moins certaine et indubitable. C'est par la superposition constante, evidente, partout repetee cent fois, qu'elle a ete constatee, et non par les fossiles. Au reste il suffit, pour s'en assurer , de partir des bords de la Garonne et de compter les couches a mesure que Ton s'eleve, soit vers le lieu de Latrufe sur la route de Perigueux, soit vers les villages d'Espiens, de Xaintrailles , etc. Li comme partout iiilleurs, toutes les couches se montrent a decouvcrt dans les cou- pures des fosses, des chemins. Aucune ne manque nulle part, sauf le gypse qui est une couche subordonnee aux argiles du troisierae calcaire, la meuliere, dont le developpement est toujours incom- plet , meme dans les lieux oii elle se montre constamment au-dessus des trois calcaires inferieurs, et les grosses huitres qui ne forment jamais des bancs continus, quoiqu'on les retrouve dans presque toutes les coUines. inl'e'rienre du calcaire grossicr parisien , on si on I'aimf mieiix, que la partie sujierieiire dii gn'-s subjacent. (89) Dans un ouvrage manuscrit , piet a ftre livre a I'impression , M. Chaubarcl, Tun des auteurs de cette notice, remarque que la superposition cinq fois repetee des trois termes sable, calcaire , ar- gile, constitue cinq formations independantes qu'il nomme de bas en haut, i calcaire crajeux, 2 calcaire parisien, 3 calcaire gj-pseux , 4 ai'ant-dernier calcaire, 5 dernier calcaire. La premiere de ces formations ou la plus inferieure repond a la craie du nord-ouest de la France ; la seconde au calcaire grossier parisien ; la troisieme au platre a ossemens ; la quatrieme au calcaire siliceux superieur. Quant a la cinquieme ou derniere, elle n'a encore ete signalee par aucun geologue, du moins avec quelque certitude. Comme cette division est absolument nouvelle, et con- traste d'ailleurs avec celles deja publiees , on ne pent se dispenser d'emprunter a Touvrage manuscrit cite , les principales raisons sur lesquelles elle est fondee. & Si avec la plupart des geologues de nos jours, on fait com- » mencer les formations secondaires au-dessus du gres-houiller seu- » lement , on trouve la serie des termes exposee au tableau suivant , » dans lequel la premiere colonne offre cette serie , pendant que la » seconde i.idique la circonscription des formations et le nom qui » leur a ete donne. Tableau des formations secondaires et tertiaire s . ..Argile alternant avec le I 6^ Formation on « Calcaire superieur di, bass.n de Pans. avant-derniercalcaire. u dables. I » Argile alternant avec le ( r^ i? .• . t' P ■ 1.. . 15' rormation ou » L.alcairo sypseux ou platre a ossemens. < /- , c I , "-' ', ' 1 Calcaire gvpseux. » babies on grcs. ( *'■' ' )) Argilr alternant avec le 1 /, i:- .• /^ P ■ ... 14 rorniatinn ou » V,alcaire grossier pansien. \ /' 1 • c Li " . 1 r • •. ) Calcaire parisien. M oables ou gns des Lignites. ( ' » Argile alternant avec la ( o, i- f ■ 11- • ■• I 1- I ■" t'ormation ou >' Liraie on le calcaire qui en tient lieu. ( ,.1 SI I , > I (.alcHire craveux. ables ou gies. ( •' » Argile alternant avec le ( ,. 1- l• /-^ 1 . > , I 2' rcu'inalion ou » ijaJcairo du Jura. !•• f-' 1-. /-» J . 1 Calcaire iiirassi'iue. » Lires dit. {Juanaersanstein. \ ' I' Argile alternant avec le i ,. ,■ ,■ ,. 1 . , . , . \ 1" Inruialluu oil » l..alcairc maenesien ou alpin. \ ^^ 1 • , /-._. 1- r . I /■ 1 1 11 1 Calcaire magncsien. )) Ores higarre repnsantsur lalorin. deshouillcs. ( ° (90) » D'abord c'cst une chose bien reiiiarquable que ce retour perio- » dique des trois termes sable, calcaire, argile reproduit six fois, n meme sept , si on vent y comprendre le dernier calcaire de I'Age- » nais. 1) En second lieu , il se presente avec une circonstance essentielle, » et bien digne de fixer Tattention du geologue aux yeux duquel » les terrains secondaires et tertialres ne sont que des depots de se- » diment : C'est que les substances sable, calcaire, argile sont ran- » gees dans chaque groupe de la serie selon I'ordre des pesanteurs » specifiques. En effet, par I'experience triviale du potier de lerre, » il est demontre que lorsque dans un liquide, le sable, le carbo- » nate de chaux, et I'argile se trouvent meles ensemble, le depot » s'opere de telle maniere que le sable occupe le fond du precipite , » la matiere calcaire le milieu, et I'argile la superficie. II n'en fau- » drait pas davantage sans doute pour etre auto rise a conclure de » la, que les six ou sept groupes periodiques des terrains secon- » daires et tertiaires constituent autant de formations independantes. » Mais ne precipitous point notre jugement : cette consequence est » susceptible, comme on va voir, d'une veritable demonstration » geologique. » C'est un principe admis par tons les geologues , que des roches » qui passent de Tune a I'autre par une transition graduelle et in- » sensible, font necessairement partie d'une seule et meme forma- » tion ; tandis que cellcs qui se superposent I'une a I'autre d'une » maniere brusque et tranchee appartiennent a des formations dis- )) tinctes et independantes. Or, des que Ton dirige un examen at- » tentif sur les divers groupes periodiques des terrains secondaires » et tertiaires , on ne pent s'cmpecher d'etre frappe par deux faits » il est vrai pen remarques, mais qui pourtant n'en sont pas moins » certains et incontestables. Le premier de ces faits est que toutes » les fois qu'un banc de calcaire se montre au-dessus d'un depot de » sable , celui-ci passe a celui-la par une transition graduelle et in- » sensible. La superficie du sable prend d'abord du carbonate de » chaux mele d'argilc , et devient ainsi une marne sablonneuse. Pro- » gressivement la matiere calcaire s'accroit tellement dans cette i> marne qu'elle finit par n'etre plus qu'un veritable carbonate de « chaux. Mors Targilc vienl alterner en lits minces avec ie calcaire , V ct annonce par celle alternanre qu'elle va bientol elle-mSme se (9' ) » deposer seule au-dessus. Le second de ces fails est que toutes Ics » fois que le calcaiie ou la nieuliere, qui parfois le surmonte, est » recouverte par un dep6t de sable superpose , au lieu de retrouver « une transition graduelle et insensible entre le calcaire et ce sable n superpose , on trouve au contraire une transition brusque et tran- » chee. Ainsi dans les formations secondaires et tertiaires chaque de- » pot de sable ou gris reuni au calcaire , qui couronne ou recouvre « son sommet fait avec lui une seule et meme formation; tandis que » ces mC-mes sables avec les calcaires subjacens formeraient un « tout disparate appartenant a des formations differentes et indepen- » dantes I'une de I'autre. » Mais, va-t-on dire ici, que deviennent alors les divisions de ces memes formations en terrains marins et terrains d'eau douce, concues par feu Lamanon et illustrees par la plume du celebre se- cretaire de I'Academie des Sciences de nos jours ? comment conce- Toir d'ailleurs que des terrains a la fois marins et d'eau douce soient les membres essentiels d'une seule et meme formation? II est tres-vrai, que la nouvelle circonscription des formations est un melange de terrains evidemment marins et d'eau douce. Mais nous ne saurions entrer ici dans les longs details que necessi- terait la rcponse a cette question : le sujet que nous traitons ne le comporte pas. D'ailleurs il suffit d'avoir demontre geologiquement la legitimite de cette nouvelle circonscription. Nous devons done nous borner a faire remarquer que la division des formations secon- daires et tertiaires en terrains d'eau douce et terrains marins, loin d'etre , comme celle-ci , fondee sur une demonstration geologique , n'est qu'une hypothese qui, toute simple, toute ingenieuse, toute seduisante qu'elle est , ne saurait etre de nature a renverser une cir- conscription etablie sur des fails evidens , et sur une demonstration geologique rigoureuse. Au reste on verra , dans I'ouvrage manuscrit cite, comment I'auleur est parvenu a lever cette difliculte. Pour ce qui est des cinq formations superieures a coquilles d'eau douce de I'Agenais, comparees avec les quatre formations du uord- ouest de la France , on dira bientnt ici commtnit on est imperieuse- ment conduit , a reconnaitre ridentile des termes de ce rapproche-v ment , quelque etrange que cette identite puisse paraitre a ceux qui adraettent la division des formations en terrains marins et terrains d'eau douce. Cc9 cinq groupes forment toujours des etages oa plutot des gra- dins superposes les uns aux autres, qui de loin permettent au geo- logue de reconnaitre si la colline qu'il apercoit est composee d'une, deux , trois , quatre ou cinq formations superposees , ou plutot em- pilees les unes au-dessus des autres. Par exemple, voit-on dans la plaine basse une butte ou un plateau peu eleves au-dessus desquels il ne se montre aucun gradin, on peut en conclure qu'elle est com- posee par la seule formation du calcaire crayeux. La butte se mon- tre-t-elle avec un gradin a peu pres a mi-c6te, on peut en conclure qu'elle est composee par le calcaire parisien superpose au calcaire crayeux. Se presente-t-elle avec trois gradins , c'est la formation du calcaire gypseux superposee au calcaire crayeux et au calcaire parisien. Y distingue-t-on quatre gradins , c'est I'avant-dernier cal- caire superpose aux trois calcaires qui le precedent. Enfin , voit-on une calotte, une croupe superposee sur les quatre gradins , c'est la formation du dernier calcaire. On peut aussi juger de fort loin si la derniere formation super- posee est complete ou non. Car si cette formation superposee se termine en plateau, a coup sCir elle renferme son sable et est cou- ronnee par son calcaire ; tandis que si elle se termine en calotte ou en cone, le calcaire manque et elle ne se compose que de sable mobile. Quelquefois I'abondance du sable dans la formation superposee, recouvrant entierement le plateau de la formation inferieure , sur- lout du cote qui regarde la mer, rend ces gradins presque insen- sibles ; mais elle ne les efface jamais entierement. On apercoit tou-> jours ca et la des protuberances qui interiompent la direction de la pente, et lui font faire saillie. On est averti par la, que le gradin a ete efface, et que, si on tourne autour de la colline, on le retrou- yera au mSme niveau d'un autre cote. Ces gradins superposes ne se montrent pas seulement d'un cote de la colline : on les retrouve sensiblement au meme niveau du cote oppose et dans tout le pour- tour. Pour en donner une idee, on a dessine les profils des forma- tions qui se montrent ainsi empilees les unes au-dessus des autres, cntre la Garonne et le point culminant du moulin de Marsac , c'est- a-dire depuis la Garonne jusqu'u la ligne ou se trouve le partage des eaux. ( Voy. pi. 5. ) On aurait desire pouvoir representor le profil dans son integrite parfaite ; mais comme il eOt fallu pour cela (93 ) allonger la figure outro mesure, on s'est borne ;i Ics dcssiner de trois en trois, e?i evitant de copier ceux qui se montraient trop allonges on prcsque effaces. Relativement a cette disposition des formations en grading, il est un autre fait bieii digne de remarque. Si Ton vent comparer les collines qui s'elevent sur la rive droite de la Garonne avec celles qui s'elevent sur la rive gauche , on s'apercoit de prime abord que les niveaux sont fort differens. C'est ainsi , par exemple , qu'a Agen les deux formations inferieures de la rive gauche de la Ga- ronne se trouvent d'environqiiarante metres moins elevees que celui des memes formations sur la rive droite ; et celui des formations superieures d'environ quinze metres. II parait en etre de meme dans toute la vallee; car a Langon sur la rive gauche de la Ga- ronne , la partie superieure du calcaire parisien a coquilles marines , se montre dans le lit meme de la riviere, tandis que la partie infe- rieure de ce meme calcaire est elevee de plusieurs metres au-dessus de la rive droite. Ainsi , les collines de la rive gauche de la Ga- ronne presentent leurs formations a un niveau moins elcve que ceux de la rive droite , ce qui fait comprendre d'ahord comment il se fait que, sur la rive gauche, le lit des petites rivieres qui se jettent dans la Garonne, telles que la Bai'se et^a Gelize, aux environs de Neral, se trouve au-dessus du calcaire parisien, tandis que sur la rive droite, ces petites rivieres ont leur lit dans la partie sablonneuse de la formation du calcaire crayeux. Si ensuite on veut comparer les collines de part ou d'autre de la Garonne , perpendiculairement a la direction de la vallee , los gradins correspondans paraissent etre sensiblemcnt au memo niveau. Enfin, si on vent les comparer dans le sens de la direction de la vallee; on ne peut s'empecher de re- marquer que ces gradins s'elevent progressivement a mesure qu'ils s'ecartent de la mer et s'enfoncent dans les terres. Cette elevation est bicn plus rapide , bien plus forte que celle du lit de la Garonne ; mais elle ne parait pas se continuer au-dela de la hauteur d'Agen , vers laqnelle les formations acquierent leur plus grand develop- pement. Ces cinq etages ou gradins vont etre ici successivement decrits dans les paragraphes suivans. ( 94 ) § I. Notioiii- gtntrnles siir lesjbrmations. Tons les sables de ccs cinq formations sont plus ou moins en- durcis a leur partie superieure , c'est-a-dire a I'etat de gies, et parfois surtout dans les lieux ou se trouve la meuliere, ils acquie- rent la durete de celui dont on pave les rues de Paris. Ce change- ment de texture peut etre attribue aux infiltrations des matieres marneuses, calcaires et siliceuses qui les ont recouverts La masse du sable va en diminuant depuis les formations infe- rieures jusqu'aux superieures ; et il semble qu'il doit en etre ainsi ; car a mesure qu'il faut porter plus haut les materiaux de transport, tels que les sables, il doit en arriver en moins grande quantite. La formation du calcaire crayeux en ofTre bien plus que celle du cal- caire parisien; celle-ci, encore plus que celle du calcaire gypseux, et ainsi progressivement jusqu'au dernier calcaire qui, non-seule- ment en renferme beaucoup moins , mais encore le presente assez souvent melange avec des marnes argileuses qui le rendent me- connaissiible pour des yeux inexperimentes. En general , tons ces depots de sable dans leur partie superieure passent au calcaire su- perpose par une transition graduelle et presque insensible, au moyen de la marne qui , prenant de plus en plus du carbonate de cliaux, et recevant toujours moins de sable, finit par devenir un veritable calcaire. On les designe dans le pays sous le nom de Sables de Ren aid , et, quand ils sont a I'etat de gres, par la denomination impropre de Tufs. Ces sables ne peuventfaire de bon cimentavec la chaux qu'apres avoir ete prealablement laves. On n'a trouve dans aucun dc ces sables d'autres fossiles que des bois silicifies, qui meme appartiennent probablement a la couche superficielle de I'ar- Wle qui les supporte. Cependant ii faut en exceptor celui de I'avant- dernier calcaire dans lequel on a recueilli un fragment d'ossement roule, et celui du calcaire parisien qui, au nnrd de Marmande, ren- ferme des ostracites et une multitude d'autres coquillages marins. Tons les calcaires de ces cinq formations a coquilles d'eau douce , ont entre eux une si grande ressemblance , qu'il est absolument impossible de les distinguer les uns des autres. En general, les bancs deviennent de plus en plus mameux vers leur fond , et le plus in- ferieiu- se termine toujours en marne calcaire, laqueile devicnt de ( 95 ) plus en plus sablcuse jusqu'a ce qu'elie se lie ou se confonde avcc le sable subjacent. Tous ces calcaires, dont la pate est d'ailleurs d'une texture presque aussi compacte que celle de certains calcaires de transition , sont generalement gates par une multitude de vacuoles et de tubulures irregulieres qui les parcourcnt en tout sens. Ceux qui connaissent la pierre de Chateau-Landon , employee dans cer- taines constructions de Paris , peuvent se faire une idee juste des cinq calcaires a coquilles d'eau douce de I'Agenais ; car leur texture et leur aspect lui sont absolument identiques. Les Helices , les Limnees et les Planorbes qu'ils renferment assez souvent , sont dis- poses dans les bancs d'une maniere bien digne de remarque. Ces coquillages ne commencent a se montrer que lorsque le calcaire de- ■vientmarneux, c'est-a-dire a la partie inferieure dubanc. Cette sin- guliere circonstance etablit une difference notable entre les calcaires d'eau douce et les calcaires marins; car dans ceux-ci, les coquillages sont dissemines sans ordre dans tout le banc , tant a la partie supe- rieure qu'a la partie inferieure. II est un autre fait non moins remarquable relativement au deve- loppement des bancs de ces cinq calcaires. Depuis le rivage de la mer jusqu'a I'entree du departement ou ses environs, 11 est nul de part et d'autre de la vallee de la Garonne, et on ne trouve que le sable des formations inferieures. lis ne se developpent que graduel- lement et n'acquierent toute leur puissance que vers la hauteur d'Agen. lis s'amincissent ensuite progressivement jusqu'a leur jonc- tion avec les calcaires a coquilles marines du nord-est , et jusqu'a I'embouchure du Tarn, ou ils disparaissent pour ne plus se montrer qu'en indices au-dessus des sables qui forment les coilines jusque au-dela de Toulouse. On dirait que ces formations sont dues a des marees puissantes et extraordinaires; que I'impulsion d'abord tres- forte n'a permis qu'aux sables de se deposer; que cette impulsion ralentie ensuite , les calcaires out pu se deposer a leur tour, et qu'a- lors I'abondance de la matiere calcaire se trouvant par la diminuee, il s'en est graduellement depose en moins grande quantite jusqu'a I'epuisement complet. Des roches de silex , dites Meulieres , se montrent superposees immediatement aux trois autres formations inferieures des cal- caires a coquilles d'eau douce. Leur couleur est tantot blanche, lantot blonde, jaune ou rougeatre, et tantot brune ou noiratre. Loiu (9«) d'etre invariable , leur developpement est aussi inconstant que lem- couleur. La , elle se montre en blocs de plusieurs pieds d'epaisseur, ici en petits fragmens aplatis; ailleurs on n'en trouve nul vestige. La partie du departement ou elle se montre le plus frequemment est la partie nord. § II. Formation du premier calcaire ou calcaire crajeux a coquilles d'eau douce. Sables ou gres. Le sable dont se compose la base de cette for- mation est d'un blanc terreux. II contient du mica et des grains de porphyre meles a beaucoup de grains quartzeux. Ce sable ne differe des graviers du fond de la vallee de la Garonne , lequel se compose de galets de granit, de quartz et de porphyre, que par la petitesse de son grain. Les granits ont fourni le mica; les quartz et les por- phyres tout le reste. Sa puissance depuis le lit de la Garonne a Agen jusqu'aux calcaires ou marnes calcaires qui le recouvrent est d'en- viron cinquante metres. On ignore jusqu'a quelle profondeur il s'en- fonce au-dessous de la plaine. Calcaires. Le calcaire a coquilles d'eau douce dependant de cette formation n'offre aucune particularite qui puisse le faire distinguer des autres. II est comme eux gate par une multitude de vacuoles et detubulures irregulieres, plus ou moins volumineuses, qui le par- courent en tout sens. Rarement on le trouve a I'etat crayeux. On remarque cependant que les sables sur lesquels il repose sont sou- vent parcourus a son voisinage par des fdons ou amas de craie. Dans les collines au nord de ftlarmande , notamment A Baupuy, a Castelnau, il est divisc par un mince lit d'argile en deux bancs peu puissans, dont le superieur est gris, et I'inferieur blanc. On y trouve beaucoup de coquillages d'eau douce du genre Limnee. L'epaisseur du calcaire de cette formation est tres- variable. A Ladignac, a Eysses, sur la rive droite du Lot, il a plus de six metres de puissance, en y comprenant les marnes calcaires de sa base. Mais il est une foule de lieux oi'i il montre a peine des indices, et ou il est remplace par des marnes calcaires, et des fdons ou amas de craie. C'est dans un pareil amas crayeux a Hautevigne , pres de Gontaut, et non dans le calcaire gypseux, que M. Chau- zenque, ancien oflicier du genie, a trouve des ossemens de lorlue ( 07 ) Irionix, dc Crocodile, ct iinc machoire d'Antracotherium, decriic ct figuree dans les Ixcc/ieiches sur les Ossenicns Fossiles de M. Ciivier (i). Les lits minces de marne , qui separent les bancs de caleairc dans celte formation, n'offrcnt rien de particulicr qui puissc la (aire dis- tingner de celle des autres calcaires. Quant aux calcaires marneux ct aux marnes argileuses qui se moatrent au fond du dernier banc ce n'est la qu'un phenomene essentiel de toute precipitation. C'est la transition graduelle et insensible au moyen de laquelle deux sub- stances minerales, faisant partie d'une menie formation, passent de I'une a I'autre en se superposant, ainsi que tant de geologues I'ont deja rcmarque pour les roches primitives et intermcdiaircs. C'est la formation du calcaire crayeux ;'i coqnilles d'eau douce qui, sur la ri\e gauche de la Garonne et sur celle du Lot, forme ces plateaux pen eleves au-dessus de la basse plaine. C'est encore cette meme formation qui, sur la rive droite de ces deux rivieres forme le premier gradin des collincs ou des buttes isolees. Deconcertes par I'idee etrange d'une formation crayeuse a co- quillcs d'eau douce, noiis avons long-tetnps hesite avant d'oser afllrmer que notrc premier calcaire inferieur fCit parallele a la craie du nord-ouest de la France, qu'elle represcntc dans I'ordre des for- mations. Unc foule de raisons tendaient a nous faire decider pour ralFirmative, tandis que d'autres, tout aussi spocieuses, tendaient a nous faire rejcter cette etrange identite. D'abord, I'analogie nous portnit a penser que le cours moyen de la Garonne etait dans un lit dependant de la craie , de meme que le cours moyen de la Loire, de la Seine, de I'Adonr, du Rhin, de la Tamise, del'Elbe, du Dnies- ter, du Danube et dc la plupart des autres grandes rivieres de I'Eu- rope. En second lieu on avait decouvert, dans notre calcaire d'eau douce inferieur, des ossemens de Tortue, de Crocodile, d'Antra- cotherium, qui sont des fossiles caracteristiques de la formation. D'ailleurs, c'est dans le sable dependant de ce calcaire que nous rencontrions presque partout les seuls filons el amas de craie qui se montrent dans la contree. Enlin,si nous rapprochions terme a terme les formations d'eau douce de I'Agenais , de cellcs du nord-nnest de (i"; Rech. 0.1 sem fosi., I. HI, p, '(0(. ( 98 ) la France, la coirespondance se montrait, si ce n'est parfaite, du moins tout-a-fait satisfaisante comme on peut le voir dans le ta- bleau suivant. FORMATIONS DES ENVIRONS DE PARIS, FORMATIONS DE l'AGENAIS. selon MM. Brongniait ct (^uvier. Argile alfcrnant avcc le Dernier calcaire a coquilles d'eau douco. Alluvions moderncs Sables. Marnes Argile alternant avcc T Calcaire superieur Avanl-dernier calraire a coquilles d'can douce. 3e Gres ou sable el grosses huitrcs. . Sables ct grosses huitres. Marnes , lit d'huttres Lit d'huUres, argde alternant avec le G-'Pse A ossemens et calcaire d'eau Calcaire gypseux avec ou sans meu- doucc (i) licresuperpose'e, etgypseabondant. i' Gres oi; sables marins Sables ou grts. Argilo alternant avcc le Argile alternant ovcc le Calcaire grossier parisien a coquilles Calcaire pansien a coquilles A eau marines avec mculiere aii-dessus douce avec ou sans meuliere, et et poudingue siliceux au-dcssous. . poudingue siliceux au-dessous. I" Gres Sables ou gres. Areile plastique Argile alternant avec le Craie et silex Calcaire crayeu.^ a coq. d eau douce avec ou sans meuliere superposee. Sables ou gres. Toutcs ces raisons etaient sans doute de nature a nous faire prendre le parti de rapporter notre calcaire a coquilles d'eau douce infcrieur a la formation de la craie ; mais d'un autre cote , lorsquc nous considerions que les alternances du sable doivent etre caraclc- risees par des bancs pen epais de marne argileuse ou calcaire, pareils a ceux qui sc montrent en une foule de lieux a la place de notre (i) Dans la description geologique des environs de Paris, par MM. Cu- vier it Brongniart, pi. i. A , on voitce calcaire place ainsi au-dessous du gypse, tandis que dans le teste (p- 9), il est place au-dessus. Que veut dire cette anomalie ? Est-cc quole gypse se trouverait entre deux calcaues, comme pour marquer qu'il n'en est qu'un accident , uno coucbe subor- donne'e ? Car les plus habiles geologues regardent maintenant le gypse comme une simple e'pi^e'nie des calcaires. (99) ralcaiif inf«;iieur, nous ('tiiiiis portes a ne considerer cctic forma- tion que coninu' uui- simple altcrnance, c'cst-ii-diie comme un simple redoublcmcnt , un terme complexe d'un depot de sable. Telle etait rincerlitude descspcrante dans laquelle nous nous trou- Tions, lors(|u'un fait decisif est venu tranelier la difficnlle et nous tirer d'cmbanas. Ce fait, comme on va le voir au paragraphe sui- vant , est de nature a ne plus permettre de doute touchant I'identite de notre calcaire d'eau douce avec la craie. II avait d'abord ete en- trevu par M. de Raigniac, qui m'a ensuite conduit sur les lieux oOi nous I'avons etudie ensemble avec la plus scrupuleuse attention, et pendant deux jours de course a pied dans les collines environnantes on nous I'avons constanniient trouve. Roche de Silex. De meme que les autres lormations , le calcaire crayeux est immediatement reconvert par de la mculiere ; mais cela ne se voit que dans la partie nord du departement, on d'ailleurs la mculiere n'offrc aucun vestige de fossiles. § ITT. Foniialion du deuxieme calcaire on calcaire p. irisien a coqiiilles d^eau douce. Sables ou f^res. Aiix environs d'Agcn et dans tout le centre de I'A- genais, le sable du calcaire parisienne differepas de celni du calcaire ( rayeux. Mais a I'entree du departement, du cote de Toucst, il u'en (St pas de meme. La sa teinte est cendree et non terreuse. Dans le loud, il renferme des huitres plus allongees, plus petites que I'hiu'tre I nmestible , et dont les valves separees ne se trouvent jamais reanies ensemble. Vers sa partie moyenne et sa partie superieure , ce sable devient de plus en plus calcaire et prend la texture du gres. Alors il se trouve petri de coqnillages marins , parmi lesquels on rcmar- que une fotde de bivalves des genres Area , Cardium , Pecleii , Tellina , etc., et surtout une multitude d'univalves, du genre 'Sa- tica , des Cerithes de la grosseur de I'index s'y montrent aussi , mais elles y sont rarcs. Enfin on y trouve des Limnees, et des Cy- clostomes qui sont des coquillages terrestres ou d'eau douce , non- seulement dans les lits d'argile qui separent les bancs , mais encore dans le gres et parmi les coquillages marins meme. L'identite de ce gres avec celni qui serf de pierre de construction , depnis Bordeaux jusqu'ii Marmande, est evidente et incontestable ; car depnis la pre- ( 'o« ) inicre dc ces deux villes jus(|ira la seconde , on pent le suivrc sans jamais le perdre de vne. D'nn autre cote, ce gres calcaire coquil- lier de Bordeaux est certainement identiquc avec la partie superieure du gres, ou si on rainie mieux, avec la partie inferieure du calcaire grossier parisien. Or, ce grfes calcaire marin, se montrant evi- deminent et constamment place an-dessus de notrc calcaire ii co- quilles d'eau donee inl'ericur, il en resulte incontcstablenient, que celui-ci doit etre rapporte a la formation cxaycuse, ou au moins etre considere comme lui etant parallele et Ic representant dans I'ordrc de superposition des formations. Aprcs les raisons deja tres- fortes expost'cs dans le precedent paragraphe et tendant a la meme con- sequence, il ne saurait rester le moindre doute sur cette idcntite, surtout si on y ajoute ce qu'on verra, section deuxieme, que cette identite est d'ailleurs demontree par les fails geologiques meme qui nous montrent les calcaires crayeux et parisien a coquilles d'eau douce et les memes calcaires a coquilles marines ou juxta-poses , ou places au meme niveau et en regard I'un de I'autre. Car il devient par la evident qu'ils sent contemporains , identiques , et tiennent lieu I'nn de I'autre, dans I'ordrc de superposition des formations (i). Ce gres, dans la partie nord-ouest du departement depuis les coUines voisines des bords du Lot jusqu'a la frontierc, n'est jamais surmonte de son calcaire non plus qu'entre Bordeaux et Marmande. Ce n'est qu'a Soumenzac, a I'extremite nord-ouest du departement , qu'il commence a se montrer recouvert el par son calcaire et par sa meuliere. Mais la, comme dans tout le reste del'Agenais, il nc renfprme plus de coquilles marines. ^ Dans certains endroits, a la cote de la Lux, a I'est d'Agen, par wt exeniple , la partie superieure de ce depot arenace se termine en un agglomerat de petits cailloux roules, absolument pareils a ceux du fond dc la vallee de la Garonne, c'est-a-dire granitiques, quart- zeux et porphyriques. C'est un poitdingue siliceux , analogue a celui qui se fait remarquer dans la formation du bassin de Paris , (i) Voyez . au reste, I'addition au § 3 a la fin , oil I'identite des calcaires parisiens a coquilles marines et a coquilles terrestrcs est demontree par la superposition immediate du second sur le premier, dans ime partie du depar temcnt de Lol-et-Garonne. ( .o. ) precisement a la meme place, au-dessous du ealcaire paiisieu. Le bois silicifie resseniblant au palmier, est le seul fossile que I'on y ait vu jusqii'a present. On n'y a encore trouve aucune trace dc lignites. Calcaire et Iransilioh marneuse. Le ealcaire parisieii a cuipiilles d'eau donee est rarement gris, on plutut il ne Test jamais. Sa leinte ordinaire est le blanc crayeux. Tres-souvent il monlrc dans sa masse des rognons colores par I'oxide de fer, ce qui alors lui doime un aspect jaunatre ou rouge pale. Ces rognons irregulierement ar- rondis, ne sont point des fragmens etrangers a la formation : ils font partie de la pate meme de la roche. Au nord d'Agen, dans le rocher du St. -Esprit, du cote de la route de Perigueux et en phisieurs anlres lieux , le calcaire est comme petri de globules dont la grosseur varie entre celles d'mie noisette et la tete d'un jeune enfant. Ces globules remarquabies soiit com- poses d'enveloppes concentriques, grisatrcs, fort dures, et leur centre est occupe par du adcaire crayeux ou sphati(|ue. Au rocher de Bellevue , au-dessus d'Agen , dans une coucbe ar- gileuse separant deux bancs de calcaire, on trouve de petits blocs de carbonate de chaux fetide noirs et gris d'ardoise. Ces blocs contiennent beaucoup de nitrate de polasse qui s'effleurit a Icur surface. Dans les lieux oii le calcaire parisien alteint son entier devclop- pement, comme par exemple aux environs d'Agen, il est diyise par de minces lits d'argile en trois bancs dont I'ensemble a souvent dix ou doure metres de puissance. Les fossiles qn'il reuferme sont des Helices, des Limnees, pareils a ceux qui vivent sur les lieux et principalement des Planorbes ( Planorbis corneux) qui n'a jamais ete vu nulle part dans I'Agenais, quoiqu'il soit fort comniun dans le canal du Languedoc. On n'y a jamais trouve d'autres fossiles, si ce n'est des etuis cretaces cylindrlques, arrondis et fermes au sommet, qui appartiennent a des larves de Frigane , et auxquels on a donne le woxaA'Indiisies. Des poissons fossiles out bien ete recueillis dans les sables de Pechdavi au sud de la plaine de Toulouse; mais si je ne me trompe. ces buttes offrent deux formations arenacees dont I'iu- ferieure doit vraissemblablement etre rapportee a notrc calcaire crayeux. la supeiieure au calcaire parisien ; et nous ignorons dans laquellc des deux ces depouilles ont ete decouvcrtes. ( '02 ) Lcs inarncs calcaires et argileiises qui lerminent le banc inlc- rifur, ct qui scrvent de transition pour Ic passage gradue du sable au calcairc, sont toujours diverscmont colorrcs par des oxides de fer, ct sont lcs plus puissantcs de toiiles. C'est a I'epaisseur deccsmarnes que Ic pays doit ccttc a!)ondancc de fontaiiies qui sc montrcnt de tous cotes au-dessous du second gradin dcs coUines du dcpnile- ment. C'est la cpie prenncnt leur source les nombreux ruisseaux qui arrosent les Wants et Icrtilcs vallons des environs d'Agen. Apres avoir altcrne avec I'argile , le calcairc de cette formation , de meme que celui de toutes les autres, passe i I'argile siiperficielle , par une transition gradnelle et insensible , ainsi qu'il a deja ete dit dans les notions gcnerales. II parait <|ue des accidens de formation out efface cette transition en certains lieux ; mais elle se montre assez gencralenicnt partout, pour qu'il nepuisse rester aucun doute sur la certitude de ce pbenomcnc, qui d'ailleurs est annonce , geologi- queinent parlant, par ralternance des lits d'argile avec les bancs de calcaire. Mciiiicrc. A la cole de la Lux a I'oricnt d'Agen, a Sainte-Co- lombe, a Montesquieu, a Buzet, innnediatcment sur le dernier banc de calcaire, on trouve de la meuliere celluleuse absobiment semblalile a cellc de Paris , mais en blocs trop petits pour que ron puisse en faire des meules, et trop peu abondans pour servir a con- struire dcsvoutcs. On en trouve de compacte a Buzet, a Damasau ct surfout entre Soumenzac et Biron, ou elle se montre assez con- stamnient et abondamment sur une assez grande largeur. Relativement a la meuliere celluleuse , on ne doit point omettre ici une particularite qui tend a jcter quclque jour sur la formation mystcrieuse de cette singidiere rocbe. Dans certains lieux, comme par exemple au Saint-Esprit, pres d'Agen, a la place de la meuliere, c'est--a-dire immediatement au-dessus du calcaire parisien a coquilles d'eau douce , on trouve une rocbe calcaire peu epaisse, dont les cavites ou vacuoles sont tellement nombreuses et rapprochces qu'elles sont pour ainsi dire contigues. Quand on en est eloigne de quelqnes pas , on ne saurait affirmer si c'est de la meuliere celluleuse ou du calcairc , tant est grande la resseniblancc des deux pierres. Cette rocbe au reste n'cst point absolunient calcairc : on y trouve, ca et la, des points el de tres-pctites veines siliccuses qu'il est assez dilBcile de distinguer. ( 'o3 ) mais dont on s'assure aisemeiit en liii t'aisaiit rayer du vene on de I'acier liempe. MM. Guvier et Brungniarl, dans leur description geolofiique des environs de Paris, ont cru poiivoir atlribiier les cellules de la meuliere a la disparition du carbonate de chaux dont ils supposent qu'elles auraient originairernent ete remplies , et qu'une cause mysterieuae aurait dissous. Les vacuoles de la roche du Saint -Esprit, ne sauraient etre expllquees par unc pareiile cause, puisqu'elle a conserve son calcaire. Ne vaudrait-il pas mieux les attribuer a celie qui a produit le meme effet , dans la generalite des calcaires a coquilles d'eau douce dont la meuliere fait partie (i). § IV. Formation (lit iroisii'me calcaire on calcaire grp'eux ii coquille d'caii dance. Sable. Le sable du calcaire gypseux parait ne renfermer que peu ou point de calcaire. II contient moins de mica et est moins terreux que celui des deux formations precedentes. Sa couleur est partout d'un gris cendre avec une legere teinte verdatre. II parait ne point renfermer de coquilles fossiles ; mais on y trouve de gros troncs silicifit'S d'arJ)res dicotyledones. Calcaire et transition marnense. Lorsque le calcaire gypseux a pu arriver a son entier developpement, sa puissance est d'environ six ou sept metres. II est alors divise en trois bancs par des lits minces d'argile. Le premier ou le plus inferieur est blanc, le second est gris, un peu fetide a la cassure; et le troisieme est jaunatre; cc qui provient d'une multitude de ces fausses apparences de ro- gnons jaunes dont il a dejA ete parle. Ces calcaires, surtout le jaune et le gris, sont d'une texture compacte, et fournissent de gros et excellens blocs de pierre de taille. Malheureusement ils sont gates par les vacuoles et tubulures qui paraissent caracteriser la generalite des calcaires a coquilles d'eau douce. C'cst le banc gris de cette formation qui, avec le calcaire parisien, a fourni la majeure par- tie des grosses pierres de taille dont les ponts d'Agen et d'Aiguillon ont ete construits. Certaines raisons font presumer que le calcaire (i) Voyez , an surplus, ['addition a ce § , pa:- M. Cli.ui!;nr'! . ,'i la fin t!c oc mr'nioirc. ( >o4 ) gypseiix du l)aiic gris est salpt'tie , !^i le ircst parloiit, dii moins cn line foule d'endroits. Cepcndant nous n'osons alTimicr le lail,c'est une experience a faire. ' On y reniarque cn general les memes coquillcs d'eau douce que dans le calcairc parisien, c'est-i-dire des Helices, des Lininees , et bcaucoup de Planorbisconiciis. Ces coquillages semblentmeme s'y montrer en plus grandc qiiantile; niais cela provient sans doute dc oe que les bancs sont moins epais. M. Dcbeaux a recueilli dans le calcaire gypscux du haul plateau des landcs du deparlemcnt , des individus de cette planorbe, ou Ton voit le corps de I'animal hii- menie sorti de la coquille et petriile. En certains lieux, piincipale- raent au sud de la Garonne, la transition niarneuse ayant piis assez de solidite par I'afflucnce du carbonate de chaux, sc trouye conver- tie en calcairc marneux. Sr alors on confond cette transition calcareo- marneuse avec les veritables bancs calcaires , au lieu des trois bancs dont il est paile ici, on en trouve une foule; mais on les distingue parfois en ce que les superieurs ou yrais calcaires renferment des coquilles pendant que les autres n'en renferment point. Dans les carrieres dti banc gris on rencontre assez frequemment des ossemens de mammifcres terrestres, qui probablement , sont tout aussi etrangcrs au regne animal de nos jours , que ceux decou- verts a Montmartrc , et qui ont etc decrits et flgures par M. Cuvier. L'extreme difliculte, pour ne pas dire I'impossibilite, qu'il y a d'ex- traire ces ossemens d'une roche dont la texture est aussi compacte que celle du marbre , est cause que Ton n'en retire que des fragmens presqne toujours insignifians. II existe cependant quelques machoires assez i)ien conservees, dont deux appartiennent evidemment a la machoire superieure du PalceoiJieriwn magnum , Cuv. , et quel- (jues ossemens caracteristiques dans le cabinet de M. de Saint- Amans, et dans celui de M. Lafforc de Bourrousse ingenieur en chef du departement. Ces restes interessans du monde antediluvien seront-ils encore long-temps perdns pour la science? II serait a de- sirer que ceux qui possedent de pareils objets d'etude, les fissent connaitre, ou bien les deposassent dans des collections ou ils pussent profiter a la science, tels que le cabinet des mines ou le musee du Jardin des Plantes de la capitale. ^ Eutre Barbe et le moulin de Marsac au nord d'Agen, dans une parlic du nichcroi'i le banc gris est avorte, si Ton pent s'exprimer ( »'>5 ) aiiisi , nous avons rcciK'illi iiiic tbiile d'osseineus fractures, qui dc- [)uis l)icu ck's annees sans doute se trouvaicnt exposes aux iiijuio du teuips. lis sonten si mauvais etat que tout cc que I'ou peut ai- finner , c'est qu'ils appartiennent ;'i des mammileres. Cepeudant il s'est trouve dans Ic melange un fragment de machoire inferieure dont les dents etaient bien conservees. Ce sont deux grosses ca- nines et deux avant-dernieres machcliercs de I'aiTiere-bouche d'un C'hien. Ces ossemens se trouvaient dans un terreau noiratre et puant, provenu sans doute des chairs detruites et melees (circon- stance rcniarquable) aTec quantite de coquilles aplaties du Plaiior- is CO rue us , qui, ne se trouvant nuUe part vivant dans I'Agenais, ecarte toute idee que cet animal habitant de nos contrees ait pu y etre enseveli. Plus profondement , il est probable qu'on en trou- verait beaucoup d'autres, qui n'ayant pas ete exposes a I'air seraient mieus conserves. Le banc de pierres qui les recouvre n'a pas phis de deuxou trois pieds d'epaisseur, et il suffirait de le faire enlever, pour qu'ils se trouvassent a decouvert. Meitliere. C'est encore immediatement au-dessus du calcaire que repose la meuliere de cette formation. Nous ignorons qu'on I'ait vue sur les vcrsans de la Garonne. Elle se trouve sur ceux de la rive gauche du Lot; mais elle ne se montre avec Constance et abondance que sur les collines de calcaire gypseux aux versans de la rive droite de cette riviere. II est ineme plusieurs endroits de cette partie du departement, tels que les environs de Monclar, de Soumeuzac, oii la matiere siliceuse s'est infiltree dans la roehe subjacente et en a fait un calcaire siliceux a la surface. On n'y a point trouve de fos- siles. Gjpse oil platre. Les marnes qui se montrent au fond et au- dessus de cette formation renferment deux sortes de gypse. L'une est en cristaux connus sous le nom de gjpse en cretes , I'autre est en masse compacte comme celui de Paris ; mais cette substance mi- nerale , loin d'etre aussi repandue dans le departement que la for- mation dont elle depend , ne se montre qu'en certaines localites. Le gypse en cretes se trouve assez constamment dans les marnes de la formation sur les collines de la rive gauche de la Garonne. On I'cx- ploitait autrefois a Moncaut , a 4ubiac, a Laplume , a Moirax, et on I'employait concurremment ayec le gypse en masse venant de Lt Haute-Garonne. Mais il ne pent, nonplus (]ue ce dernier, soutenirla ( '^»tJ ) concurrence avec celui de Paris que le commerce de Bordeaux nous envoie. Le gypse en masse ne parait se trouver que dans le centre de la partie nord du departement, ;uix environs de Cancon, de Mon- flanquin , do Salnle-Sabine , de Villereal. Celui de cette derni6re lo- calite appartiendrait , selon M. A. Bone (i) , au calcaire jurassique; mais cette errcur grossiere a sans doute pour cause quelque meprise de lieu ou bicn quelque faute de copiste. Dans ccs lieux ecartc's , les frais de transport faisant monter t\ un prix trop eleve celui de la capitale, on trouve quelque avantage a I'exploiter, quoique son melange avec d'autres matieres minerales ne permette de I'employer qu'a des ouvrages grossiers. Nous ignorons d'aillenrs qu'on y ait jamais vu des fossiles comme dans les calcaires qui le recelent. Au-dessus du calcaire, et presquc immediatement dans un banc de marne grise dependant de cette formation , on trouve tres- soiivcnt im lit plus ou moins cpais de grosses liuitres qui peuvent etre rappoi'tecs les unes a VOslrea hypopiis , les autrcs a VO.'^lrea longiros/ris , ct certaines a VOslrea crossiisima. Nous pensonsque ces pretendues especes pourraient bien n'etre que la coquille du meme mollusque dans I'etat adulte et dans celui de la vieillesse. Cependant nous sommes loin d'etre assez fondes en raisons pour pouvoij" affirmer le fait; c'est une simple presomption que nous soumettons a nosmaitres en conchiliologie. La plupart de ces huitres sont oblon- gues et ont jusqu'a six ou sept pouces dans leur plus grande di- mension. Leur charniere a de un a trois pouces de longueur , et est marquee d'une foule de sillons trcs-rapproches. Non seulement les deux valves ne sont point separees ; mais encore la superieure est presque toujours en haut , comme si ce coquillage eOt vecu sur le lieu meme. Quoique ce banc soit assez rarement continu, il est neanmoins assez constant, car on le retrouve en une multitude de localites. Quelquefois, comme a Frandat pres de Nerac, au-dessus de ce banc d'ostracites , se montre un second banc compose de debris de coquillages marins indeterniinables. Celui-ci n'est separe du premier que par une couche de marne sableuse de quelques pouces d'epaisseiu- seulement. Les sommites couronnees par le calcaire gypseux sont en fort (ii ylnii. sc. tiat. . i8?4) P- ^^i' 1 '• ^• ' grviiid uonihrc, relativement a celles coiiroiinees par Iccalcairc paii- sicn ou le calcairc crayeux ; d'ailleurs ce calcaire se montre conslain- ment au troisieme etage, et est du petit iiombre de celles qui sont siirmontees pur ravant-dcrnier et le dernier caltairc. § V. Formation du qnatrieme on o^'aiiL- dernier calcaire it coquilles d'eau douce. Sable. Assez frequcmment le sable qui forme la base de I'avant- dornicr calcaire est melange avec une niame blanche qui le rend uu'connaissable pour des yeuxinattentifs. On le trouve ainsi au mou- lin de Marsac et a celui de Poul^re pres fongueroles. Quand il est puremcnt arenace , il ressemble a celui du calcaire parisien, et par consequent a celui du calcaire crayeux. II parait cependant renfermer nn pen moins de mica. On le voit en eel. etat au-dessus de Xain- trailles vers Viane , oi'i en rexaminant dans une coupure fraiche du terrain, I'lui de nous a recneilli la tete d'mi tibia appartcnant a un quadrnpi'dc de moyenne grandeur. Mais le lieu etant baljite et le fragment osseux peu profoudement enfoui , on pourrait penser qu'il ne serait pas impossible qu'il y eut ele ensoveli. Cependant comme il e?t evidemment roule, que sa cassure est polie par le frottement, de mf me que tout ce que Ton rencontre fussile dans les formations arcnacees, on se trouve force de convenir qu'il etait la en place, et que son enfouissement a ete contemporain du depot sablcux. Ciilrnire. La texture, I'aspect de ravant-dernier calcaire ne sau- rait le faire distinguer des calcaires precedens. L'un de ces bancs est gris-bleu , I'autre tres-blanc. Les fossiles qu'il renferme sont les memes coquillages d'eau douce que Ton trouve dans les calcaires des formations subjacentes. Les sommites couronnees par I'avant-dernier calcaire sont moins frequentes entre les vallees du Lot et de la Garonne qu'au sud d'Agen. La il acquiert un tr^s-grand developpement; et il y fournit de superbes pierres de construction. Cet accroissement remarquable de puissance serait-il du a la transition marneuse durcie par luie plus grande abondance de carbonate de chaux , comme nous I'avons deja fajt remarquer au sujet du calcairc crayeux a coquilles marines, ou bien a la reunion du calcaire de cette formation avec celui du der- nier calcaire dont le sable alors se trouverait supprime ;' ( .o8 ) All uoitl (If colic du Lot, on n'en volt plus aucune, si ce n'est hors lie la fiontiere aiix moiilins tie Boisse, non loin de la route de Perigueux; encore est-on autorise a penser que Ton n'y trouve que Ic sable de la foniialiun ; cat* la calotte du sonmict est conique. La croupe mf-mc dcs collines, a I'ouest du clultcau de lliron , quelqiie clevecs qu'cllcs paraissent, ne sont courounces que par le calcaire gypseux. An sudd'Agen le? collines couronnces par I'avant dernier calcaire sont en tres-grand nonibrc, et se prolongent fort loin vers le departement du Gers. Mfitlieres. Y a-t-il des meulieres au-dessus du calcaire de celle formation ? Apres avoir vu cette roche immediatement superposee au calcaire crayeux, au calcaire parlsien , au calcaire gypseux; apres avoir surtont rcniarque que, dans I'ordre des formations, I'avant dernier reprcsente le calcaire silicieux superieur du ba^sin de Paris, I'exislence de la meulitre au-dessus de cette formation est probable quoique Ton n'ait encore pu I'y rencontrer. D'ailleurs cette presomption est corroborec par la nature du calcaire antepe- nultieme de Xaintrailles qui , donnant de la chaux hydrauli([ue par la calcination, doit etre regarde comme un silicate de obaux. Quant aux marnes de cette formation, elles n'offrent non plus que celles des autres rien de particulier. § VIL Fot^mation du cinquwme ou dernier calcaire it coqinlles d'eau douce. Sables. A Xaintrailles ce sable est fortement colore en rouge et en jaune par du fer, et renferme a peine quelques menues paillettes de mica. Celui du moulin de Marsac, incorpore avec de I'argile, forme une marne sableuse coloree en brun. On a trouve a cote de ce moulin un gros tronc d'arbre silicifie resscmblant au figuier. On ignore d'ou il a ete extrait; mais ilappar- tient indubitablement a la formation du dernier calcaire et se trouve la en place ; car si on I'eOt transporte dcs flancs de la coUine au som- met, c'eCit etc pourl'employer dans quelque construction, et alors ilne serait point reste gisantsurlaterre. D'ailleurs le calcaire du sommet est au moins aussi bon que celui des flancs, et il ne pent etre vraisem- blable qu'on ail etc en chercher plus bas pour conslruirc les niaisons qui sc voiciit s\u' cc point culminant. I ! ( '09 ) Calcaire. La formation de ce dernier oalcaire ne s'etant dc\c'- loppee que sur Ic petit nombre des points culminans du departe- fnent, est pen repandue. Nous Tavons vue sur le'sommet de Latrulc, i'l iMontagnac, a Espicns. M. Sam. Lafl'ore do Bourrousse I'a vu a Laplume. 11 est a Xaintrailles et au moulin de Marsac. A Lalrufe il est hlan-' ct uiarneux, car il se casse facilemcnt en petits i'ragmens. A Espiens et au moulin de Slarsac il est divise en deux bancs, I'nn gris, I'autre blanc, et certains morceaux colores en rouge et en jaunc par du fer, out la durete du marbre. On y trouve des Helices, et V raise mblabiement des Planorbes , quoique nous n'y en ayons point VM. ( La .suite au prochran iiuniero. ) FRAGMENS DE BOTA^JIQUE CRITIQUE; PAR L.-A. Chaijbard. ( 1" Ex trail. ) ErpHORBiA SYLVATICA, Lin. sp. pi. 663. Umbella multifida dicho- loma; iuTolucellis reniformibus basi unitis nee emarginatis ; foliis giabris lanceolatis apice mucronulatis integerrimis ; petalis bicornibus 0[. — E. Nicceensis All. Ped. 1039, t. 69, f. i. — Cand. Fl. fr. 2161. — Lois. Gall. 1, p. 344. — Dub.Bot., p. 4'5. — Spreng. Syst. 3, p. 801. — Fl. Inteoli; Yere. in locis arenosis. I. L'invoiucre general a ses folioles tantot ovales arondies, tantot ovales allongees et presque absolument semblables aux feuilles. Toute la plante jaunit en vieillissant. II. Les tloristes qui mentionnent VE. Nicceensis All. et VE. sylvatica , rapportent a celle-ci VE. Amygdaloides Lin. , ou bien I'une de ses varietes , sans considerer que les caracteres qu'ils attri- buent ;'i leur plante, choquent formellement ceux que Linne, dans ( ->o ) lii species, ct Smith, dJins le Floi/i brilannica, nous ont donncs de VE. sylvatica. En effet ils lui attribucnt tons : i° des fcuilles lan- rt'olees a rebours, ohtuses, tandis qu'cUes devraient otre lanceolees avec une pointc aiguii au sonnnct et glabres ; 2" des involucres partiels orbiculaires-perfulies , tamlis qii'ils devraient etre composes de deux folioles simplement unies on exaclement juxta-posees a Icur base ; 5° enfm des petales en forme de croissant , tandis qu'ils devraient etre a deux cornes. Or les caractercs qu'ils assignent a leur E. sykatica sont evi- demment ceux de VE. amjgdaloides Lin.; et ceux ([u'ils assi- "■nent a leur E. Nicivensis sont incontestablement les attribuls qui oaracterisent V E. sjlvatica Lin. : il s'ensuit done que leur E. sjl- vnlica est VE. amygdaloidcs Lin., et leur E. Nicceensis est VE. syh'otica de Linne. Cependant, si Ton examine la chose d'un peu plus pres, il se presentc ici une diiriculte. VE. Niconensis a les involucres par- tiels composes de deux folioles reniformes, presque cordiformes; et Linne, dans le caractere essentiel de son E. syh'alica , dit, que ses involucres sont perfolies {perfoliaiis). Mais cette difliculte n'est qu'apparente; car de deux choses I'une : on Linne a voulu dire par cette epithete que les involucres partiels sont reellement per- folies, ou bien il a voulu dire seulement qu'ils paraissent etre tels. Or il n'est pas possible qu'il ait voulu dire , que les involucres sont reellement perfolies, puisque dans la note explicative de I'expres- sion petfolialis, il nous dit : invohicrijoliola itnila fjuideni sunt, sed non emarginatn. S'il s'agissait ici d'un involucre reellement perfolie , il serait d'une seule pitce, et Ton ne pourrait y concevoir des folioles. Ainsi le mot foliola, employe par Linne pour expli- quer son epithete perfoliaiis, ne permet point de douter que son E. sjh'alica ait des involucres partiels composes de deux folioles. II n'a done pas voulu dire que ces involucres sont reellement per- folies , mais seulement qu'ils paraissent tels au premier coup-d'ceil; ce qui est encore un des attributs qui caracterisent VE. Nicoeensis et concourt a confirmer ce qui precede. EuPHOKBiA LiGTJLATA N. (pi. 6. J Umbclla 5-7-fida, bifida, radiis, pilosis; involucellis obovatis quasi Ugulalis hispidis ; folis obverse bnceolatis, subcuneatis, obtuse acutis pubescentibus ; petalis ( •" ) lunatis, capsulis glabris ^. — E, sjlvalica St. Am. Fl. agcn. non Lin. — Fl. luteoli; verc; in sylvalicis circa Aginum. a St. Vincent des Corvs, a Combemingue. Rara. I. Racine , ti'ges ctfoi/illr.'! identiqucs avec celles de I'E. ainyg- daloidei. Involucre general a cinq folioles aljsoliiment scmblables aux fcuilles caulinjiires. Raj'ons de I'ombelle herisses de poils longs et roussatres. Involucres partiels veius en forme de languette, d'un ycrt intense en-dessiis, d'un brun rougcatre en-dessous. Differe de VE. aiuygdaloides Lin., i° par ses involucres par- tiels veins a deux folioles en forme de languette et non glabres et orbiculaires ; 2° par les rayons de rombelle herisses de longs poils et non glabres; 3° par la couleur uniforme de toute la rlanteet non d'un jaunc verdatre dans lessommites. IL Des qu'on suit cette plante dans ses singulieres variations, il devient impossible de douter qu'elle ne soit une hybride provenant de VE. amjgdaloides et deVE. pilosa. En cffet il est certains in- dividus qui offrent des involucres ligules et distincts a la base de la dichotomic , pendant que ccux des sommites sont connes et perfo- lies. Cependant comme cette Euphorbe fructifie tons les ans , et qu'elle commence a se reproduire dans les environs d'Agen, on a cru devoir la mentionner ici sous un nom specifique. D'ailleurs tout ce qui tend a jeter quelque jour sur la multiplication des especes par les races hybrides ne saurait qu'interesser la science. EupHOBBiA ESULA Linu. if. 660 et Maiit. obs. 394. — E. Gerar- diana Jacq. aust. 5, t. 4^6. — Cand et Dub. Bot. 4i5. — Lois. Gall. 342. Que VE. Esula de Linne ne soit autre chose VE. Gerardiana Jaeq., c'est ce qu'il est impossible de se refuser d'admettre, des qu'on y regarde avec attention. 1° Cette espece Linneene est necessairement tres-voisine de VE. Cjparissias; car le Species et le Systema la placent imme- diatement au-dessus d'elle. D'ailleurs Linne lui-meme le dit ex- pressement dans la note relative a celle-ci : E. Cjparissias prima vere cum umbella similis Esulce,... [Manl obs. 1. c. ) Or VE. Gerardinna est la seule qui rcSsemble a VE. Cyparissias avant que cettc deruiere ne pousse scs tiges steiiles a i'euillcs elroites. 2° H'E. Esula Liu. est VEsiila propremcnt dite dcs ancieus. celle dont ils out dit, Esula laclescit, .sine lade Linarin crescil ; CP qui designe , de maniere a ce qu'on ne puisse s'y mtprendio , VE. Gerardiana de Jacquin; car avantlc developpemeut dcs flours, ses tiges ressemblent tellcmcat a celle de la Linaire vulgaire ( Jn- tirrhiimm linaria Lin.) qu'il serait facile de s'y tromper. 3° L'-E. Esula si bien connue de tous les anciens bolanistes ne pent etre qu'unc plante assez commune ; or VE. Gerardiana pa- rait se rencontrer en Europe partout oii se trouvent de vastcs champs sablonneux. 4° Toutes les expressions employees par Linne , dans sa phrase caracteristique , montrent qu'il avait en vue de diflercncier son E. Esula du Cjparissias a laquelle il a dit ailleurs qu'ellc ressemble. La note pelalis subbicornibus, ramis slerilibus, foliis uniforrnibus est evidemment mise par opposition a celle-ci , pelalis luwlatis , ramis slerilibus, foliis setaceis, caulinis lanceolatis , par laquelle il caracterise VE Cyparissias. 5° EnOn VE. Esula des auteurs qui menlionnent aussi VE. Ge- rardiana, n'est autre chose que VE. Niccrensis d'Allioni ou Tune do ses varietes. II en est de meme de celle cultivee sous le nom A'E. Esula dans les jardins de botanique de Paris, de Lyon, de Turin, etc. On dira peut-etre : mais VE. Esula Lin. doit avoir les petales presque a deuxcornes, et VE. Gerardiana les a entiers. On doit re- inarquer a cet egard , qu'en attribuant a cette derniere des petales entiers, on a trop dit; ces petales sont legerement echancres de maniere aparaitre renil'ormes dans les premieres fleurs et a montrer deux rudimens de cornes dans les dernieres ; caractere singulier qui a ete exprime par Linne, dans sa phrase specifique, avec autant de precision que possible par les mot pelalis subbicornibus. ( "5 ) PREMIERE DISSERTATION SUR LES SYNANTHIinfiES DE L'HERBIER DE BERLIN; PAR Chr. Fr. Lessing. "Vernoniees (i). ( Exlrait. ) Caracl. de la fawille. — Fleurs ramassees en capiliiles, a evo- lution centripetc, homocarpes o\i tri'S - soiivent a fleurs egalcs , honiogames unisexncUcs, discoides, a fleurs males ou plus rare- inent inequaliflores , heU'rogames, radices, a rayons composes d'une seule serie , a fleurs femelles toujours hermaphrodites, fertiles comme celles du disque, i-multiflores, involucrees, a involucres rarement comprimes , tres-rarement nus. Calice adherent a I'ovaire, alimbc tantut avorte (2), tantut se developpant avec des formes di- verses et meritant alors le nom de Pappus. Corolle gamopdtale, a estivation valviforme , a 5 plus rarement a 5 nervures, les pre- mieres nervures alternant avec les laciniures et bifurquees a Icur base, dont les branches tres-souvent morginales (boruant les marges), souvent intrainarginales (occupant I'aire de la laci- niure), chacune reunies au sommet de la laciniure avec la nervure opposee, du reste tres-siraples, rarement accompagnes de branches accessoires , occupant I'axe (5) des laciniures , naissant de leur sommefe et disparaissant a la base. La corolle des fleurs hermaphro- dites reguiiere, rarement palmee, 5-plus rarement o-fide , a laci- niures tres-rarement obtuses , celle des femelles en languette. Les etamines antant que de nervures, auxquelles elles sont attachees par leurs filamens , et que les laciniures de la corolle avec lesquelles (i) Linnoea, avril et juillet 1829 , p. 240 et 290. (a) Nous traduisons ahorto par avorte', parce que nous pensons que c'est par erreur que Tauteur s'est servi dc ce terme au lieu d'abortu'o. [Vj Au lieu 'Vaxin , il faut sans doute lire aream. (i. 8 (•>4) elles alternent. Les filamens attaches par leur sommet au dos dt-s anth^res , sondes par leiir base sur les nervures de la corolle , arli- ciiles vers leur milieu, piano -dilates, glabres, lisses ou rarenienl niamelonnes. Antheres rcuuies par une membrane accessoire tres- tendre, dehiscentes longitudinalement par leur face anterieure , formees de trois parties : i° Tunc medianc qui est la cloison et qui s'etend au-dessus de I'anthere en une aile plus ou moins obtuse , oblohgue, rarement arrondie ; 2° de deux autres parties laterales accolees de chaque cote a la parlie mediane et se distinguant d'elle par leur consistance coriace et par la couleur. Pollen spherique, echine. Pistil unique. Carpelles formant un ovaire i-loculairc, i-ovule, sonde aveo le racliis, plan-convexe ; style cylindrique, traverse de deux faisceaux de vaisseaux, articule avec le nectaire, attenue ou bulbeux a la base , 2-fide , a divisions egales supericu- rement, surpassant a la floraison les antheres , velues dans les fleurs femelles, glabres dans les fleurs males, a branches convexes exterieurement, planes interieurement , celles qui supportent le stigmate scmi-sid)ulces, rarement scmi-cylindriques ; stigmatc a deux series continues, marginales, proeminentes, scabriuscules ,^ cessant an sommet et ne se rennissant nuUe part. Akene sans bee, cylindrique ou anguleux, n'ayaiit jamais toutes ses faces concaves, sur le disque epigyne desquels est place un bourrelct qui entoure une areole rarement laterale. Nectaire continu avec I'ovaire , alveo- laire ou styliforme , occupant le centre du disque epigyne. Embryon orthotrope, exorrhize, blanc, i plumule presque inapercevable , a cotyledons se terminant en une radicule cylindrique et courte. Vestige du perisperme membraneux. (Cette tribu differe des chi- coracees par des coroUes non en languette, par les pistils et par d'autres caracteres. Le plus grand nombre des Vernoniees habite r\merique; on n'en connait aucune qui soit originaire d'Europe ou de la Nouvelle-HoUande). I. fiachis nil i^ebiun lento). (Comprenant , comme especes, les genres si peu solides Achyro- cuma Cass. , Ascaricidn id. , Centrapalus id. , Dislephanus I ( ii5 ) Cass. , Gjmnantherum Cass. , Lepidaploa Cass. , Oliganlhes , Cass. , Pollalesta Kiinth , Lj cimophora Mart. , Holokpis Caiid. ) Car. gtn. — Capitiile mulliflore, equaliflore. Akene a ilisque epi- gyne , grand , a nectaire alveolaire , a areole terminale. Limbc de la corolle rt-gidier profondement 5-fide, a laciniures acumint-es egales an tube, ou plus courtes que Ic tube, ou s'en distinguant a peine. Pappus a deux ou piusieurs series, paleace , denticule, a serie in- terieure longue. Aile terminale des antheres egalant en largeur les laterales. Filamens courts. Branches du style semi -subulees. Invo- lucre cylindrique, imbrique , plus court que les fleurs, a folioles libres, les plus intcrieures plus longues. — Arbrisseaux ou sous-ar- brisseauK, rarement herbes annuclles; capitules groupes ou soli- taires , feuilles entieres , souvent glanduleuses , a glandes sessiles luisantes. ( Parmi les espcces de ce genre, 7 habitent I'Afrique, 11 I'Asie, 7 I'Amerique septentrionale, 95 I'Amerique meridio- nale , et les 5 autres, on n'en connait pas la patrie; en voici I'enu- meration : ) Sect. I. Capitules terminaux , solitaires, entoures rt la base de piusieurs feuilles sleriles, akenes Ires-glabres. Verti. im-olucrata [Hololepis peduticulala Cand.) ; buxoides n. sp., ericoides [Cunjza Lam.). Sect. II. Capitules reunis en groupes lertninaux serres et solitaires. V. brunioides , protewformis . pinaster, villosissima , hahecefo- lia, salicifolia, staavioides (especes decrites par Martins, dans son genre Ljcnophora) , scapigera n. sp., plantaginifolia n. sp. Sect. III. Capitules a injlorescences varices. Pappus a deux series. V. leprosa n. sp., splendens (Conjza lucida Spr.) , axillaris n. sp., rotundifolia n. sp., elopagnoides Kunth, unihcUnta [Co- (Mf, ) njza rai}jiJloraS\>v.), rami flora n. sp., notalan. $]}., populifoliu (^Di'slephanus Cass.), pinifoUn [Conj'za canescens L.), niidijlora u. sp. . chanicedtys n. sp. , nitiditla n. sp. , lucida n. sp. , pandii- rala Link, ongiistifoUa? Mx., scaberrima Niitt ? prwalla "Wild. , nllis.siwa Ntitt., siuweolens Kiinth , senegalensis {^Eupaloriiim coloroliirn W.), mucrcmdala n. sp., fO/'rfrt/rt- Kiinth , mentha'fo- lia {^Eupatoriiini I'opp. En pi. Cub. Mss.), serratuloides Kunth, dichocnrpa Sprg. , capitala [Coiij'za Spr.) , fermginea n. sp. , odovr.lissiwn Kunth , diffusa [Conjza Spr.), oppositifolia [Co- nyzastellaia St^v.), discolor (Corijza \,.),Bejrichii n. s,^.,serrnla [Coiijza midtijlora Sprg.), frangulo'folia Kunth, patens Kunth, incana n. sp., echioides n. sp., obo^'ata n. sp., pellita Kunth, siT77plex\\.sp. , toiirnefortioidcs Kunth, scorpioides Vers., mollis Kunth, catiescer}s Kunth , brevifolian.?.^., linearis S'^vg,, rosma- rinifolin n. sp., linearifolian. sp., havbata n. sp., viscidulan. sp., rtiboides n. sp., spcciosa n. sp., cinerea (^Conj'-za L.), paucijlora {Conyza W-), anlhehniiiticaW . , ovala n. sp. , glabrata n. sp. , sericea Rich., obscitrn n. sp., axilUJlora ( jardin de Munich), coio- neaster {Conj'-za W.) , macrocephala h. sp., ruI)ricaidis'^o\i]A.., Sellowiin. sp., arbontscensSw., gracilisK^unih,geminalaKimthy CJiamissojiis n. sp., lomcnlosa Nees, divaricata Sav. , vahUarm (^Conyza glabra yf.), obtiisifolian. sp., megapotamica Sprg.. sessilijlora W., verbascifolia n. ?,p,, /lexuosa Sims., platensis (Conyza Spr.), achj-rocoma (^Ach)'rocoma tomentosa Cass.). DiALESTA Kunth. Capitule biflorc, eqnaliflore. Akene presque cylindrique, un peu atlenue a la base, a plusieurs cotes, velu seulement au sommct, a ncctaire styUforme, a disque epigyne grand, a areole tcrminale. Pap/)if-- a. deux series, paleace, denlicule , a paillettes de la serie extericurc Ires-courtes, nombreuses, inegales , les deux inlerieures torses , iongues , egales , larges. Corolle regiiliere , glaln-e , a iimbe profcmdement 5 -fide, a laciniures acuminees plus courtes que la partie integre, nop distinct du tube. Ailes des antheres larges. Fila- nicns lisses. Branches du style demi -subulecs. Rachis tres-court el nu. Involucre imbrique, cylindrique, plus court que les fleurs, a feuilles coriaces, secheo , i-nerviees, libres, les interieures beau- roup plus Iongues, D. discolor Kunth. ( "7 ) PiPTOCOMA Cuss. Capitule multillore , cqualiQoro. Akenc, romjuiinc liigonc, sans cotes, tros-glabrc , luisant, a disque epigyno giaiul , a nec- taire stylifurmc, a areole terminale. Pappus a deux series, la serie exteiiemc ties - courte , coronilbrme , cartilagineusc, irreguliere- meiit crenulee, I'mterieurc multi-paleacee , a paillettes tlentees, torses, caduques, longues. Corolle reguliere, tres-tendre, glabrc , A limbe 5-fide , a laciniures acuminees, glandulenses, plus courtcs <(ue la portion integre , a tube long , grelc. Aiies des antheres oblon- gues, larges. Filaaiens lisses. Branches du style semi-subulees. Rachis nil. Involucre cylindrique, imbrique , plus court que les lleurs, a i'euilles lilircs, coriaces, seches, oldongues arrondies. P. rufescens Cass., Ijcfinopfioroides [P^9) III. OiseiKi-i Vahlenb. Act. iips. calcaire sqnilleux dc Scanie pres Kju"estrand ). — '/'. ilwynboidalis Nilss.; testa rhomboidali , Itevi, valva minore gibba , lateribus comprcssa , majore dorso sub- plana ; per totam longitndinem curvata ; rostro valde incurvo . iongiusculo ; foramine mediocri ; sutura valvarum arcuata ( marne de Scanie pres de Morby). — 7'. Lew,? Nilss; testa suborbicnlari, depressa , lacvi , dorso valva* majoris medio clevato ; rostro in- curvo , acuto, foramine minimo ( calcaire grisatre de Scanie pres de Cliarloltenlund ). — 7'.? didyma ; testa breviter obovala , la'vi. (iliin(|ue a-qualiter convexa, imprcssione apicis longitndinali ( »5. ) iiiiifk'rniiiiata ; apice cinarginato ; lostro brovissimo , foraniinc parvo subtriangulari (Golhlandie; long. o,ou) a o,oi5; largeur o,oog a 0,012, epaiss. 0,006 a 0,010 ). Anniomie Ae la Scolopendra morsitans. — Le D' J. Muller de Bonn, dccrit ot figure dans ce travail, la tete et ses organes , les yenx avoc Icur choroide en caljcc de gland, le systemc neneux, Ic canal intestinal , avec les glandes salivaires, n^nsa malpiffhiona , et les ovaires ( Isis 1829, rah. V, pag. 549 )• Rt'poiise de M. Raspail a Valtnque de M. Baer de Kcenigs- hers;. — C'est la reponse dont nous avons annonce I'envoi et ana- lyse Ic contenu dans nos Annales , torn. 1 , pag. 108 et 122. Cette reponse est arrivee un pen tard; car des que le travail sur I'Alcyo- nellc tut parvenu a I'lsis , M. Okcn s'etait empresse de detruire I'eft'et des attaques de M. Baer, avec des paroles si flatteuses, que nous nous serions dispenses de repondre , si notre lettre n'eQt ete deja partie. [Isi's, ibid., pag. 656). Especes iwm'elles de Filaria et de Monostoma. — Ces deux especes ont ete trouvees par M. F. C. H. Creplin, dans la Balcena rostrata, qu'une tempete jeta en 1826 sur la cote occidentale de I'ilc Rugia. Une planche accompagno ce memoire succinct. Voici les caracteres specifiques : Filaria crassicauda ; ore minimo suh- transK'erso , subelliplico ; corpore longissimo ; cauda obtusa , marium xpiraliier irn'oluta aut simpliciter curvata , incrassata , feminarum recta, crassissinia ; habile dans les corps caverneux en tres-grand nombre; les femelles, comme nous I'avons deja fait reniarquer a I'egard des strongles [Annales , torn, i , p. 25o) , bien plus nombreuses que les males. Le m;lle atteint 6 pouces 1/2, la femelle 12 a i5 pouces. — Monostoma plicalum ; poro antico transverso , sublenninali , corporis plani subelliptici margtnibus plicatis , abdomine longiludinaliter rugato y habite dans I'in- testin grele de la baleine. Les plus grands ont en longueur 2 5/4 jusqu'a 5 1/2 lignes, et en largeur 1 1/4 jusqu'a 1 1/2 ligne. {Noi: ( .32 ) ■ act., Acad. C(vs. Leap. cur. not. Bonn., loin, xiv, pari. sec. -.829, pag. 871 ). Dix especes dii genre Ichneumon, Fabr. , decriles d'apres les indh'idus originaux de la collection de Copenhagiie ; par J. J. Tkentepohl [his 1829, 8' cah. , pag. 804). Rei-ue critique du genre Cryptus, Fabr. , d'apres les deux collections de Kiel et de Copenhague ; par le mC-me [ibid.., pag. 817, cah. IX, p. 929). — Chaqueespece est decrite en latin avec beaucoup de details , ct les descriptions sent accompagnees de la synonymic et de notes critiques ; elles s'elfevent au nombre de 81 dans ie second travail. L'auteur divise le genre de Fabricius en trois : Ichneumon , Fabr. , Mus. Kil. ; Anomalon , Jur. ; Bra- con^ Jur. Remarques addilionnelles de TJ'agler, sur le premier voluvie de son Systema avium. — Ces notes tres-detaillees ont pour objet d'eclaircir ou do rectifier les descriptions des especes de Ram- phaslos , Pteroglossus , Picus , Picumnus , Charadrius , Cursor, Manorhina, Pastor, Sturnus, Paradisea, Colaris, Enrjlaimus , Evimachus , Ciconia , Nolherodius , Capita, Lfpornix , Po- gonias, Leptopierj-x , Ardea, Megapodius , Rhynchops , Co- rncias , Grus , Columha , Crj-ptunis , Pica, Galgulus , Psaro- colius, Oriolus, Ibis, Ocjpetes {Isis , 1829, cah. v, pag. 5o5, cah. VI , pag. 645, cah. vii , p. 736 ). Description des ossemens fossiles de mammiferes des ca- sernes, qui se Irouvent dans la collection de V universite d' Erlang. IVI. Joh. Andr. Wagner decrit, avec les phis grands details, d'apres les individus norabreux et bien conserves de la collection , VUrsus spelanis cX arctoideus , VHycena spela'n , le Felis .spe- Icea, le Cants s/.'ela'us,\eGulo spela'us , et le Canis minor {Isis 1829, cah. IX, pag. 969). ( '33 ) ISom'cUt's espccei clc poi.i.soiis de la inci .-IJrialirjitc. — ftl, le D' Michahelles de Nuremberg, decrit, dans ce travail succinct , le Sjngnolhus acits L. , les S. Jtrrugineus , rhjncluvniis, rotiin- daUis, ct le Rhombus seliger. 11 est a regretter que I'autcur n'ail pas fait precederj chaque espece d'une phrasejspccifique latine , qvie Ton puisse citer comme le Compendiimi des descriptions dont les detajlsnouibreuxseprelentrarement Liune analyse. (^Ibid.,-p. loi i.) Jsocatdia Humboldlii. — M. Frederic Honinghaus a trouve dans le schiste argileux de la periode de transition de Dillenbourg, pres de Nassau, cette espece qu'il caracterise de la nianiere sui- vante : testa convexa , transversa, urtibonibus antrorsitm in^o— lulls, dorso depressis , valvis concenlricb sulcalis, lainellis intermtdiis subimbricalis , superioribus plerisque poslerihsfur- calis, tandem euanescenlibus, latere postico indh Icei'igato. L'au- teur a accompagne cette phrase de deux jolies figures, auxquelles il a joint deux figures du Calyniene macrophtlinlma, trilobite qui sc rencontre dans la meme formation ( his , i83o, i"cah. p. g6). Physioiogie animale. Observations sur la digestion. — M. A. P. W. Philips cherche a prouver que le galvanisme exerce unc influence evidente sur la production du sue gastrique, et, contre MM. Brejchetet Edwards, que I'irritation mecanique apres I'amputation des ncrfs de la %' paire, n'en exerce aucune sur la digestion. Mais les experiences de ce genre ne sont en general ni assez nombreuses , ni assez delicates , pour inspirer de la confiance ; et Ton en tire souvent des conse- quences qu'ellesn'autoriseraient aucunement, meme dans le cas oi'i elles seraient executees avec loutes les precautions convenables. [Philos. trans. 1829, pag. 157). Recherches sur les cnlculs urinaires. — Le doctcur Yelloly vient de publier, dans les Transactions philosophiques 1829, pag. 55, des recherches chimiques, satistiques et medicales sur les calculs urinaires pt specialement siu" les collections conservecs dansl'hopi- ( >54 ) (;il lie Norfolk et de Norwich. Ce travail est I'ait sur le inotUle ile celui que le doctcurWill. Prout a deja publie sous le litre de reclwr- clu's stir la nature et le Iraitement dit diabete , des calculs ct aittrcs maladies de Vappareil iin'nnire, etc. Le doctour Prout avail fait observer (|ue, sur 825 calculs aualyses, 98 etaieut unique- meat composes d'acide urique. Sur SaS cuumeres par le docteur Yelloly, 81 soutfoi-mes d'acide urique cxclusivement, et 79 seule- mcnt ne renferment cet acide ni i I'etat de melange ni a celui de combinaison ; rapport qui revient ;i 0,11 dans la premiere lisle et a 0,21 dans la seconde pour les calculs d'acide urique. L'auteur a truuve le muriate d'ammoniaque dans un tros - grand nombre de calculs de phosphate mixtes, mais toujours dans les calculs d'acide urique ou d'lirate d'ammoniaque. Fonctions du canal intestinal ct da foie dans les fee I us hu- mains. — m. Rob. Lee, a I'aide des analyses de M. Prout, ayant constate que I'estomac des foetus ne contenait aucune substance albumineuse, tandis que cctte substance se trouve dans les por- tiolis du canal intestinal situees au-dessous du canal choledoque et danscecaiial Ini-meme, a conclu que le foie, outre les autres fonctions qu'on lui a attribuees, est consacre a la nutrition du foe- tus. {Trans, phil. 1829, p. 121). mMoires de l'acad^mie des sciences de STOCKHOLM, pour 1827. Ce volume renierme, 1° un travail de Fr. Rudberg , sur les chan- gemens de volume d'un melange d'eau et d'alcool. 2° Sur un mineral de r Amerique du nord dont la formuleest Mg=44?75 ; C =35,77 » Aq. = 19,48 , par Wachtmeister. 3° du meme, Rechcrches sur differentes fahlumites. 4° Rechcrches sur les caux minerales de Kon- ueby, par Berzelius. 3° du meme , quelqucs Remarques sur I'ambre jaune. 6° Flore de la Guadeloupe, par Wikstrom ( voy. ci-dessus p. 122). 7° Analyse d'une nouvcUe espece de fahlumite, par Trolle Wachtmeister. 8" Tcrobratulites dc la Suede, parS. W. Dalmann ( '35 ) (voy. ci-ilcsstis, p. ijG). 9„ Analyse d'lme iioiivelle csjicre mine- rale , coniposee d'aluiiiinc , de talc , ile oarbonate de ftr, et d'caii , du voisinage d'Abo,parP. A. V. Bonsdorff. io" Experiences ayanl ponr hut de determiner I'clasticite de divcrses matit res (cuivre, fer, argent, plomb, fonte , laiton, verre. eau), par Lajerhjelm. iio Tableau des recherches meteorologiiiue.-* continuees par I'Aea- demie en 1826 et 1827, par Fr. V. Ehrenheim. 12° Tableau de I'arrivte ct du depart des oiseaux de passage dans la Sudermanic , en 1 827, entre le 58o,5 1 ' el le 5go,5', par Ekstroem. ( T^oj-. p. 118.) i3° Sur le Brama Raii, par Schagerstrom. i4" Biographies d'Erie Gadelii's, C. Lerrgren,G. F. Wirsen, E. Sagstrom. N. B. Outre un volume de memoires originaux, rAeademie de Stockholm public tons les ans un enorme volume in-8". dans Icqud on passe en revue tout ce qui s'est public dans le monde enlicr re- lativement aux decouvertes scieutiliqucs. Cctte revue analytiquc est distribuee par ordre de matieres,et chaque division est redigee spe- cialenient par un mcmbre. Le rapport ponr 1827 vient dc paraitre; ii ne renferme que des analyses de memoires deja connus ; et mal- grc son epaisseur, il est encore bien loin d'etie complet ; on y trouve des travaux l)ien pen importans analyses avcc une tres- grande importance, et I'on y cherche souvcnt en vain I'analyse de travaux d'un mcrite reel. ACTES DE LA SOCIETE DES CUllIELX DE LA NATl]RE, DE BONN; Tome XIV, deixieme partie. On trouve tlans ce voliuue les memoires sui\ ans : 1" Descripliones noi'nrum speiieruni ex algarum ordiiw; auct. K. A. Greville , 2 pag. 1 pi. col. Ces deux especes sont un Sphcv- rococciis iiiterriiplus de la mcr septentrionale, un Zonaria Fraseri [Xonarid pai'Otiia etyiisceicens Ag. ). 2" Sur la physiologie et la classification des algues ; par F. J F. Meyen, 69 pag. avec 4 pl- coloriees. 3o Sur la forme des elemens du tissu cellnlaire des plantes plia- nerogamrs; par F. G. Haine, i5 pag. 1 pi. ( '36 ) 4° Rcinarques sur des renfleinons aiioriiiaux des nerl's ; par le docteur Hans Carl. Leop. Barkow, 26 pag. , i pi. 5° Sur I'hyalitlic de Silcsie et siir quelques nouvelles formes de cette substance; par E. F. Glocker, 21 pag. avec 1 pi. G° Kouvean principe de Catoptriqtie; par J. F. Chr. Wcrneburg, avec des annotations de L. D. V. Miinchow, 61 pag., avcc 2 pi. 7o Especes nouvelles de coquilles terrestres de Tile Sandwich; par M. de Chamisso. 2 pag. 1 pi. ; ces deux coquilles sont V Auricula o-wj-Jiiensis voisine du myosotis Drap. , ct VA. xinistrorsa unique dans ce genre avec ce caractere. 8° Methamorphose d'une coroUe de Clematis vilicella en bila- biee, tubuleuse et munie d'un limbe; par Georg. Fr. Jgeger. 2 p., 1 planche. 9° Becherches sur I'organisation de quelques polypes de la Me- diterranee ; par "W. Rapp. 1 1 pag. avec une pi. color. , representant le T^eretillum cynonwriumCwy . et le Tubularia solilaria, Rapp. io<' De la cause de I'hibernation chez les animaux dornieurs ; par Thomas Pastre. 8 pag. 1 1° Un mot sur I'etat de la botanique du Japon, suivi d'une mo- nographic des especes japonaises du genre Hjdron^ea et de quel- ques preuves de la litterature japonaise au sujet des plantes; par Siebold. Les assertions sont justifiees par des specimens graves en caracteres japonais. 23 pag. 12° Musci frondosi javniiici ; auct. Reinwardt et Hornschuch. 52 pag. avec 3 pi. i3" Reponse aux objections qui ont ete faites a mes idees sur la physiologic des algues; par C. A. Agardh. 33 pag. avec une pi. L'auteur a passe sous silence des objections plusserieuses que celles de M. Turpin. i4o Recherches sur quelques algues d'un ordre inferieur; par F. J. F. Meyen. 8 pag. avec 1 pi. i5° Sur le dcveloppenient par Cayeux des equisetacees et en particidier de r/Syz/we/«/7?y;rt7;/.?/re; par Bischoff. igpag., 1 pi. i6„ Cahier de plantes cullivecs dans Ic jardin botanique de Ham- bourg; par J. G. C. Lehmann. 26 pag., avec 4 pl- col. represen- tant VOEiiothern amcriia hchm. , le Trifoliuni JVorniskioldii Lehm. ; le Phlox Sichmannii Lehm. , le Potculillu siemersinnn Lehm. , le Tradescantia pilosa Lehm. ( '^z ) 1^0 Sur uii embryon dc cufhon privc de t(H»; vena avant tonne ; par K. E. de Baer. 9 paj;. el 1 pi. 18 Exposition anatomico-physiologique sur la structure des glandes dans le corps humain; par M. J. Weber. 28 pagavec 3 pi. igo Filario; et Monostomi species no<^'a in balccnd rostrnla reperta ; auct. F. C. H. Creplin. 7 pag., 1 pi. (voycz ci-dessus pag. i5i ). 2O0 Cas divers de deYeloppement incomplet d'organes; parHEY- FELDER. 25 pag., 1 pi. La planche represente trois cas : lo un Colo- boma Iridis ; 2° les organes generateurs anormaux d'un enfant nou- veau ne. 5° id. d'un enfant de deux ans. 2i„ Sur la structure de la bourse desoiseaux; par Arnold Adolphe Berthold. 14 pag. 22° Histoire naturelle du Loxia curvirostra ; par Const. Gio- GER. 2 1 pag. 23„ Sur le Bolwweria arhorea ; par Sab. Berthelot. 7 pages (voy. ci-dessus pag. 1 24 )• 24° Additions au memoire de la structure du nid du Mas niuiulas (voy. j4niial. des sc. d'oOs. torn. II pag. 5oo). VoLrMINIS DECIMI ET QUARTI SXJPPLEMENTUM; SYNOPSIS HEPATICA- RTJM EtJROPOEARiTM ; auct. J. B. G. LiNDENBERG. In-4o. i34pagcs, avec 2 pi. Bonn£B, 1829. L'iniportance de ce travail a engage I'Academie a en ordonner I'imprcssion dans un supplement au volume. MJiMOIRES DE L'ACAD^MIE ROYALE DES SCIENCES DE L'INSTITUT DE FRANCE; Tome IX. L'Academie des Sciences est enfin au courant pour la publication de ses Memoires; le tome 9 vient de paraitre, et contient les recher- ches faites pendant I'annee 1829, par lesdifferens membros decette societe savante. Nous aliens les indiqner ici d'une maniere som- niaire, sauf a revenir avec plus de details sur les travaux les plus iniportans. Apres la partie historique, viennent les elogcs de Ra- ( '58 ) nu>n«l, lie Halle, de Corvisart et de Pinel, loutes par M. Cuvier ; puis la partic des memoires, dans I'ordre suivant : Memoire surVequilibrc lies fliiides ;T^iir^\. Poisson. Ces leclier- ches font suile a celles du meme auteur sur les corps solides elasli- qnes. 11 adniet, eomnie base de son analyse, que les molecules s'attirent muluelleinent, et qn'cUes se repoussent en meme temps, a raison de leur chaleur propre. L'une et I'autre de ces forces de- croissent tres-rapidement, et no sont sensibles que jiisqu'a des dis- tances insensibles. Toutefois, I'auteur suppose que leurs rayons d'activite sont tres -grands relativement aux intervalles conipris entre les molecules , et que le decroissement rapide de ces deux forces ne commence qu'a des distances qui sont deja de tres-grands multiples de ces petits interstices. II eutend par action inoleculairc I'exces de la repulsion sur I'attraclion entre deux molecules. Cettc force ne sera pas la meme pour tons les points de ces deux petites masses; dans I'etendue de chaque molecule, on pourra la decompo- ser en deux parties : l'une egale a la moyenne de ses valeurs et commune a tous ses points; I'autre differente d'un point a un autre en grandeur et en direction. La premiere partie sera la force prin- (?i/;«/e,etcelledont I'auteur s'occupedans ce memoire. La dcuxieme est une force secondaire , d'oii dependent les decompositions chi- miques, etc. Ces principes appliques aux fluides, conduisent I'au- leur aux considerations suivantes. Par un point 31 pris dans rintcrieur d'un fluide, mcnons une droite d'lme grandeur insensible, mais cependant assez considerable pour ([u'elle rencontre un tres -grand nombre de molecules. L'in- tcrvalle qui separe deux molecules conseciUives , pourra varier ; mais si Ton divisc sa longueur entiere par le nombre de molecules qu'elle traverse , on aura un intervalle moyen qui ne changera pas avec la direction de la droite autour du point M. Si le fluide est homogene , cet intervalle ne changera pas non plus avec la position de ce point ; s'il est heterogone , Tintervallc moyen variera dans I'e- tendue du fluide, en restant le meme en tous sens autour de chaque point. Or, cette constitution iutime n'est pas changee, lorsqu'ou cxerce une pression quelconcjue a la surface : les molecules s'arran- genl de maniere quo leur intervalb' moyen soil toujours egal suivant tonics les directions, ce qui u'ariiverail pas pour lui corps solidc. ( '50 ) Les fliiides ((u'cn appelle iiicompressibles , l(!.s liquides , sc com- primcnt neanmoins d'ane inaiiiere nnlablc. (les corps, aiissi-bii'ii que Ics fluides aerifomies, soiit parfaitemcnt elastiques ; niais cette piopriele n'a lieu que jusqu'a uiie certaine limite dans les solides. Un liquide peut atissi perdre sa fluidite parfaite, par I'eflet d'une tr^s-forte compressiou; c'est ce qui arrive probablement a la coiiclic des liquidcs qui out mouille un corps solide. ; Ces principes font la matiere du premier paragraphe de ce me- moire ; dans un second paragraphe , I'antcur forme les equations d'equilibre relatives a I'interieur d'un fluide quelconque. II arrive a la formule fondamentale et bien connue dp = ^ ['S.dx-^-Y dj--^ Zdz) , oil p designe la pression an point dont la densite est j, les coordonnecs x,j-, z, et les composantes de la force aceeleratrice X,Y,Z. Dans un troisieme paragraphe, M. Poisson fait le calcul des prcs- sions interieuies; dans un quatrieme , il donnc les equations d'equi- libre , relatives a la surface de separation de deux fluides super- poses ; il les applique au cas oi'i ces deux fluides sont formes de la meme matiere, oi'i d'une matiere qui ne varie que par degres in- sensibles, L'equation relative a la surface libre d'un fluide incompressible, etablie au cinquieme paragraphe , conduit I'auteur a cette conse- quence que les phenomencs capillaires sont produits par une action moleculaire qui se trouve modifiee, non-seulement par la forme des surfaces , d'apres la theorie de Laplace , mais eacore par un etat particulier de compression du liquide dans sa couche superficielle. Note siir les racines des equnlions transcendanles ; par 31. Pois- son. L'auteur demontre, par imexemple, I'inexactitude de la me- thode de M. Fourier, pDur reconnaitre si une equation n'a que des racines reelles. Exlrait d'un mernoiresurV integration des equations aux dif- ferences paitielles ; par M. Cauchy. Extrait d'un memoire sur quelques series analogues a la se- rie de Lagrange, sur lesfonctions symetriques, et sur la formation directe des equations que produit I'elimination des inconnues cnlrr des equations algebriqnes donnees ; par M. Cauchy. ^ ( '4o ) Mimoiic auv V ^qualion qui a pour racines les momens d' iner- tie principaux d'un corps solide , et sur diverges equations du menic genre; par M. Cauchy. Mi'moire sur le mouuerneul d'un sjsl'eme de molecules qui s'attirent ou se repoussent a dc tres - petites distances , et sur la lumiere; par M. Cauchy. Demons Lration annljlique dhiue loi dccouverle par M. Sa- var! , et relative aux Yibrations des corps solidcs ou fluides ; par M. Cauchy. Menioire sur la torsion et les vibrations lournantes d'unei^erge rectangulaire ; par M. Cauchy. Toutes ces recherch'es de I'auteur, sont ici contenues en 28 pages. Ce sent pour la plupart des ex- traits de niemoires publiesdans les Exercices de malhematiqucs. Recherclies stalistiqu6s sur Vet at ac'.uel des usines li fer de la France, en I'annde iSaS; par M. Heron de Villefosse. En voici Ic resume : fer obtenu de la fonte dans les affincries allant au cliarbon de bois 569,540 quintaux metriques ; fer obtenu de la fonte dans les affineries allant au charbon de houille 442jOOo; fer provenant des forges catalanes ( c'est-a-dire sans passer par I'etat de fonte ) , au charbon de bois 95,470 ; importation du fer en barres, deduc- tion faite d'une faible exportation 5 1,840 : consommation totale i,i56,85o quintaux metriques. En 1788, I'Angleterre et I'Ecosse produisaient en fonte de fer 71 1,088 quintaux metriques; en 182G, cette production s'est elevee a 7,395,015 quintaux metriques. Reclierches slaiiiliques sur les nielaux en France ; par M. He- ron de Villefosse. Memoire sur la niesure et le calcul des azimuths propres ii la determination des longitudes terrestres ; par M. Puissant. Voici les conclusions de ce memoire : 1" les observations des passages d'e- toiles circompolaires a la lunette meridienne , et celles de la petite ourse , dans ses elongations extremes, sont les meilleures a em- ployer, parce qu'elles ne presentent generalement entre elles que de faibles ecarts , et que les oscillations autour de la moyenne des resuitats parliels peuventne pass'etendre au-dela de deux secondes de degre ; 2° il est necessaire de n'eloigner les stations les unes des autres que de deux a trois dcgres an plus, afm d'eviter Taccumula- I ( '4. ) lion lies crreiirs ties angles , qui concourcnt ;i la determination dc la difference en longilnde de ces stations; 3° les mCmes angles doivenl eti'e coniges de manicre h former exactemenl jGo degres , avcc eeux qui completent un tour d'horizon; 4° en mcsurant par parties un grand arc de parallele , on en pent mieux saisir Ics irregnlarites. Parmi les applications que i'on pourra faire de la methodc de I'au- teur, c'est la formation d'un tableau fondamenlal des longitudes astronomiques et geodesiques, pareil a celui qu'on a adopte, rela- tivemcnt aux latitudes, pour la nouvellc carle de France, et que void : Stations. Lai. gtodesiques. Greenwich 5i°28'44 56 Dunkerque 5 1 02 12,4 Paris ( Pantheon ) . . 4^ 5o 49'4 Evaux 46 10 36,9 Clermont-Ferrand. . 45 46 45?7 Carcassonne 4^ 12 54,6 Monljouy 4i 21 49?7 Formentera 58 4o 01,9 Memoire sitr la proportion des nais'sances des filles el des gar- cons ; par M. Poisson. Le rapport des naissances des garcons et des filles pour la France entiere, de 1817 a 1826, a ete de i,o656, ou a peu pres i6/i5. Ce rapport s'eloigne encore plus de I'unite, si Ton excepte du nombre total des naissances, celui des enfans natu- rels; car on le trouve alors de 1,0671. Ainsi les naissances hors de mariage, augmentent la proportion des filles relativement a celle des garcons. Mais il existe encore a Paris une seconde cause qui tend a rapprocher ces deux nombres ; en effet, le rapport des enfans legitimes a cle pour cctte ville, de 1,0408, a peu pres 26/25; et celui des enfans naturels, de i,o345, ou environ 30/29 ^^ ^i^" de 21/20 qui a lieu pour cette classe d'enfans dans le reste de la France. « Notre esprit, dit I'auteur, est naturellement porte a ad- mettre les resultats de I'experience avec d'autant plus de confiance qu'ils sont deduits d'un plus grand nombre d'observations ; mais si nous voulons en apprecier la probabilite, ct connaitre celle de leur reproduition future, nous sonimes obliges de recourir aux for- mules que I'analysc matlii'malique fournit pour eel objel : le pev*- Lat. astronomiques. DiTOrences. 5i°28' 4o",o - 4",6 5i 02 08,5 — 3,9 48 5o 49,4 46 10 42,5 + 5,6 45 46 54,6 -\- 8,9 43 12 54,5 — 0,5 4 1 21 46,6 -3,1 38 39 56,1 — 5,8 ( i4-^ ) Icctionnement ilc ces mclhndes on gonenil, el: leiir .'ipplicalion aux fails que je viens de citer, soiit I'objt't du Memoirc que je prtsentc a\ijoiird'hui a rAcadoniie. Si j'ai ajoute quelque chose aux nom- brcux travaux des geonutrcs qui so snnt occupes du calcul des hasards, depuis que Pascal en a donne les premiers exemples, je le (lois a I'analyse que j'ai employee, et dont j'ai puise le principe'dans \aJ7ieorie analjtique des probabiliics; ouvrage aussi eminem- ment remarquable par la variete des questions qui y sent traitees , «pie par la generalite des methodes que Laplace a imaginees pour les resoudre. » Note relath'e au Memoiie de M. Poisson surle mouvement dc la lerre aiitour de son centre de gravile, inscre dans le tome VII tics Memoires dc I'Academie; c'est une erreur de calcul, corrigee jiar M. dc Pontecoulant. McmoJre swVccoulement des Jlvides t'lasliques dans les vases I'l les lujaiix de conduile; par M. Nayier. L'auteur adopte I'hypo- thcse du parallelisme des tranches ; il suppose le gaz a une tem- perature constante dans toute son etendue, et I'orifice tres-petit relativement au diametre de la conduitc ; mais il nc tient pas comptc du changement de temperature, produit a rorifice, par le change- ment de pression du gaz. II a applique ses tbrmules aux experiences de MM. Lajerhjelm et d'Aubuisson. Quelques considerations sur lesjievres piitrides, devenites ma- lignes ; par M. Portal. Apres une exposition assez naive des erreurs dans lesquelles il etait tombe a son debut dans la carriere medicale, louchant le traitement des fievres putrides, l'auteur expose les ca- racteres de celte maladie qu'il faut bien distinguer, d'apres lui, de la fievre maligne. Cette dissertation, tant soit peu sterile, ne ren- fcrme que cette assertion assez clairement exprimee, que la fievre putride a son siege dans les organes principaux de la digestion, tandis que la fievre maligne est due a une affection du cerveau et des nerfs. Vient ensuite le traitement qu'il faut suivre pour empe- cher que la premiere de ces maladies n^engendre la seconde : c'est la saignee el le quinquina. ( '-'13 ) IxL'chercJics siir Vi^laslicili' ties corps quicristallisenl rtgiiUere- tiiciit ; par M. Savart. Notis avons donnc un cxlrail dc tc Memoirc ilaiis Ics yJnnalcs, I. 11, p: 17. Experiences siirles canaiix semi-circulairef de I'oreille, dans les oiseaiix et les mamwiferes ; par M. Flourens. Noiii'elles experiences surle sjsthtie nerveiix ; par M. Flourcn.s. Nous en rcndrons compte. Ol/sen-ations et remnrqiies sitr In nature el le trailement de r liydropisie nvec les palpitations dii cantr et principalement sur leramollissement decet organe ; par M. Portal. Apres I'exposition des cas reoucillis dans sa pratique, pris dans les hautes classes de la societe, I'auteur en revient au quinquina, comme au remedc leplus elTicace centre cette maladie. Memoire sur l' elect ro-chimie el I'emploi de I'electricite pour opcrer des combinaisons ; fnv M. Becquerel. (Voyezles Annates t. III,p 189.) Memoire sur la coudc'e septennaire des anciens Egyptiens , et les diffvrens etalons qui en ont ele relrouves jusqu''a present ; par M. Girard. La determinaison de cette coudee repose maintc- nant sur les mesures directesde quatre etalons. En 1799, ^^' Girard a donne la description du nilonietre de I'ile d'Elephantine ; il I'a trouve de 627 millimetres; cette coudee ctait diviseeen 14 parties egales. II existe maintenant au musee de Turin , I'etalon d'une an- cienne coudee, qui a ete retrouve dans les ruines de Memphis; c'est une regie de bois dm- de iMeroe de 9 lignes d'epaisseur, tra- vaillee avec soin et couvertc d'hieroglyphes ; elle est divisee en 28 parties; mesurce par MM. Plana et Bidone, elle s'est trouvee de 525,521 millimetres. M. Drovetti vicnt d'enrichir notre musee egyptien d'un etalon de coudee qui , comme celui de Turin, est un prisme a cinq pans, de bois dur, charge sur chacune de ses faces de caracteres hieroglyphiques, indiquant le nom et les qualites de son possesseur , avec le titre de coudee royale ; il est divise en 28 parlies ou doigts, ct, de meme que celui de Turin, ses quinze pre- mieres divisions, en allant de droile a gauche, portent snr I'nne des ( '44 ) faces dc la coudcc Ics sous-divisions successives dii doigt, savoir : du premier doigt en dciix parties , du 2' en 3, du 5' en 4> et ainsi de suite jusqu'au i5' qui est di vise en 16 parties. M. Girard a me- sure lui-meme , avec precision, la longueur de cette coudee, et il I'a troiivee de 525 millimetres. Au milieu de cette coudee, et sur la meme face qui porte son litre dc coudee royale, on a grave un pied d'ibis, caractere qui, suivant M. ChampoUion, exprime I'unite de niesure appele pied, comme la figure de I'avant-bras et de la main etendue, qui est gravee a Tune des extremites de cet etalon, de- signe I'unitc de mesure appele coudee. Enfm, un quatrieme etalon a etc retrouve a Memphis par M. Anastazi, consul de Suede; il est depose a Florence. Le dessin {^facsimile) en a ete remis par M. Drovetti a M. Cliampollion, qui I'a communique a IM. Girard. II est divise en 28 doigts ou 7 palmes. II porte ie titre de coudee royaJe, et, a son milieu, le signe hieroglyphique du pied. Sa lon- gueur est de 526,5 millimetres. Cette coudee est moins soignee que la precedente ; mais une circonstance particuliere la rend tres-re- marquable : immediatement apres le premier palme qui porte I'in- scription de coudee /oyale , et dans le champ du palme suivant, se Irouve I'inscription hieroglyphique petite coudee. II y avait par consequent une coudee de 6 palmes, contemporaine de celie de 7, ct dont la longueur absolue aurait ete d'environ 45o millimetres, precisement equivalente a la coudee naturelle ou virile des livres hcbreux; par sa division en six palmes ou en vingt-quatre doigts, celle-ci etait evidemment d'unemploi plus commode dans les con- structions et les usages ordinaires de la vie, que la coudee royale septennaire. Au surplus, le troisieme palme de la petite coudee porte I'inscription hieroglyphique petit pied; ce qui prouve que les Egyptiens avaienl aussi un pied de 3 palmes, moitie de cette petite covidee, comme ils avaient unpied phis grand, egal a la moitie de leur coudee royale. La moyenne des quatre vaieurs trouvees ci-dessus pour la coudee ro3'ale est de 525,5 millimetres. Les discussions des historiens et des antiquaires deviennent done superflues devant ces preuves ir- recusables. Le plan de la chambre sepulcrale, pratiquee dans la grande pyramide, est un rectangle dont I'un des cotes est precise- ment double de I'autre, savoir 32 pieds \ ponces et 16 pieds 2 pouces; ce qui donne 525 millimetres pnurla coudee, si Ton suppose avec ( >45 ) Newton que cettc chnmbre portait 20 coudees sur 10. — Autre jjieuve : Plinc nssigne au cote de cctte grande pyramide unc lon- gueiu- de 885 pieds ; mesiirec directement, elle s'cst trouvee de 232,74 metres ; ce qui donne 265,6 millimetres pour la lon- gueur du pied, on 627,2 millimetres pour celle de la coudee, va- leur exactement la meme que celle de la coudee d'Elephantine. — Troisieme preuve : Eratosthenes a trouve 700 stades pour la lon- gueur d'un degre terrestre , dcduite de la distance de 5ooo stades mesuree directement de Syene a Meroii, sur un arc de 7 degres 8 minutes 34 secondes, d'apres I'astrunome egyptien, et de 7 degres 4 minutes 14 secondes, d'.apres Nouet , astronome de I'expedition d'Egypte. Partant de I'hypotliese que le stadc d'Eratoslhenes etait forme de 600 pieds ou demi-coudces, on trouve i58,i metres pour la valeur du stade, ce qui dnnne 110670 metres pour celle du degre, conformement aux observations modernes. TSouvelles rechcrches sur la structure et les developpewens de r ovule vegetal; par M. Mirbel. ( Voyezles Annules, t. III. p. gS. ) Ce 3Iemoire termine le volume et est accompagne de 10 planches gravees. M ^MOIRES DE L'ACADlllMIE ROYALE DES SCIENCES DE TURIN; Tome XXXIII. L'Academie de Turin est di visee en deux classes, celle des sciences physiques et mathematiques , et celle des sciences morales, histo- riques et philosophiques. Nous ne nous occuperons que des me- moires publics par la premiere classe, et qui se trouvent inseres dans un meme volume avec les memoires de la seconde classe. Le nombre des academiciens, pour les sciences physiques et mathe- matiques, n'est que de 18. Ce sont actuellement, MM. Ignace Michelotti pour les mathematiques, Cisa de Gresy pour la meca- nique analytique. Plana pour I'astronomie , Bidone pour I'hydrau- Jique, Avogadro et Carena pour la physique, Giobert et Victor Michelotti pour la chiniie , Borson pour la mineralogic, Bonelii 4. 10 ( i4ti ) poiir la zoologic, Re pour la hotauiqiie , Rossi pour la chirurgip, Rolando et IJcllingeri pour la medecine, le comte Balbo, presidonly le conite Provana, Vagnonc el Colla. II y a en outre C mcmbrcs etrangcrs. Los seances de I'Academie ont lieu tous les quinze jours; on y ontend la lecture des niemoires rediges, soit par sesmemhres, soit par des savans etrangers ; les premiers sont inseres dans le Recueil academique. Les aiitres, pour lesquels il est nomme des rapporteurs, sont analyses dans la partie historique des travaux de I'Academie. Malheureusement il ne parait qu'un volume pour deux annees, et aucun journal italicn ne donne d'une maniere suivie, I'analyse des seances de I'Acadeniie ; le Journal de plijsirjue et d'hisloivc. nalwelle de Pavie , qui seul les donnait avcc quelques details , a cesse de paraitre. Nous ne pouvons done les recueillir que dans la partie historique redigee par ordre de I'Academie, et qu'apres un laps d'une ou de deux annees: mais commc ces travaux ne sont connus que d'un petit nombre de savans, ils auront encore pour qos lecteurs, I'attrait de la nouvcaute. On les trouvera a ia suite de cet article qui ne renfermera que la simple indication des memoires dont nous ne jugerions pas a propos de I'aire une analyse detaillee. De aniwalculis microscopicis sen infusoriis ; auct. Losana. (Nous donnerons un extrait de ce memoire). Comparaison des obsen>ations de M. Didong , siir les poitvoirs refringens des corps gazeiix , avec les formules de relations entre ces pouvoirs et les afTniites pour le calorique, deduitcs des chaleurs specifiques;parM. Avogadro. L'auteur a deja fait beaucoup de me- moires sur la theorie atomistique, principaienient sous le rapport de I'affinite, de la saturation et de k chaleur specifique des molecules. II a ctabli des formules empiriques, capables de representer ces diverses proprietes pour tous les corps, et il s'est efforce de lier entre elles ces difft'/rentes proprietes. Aujourd'hui il applique ses for- mules au cas des pouvoirs refringens des gaz, observes derniere- mentpar M. Dulong. II avait deja fait des recherc.hes sur les expe- riences analogues de MM. Biot et Arago. En designant par P le pouvoir refringent d'un gaz, corrige de la densite, et par A son alTinite pour Ic calorique, c'est-a-dire sa chaleur specifique divisce ( '4: ) par sa density, cos deux quanlites seraient liees entre elles par la lurnnde empiriquosuivante, on le pouvoir refringent de I'air nt sou aflTinite pour Ic calorique sont pris pour unite : P == o,5o42 A -|- 0,4962 V A ; mais il faut avouer que I'erreur qui se trouvc cnlre les pouvoirs re- fringens, calcules et observes, est quelquefois tres-grande. Par exemple, elle serait d'un tiers pour le cyanogene, d'un septiemc pour I'acide hydrocyanique et I'oxide d'azote, d'un onzifeme pour I'oxide de carbone , et d'un douzieme pour le gaz olefiant. M. Ato- gadro cherche ensuite a corriger sa formule , en I'etablissant pour differens groupes de gaz, ou meme en modifiant la forme de ses ternies. Nous ne pouvous entrer dans le detail de ces essais qui n'ont conduit I'auteur a aucun resultat satisfaisant. Alojsii Colla illustrationes et /'rones rariorum stirpium quce 'in ejus horto ripulis Jlorehant , anno 1826, addita ad Jiorlum rlpulensem appendice III. Nous donnerons une analyse de ce me- moire qui est accompagne de 12 planches. Note sin- une nouvelle mine de jjianganese , tromec dans la val- lec de Lanzo, commune d'Ala; par M. Cantu. Cette mine renferme du manganese carbonate, violet, compacte , qu'on n'avait pas en- core trouve en Piemont, du moins en masses considerables. L'a- nalyse d'un echantillon a donne : carbonate manganese 82, carbonate de chaux 3 , silice i3 , eau 2 ; total 100. La commune d'Ala est dans la vallee de Lanzo , et c'est dans le lit de la Stura que des morceaux de manganese avaient d'abord ete pris pour des blocs de fer oxide. Notice sur quelques fossiles de la Taranlaise en Soi'oie ; par M. Borson. M. Brochant de Villiers a place dans les terrains de transition, les calcaires , les quartz et les schistcs de la Tarantaise {Journal des mines, 1808, n° i57). W. Borson vient de reconnaib'e que cette opinion est fondee ; car il a retrouve VOstrea peclen el la mtmismale dandle marbre, la belemnite, et quelques empreintcs de vegetaux mal determines dans les phyllades de cette contree. ( '4S ) Analyse tie la cendre du J^isuve , tie I'eruption de 1822; par M. Lavini. Celtc cendre est fonneo : d'cau, d'acide miiriatique et de muriate d'ammoniaquc G,25, de sulfate de chaux i3, de muriate de sonde 3, de chaux 4? '5, d'oxide de fer 2'y, d'alumiiie 5o, de magnesie 3, dc silice 107 , de carbone 4?2; total 197,6 sur 200 par- ties employees. Suite des lecherclies chimirjues siir les cendres du T^csuve , dc I'eruption de 1794; P^n' M. Lavini. Siir 100 parties: vapeurs d'eau bitumineuse 2,i5, sulfate de thaux 2, sel marin i , chaux 2, oxide de cuivre 10, aluminc 5, i5, oxide de fer g, magnesie 2, silice 68, perte 0,7. In electrieitatem saliva;, muci y et puris simplicis et contagiosi experimenla , hahita a C. F. BeUingieri. L'auleur cniployait pour faire ces observations, I'appareil de la grenouille, et compa— rait la propriete electro-motricc des liquides organiques avec celle des metaux. II a deja fait des rechcrches analogues sur le sang, I'u- rine et la bile , et sur des liquides du regne organiqne. Dans ce memoire , il examine les proprietes electriques de la salive, du mucus, du pus ordinaire, de ceux du vaccin, de la variole et de la syphilis. Mais les resultats auxquels il parrient n'offrent rien de bien remarquable, et Ton ne voit pas clairement I'utilite de pa- rcilles rechcrches , faites sur des corps si compliques et si varia- bles. Reliquiae Bellnrdiance , auct. Re. Ce travail fort succinct ren- ferme I'enumeration des especes qui ne sont pas mentionnees dans la flore duPiemont, et qui ont ete en grande partie trouvees par Bellardi. Fiemarques sur la loi de la force elasliquede I'air , par rapport a sa densite, dans le cas de compression sans perte de calorique, et sur celle de la chaleur specifique de Fair par rapport a la tempe- lature et t\ la pression ; par IM. Avogadro. L'auteur a pour but de montrer que si la formule de M. Ivory, qui exprime la loi des forces elasliques de I'air, ne s'accorde point avec celle de M. Poisson, c'est par la raison que le geometre anglais a , d'une maniere inipli- cite , admis la Constance de la chaleur specifique de Fair a toutes ( >49 ) les pressions, et cellc de ia chaleur specifique a volume conslaiii. - pour toules Ics temperatures. Memoire sur le j)roblf'rne de la perturbation des phtnetes ; par M. Cisa de Gresy. « Apres des efforts reiteres, dit I'autcur, les geo- metres sont enfin parvenus a considerer la theorie de la variation des constantes arbitraires dans toute sa generalite , et i en etendre I'usage a tous les problemes de mecanique; par ce moyen ils ont reduit le problt-me de la perturbation des phnetes a ne dependre que de I'integration d'un systeme d'equations lineaires d'une forme tres-simple, dans lesquelles la differentielle de chaque element elliptique est exprimee par les differences partielles de la fonction perturbatrice midtipliees par I'element du temps. J'essaie de faire voir dans ce memoire , I'accord des resultats que Lagrange a don- nes dons les memoires de Berlin , de J 783 , pour la variation perio- dique des six elemens elliptiques, avec ceux qui se deduisent de ces dernieres formules; celles qui se rapportent a la variation du noeud et de I'inclinaison de I'orbite sont telles, que Ton serait tente do croire a jiriori, d'apres leur forme, qu'elles ne peuvent en aucune ir.aniere coincider avec la solution du memoire cite; solution aussi simple que rigoureuse, que Laplace a egalement donnee dans sa M<^- canique celeste , avec des considerations qui lui sont proprcs. J'ai eu lieu d'observer (|u'en partant du systeme d'equations diiTeren- tielles donnees par Lagrange, dans la Mecanique analylique, les modifiant convcnablcment d'apres la theorie de ce profond geo- metre, et developpant en meme temps d'une maniere rigoureuse la fonction perturbatrice, on parvient exactement au meme re- sultat. » Dans une addition a son memoire, I'auteur, au lieu de sc bor- ner, comme Lagrange, aux ternies independans de rexccntricite , etend cette comparaison a la consideration des termes dependans du ' premier ordrc de I'excentricite ; car c'est pour ces derniers termes que sa solution differe de celle de Laplace. Mithode elementaire pour decouvrir el d^montrer la possibi- lity des nom'eaux thdoremes sur la theorie des transcendantes e//i/jf/5. ) M. Dumont-Moulin communique un systeme dc uouvoUos cou- structions liydrauliques. IVl. Dclessert fait deux communications. La premiere est relative a Varbre a lail ou de la vache que M. Lockart a retrouve dans la province dc Caracas, et que M. Fanning a rapportc en Europe. M. James Smith a trouve sur les bords dc la riviere de Dcmerary , un arbre nomine hj-n — hyn par les naturels, et qui fournit un lail tres-gras , plus epais que celui dc la vache, sans amertumc, mais sculcment un peu visqueux. — La scconde communication est icla- tive a la germination de la plante connuesous lenomdc Nepenthes , remarquable par les urnes qn'elle porte a Textremite de ses fcuillcs, et qui se remplissent d'une eau potable. Une plante femelle ayant etc rapprochee d'un individu male qui sc trouvait a Edimbourg, a per des adherences dans les cavites sereuses, et I'application de ce moyen a la cure radicale des hernics. BIM. Robert et Paris annoncent qu'ils out trouvo dans la sablon- iiiere du Gros-Caillou (a Paris), une defense d'elephant de i8 cen- timetres de circonferencc a la base, et de 44 centimetres de lon- gueur. W. Bluinenbach est elii associe etranger en remplacement de M. Young. 31. Dupetit-Thouars fait un long rapport sur la notice de M. His, concernant les orangers. M. Coquebert-Montbret fait un rapport sur le voyage de M. Cail- lie a Tembootou. Q.(\ Jviil. — Seance annuelle des quatre Academies. — M. Na- vier fait un rapport tres-etendu sur la Caisse d'epargnes et de pre- voyance. 26 AvriL- — M. Dumas presente des crlstaux d'un compose nouveau de chlore et d'acide acetique, forme en exposant le me- lange de ces corps aux rayons solaires. M. Beltrami soumet a I'examen de I'Academie un manuscrit mexicain , ecrit dans I'ancienne langue mexicaine, avec des carac- teres latins et sur du papyrus le plus beau que Ton connaisse. M. Gambard annonce la decomerte qu'il a faite, le 21 avril a 4 heures du matin , d'une comete situee dans la constellation du petit cheval. M. Arago ajoute que M. Nicollet a aussi vu cette co- mete dans la nuit du aS au 26. M. Leon Dufour est nomme membre correspondant a la place de M. Soemmering. MM. Desfontaineset Cassini font un rapport sur un memoire in- titule : Plantcs du Mont Sinai, recueillies par M. Leon Dclabordc, nommees, dassees et decritcs par M. Delille, correspondant. — ( i53) M. Geoffrey Suint-Hilaire ajoute qnc M. Delaborde a aussi rap- jiorte du Mont Sinai, un animal fort remarquabie, le Daman-Is- rael, qui manqunit au museum. M. Desfontaines fait un rapport sur une F/oredeM. Delcour. M. Bald presente un modeie en relief de I'ile Clare, situee sur la cote occidentale de I'lrlande. L'auteur, irlandais, desirerait qu'on exccutat de meme le relief de la France, sur I'echelle d'un pied par lieue. M. Dumeril fait un rapport sur une monographic de M. Char- pentier, relative a I'hydrocephale aigui;. M. Puissant fait un rapport sur le Traite d'astronomie pratique de M. Francoeur. MM. Berthier et Serullas font un rapport sur le memoire de M. Soubeiran, concernant les arseniures d'hydrogene. M. Serullas lit une note sur les combinaisons de I'acide iodique avec les alcalis vegetaux. M. Milne-Edwards lit un memoire sur I'organisation de la bouclie chez les aniniaux suceurs. ACADEMIE DES SCIENCES DE TURIN (i). Seance du ^ Janvier 1827. — L'Academie approuve le projet de M. Ceriola, d'adapter I'emploi de la machine a rapeur a lamouture des grains. M. Giobert fait un rapport sur une preparation pharmaceutique de M. Ferrari. C'est un protoiodure de mcrcure. M. Cantu communique une note sur la decouverte d'une mine de carbonate de manganese dans la vallee de Lanzo. M. Rossi presente des recherches sur les raatieres que fournit la coroidc, quand on la lave dans I'eau , qui la prive de sa matiere noire et de toutes les substances solubles. 31 Jam-ier. — L'Academie accorde un privilege a M. Courtiai (0 Voycz les Mcnioircs dc I'academie , p. i45. ( >54 ) pour lui instrument propre a diviser les bois ile teinlure, dans une ' direction pcrpeniliculaire a lemurs fibres. Le comtc Baibo presentc un fcuillel manuscrit trouve dans les pa- piers du comte Murozzo, et que celui-ci devait lire a rAcaiK'niie, dans la seance dn 5 juillet 1 8o4 ; mais ce physicien etant mort d'nn coup d'apoplexie, le 12 du menie mois, sa note etait jusqu'ici de- uieuree inconnue. EUeest curieuse, en ce qu'elle renferme une de- couverte qui n'a etc faitc qu'une vingtaine d'annees plus tard, sur les rapports du magnetismc et du galvanisme; voici quelques pas- sages de cette note ecrite en francais. « Dans les derniers jours dc » decembre (i8o5), il nie \int I'idee de tenter une experience » tout-a-fait nouvelle C'etait de tenter si an moyen dc la pile 1) galvanique , jc parviendrais A communiquer la vertu magnetiquc » a des aiguilles, de la meine facon qu"on peut la leur donner an )) moyen de la machine electrique (ce que Beccaria avail dcja oh- )) serve). J'ai done fprme la pile de 36 disques d'argent, et d'autant » de zinc. J'ai place une aiguille d'acier qui avait la pointe des deux » cotes, sur une mince plaque de cuivre, qui etait attachee au I) disque de zinc inferieur qui formait la base de la colonne ; I'ai - « guille etait placee dans la direction du meridien ; ensuite j'ai place » une extremite de Tare conducteur sur le disque d'argent qui elait .) a Textremite de la pile, et nvec I'autre bout j'ai touche la poinic » nord de I'aiguillc; ensuite j'ai remis la boule du conducteur sur X le meme disque superieur d'argent, et avec I'autre bout du con- » ducteur je touchai I'aiguille a la pointe qui etait dans la dircc- » tion du sud. Cette operation ne dura qu'une demi-minute » (et I'aiguille fut aimantee, car elle se dirigeait au nord, elle avait la polarite, et attirait la limaille de fer). « De plus grosses aiguilles » furent aimantces de mOme Je suis parvenu a aimanter dos >> aiguilles sans me servir de I'arc conducteur, mais simplement en » placant I'aiguille sur un plateau de zinc. Avec deux piles de 3o ^) disques, ayant place un petit barreau d'acier de deux lignes en » carre, sur le plateau argent de la denxieme colonne; ayant fait » communiquer de la base zinc de la premiere pile un fd de fer qui :) touchait a la pointe du barreau , j'en obtins de meme le barreau » tres-aimante , et qui , lorsqu'il fut suspendu , marqua les poles. ' » Doncle fluidc galvanique, a I'instar de Telectrique, a la propriete » de communiquer aux aiguilles la vertu magnetiquc de la polarite. >■ ( '55 ) Apres avoir pose de noiivelles questions a resoudrc , IMorozzo qui lenait pour rideiititc des fluides magnotiquc ct electrique, vnulait qu'on n'oubliat jamais ce grand axiome de tie point multiplier les causes sans necessile. 4 FcH'rief. — M. Ferrari a observe qu'en melant a I'eau des cliaii- dieres, de la grosse poudre de charbon, les incrustations ([ui s'y formaient auparavant, ou ne s'y produisent plus, ou sont beaucoup plus faciles a enlever. Le meme auteur pretend que le vin n'cst qu'un ether. M. Lavini fait connaitre une analyse qu'il a faite des cendres du Vesuve. M. Plana lit une addition relative a la premiere partie de Tecrit intitule : Note siir iin Memoire de M. Laplace , ayant pour titre : Sitr les deux grandes inegalites de Jupiter et de Saturne, im- prime dans le volume de la Connaissance des Temps pour I'an- nee 1829. 18 Fevrier. — M. Ferrari propose une maniere d'obtenir I'oxide rouge de fer, qui n'est pas nouvelle, et de faire I'ether nitrique , laquelle ne recoit point I'approbation de I'Acadeniie. Le meme pre- sente un siphon a bulle, a I'usage des pharmaciens. L' Academic accorde plusieurs privileges relatifs a des arts meca- niques. 1" Avril. — MM. Rolando et Bellingieri font un rapport favo- rable sur une dissertation de M. Ferroro- Medina, relative a la rage. 27 Mai. — L'Academic arretc un sujct de prix d'histoire nalii- rclle. M. Rossi communique des recherches sur la rage. M. Borson lit une note sur quelques fossiles de la Tarantaise, dans la Savoie. 7 Juin. — L'Academie accorde ime lettre de recommandation a M. Bertero, qui entreprend un long voyage pour la botaniqiie. 2^ Juin. — M. Giroud propose de substiluer le bois de chataigm; 4 la noix de galle , en teinture. M. Plana lit un memoire sur le developpement de la grande in- egalite de Jupiter et de Saturne , dependante des cinquiemes puis- sances des excentricites et de rinclinaison mutuelle^ des^deux or- bitcs; et une note sur la courbe en equilibre, formce par une ianic ( '56 ) elastique , pliec par deux forces i-gales , dirigees en sens contraire , suivant la droite qui joint ses cxtremiles. 22 Juillet. — M. Michclolti communique une note sur I'arse- niure dc cobalt d'Csscy, vallte de Viil. 25 Novembre. — M. Plana lit des reflexions sur differentes for- mules relatives au calcul de la refraction astronomique. Q Dccemb/c. — M. Re fait connaitre des ecrits inedits de Bel- lardi, sur la botanique. CORRESPONDANGE. PICOT DE LAPEYROUSE ET M. DECANDOLLE. Monsieur, Jusqu'a present vous avcz pris soin de signaler les torts du pou- voir scientifique envers les hommes vivans , vous ne refuserez pas sans doute d'inserer une lettre qui n'a d'autre but que de venger la memoire d'un mort. Le public savant n'a pas encore perdu le souA^enir des querellcs botaniques qui s'eleverent entre M. Decandolle et feu Picot de La- peyrouse, auteur de la Flore des Pjrenees. On s'accorde gunera- lement a admettrc que quant au fond, si M. Decandolle n'avait pas toujours tort, du moins Lapeyrouse avait tres-souvent raison; mais,. quant aux procedes, on est force d'avouer que la vivacite de la re- partie et relegance du style furent les armes habituelles du dernier, que les petitos ruses et les stratagemes de la tactique ne furent pas dedaignes par le second. Lapeyrouse collcctait des plantes a grands frais dans un pays pour ainsi dire encore vierge; il entretenait une " correspondance active avec les doctes collecteurs de la contree; mais a I'instant qu'il etait le plus occupe a preparer la description de ses ricliesses, M. Decandolle, dit-on, obtenait, de la part de ses correspondans, des doubles etiquetes de la main de Lapeyrouse, et en tacticien habile il en faisait usage centre son adversaire, soit en lui ra- vissant I'honneur de les avoir publics Ic premier, soit en relevant des eneurs inedites echappees an premicrcoup d'oeil , e( qu'une etude plus suivic eCit fait disparaitre aisement. C'etait sans doute apres ( >57 ) tks tours semblables, qu'il arrivait a Lapejrouse dc trcmpcr sa plume dans le fiel , et do s'indigner contrc un advcrsain; : deli- cnlula. Independamment de la localite des Pyrenees ou elle a ete in- diquee par Pourret et Lapeyrouse, je I'ai moi-meme retrouvee dans les landes d'Aquitaine, ct je me propose d'en deposer des echantil- lons dans les herbiers les mieux surveilles. J'ai voulu par ces revelations, inviter le public a se mefier de toutes les inculpations que vos journaux et vos livres de la capitale et de Geneve font pleuvoir sur les ecrits de M. Picot de Lapeyrouse, Quand on en est reduit aux ressources litteraires et scientifiques que possedait M. de Lapeyrouse, on est excusable de commettre des erreurs ; on ne Test pas quand on pent disposer de tout ce que possede M. Decandolle. Ce Lapeyrouse tant incrimine etait un homme d'esprit , un homme de bien ; il repliquait avec vivacite , mais il n'attaquait ni avec mauvaise foi ni avec des armes merce- naires. Ce n'est pas lui qui aurait jamais pu ressentir le besoin d'eta- blir a Paris et dans deux ou trois capitales, un ou deux de ces hon- netes gens fails pour servir de doublure a I'ambition de ceux qui les paient, etqui se cbargent , pour des prix egalement bonnetes, d'epier tous les travaux que Ton prepare, tous les resultats qu'on est sur le point de publier, de louer a outrance lour maitredans les journaux, et de tromper le public sur les ecrits les plus conscien- cieux de quiconque n'appartiendrait pas a la coterie. Lapeyrouse avait bien a la verite les defauts de la province; mais il en avait aussi toutes les vcrtus. Adieu, Monsieur; je vous prie de ne point mellre inon nom ai* ( »<>« ) l)as dc ma lettre; j'ai aussi moi un herbier ct unc synonyniie ; je les .»!iirveille pciulaiil ma vie, mais apres ma mort? J'ai riiomieur d'etre, etc. 10 avril iS3o. ANNONCES. BeSCHREIBUNG EINES BISHER NICHT BEKANNTEN DeIISTCHEN WaSSERTO- CELS. — Description d'un oiseau aquatique nouveaupour I'Alle- magne (Mergia anatarius); par M. Eimbeck. 4 P'lg- i"-4° a\c 1 pi. Braunschweig, 1829. Index testaceologicus; or a catalogue of shells. Index tes- taceologique ou catalogue des coquilles britanniques ou etran- geres, arrangees selon le systeme de Linne, eclaire par 2,3oo fig.; par W. Wood. in-8°, XXXII et 188 pag. avec 37 pi. Londres, 1825, chez I'auteur, n° 4^8, strand. Prix 126 fr. coloriees, et 63 fr. en noir. Supplement, eclaire par 480 fig. in-8°. IV et Sg pag. avec 8 pi. Londres, 1828, chez le meme. Prix, 57 fr. 80 cent. A LIST OF THE PLATES. Listc dcs planchcs de I'index testaceologi- que, avec les noms de Lamark. in-8°, 34 pag. Londres, 1829, chez le meme. Prix , 2 fr. 40 cent. Les figures sont assez reduites pour qu'une planche puisse con- tenir 62 figures , sans nuire a la nettete des objets. Museum Demidoff ; mis en ordre systematiquement , et decrit par G. Fischer , 3 vol. in- 4° avec pi, Moscou, 1806, 1807, Schild- bach. Museum naturalium academic upsaliensis auctum; preside C.-P. Thunberg; 29 cah. in-4°. Upsal 1787—1819, 36 cab. Supplem. IJpsal 1794 — 1819. rl. /. J'ru.lf. ./(^ a^.^^'/ .iJ 'fij' /<^" M. /. /^. /J //c/ y.^- /''/ajS. m ^-«k,^ (^^„jia2«> Tui: I~- M f^^ //AU///<'A/f/r.r,/nr /'a,':fr,<\ ■//^>r,V '-'/ ^>'/-^ /■i.r^'- ^^ J'iff L'4 ( J^f S^2. J^::2S. Z}r/ C/! ,//,///,, v//A,r^/,:'- A/.i:/Y:r/l//->arr/ ,/^.r ^lv'e^?/■^■f.r. (// // J'Vl's Com IV i\r /:•„ ,;i -. % \ \ Mi* ^ I I s \ \ I % I \ % I s 1 S » - s s I ^ ? I ? safe ■*»*, "■•% OpUau P( 111 f i] \ /, /i h' li'' JB b h' *■ -*" J *'! I T i /uJ. ^iiiHr ('/>llllU . }l.„in. /7 /r Ti-^ W'-n:- ^ IV' if/e^l^. Inn. (Ics Scii'iii: (l'(^l» '/>"" /'' Monlm J, ,41a, 9"- jMr.i- boii siliafiro mornHvlvl- l,i, I (eau ,/f la ,.ffei i 'ro/tV t'/ (v/t/it t/e /// Co///nc c/e ^llarsiu- pred- fl^lgert Fl. /r 1 i^mi^i^M II lanche Latrufk . Jfonpttuslr. I 1 1 1 1 1 ,,;..,,/;■ h,:r,m,.ll El//>/i(>/'/'lii //(////il/il Cli.url) ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION TOME IV. IMPRIMERIE UK II. lOURNHiU. ROE DE SEIM;, K" i4' I ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION , COMPRENANT l'AsTRONOMIE , LA PhYSIQCE , LA ChIMIE, LA MlKLHA- LOOIE , LA GeOLOGIE, LA PhYSIOLOGIE ET l'AnATOMIE DES DEUX REGKES, LA BoTAKIQUE, LaZoOLOGIE; LES THEORIES MATHEMATIQUES, ET LES PRINCIPALES APPLICATIONS DE TOUTES CES SCIENCES A LA MUTEOROLOGIE, A l'AgRICULTTIRE , XVX ArTS ET A LA MeDECINE ; PAR MM. SAI6ET ET RASPAIL. ROUEN FRERES, LIBRAIRES-EDITEURS . RUE DE l'eCOLE DE MEDECINE : N^ l5; BRUXELLES , Al DEPOT DE LA LIBRAIKIE MEDICALE FRANCAISE. i85o. ( .6. EXPERIENCES SUR LE MOUVEMENT DES FLUIDES A^RIFORMES ET DES LIQUIDES ; PAR M. Hachette. Premiere partie. UE l'action combinee de la pression atmospherique et du choc d'uN COURANT de FLIIDE AERIFORME CONTRE UNE PLAQUE IIBRE. Paimi les phenomenes que presentent les fluides a^rifornies en mouvement , les uns appartiennent a la mecanique rationnelle les aulres a la physique generale. Ces derniers, qui ont principale- ment fixe I'attention des physiciens modernes, sont dus a des chaii- gemens de prcssion et de temperature. Ce fait important, que r air en se dilnlant absorbe du caloriqiie, et quil en de'^a^'e en se condensant , a ete observe par im celei)re niedecin ecossais CiiUen, ne en 1712, decede en fevrier 1790. Avant de se livrer entierement a la medecine , Cullen professa la chimie a I'universite de Glascow, de 1746 a 1756, et il eut pour successeur, dans cette chaire, son eleve Joseph Black. L'observation de Cullen, faite en mai J 755, est rapportee dans les premieres publications de la Societe d'Edinburg, 3 vol. in-8°, page 168 du tom. II, imprime aEdinburg, en 1770, sous le tilre : Essnis and Ohservalions Physical and Lillerarj ; De Saussure en a fait mention, pao-e 201 de ses Essais sur U Uygtomrtrie, imprimes a Neuchatel en i^83 format in-4°. ' ' En 1798, de La Metherie a public dans son Journal de Phy- sique, une note sur un froid considerable produit par la sortie prompte de I'air atmospherique fortement comprime. II avait ap- prispar Pictet, de Geneve, que I'air comprime au moycn do la pompe a compression des cabinets de physique, produit un giand froid, lorsqu'on ouvre le robinet de communication du recipient de cette pompe et de I'air atmospherique. Pour faire cette experience, on mettait une petite quantite d'eau 4- 1 1 ( '<^--^ ) sous le recipient. Lorsque I'air sortait, il s'eehappait aveo siflle- ment , ot cmportait une partie de cette eau. On apercevait sur la fin dc ropeiatiou que I'eau qui demeure aUachee au robinet , se couvcrtissait en glace. ( Voy. le Jounial de Phjsiqucy t. XLVII , pag. 186, septembie 1798. ) MM. Clement et Desormes ont aussi rappele rexperiencc de Cullen , dans leur Meinoire sur la capacite des gaz pour le calo- rique , presente au concours de I'lnstitut en 181 1 , et imprime dans le Journal de Physique de La Metherie, novembre 1819. En 1802, M. Daltonde Manchester a faitde nou-velles experiences sur la dilatation et la condensation de I'air ; son travail a ete publie en anglais, d'abord dans les Memoires de la Sociele de Manc/iesiei; ei\saite dans lejournal de Nicholson, novembre 1802, et traduit en francais dans le Journal des Mines, t. XIII , p. 207, cahier de Janvier i8o5; il fit la remarque importante que le chan- gement de temperature de Pair dilate ou condense devait etre plus considerable que celui qui etait indique par le thermometre a mercure, a cause de la difference entre la masse du volume d'air contenu dans le recipient, et cclle du thermometre place sous ce meme recipient ; il tint compte du temps que le thermometre avait mis a s'elever et a s'abaisser ; ensuite il chercha a quelle tempera- ture I'air atmospherique devait etre porte , pour qu'en y plongeant le thermometre , il s'elevat ou s'abaissat dans le meme temps du m§me nombre de degres. En 1804, M. Chauvain ( de Saint-Etienne ) imagina le briquet pneumatique, appareil au moyenduquel on produit, par une com- pression subite de I'air, une chaleur capable d'allumer I'amadou et de foudre du plomb. ( Foyez le Proces-verbai de la seance de r Academic, du 17 floreal an xii , 7 mai 1804. ) Le iSseptembre 1806, M. Gay-Lussac a lu a Tlnstitut un me- moire sur les variations de temperature que les gaz eprouvent en changeant de densite, et il avait conclu 1° que lorsqu'on fait passer un volume donne d'air dans un autre qui soit vide et de meme ca- pacite , les variations de temperature sont egales de part et d'autre dans chaque recipient; 2" que les eflets thermometriques suivent le meme rapport que les densites dc Fair, et qu'ainsi en diminuant ou augmentant subitcment un espace vide, il ne s'y produit aucune variation de temperature. II a proiive posterienrement cette der- ( iG5 ) iiicie consequence par une experience directe. ( Voyez les Amuiles lU' Chimic el dc. Pliysirjiie , loin. XIII , cahier de mars 1820. ) MM. Gay-Lussac ct Welter ont fait, en 1822, de nouvellesre- cherches siir la chaleur degagee par les gaz , lorsquon fait varier Icur \olume sous dcs pressions differentes ; ce travail n'est pas en- core publie. ( Voy. les Annale'^ de Chim. el de Phjsiq. , t. XIX^ p. 456, article du 29 avril 1822. ) Le 17 avril 1823, MM. Auguste de la Rive et J. Marcet, de r.eneve, ont lu a la Societe de cette ville , un memoire dans lequel on trouve I'experience suivante. Le vide etant fait dans une cloche de la capacite d'environ 10 litres, le thermometre est descendu de 10° a 8". Onaouvert le roi)inetpour laisser cnlrerTair de la chambre, qui s'est precipite par le tuyau centre la boule du thermometre : cette introduction de Pair a produit un froid qui a fait descendre le thermometre a 5°,6, c'est-a-dire , de 2°, [\. Get abaissement qui avait lieu a mesure que Fair entrait , s'est arrete au bout de sept secondes , au moment ou I'eprouvettc de la pompe pneumatique a indique que la portion d'air introduite dans la cloche etait capable de soutenir 108 millimetres de mercure. Le thermometre est reste stationnaire jusqu'a ce que I'air introduil ait pu soutenir 162 milli- metres de mercure , et a partir de ce moment , il est remonte ra- pidement jusqu'a ce que I'air etant entierement rentre , il s'est arrtte un pen au-dessous de i5° ; ce qui a eu lieu apres l\'S" , u compter de I'instant oi'i I'on avait commence a laisser entrer Fair. Gette experience plusicurs fois repetee a toujours donne le meme rcsultat. La hauteur du thermometre a varie de 6° A 12% et quelle que fut cette hauteor dans le vide, elle a toujours diminue de 2° a 2", 6, a I'instant ori i'air renlrait dans la cloche; puis elle a aug- niente de 7 a 9° au-dessus du point le plus has. II resulte done de cette experience qu'il y a toujours du froid produit au moment on I'air entre dans le vide. On savait depuis long-temps que dans la ma- chine // colonne d'eaii , de Schcmnitz ( en Hongrie) , un courant d'air comprimc, qui s'echappe de I'interieur de la colonne dans I'air atmospherique, et qui vient frappcr un corps, tcl qu'un chapeau en feutre, herisse de poils, forme sur ce corps de petits cristaux de glace. Ge fait a ete rapporte par Jars en 1758 ( 5 ans apres I'expe- rience de Gullen ) ; M. Baillet en a donne une explication dans le Jounnd de Physique , t. XLVIII, p. 166-167, fevrier 1799; ( >64 ) le mt-me pheuomenc se presente dans rexperience de la congela- tion artificielle de I'cau qu'on rcp^'te dans lous Ics cours de phy- sique. On leniplit le recipient de la machine dite de con/pi rssion , d'un air sec ou humide, comprime a plujieurs atmospheres. Ce recipient porte a sa sommite un tube capillaire par le(|uel I'air du recipient pcut s'echapper. On presente a ce courant d'air une boule en verre senil)lable a celle d'un tube thermometrique , et bientot de petits cristaux a peine visibles a la vue simple, se forment a la sur- face exterieure de la boule. Quoi(iue le temps de la formation des cristauxsoittres-court, ilfaut par la pensee le partager en plusieurs periodes. Dans la premiere pcriode , I'air comprime se dilate dans toule la capacite du recipient et se refroidit ; dans les periodes sui- vantes, I'air de plus en plus dilate passe i une temperature tres- basse , enfin dans la derniere periode , le courant d'air a atteint le Ttioxiwiim defroid. II resulte de cetteobservation que les petits cristaux qu'on obtient sur la boule de verre ne proviennent pas uni- qucment du refroidissement du courant d'air hors du recipient de la machine a compression , mais encore de I'abaissement de tempe- rature dans I'interieur de ce recipient. Ce refroidissement inle- rieur n'est pas instantane , il augmente par la dilatation de I'air dans le recipient. Get air, quoique soumis a une dilatation pro- gressive dans toute la capacite du recipient, conserve pendant I'ecoulement une force elastique plus grande que celle de I'atmo- sphere ; il \ient frapper la boule de verre et la refroidit. L'air atmo- spherique environnant la boule etant plus cliaud , depose a la sur- face de cette boule une couche humide, et c'est sur cette couche mince d'eau que se forment les petits cristaux de glace produits par le refroidissement de la boule. Lorsque MM. Breguet eurent invcnte (on 1817) le thermometre metallique a spirale , dont la piece principale est une lame plice en spirale, et formee de trois metaux superposes , platine, or, argent, dont I'epaisseur totale est i/5o de miUimetre , ils placerent cet in- strument et un thermometre a mercure dans le recipient d'une ma- chine pneumatique ; la capacite de ce recipient etait de cinq litres, et la temperature de l'air dans I'interieur de ce recipient, comme a I'exterieur, de ig" centigrades. On fit alors le vide aussi pronipte- ment que possible, et pendant que l'air sortait du recipient, I'index dc la spirale pnssa de la temperature -j- 19°, a — [\° \ \e thcrmo- ( '65 ] metre a niercure, beaucoup moiiis sensible, ne descendit (|uc dc 2° centiii;rades.En laissant rentier I'air iuimedialernent apres dans le recipient, Ic tliermometre melalliquc s'eleva jusqu'a -\- 5o°. ( Voyez les Annalcs dc Chiniie cl dc Physique, torn. V, annee 1817, caliier^de juillet. ) Le 7 juillet 1828, M. Legrand (du departemcnt ties Ardennes), nncien eleve de I'ecole normale, actuellenient professeur de phy- sique a Besanron, a lu line note ^ur le froid produit par la dilata- tion de Pair; cette note contient.le resultat deplusieurs experiences qu'il a faites dans un etablisse i ent de Paris, connu sous le nom de Pompe de Chaillol. II y a dans cct etablissement une machine ;i vapeur a simple effet , qui fait mouvoir une pompe aspirante et foulante. L'eau de la Seine est elevee par cette pompe a 55 metres au-dessus de son niveau , dans des bassins places sin- la colline de Chaillot. La condnite d'oau est formee de tiiyaux en fonle du dia- nietre interieur 609 millimetres; la quantite d'eau elevee par heure est d'environ 270 metres cubes. Pour entretenir un mouvenient continu dans la conduite qui s'elend depuis la machine jusqu'au premier bassin, sur une longueur dc 55o metres, y compris celle de la partie horizontale qui est de iGo metres, on a fait commnni- quer le bout inferieur de cette conduite avec un reservoir d'air A B (fig. 1 , pi. 11), forme de tuyaux en fonte d'un metre de diametre interieur, et de 5o millimetres d'epaisscur. La hauteur totale de ce reservoir est d'environ 5 metres. A i"",^ de sa jonction avec le tiiyau d'ascension , se troiive un robinet c, qu'on voit en coupe (ig. a. Le barillet de ce robinet est traverse ( fig. o ) par un canal horizontal a a , qui aboutit a deux autres canaux a b , be perces a angle droit dans I'epaisseur de la clef D. En tournant la clef, la communication des canaux est iiiterceptee , et I'air ne pent plus sortir par I'orifice circulaire e ; le diametre de cet orifice est de 4 millimetres; la longueur du canal horizontal a a' b , 126 millime- tres, et celle du tuyau vertical be , 70 millimetres. La note de M. Legrand, du 7 juillet 1828, a ete publiee dans les .-inn a les des Sciences d'observatiu/i , tom. 1", Janvier 1829. M. Saigey, I'un des redacteurs de ces Annales j qui avait ete te- uioin des premieres experiences de son ami M. Legrand , et qui les avait repetees seul en Janvier 1829, eut encore la complaisance, le 9 avril dernier ( i83o) . de nous montrer (a M. Welter el inoi ) , ( '66 ) comment ils avaicnt operc. La boule du thermomt'trc dont ils s'e- taieut servi , avail i3 millimetres de diametre extericur; la lon- gueur (le rcchelle thermoinetiique elait de 96 millin)etres pour 45°; le memo thermometrc servit pour Texperience du 9 avril. La tcui- peraturcde I'air derenceinteoi'i sontplacoes Ics pompesde Chaillot, a la distance de 5 centimetres dti robinet , ctait ce jour-U\, au mo- ment dcs observations, de 20°, 4 ; celle de I'eau de Seine, dans la conduite d'ascension et dans le reservoir d'air, de i8°,4. Voici la resultat de notre experience. ^ Le robinet e du reservoir d'air (fig. 1 ), etant ouvert, le ther- mometrc, dont la boule fut placeeenc (fig. a) dans le courant d'air vertical Z/c, marqna a 2 centimetres environ de rorifice. . i3°, 5; A la distance de 1 centimetre 9°, 5.. L'air qui sortait du reservoir AB fig. 1 ), passait par le double canal coudo a angle droit a b c [ fig. a ) , avant de frapper la boule du thermometre. Ayant ote la clef du robinet pour mettre a la place la boule du thermometre, cette boule alors se trouvait exposee au courant d'air horizontal a a', et I'echelle du thermometre marqua 4°- Ainsi , par rapport a la temperature de l'air de I'enceinte , et de I'eau de la Seine, il y eut un abaissement de temperature de i6°,4 et de i4%4- inoyenne i5°,4. Lorsque le robinet est I'erme , l'air du reservoir tend a sortir sous une pression de 2 1/2 atmospheres; en plafant la main pres de ce robinet, il etait facile de reconnaitre que l'air s'echappait continuel- Icment entre la clef ct son bardlet; ce courant d'air, du a I'impcr- fection du robinet, refroidit sensiblement les parois du reservoir voisines du robinet; car ayant pose le thermometre sur le bord cir- culaire en sailliey(fig. 1 ) du tuyau du reservoir qui est le plus voisin du robinet, il marqua seulemenl i4%5, et par consequent 4° de moins que dans I'eau de la Seine et 6° moins que dans l'air de I'enceinte. En juillet 1826, M. Daubuisson , ingenieur en chef au corps royal des mines, a public des experiences sur I'ecoulement de l'air atinospherique comprimc et renferme dans un gazometre, d'oi'i il sortait pour entrer dans 1 atmosphere. II a trouve que la quantite d'air poussee hors du gazometre par un orifice en mince paroi el sous une pression determinee , est a la depense d'air sous la memc ( '6; ) pression, par des ajulages cyliiidriqucs on coiiiques, donl Touvfr- ture de sortie otait de nieme diainttrc que rorilice en tuinte parol , dans le rapport de looo a 1427. En rendant comple de ces experiences dans le BuUeiin de la So- ciete [)hiloinatifiue, scptembre 1826, j'ai reuiarque que M. Dau- biiisson n'avait pas fait I'ecoulenient de I'air par I'ajutagc connu sous le noni de tuhe de T'cnttiri, qui n'cst qu'une tuyere ordinaire rcnversee , dont la section du plus grand diametre est prise pour I'orifice de sortie. L'air etant expansible, il remplirait cet ajutage, ct I'experience aurait fait connaitrc I'augnientation de depense , due a I'acceleration de vitesse de l'air sur la section de I'ajutage du plus petit diametre. En octobre 1826, MM. Thenard et Clement ont visite les forges de Fourchambault (dcpartement de la Nievre) , et ['experience sui- vante fut faite sous leurs yeux. Un ouvrier prcsenta une planche de sapin contre le vent d'un soiifflet mis en mouvemenl par une ma- chine a vapeur. Lorsque la planche etait a une certaine distance de Torifice de la tuyere, elle etait fortement repoussee ; si on la rap- prochait du plan de cet orifice, elle etait portee vers ce plan, comme si la repulsion se fOt changee en attraction. Cet effet n'a lieu qu'au- tant que le bout de la tuyere est engage dans un revetement , et aboutit ;'i fleur d'une face plane de ce revetement. M. Clement a le premier reconnu que l'air atmospherique agis- sait en cette circonstance sur la planche , comme sur les parois cx- terieures d'un ajutage conique, par lequel on fait couler de I'eau. Ce savant , revenu a Paris, a fait voir sur une chaudiere qu'il avait a sa disposition , que la vapeur d'eau a la pression de deux a trois atmospheres, produisait un effet semblable a celui du vent d'un soufllet de grosse forge. II adapla a la chaudiere un tuyau cylin- drique vertical , termine par une plaque circulaire du diametre d'environ un decimetre, au centre de laquelle etait un orifice cir- culaire d'un plus petit diametre. Lorsque la vapeur sort par cet orifice , on approche de la plaque un disque circulaire de mCme diametre. et on remarqiic que le disque porte vers la plaque y adhere, comme s'il etait aflire par une force qui agirait en sens contraire de la pesanteur. Des points plusoumoins saillans sur les faces du disque, ou de la plaque en regard, determinaient la distance de ces faces. M. Clement a ex- ( iG8 •) pose les fails que nous venous do rapporter dans un memoire qu'tl a 111 a r\cadeuiie royah; des Sciences , le G doceinbre 1826, et qui flit renvoye a rexamen des coinmissaiies. Le 11 avril 1827, j'ai repete I'experience principale de M. Cle- ment, a la seance de la Societe d'encouragement, en faisant usage d'un sonfllet d'appaitenient a double vent, dont la tuyere aboutls- sait a une pkxiue de cuivre. .T'ai annonce , le nienie jour, que I'adherence d'un disqne oppose a la plaque ne depcndait pas essen- tiellement de rexpansibilite de I'air du soufllet , et que j'avais ob- tenu des effets seiablables a ceux qui ont ete observes par M. Cle- ment, en faisant couler de I'eau entre des disques tres-rapproobes, dont j'avais varie les courbures. Ala seance de la Societe philomatique, du i3 avril 1827, j'ai presente un tube coude, an moyen duquel on produit, par le souffle de la bouche , les memes pbenomenes que par la macbine soufflante de Fourchambault , ou par la cbaudiere de M. Clement. L'etude de ces pbenomenes conduit a cette question : Determi- ner la pression en chaque point des surfaces exterieure et interieure d'un vase qui est rempli d'un liquide ou d'un gaz, en supposant que ce vase se vide dans I'atmospbere, 1° par un orifice en mince paroi, 2° par un ajutage, 3° par une zone comprise entre deux sur- fVices tres-rapprochees. C'est pour arriver a la solution de cette question , que j'ai cherche a simplifier les appai-eils employes pre- cedemment, et que j'ai fait plusieurs experiences dont j'ai rendu compte dans les notes suivantes, qui ont ete lues a la seance de la Societe pbilomatique du 28 avril. Experiences (1) sur recoulenienl des goz , entre des surfaces tres-rcipprochees. Le fait principal observe par MM. Tbenard et Clement resulte de Taction combinee du choc de I'air contre une plaque, et de la pression atmospliciique sur la meine plaque. Toutes les circon- stances de cette action se manifestcnt avec evidence au moyen de (i) Ces exptiricnces, fuitcs en i8'27, out lite inse'rees d.ins los Annalcs ,le chinue el lie phrsique , t. XXXV, p. 34; mais cefles qui forment la scconck- ]iarlio tie re nit'moire n'avaient point encore etc' publices. I ( '"CE. Le tuyau coude ( fig. 2) est dans une position telle que la plaque C D soit a peu pres hf)rizontale ; on pose sur cette plaque un disque D'C, de telle matiere qu'on veut, flexible ou inflexible; on souffle en A avec toute la force dont on est capable , et , quelque leger que soit le disque , il ne s'ecarte pas de la plaque. Renversant le tuyau, conuiie il est indique (fig. 5) , et ajoutant en A un second tube A' a qui entre a frottement sur I'extremite A du premier tube A B, on souflle en A'; I'air souffle passe par I'ori- fice E , et entre dans I'atmosphere par la zone cylindrique comprise entre les bords de la plaque C D et du disque C D'. Non-seulement le disque ne tombe pas, mais il est pousse vers la plaque C D par une force plus grande que celle qui est necessaire pour faire equi- libre k son poids. Les lames en fer-blanc, soudees sur les bords de la plaque C D (fig. 3) aboutissent a un anneau GH ; un support G'H' en liege ou autre matiere glisse a frottement contre les lames, et tient un disque de papier ou de carton C" D" a telle distance qu'on veut de la plaque C D. Reglant cette distance convenablement et soufflant en A', on verra le disque C" D" s'approcher de la plaque C D et prendre la position C D', tr^s-voisine de la plaque C D. Les memes efl'ets auront lieu pour le disque C D' (fig. 4)5 'ors- ( ^7<^ ) qu'on soufilera jtar rextreniitc A du tuyau droil A E, qu'on tient ilans imc position a pcu pies vcrticale. Lorsque Ic disque (]' D' est flexible et un peu elastiqiie , et qu'on souffle en A (fig. 2 et 4)? ou en A' (fig. 5) , on produit un btuit resultant des battemens sucoessifs du disque sur la plaque C D. Voyez les notes (1) et (2). (i) Ayant eu I'idee de repc'ter ['experience de M.Clement, en siib- stituant a des machines soiifllantes et des chaudit'Tcs , un souftlet d'appar- tement ou un simple tuyau embouche, j'ai employe le meme moyen pour faire vibrer des disques de papier et de carton^ mais je n'avais produit par ces vibrations irre'gulieres, correspondantes a des inflexions peu sy- me'triqnes , que des sons confus. M.Savart, conservateur du cabinet de physique du College de France, dont les savans connaissent lesnouvelles recherches sur I'acoustique , a obtenu des sons tres-re'guliers en prenant, au lieu de disques de papier, des plaques metalliques. Cette nouvelle experience d'acoustique a e'te I'objet d'une Note lue par M. Arago , a r Academic royale des Sciences , le 3o avril 1827, et imprimee dans les ^ Annales de chimie et de physique , t. XXXV ,,p. i53. (■2) M. Cagniard-Latour avait depuis long-temps remarque sur I'instru- ment de son invention, qu'il a nonime' sirens , un mouvement compose', dont la vue de mes appareils lui a rappele le souvenir. Voici les circon- stances qui de'terminent ce mouvement : Soit EFGH Cfig. a, e'chelle 1/2), le disque en cuivre dune sirene , perce de vingt-quatre trous cylindriques, obliques par rapport au plan du disque, et dont les axes sont ranges sur un hyperboloide de revolution. Ce disque est visse au-dessous d'un cylindrcg^/j, auquel est adapte' un tuyau A BC, garni d'un robinet QR. Un fd me'tallique IK, perpendicu- laire au plan de ce disque et passant par son centre, est ilxe' par ses deux extre'raite's I et R; il traverse un second disque G'H' en papier ou carton, et passe parson centre. Une rondelle de liege G" H", qui glisse afrottement entre les deux montans LM, WO, determine la distance de la plaque E F G H et du disque G'H'. L'extremite R du fil I R est retenue par une epingle, dans I'epaisseur de la traverse LN soutenue par les deux mon- tans LM, WO. Tout e'tant ainsi dispose, on souffle en A dans le tuyau ARC; I'air souffle remplit le cylindre gh , et se divise en jets qui entrent dansTatmospherc. Lc disque G'H' est frappe obliquemcnt de haut en bas par chaque filet d'air. Ce choc le fait tourner sar le fil 1 K comme axe, et tend a I'e'carter de la plaque EFGH, au-dela du support G" H". Les molecules d'air qui frappent le disque, se meuvent dans le plan de ce disque, suivanf les tangentes d'une meme circonference; et , comme le disque tourne , elles sont animees dune force centrifuge qui se transmet au volume d'air compris entre le disque ct la plaque. Ce volume d'air en ( 171 ) KxpliiiUion de I'expt'rience. L'airestpousse de rembonchure A dutiibe (fig. 2) versi'orificeEde la plaque C D ; il frappe la partie du disque opposee a cet orifice , et la pression moyenne surcette partie du disque est plus grande que la pression atmospherique. L'air soufile prend la place de Fair com- pris entre la plaque et le disque qui lui est oppose ; il se meut dans cet intervalle avec une vitesse qui decroit a partir des bords de I'orifice ; la force eiastique de cet air decroit en meme temps de maniere que sa pression moyenne entre la plaque et la face interieure du disque devient moindre que la pression atmospherique; et conime cette derniere pression s'exerce sur toute la face exterieure du disque C D', ce disque , soumis a deux pressions contraires sur des faces opposees , obeit a la plus grande ; d'oi'i il suit que le disque C D' doit etre pousse vers la plaque CD (1). 11 n'est pas necessaire que le disque C' D' soit pres de I'orifice E du tuyau A E , pour que le choc de l'air soit modifie par la pression atmospherique. Soit C"D' CD (fig. 5) un vase de la forme d'une cymbale , mouvement eserce sur i'une des faces du disque de papier, une pression moyenne moindre que la pression atmospherique qui agit sur la face oppose'e. Cette derniere pression exterieure e'tant supe'rieure a la pression interieure oppose'e, il en resulte ce fait curieux de dynamique, que le disque tourne et s'eleve en tournant, vers la plaque, quoique son poids ft le choc de l'air tendent 4 I'e'carler de cette plaque. (1) Soit d la distance de la plaque CD (fig. 2) et du disque C D' ; K I'aire de la plaque ou du disque qu'on suppose de m^mo diaraetre ; h I'aire de I'orifice par Icquel l'air passe du tuyau dans I'espace compris entre la plaque et le disque ; p I'unite' de pression exerce'e par l'air qu'on souffle en A (fig. 2;, ou en A' (fig. 3), sur la portion E' du disque, oppose'e h I'orifice E de la plaque , portion dont I'aire est A ; p' I'unite' de pression moyenne exerce'e par l'air souffle sur l;i portion du disque , dont la surface est R — k; P la pression atmosphe'rique sur I'unite de suiface ; le disque CD', qu'on suppose inflexible, sera, abstraction faite de son poids, soumis ;i deux pressions , I'une exte'rieure egale a K P . <[ui tend a le rapprocher dc la plaque CD; I'autre interieure qui lend a I'ecarter do ( '7= ) rompose (fun rylindre (.reiix C DG Fetd'un boidplat en couromie dont la largeiir est C" F ou G D". Ayant adapte siir Ic ibnd CD uii tuyau AE qui com re roiifice E dii diainetie 3 millimetres, on souffle en A contre un disque C It' voisin du bord plat C" D", et ce disque est pousse vers roiifice E. Le vase et le tuyau sont representos (fi^^. 5) a moitie de leur grandeur naturelle ; le poids du disque, augniente de celui des corps attachees en P , equivaut a 12 grammes environ; ce poids est la mesure de la pression qui resulte d'un souffle ordinaire en A, a I'ex- tremite superieure du tuyau AE. Lorsqu'on a souffle a plusieurs reprises sur le disque C D', ce disque se couvre d'humidite , et on y distingue a I'ceilles sillons des filets d'air qui sont diriges suivant des rayons, et qui aboutissent a une petite circonference a tres-peu pres de meme diam^tre que rorifice E. Le disque CD' ayant 54 millimetres de diametrc , la pression de I'atmosph^re sur ce disque equivaut a un poids de aS kilogrammes ; cette plaque, et qui se compose de deux pressions exprinities rospectivement par hp etpar (K — A)p'. Si la premiere pression est jilus grande que la seconde , on aura : KP > hp-^p' (K—h), ou R [P—p') > k[p~p') (i;. Toutes les circonstances du mouvement lie Fair dans I'espace compris cntre la plaque et le disque , dependent des relations entre les six quan- tite's d, K, h, p, p', P, qui entrent dans rine'f;alite (1). Quelle que soil cette relation , cette inegalite doit etre satisfaite , pour que I'effet du choc de I'dir contre le disque oppose a la plaque soit aflaibli par la pression atmospherique. Supposons que I'aire k de I'oriOce soit tres-pelite par rap])ort a I'aire R du disque , et que le tluide aerif'orme qui sort par I'orifice E soit beaucoup plus coraprime que I'air atmospherique ; dans cette hypothese, la pression p sera plus grande , et la pression p' plus petite que la pression atmosphe- rique P. La tpiantite' A (p — p' , , qui forme le second membre de I'ine'ga- lite(i) deviendra aussi petite qu'on voudra , par la redu<-ti peu transparent dans la partie mouillee , on distingue a I'oeil I'ou- vrrtuie K de la plaque . et pendant qii'on soullle eu A , Ui parlie ( .76 ) nionilKe so f;onflc du dedans en dehors, vis-a-vis I'ouverturo L, et conserve cette courbure ; le reste du disque freniit, et on en- tend un bruit de sifllenient on de fremissenient. En soudlant avec plus de I'orce , le choc de I'air rcmporte snr la pression atmosphe- rique, et ce disque de papier s'envole. Ces phenomcnes deviennent plus sensibles sur un disque de papier d'un grand diametre. J'ai pose sur la plaque metallique du diametre 1 24 uAillimetres , soudce a I'extremite de la tuyere du soufllet d'appartement, un disque de papier gris, un peu epais et humecte; faisant jouer le soufflet, le disque s'enfle comme dans I'experience precedcnte , vis-u-yis I'ori- fice; il se deprimc a une ccrtaine distance de cet oriGce; et se de- tache des bords de la plaque pour donner passage a I'air. La de- pression forme momentanement la communication de I'air entre le centre et les bords de la plaque; I'air dont I'ecoulement est in- terrompu atigmente en force elastique et s'ouvre un nouveau pas- sage. La depression et les inflexions precedentes du disque de papier se renoiiYellent ; ce qui produit des sons irreguliers tres-intenses qui se melent a ceux de la plaque metallique. Du moin'ement d'un liquide entre deux surfact^s , conipore an wom'einenl d'unfluuie aeriforme entre les menies surfaces. Les mouvemens d'un fluide aeriforme et d'un liquide que nous comparons, ont lieu entre deux surfaces S, S' assez rapprochees ■■ pour que I'air atmospherique ne penetre pas dans I'espace compris entre ces deux surfaces. Lorsque le fluide aeriforme contenu dans nn\nse, passe sous unc pression donnee dans cet espace, il le remplit par son expansibihte, et il entre dans I'atmosphere par une zone qui a pour limite les bords des deux surfaces S, S', ou de I'une d'elles seulement. Le perimetre de cette zone etant plus grand que celui de I'orifice prati(jue sur la surface S, par lequel le fluide sort du vase qui le contient, il s'cnsuit (|ue la vitesse du flnide est de- croissante dopuis I'orifice jusqu'aux bords de la zone d'ecoulement dans I'atmosphere, et comme le fluide en mouvement remplit tout I'espace compris entre la zone et I'orifice , il perd une partie assez considerable de la force elastique qu'il avait dans I'interieur du vase, pour que sa pression moyenne contre la surface S' soil moindre que la pression atmospherique. L'expansihilito du fluide n'est pas un I ■ ( '77 ) clement necessaire tie la difference des pressions exereees sur les cotes opposes de la surface S'. En substituant au fluide aeriformc un liqiiide, I'adherence du liquide aux surfaces S, S' tient lieu de I'expansibiiite. Ces surfaces etant sufTisamment rapprocliees , Pair atmospheriqiie ne s'introduit pas dans I'espace qui les separe ; le liquide rcmplit cet espace, d'ou il sort pour entrer dans I'atmo- sphere. La vitesse du liquide decroit comme pour le fluide aeri- forme, depuis I'orifice pratique sur la surface S jusqu'aux bords de la surface S', et la pression moyenne que le liquide exerce a I'inte- rieur sur un cote de la surface S' est moindre que la pression at- ijiospherique sur le cote oppose. Experience. J'ai reuni deux vases V, V (fig. 7) par un tuyau TT' de 3 cen- timetres de diametre et de 5 metres environ en longueur. Sur le fond C D du vase infeiieur V est une plaque CD, au centre de la- quelle est un orifice circulaire E. Pendant que I'eau sortait par cet orifice, on a presente a plusieurs distances de la plaque un disque CD' charge d'uue masse P, qu'on a determinee pour cliaque di- stance, de maniere que le poids total fit equilibre a la difference des pressions sur les faces opposees du disque. Ayant fait varier les surfaces de la plaque et du disque, j'ai reconnu que la plus grande difference ne correspondait pas aux surfaces planes, et qu'il etait necessaire d'entreprendre une seric d'experiences pour resoudre la question suivante : « Lorsqu'un liquide s'ecoule sous une pression « donnee entre deux surfaces tres-rapprochees, quelle est la pression « exercee par le liquide en chaque point de I'une ou I'autre sur- « face. » Le resultat de ces experiences sera le sujet d'un autre ar- ticle. ( '7« ) DEUXIEME PARTIE. DE l'etat de Suspension d'vne plaque hbre, exposes d'un cote All CHOC d'uNE YEINE FLUIDE ET DU COTE OPPOSE A LA PRESSION ATMOSPHERIQIJE. Je me suis propose d'examiiier les phenomenes que presente recoulement d'lin liquide qui, sortant d'lin vase par un orifice, vient choquer la surface d'une plaque tres-voisine de cet orifice. Ces recherches font suite A celles qui se trouvent consignees dans la premiere parlie de ce memoire , et d"oQ il rosulte, qu'en designant par S la surface cxterieuie du vase qui contient Ic fluide aerii'orme, dont recoulement se fuit sous une pression con- stante par un orifice pratique sur cette surface, et nommant S' la surface d'une plaque Qpposee a I'orifice ct abandonnec a son propre poids , 1° la forme et la position de la plaque, sa distance a I'ori- fice, et la pression de {'atmosphere influent sensiblenient sur les phenomenes d'ecoulement et sur l'etat de suspension de la plaque; 3° cette influence provient principalement de cc que le fluide elas- tique qui sort du vase par I'orifice de la surl'ace S , pour occuper I'espace compris entre cette surface et le bord interieur de la sur- face S' qui lui est opposee , se dilate dans cet cspace , avant de se repandre dans ratmosphcre ; 5° I'air almospherique tend a penetrer dans cet espace pendant I'ecoulement du fluide elastique; 4" I-'i Vitesse d'ecoulement diminuant et la distance de la surface S' a I'orifice de la surface S augmentant, il y a un instant pour lequel I'air atmospherique penetre I'espace compris entre les surfaces S ct S' ; et alors I'ttat de suspension de la plaque cesse ; cette plaque tombe par son propre poids , et I'ecoulement du fluide elastique dans I'air atmospherique se fail directement par I'orifice de la sur- face S. Des phenomenes semblables se manifestent lorsqu'on substitue un liquide au fluide aeriforme, et je me suis assure que I'elasticite ct la dilatation du fluide ne sent pas necessaires pour la production des phenomenes de ce genre. L'appareil d'ecoulement etant le meine pour le liquide que pour le fluide aeriforme, on suppose que le liquide sort d'un vase sous une pression constante ou variable par un orifice en mince parol, pratique sur la parol d'un vase terniine ( ^79) par la surface S, ct que lu veine fluide vient choquer la surface S d'nne plaijue opposee a I'orifice et abandonnee a son propre poids ; I'objet de cette seconde pOTlie dn meuioiie est d'examiiier toutcs les circonsfaiues de I'etal de suspension de la plaque, en faisant varier la forme et la position dc cctte plaque. On sail que I'adlierence de I'eau sur elle-meme est d'environ deux grammes par renlimt'tre carre [ Experience de M. Gny-Lussac , t. IV de la Mecaiiique celeste de Laplace , supplement , p. 58); faisant cooler de I'eau par rorifice de la surface S, et cette eau remplissant I'espace compris entre cette surface et celle dc la plaque libre qui recoit le choc de la veine fluide, I'etat de suspension de celte plaque cesse, aussitot que I'eau n'adhcre plus aux surfaces opposees S et S'. Ainsi, I'erartement de ces deux surfaces a une limite, et , comme dans nos experiences sur recoulenicnt par les ajutages , cette limite est determinee par la condition que le liquide ne cesse pas d'adherer aux surfaces oppnsees du vase et de la plaque. ( Voyez le Rapport de MM. Poissnn t-l Caitchy , dans man I'laitedes Machines, edition 1828, pages 85- 102. ) PREPARATION DES EXPERIENCES. ( Ces experiences ont ettifaites en aoiit 1827. ) Dn toiineau AB (fig. 1, echelle 7/100, pi. 12 ), de la capacite d'environ 120 Hires, est pose sur I'appui d'une croisee, au pre- mier elage d'une maison entre cour et jardin. Sur la partie A A' du fond dccetonncau, en saillie sur le mur donnant sur la cour on avait adapte une plaque IK ( fig. -ia et ia' , echelle 2/5) a orifice circulaire. Cette placjue est representee en coupe (fig. 2«'); elle porte une rondelle cylindrique en cuivre Irti , de meme diametre interieur que rorifice, et taillee exterieurement en filets de vis. Un premier tuyau de fer-blanc LL (fig. 1), d'environ 2 metres en longueur, et du diametre interieur 55 millimetres , est termine par deux rondelles en cuivre, dont I'une a ecrou de vis sur la ron- delle Im (fig. ia') de la plaque IK. Un second tuyau de fer-blanc semblable au premier s'y ajoute au moyen d'une rondelle a ecrou. On voit (fig. 3) les deux bouts de chaque tuyau, I'ccrou Im de la rondelle supcrieure, et la vis V ni' de la rondelle inferieure. Le tonneau (fig. 1 ) etant rempli. I'eau y est retcnue par la soupape ( i8o ) a baignoire en cuivre, representee (fig. 2^/'). Cette soiipape a, comme uii robiiiet, une clefet mi barillet. Lc barillet esl unc piece rrense en cuivre n' b' d d (fig. 2 a'), cylindrique exterieurement , coniquc interieurement , et soudee a ime plaque PQ. Cettc plaque est attachee par dcs vis siir la face interioure du fond du tonneau, en sorte que la distance des deux plaques PQ (fig. 2 a'), IK (fig. 7.(1) est egale a I'epaisseur de ce fond qui les separe; la clef de la soupape est un cone tronque plein efg h ( fig. 20'), de menie forme que le creux o' l» c' d' du barillet. La tigc cyiindrique S R de la clef glisse dans un canon N fixe au centre d'une bride soudee sur le bord exterieur du barillet. La clef sort du barillet et s'elevc au-dessus de la plaque PQ au moyen d'un fil 00' attache en C, sur leprolongement de latigeRSO. Les deux plaques P Q , IR qu'on voit separees (fig. 2^-' et 2«) , sont rapprochees en J g (fig. 1 ) , et raises dans la position qui convient au jeii de la sou- pape. Le barillet a' b' c' d' ( fig. 2 «') et la bride cd c'd' traversent le fond en bois du tonneau, et se logent dans I'interieur de la ron- delle Im. Lorsque le creux du barillet de la soupape n'est pas rem- pli par la clef, le fil O O' (fig. 1 ) arrete a son extremite superieure supporte cette clef, qui retombe d'ellc-meme dans le barillet lorsque le fil n'est plus retenu par I'arret. Lu soupape etant ferniee , sa tige SR (fig. 2 a') se prolonge au-dela du fond du tonneau dans I'interieur de la rondelie Im , el du tuyau de fer-blanc visse sur cette rondelle. tJn tube vertical en verre EDc? (fig- 1 )' ouvert par les deux bouts, communique par la petite branche horizontale Md avec I'in- terieur du tonneau , et indique le niveau de I'eau. tin autre tube xj horizontal, egalement ouvert par les deux bouts, sert de deversoir pour maintenir I'eau a un niveau constant. A I'extremite du dernier tuyau de fer-blanc, qui est termine par une vis telle que L' (fig. 1 ), on adapte la piece de cuivre ABC D (fig- 4). ., „ Des deux ecrous tailles snr les bouts de cette piece , 1 un entre dans la vis L' du tuyau, et I'autre recoit des plaques de diverses formes, au centre desquelles se trouve un orifice du diametre de 3 ou 4 millimetres. On pose dans I'interieur tin renflemcnt E H , une passoire ou passette efg h , a rebord vertical , dont le fond /' h' (fig. 5), perce de petits trous , laisse passer I'eau et retieiit les corps etrangers. ( '8' ) La distance du bord superieiir du tonneau (fig. i ) , a rexlremitc dc la coiuluite en tiiyaux de fer-blanc, est d'environ 4 metres i/a. Premiere experience. Disposition de Vappareil. — Fait principal. On visse sur I'ecrou inferieur de la piece de cuivre ( fig. 4) » I'une des deux plaques (fig. 6, fig. 6'), representees en plan et en eleva- tion ; au centre de chacune , est un orifice en mince paroi, du diainetre de trois millimetres. Pour former la mince paroi , on a creuse la plaque interieurement suivant le contour ef (fig. 6, fig. 6' , elevation). Sur le bord ah de cette plaque est une ron- delle de cuivre qui se visse sur le bord inferieur de I'ecrou (fig. 4)- La clef (fig. 7 ) , sert a rapprocher la plaque ( fig. 6 , ou fig. 6' ) de I'ecrou (fig. 4^ ; on fait entrer les pojntes en saillie g',h' de cette clef dans les trous g, h pratiques dans I'epaisseur de la plaque (fig. 6, 6), pour faire tourner cette plaque sur I'ecrou. Ayant visse la piece CDABa/^ (fig. [\) , a I'extremite inferieure L' des tujaux de fer-blanc (fig. i ), on bouche momentanement I'orifice c ( fig. 4 ) avec le doigtou avecune pelite chevillc en bois, et on leve ( fig. -la') la soupape efgh; les tuyaux s'emplissent , et on entretient le niveau de I'eau dans le tonneau, a la hauteur du deversoir xj-. Pendant que I'eau s'ecoule par I'orifice c (fig. 4) transporte fig. i, on presente a net orifice un disque plein en bois cd, c' d' (fig. 8) , de meme diametre que la plaque ab (fig. 4)? en ayant soin de faire glisser le disque contre la plaque, pour les mettre en contact parfait. Abandonnant ce disque a son propre poids, qui est de i8 graunnes, I'eau s'ecoule cntre le disque et la plaque, d'abord avec une Vitesse tres-pelite , ensuite avec la vitesse due a la hauteur de Lt coloQue d'eau, modifiee par I'adherence du liquide aux surfaces planes du disque et de la plaque , et par la pression atmospherique, Chaque point de la face du disque qui recoit le choc de I'eau, eprouve une pression , mais la somnie des pressions interieures qui proviennent du choc du liquide , est moindre que la somme des pressions exercees par I'atmosphere sur la face opposee , car le disque reste suspendu a une distance deteraiinee de la plaque , lant que I'ecoulement aura lieu sous la meme pression. .Si le ni- i(!au do I'eau baisse dans le tonneau et ensuite dans le liiyau, il y ( l82 ) aura un instant oCi le disque par son poids s'ecaitcra ct se detachcra de In plaque; mais en conservant le niveau primitif, il faudra aug- menter le poids dn disque pour obtenir cet ccartement ; I'expe- rience suivanle a pour objet de mcsurer I'augmentation de poids, necessaire pour detacher le disque de la plaque. Dehxieme experience. On ferme la piece en cuivre (fig. l\), par une plaque ab du dia- metre de 56 millimetres, au centre de laquclle est un orifice du diamtJtre de 4 millimetres. Le disque de meme diamctrc qui doit etre oppose a la plaque pendant I'ecoulement du liquide, est repre- sente (fig. 9) en plan et en elevation. Ce disque et ses bords cy- lindriques forment un couverclc de boite, qui porte un eliier en cuivre a b cd, fixe sur le revers du disque. Cet etrier sert de support aux masses dont on charge le disque. La piece (fig. 4), etant mise au bout L' des tuyaux (fig. 1), la distance du niveau superieur x r de I'eau au-dessus de rorifiec c de la plaque ab (fig. 4)j ^st de 4""j445. La plaque ab (fig. 4), etant a I'extremite inferieure de la con- duite (fig. 1), on a fait couler I'eau par I'orifice au centre de cette plaque; mais auparavant, on a applique le disque (fig. 9), contrela plaque, en la soutenant par le doigt; puis I'abandonnant peu a peu ;i lui-meme, la vitesse d'ecoulcment augmcnte par degres insensi- bles; le liquide adhere aux faces opposees de la plaque et du disque, et le disque se place de lui-meme a une petite distance de la plaque, qui ne change pas sensiblement, tant que la vitesse d'ecoulcment reste constante. Le poids du disque et de son etrier est de 49 grammes; on a augmente successivementce poids pendant I'ecoulement du liquide, afin de connaitre celui qui etait capable de rompre I'etat de suspen- sion du disque; cette augmentation a ete portee a 1 16 grammes, et uiic masse totale de i65 grammes restait encore suspendue , pen- dant que I'eau coulait entre la plaque et le disque , avcc la vitesse due a la hauteur de la chute et a toutes les autres circonstances de son mouvement. Rewarcjues sur celle experience. \. 11 est curieuxde voir un disque du poids de 1 65 grammes souuiis ( >85 ) an choc d'une colonnc d'eau de 444 centimetres de hauteur, con- server I'etat d'equilibre ou de suspension, en vertu d'une prcssion qui paraitrait devoir ctre plus grande au-dessus qu'en dessous du disque, mais qui est effectivement nioindresur la facemouillee par un liquide en niouvement que sur la face opposee. Cette inegalite de pression provient de ce que la colonne d'eau se compose de fdets (jui s'inflcchissent a I'orifice de la plaque pour se mouvoir presque parallelement. Les pressions de ces filets sur le disque, et le poids de ce disque font equilibre a la difference des pressions exercees sur les faces opposees du disque. La colonne d'eau qui a pour base un orifice de 4 millimetres de diametre et une hauteur de 444 centi- metres pese environ 56 grammes. Prenant comme Lagrange (Voyez les Mt'moires de I'm in, aunee 1784), le double de ce poids ou J 12 grammes pour la mesure du choc de la colonne entiere sur la face mouillee du disque, le poids a maintenir en equilibre sera de 112 -j- i65 grammes, poids de la masse du disque, ou 277 grammes. L'aire de la face du disque non mouillee ctant de 24,^ centimetres carres , la pression exercee contre cette face par unc colonne d'eau haute d'environ 1 1 centimetres, ferait equilibre a la pression opposee de 177 grammes. Mais la hauteui' de la colonne d'eau qui mesure la pression totale de I'atmospliere est 1 026 centi- metres; done en admettant la regie de Lagrange , il suflirait que les pressions en dessous et en dessus du disque differassent seulement d'un gS"" de la pression totale atmospherique, pour que ce disque conservat I'etat d'equilibre ou de suspension. II. Tout ce que nous avons observe sur I'ecoulement des liquides par les ajutages cylindriques et coniques (Voyez mon Traile des machines, edit'io'i 1828, page 90 ) , s'applique egalement a I'ecou- lement entre deux plaques tres-rapprochees. Dans I'experience pre- cedente, la distance entre le niveau de I'eau et I'orifice d'ecoule- ment, est de 444 centimetres, mais en augmentant cette distance et la portant a 20 metres, par exeniple, la vitesse de I'eau detruirait I'adherencedece liquide aux faces opposees de la plaque et du disque, et alors I'etat de suspension du disque cesscrait lorsque I'eau sort par I'orifice de la plaque avec la vitesse qui resnlte de la chute 444 centimetres. II serait inutile de presenter le disque a la veinc fluide, meme a une tres-petite distance de la plaque, pour quil premie I'etat d'equilibre; ilfaut d'abord appliqucrle di^^que contre la plaque ( >84) puur dolruire la vitesse acquise, et pour obtenir, sous une vitesse nuissantc, le nouvcau mode d'ecoulemeut entre la plaque fixe et le disquc abandonne a son proprc poids. Troisieme experience. Dans cette experience, j'ai tenu compte de la quantite d'eau ecoulee et du temps de I'ecoulement, avec et sans disque oppose u I'orifice de la plaque. Tout est dispose (fig. i), comme pour I'expericnce deuxiemc. L'orifice de la plaque qui termine les tuyaux de conduite est du diametre 4 miHimeti'es ; on lui oppose pendant I'ecoulement, le disque de la fig. 9, dont le poids total est reduit a gi) grammes, i L'echelle du tube DE (fig. 1 ) , est divisee en centimetres, et le zero de rechelle correspond au niveau du tube deversoir xy. Les tuyaux de couduite etant pleins d'eau, et ouvrant I'orifice de la ])laque, avant de lui opposer le disque de la fig. g, I'eau couie di- rcctement du tonneau dans Tair atmospherique, et le niveau de I'eau s'abaisse dans le tonneau de 7 centimetres , li compter du zero de I'echelie DE, eleve de 444 centimetres au-dessus du plan de I'orifice; cet abaissement te fait en 2 minutes 46 secondes,et la quantite d'eau ecoulee dans le meme temps a ete de 14 litres. Je ferai remarquer que oe volume d'eau ecoule est beaucoup plus petit que celui qui pourrait sortir d'un grand reservoir par un ori- fice circulaire de 4 millimetres de diametre , sous la pression d'une coloune d'eau de 444 cenlimetres ; les contractions et les tour- nnicmens de I'eau dans les tuyaux de conduite, detruisent une partie considerable de la vitesse theorique, due a la chute totale. Les memes causes qui altcrent cette vitesse, subsistent, lorsque I'ecoulement a lieu, entre la plaque et le disque qui lui est oppose; ainsi , les differences que nous observerons dans les memes circonstances avec et sans disque oppose, doivent ctre atlribuees a d'autres causes que la gravlte agissant librement sur im liquide. Ayant mis le disque (fig. g) du poids g6 grammes, en contact avec la plaque (]ui termine la conduite (fig. 1), et I'ayant aban- donnee a la double action de la pesanteur et de I'impulsion de I'eau , I'abaissement de 7 centimetres dans le tonneau, a compter du ni- ( i85 ) vuau elevc au dcssus de I'orifice de 44't centimetres, s'est lait eii 4' 37"- Substituant au disque de 96 grammes ( fig. 9) , le disque en bois de memc dianit'lre (fig. 8) , et du poids 18 grammes, lo temps de recoulement a etc pour le mCme abaisseincnt de niveau dans le tonneau, de 5 minutes. Repctant I'experience avec le disque en ciiivre (fig. 9) du poids 96 grammes, et laissant abaisser le niveau de I'eau dans le tonneau de la hauteur \erticale 444 centimetres a 44^ centimetres, le temps de I'abaissement a ete sans disque de 71'etavecle disque de 107". II resulte de ces experiences que la contraction de la veine fluide entrc deux plans, diminue tres-sensiblemcnt la quantite de liquide qui s'ecoiderait par I'oiifice, en tombant directement dans I'air at- mospheriqnc ; cette contraction depend principalement de la forme des plaques entre lesqucUes le liquide coule avant de tomber, comme on le verra parl'une des experiences suivantes. QCATRIEME EXPERIENCE. L'ecoulement du liquide ayant lieu sous une pression constante, entre deux plaques bien dressees, la distance des faces planes et op- posees de ces plaques est determinee par toutes les circonstances du mouvement du liquide ; elle ne varie pas pendant l'ecoulement, qui se fait comme si la plaque inferienre etait adlierente a la plaque supcrieure. L'experience suivanle a eu pour objet de faire voir conmient on peut ecartera volonte la plaque libre de la plaque flxe et par quel moyen on atteint la limite de la distance de ces deux plaques, en niaintenant I'etat de suspension de la premiere. J'aiprispour la plaque inferieure un disque en cuivre ab (fig. 10), plan vers le cote oppose a la plaque superieure, et portant sur Taulre cote trois ecroux et trois vis c, d, e. Chacuue de ces vis (fig. 1 1), est terminee par une aiguilleyg^ tres-fine, faisant tourner les trois vis (fig. 10) ; les aiguilles s'approchent du disque ah. le traversent et le depassent d'une quantite qu'on peut augmcnterou diminuer a volonte. Les saillies des pointes des trois aiguilles au- dessus de la face superieure du disque , mesurent la distance de ce disque a la plaque opposee. ( '86) Le diamctre du disque a b ( fig. lo) est de 56 millimetres, et son poids dc 53 grammes, vis et ecroux corapris. Les pointes des trois aiguilles etant a fleiir du disque, on I'applique (fig. i) sur la plaque qui termine la conduite LL'; faisant couler I'eaupar I'orifice de cette plaque, le disque aZ*reste suspendu comme dans les expe- riences precedentes. Pendant que I'eau coule, on tourne les vis; les pointes des aiguilles atteignent la plaque. Continuant atourner, le disque s'ecarte de la plaque, et tant que I'adherence du liquide aux faces opposees du disque et de la plaque subsists, le disque reste suspendu. Lorsque la saillie des pointes des aiguilles sur le disque est de plusieurs millimetres, on essaierait en vain de presenter le disque a la plaque, pour obtenir la suspension de ce disque, le choc de I'eau I'ecarterait ; mais si Ton met d'abord le disque en contact avec la plaque , I'eau en mouille les faces opposees ; elle adhere aux faces mouiliees, et cette adherence subsiste pendant qu'on tourne les trois vis qui font saiUir les pointes des aiguilles. Lorsque la saillie est as- sez grande pour que I'adherence cesse, I'air atmospherique s'intro- duit entre le disque et la plaque, et I'etat de suspension du disque est rompu. Le I'oids qu'il faut ajouter an disque pour I'ecartcr de la plaque et le faire tomber , varie avec la saillie des aiguilles , qui mesure la distance des deux plans entre lesquels I'eau coule. J'avais I'intention de determiner la relation qui existe entre I'ecartement des plaques et le poids du disque au moment de la rupture de son etat d'equi- libre; mais n'ayant pas a ma disposition unreservoir d'eau cou- rante, j'ai dQ abandonnerle projet des experiences qu'il aurait fallu faire pour trouver cette relation. Cl\Qt)lEME EXPERIENCE. Preparation. Dans les experiences precedentes, une plaque a b (fig. 4) etait vissee a I'exlremite de la piece de cuivre ABCD, et cette piece s'ajustait par une autre vis a I'extremite L' de la conduite (fig. i). Pom- I'experience suivante, on ote la plaque ab (fig. 4)? et on y subslitue une piece en cuivre (fig. 12). de la forme d'une cym- bale dont le profil est nhchih. Sur le fond horizontal ch de cette ( >87 ) pii-cc, sc trouvc I'orifice circulaire o par lequel Teaii s'ecoule eiitre la couronne ahih terniince par deux cercles concentriques, et un disque d k' ile menie diametrc que Ic plus grand cerile de la cou- ronne. L'ohjet de cctte experience elait de fnire varier Tespace que le liquide traverse depuis rorifice o jusqu'a la na])pe d'ecoulement dans I'air atinospherique. La piece (fig. 12) qui doit etre vissee a I'extreinite L' de lacon- duite (fig. 1), est representee en plan et en profil (fig. 12). Le plan sc compose de trois circonfurences concentriques des rayons oa,ob,oe; le profil suivaut la droite ak du plan est forme exte- rieurement par les droitcs ab,h c,cd,de, leurs paralleles respec- tives ki,ih, h£;,iif, et par I'liorizontale ef. La partie defg de ce profil est la projection d'un cylindre crcux taille en vis exterieure- ment. Le fond dg de ce cylindre, qui se prolonge en c et /«, est une plaque au centre de laquelle on a pratique un orifice o , pour recoulement de I'eau par la conduite de la fig. 1. La plaque ch est Ic fond d'un second cylindre chhi concentrique au premier erf/'g. Ce second cylindre est termine par une couronne de la largeur a b ou ik , qu'on voit sur le plan entre les deux circonferences des rayons oa,ob. On place yis-a-vis cette couronne un disque plein rt'A' du diametre a k'^=ak; I'eau de la conduite (fig. 1 ) emplit le cylin-dre creux efgd, sort par I'orifice o , emplit le second cylindre cbhi, et coule dans I'intervalle qui separe la couronne ak du disque a! A'. On Toit par cette description que la piece (fig. 12), est de la forme d'une cymbale qui est posee ii plat sur ses bords, et dont le fond porte un cylindre creux, visse, qui s'adapte a I'extremite de la conduite (fig. 1). Pour empecber le disque de glisser sur la cou- ronne de la plaque cymbale , on a soudc sur le cylindre c bh i, des lames de cuivrc paralleles, marquees n? sur le plan, de la largeur de la couronne, et dela bauteur r '} ou h i du cylindre. Des equerres marquees n sur ce plan , entreul a frottement dans I'intervalle des lames paralleles; les cotes verlicaux de ces equerres depasscnt la couronne, et parce qn'elles ont peu d'epaisseur, elles n'erape- chent pas I'eau de couler entr^ la couronne et le disque, et elles en alterent peu le mouvement. Afin d'augmenter le poids du disque pendant que I'eau coule, on a donnc a cc disfjue en ciiivre. la forme d'lm couvcrrle de boite uii/rti, deuiitme edit. 1816, pag. i'.;. La premiere e'dit'^ est de 1-86. , ( «9<> ) sur line echelle plus grandc, et le resultat (liflt-re pen ilc ccliii qui vient d'etre eiionce. Soil cdyo" (fig'. i3) uii cylindre creux en tole de oviivre , dont la base inferieure porte trois petits mon- tans paralleles i , 2, 3 fixes sur una plaque de cnivre ab, a\i centre de laquelle est un trou cy!in tlont la partie superieure porte un ecrou fee' d', et qui est terniine iuferieurement par une plaque a' b' ^ au centre de laquelle est un trou cylindrique de niTme diametre ( 4 millimetres ) que sur la plaque ab (fig. i3). Une piece p> q' I'l s ( fig. 14 ) de meme grandeur et de meme epaisseur que I'en- taillc VQ rs (fig. i3) est soudee en saillie sur le cylindre c'd'a' b. Lorsque ce cylindre estemboite dans le premier (fig. i3), Tentaille pqrs (fig. i3) pent glisser sur la piece fixe/V^'r'*' (fig. 14), et les divisions tracees sur le bord de cette piece et de I'entaille mar- quent exactement la distance de la plaque fixe a b' (fig. 14), et de la plaque parallele a b qui est mobile avec les tuyaux coudes mn m'n' et xjz (fig. i3), adherens a cette plaque. Apres avoir mis les deux plaques a b, a' b' (fig. 14) a une distance determinee, on fixe le second cylindre exterieur sur I'interieur, au moyen d'une vis VV (fig. i4) qui traverse la fente uu< (fig. i3) du cyhndre exterieur , et qui entre dans un ecrou V place sur I'epais- seur du cylindre inlerieur. La tete de la vis est garnie de cuir gras pour empecher le liquide de sortir par I'ecrou V. L'appareil etant ainsi dispose, on visse I'ecrou /g^ (fig. i4) ;'' I'extrennte L' du tuyau LL' (fig. i ) , et on met les deux plaques a/^, a> b' (fig. 14) en contact; alors les divisions zero de I'entaille (fig. i3) du cy- lindre exterieur, et de la piece (fig. i4) en sailUe sur le cylindre iiiterieur coincident, et les orifices des plaques sont vis-a-vis I'un [ '9' ) lie raiilro , lie sorte qu'eii tirant le (il OO' ( lig. i ) ile la soupape fg, I'appareil (fig. i3 mi i^), et le tuyaii jz piolonge i la hauleur ilu niveau siipt-rieur de Teaii dans le tonneau AB (fig. i ), s'emplissent. Desserrant la vis V" (fig. 14)) on fait glisscr le cy- lindre exterieur sur rinteiieiir, la plaque ab s'ecarte du disque fixe ai Ij' , et on observe pour clia(|ue distance de la plaque et du disque la hauteur du niveau de lean, et dans le tonneau AB ( fig. I ), et dans le tuyau jz (fig. i5) prolonge. Voici le resultat de robservation : Experience. La distance des deux disques ad, a' b ( fig. 14 ) etant d'un mil- limetre, et le niveau de I'eau au-dessus du premier disque de 426 centimetres, I'eau coidait cntre les deux disques, et elle s'est eic- vee dans le tuyau r s >' u» niveau qui etait au-dessous du pre- mier, de 19 centimetres 1/2. Ayant augmente progressivement la distance des disques , la difference des niveaux dans le tonneau et ('ans le tuyau iz etait, pour la distance un centimetre des dis- ques, de 22 centimetres 1/2. Dans cette experience, le tonneau (fig. i ) , et le tuyau ?z (fig. 10) sont les deux branches d'un siphon interrompu entre les deux disques ab,a' b (fig. i4) \ d'apres la proposition de Dubuat, I'eau aurait du se tenir pendant i'ecoulement au meme niveau, et dans le tonneau et dans le tuyau jz; mais le niveau dans ce tuyau a ete au-dessous du niveau dans le tonneau, de ig 1/2 et 22 1/2 cen- timetres; cette difference est environ le 30' de la hauteur du li- quide au-dessus de Torifice du disque ab (fig. i(\); elle aurait ( crtainement augmente avec la distance des deux disques , que la disposition de I'appareil n'a pas permis de porter au-dela d'un cen- timetre. 3Iais la hauteur du liquide au-dessus de I'orifice ab n'etait pas la hauteur generatrice de la vitesse du fluide a cet orifice, a cause des frottemens et des tournoiemens du liquide avant qu'il arrive a I'orifice; en sorte que le resultat trouve par Dubuat me parait tres-pres de la verite, et on peut aflTirmer que la pression sup- portee par une plaque qui est a une petite distance de rorifice d'une veine fluide , et qui recoit le choc de cette veiue sur une surface directement opposee a la veine, et de meme diametre qu'elle , ne differe pas sensiblement de la pression qui aurait lieu, si la veine ( »92 ) fluifle se chnngeait en une colonne cylinilrique immobile , dont la hauteur sernit due a la vitcsse dii liqiiide. Lagrange a fait une hy- pothesc [Mewoires de V Academic de Turin, an?ide 1784), pour cakuler la prcssion d'une vcine fluide siir une plaque qui est d'un plus grand diamelre que celui de la veine, ct qui en recoit le choc direct ou oblique; il admet comme un element de son calcul, que la veine fluide d'abord cylindrique devient, pres de la plaque, un solide de revolution termine par une portion de la sphere, tangente a la surface cylindrique et a la plaque qui recoit le choc. II arrive, comme Daniel Bernonilli {Anciens Commenlaires de Pttersbourg, niuiee i '-56; , a ce resultat : que dans le choc direct d'une veine fluide cylindrique et verlicale , centre un plan horizontal, et lorsque son effet est le ]dus grand , ce qui a lieu quand le plan est assez large pour que toutes lesparticules du fluide soient contraintes d'en suivre la direction en la quittant, Taction contre le plan est egale au poids d'une colonne du fluide de la meme grosseur que la vcine, et d'une longueur double de celle d'ou un corps pesant devrait tomber, pour acquerir la vitesse du fluide. Rrafl't en lySG, I'abbc Bossut en 1786, on tfait des experiences pour verifier ce resultat de calcul. Bossut a trouve qu'il etait exact a un dixieme pres ; mais on voit que la proposition, telle qu'elle est enoncee par Lagrange, est trop "-enerale, pi.isqu'elle est independante de la distance de I'ori- fice de la veine fluide au plan qui recoit le choc de ce fluide, ce qui est contraire a notre experience qui fait voir que la pression sur le plan varie avec cette distance. Du son produit pendant Vecoulemenl d'un liquide entre un discjue nwlallique fixe, et un second disque oppose soumis a la double action du liquide et de V atmosphere. En faisant les experiences sur I'ecoulement desgaz entre des dis- ques tres-rapprochcs(p. 168), j'avais observe que si le disque expose k un courant d'air etait un pen elastique , ou produisait un bruit que j'altribuais aux battemens successifs de ce disque contre I'air qui s'ecoulait entre les deux disques. M. Savart a examine les cir- ton stances qui accompagnent ou qui determinent la production du son dans cette circonstance ( voyez sa note citee, p. 170 ); il a trouve que les sons obteuus etaient produits par les vibrations des ( '93 ) ' disques cux-mt-mes. J'iguore si ccttc explication pourra s'appliquer a la production du son que j'ai obtenu , en substituanl un liquide a I'air qui s'ecoulait entie les Jeux disques. Experience. J'ai visse a I'extremite L' du tuyau LL' (fig. i) le ('isque me- tallique (fig. 6') a orifice de 4 millimetres de diametre ( decrit pag. i8i ). La hauteur primitive du niveau de I'eau au-dessus du disque metallique fixe etant de 444 centimetres, on a laisse couler i'eau par I'orifice iibre , et le niveau s'est abaisse de 5 centimetres en 2' 5". Fermant i'orifice avec le doigt, et mettantun second disque nittallique et plan vis-a-vis le premier, j'obtenais quelquefois des sous tres-reguliers, mais le plus souvent le liquide s'ecoulait entre les deux disques , sans qu'il j eut production de sons. J'ai substitue au second disque metallique, un disque en bois (fig. i5) legere- m«nt convexe en dehors, et je I'ai presente vis-a-vis le disque metallique fixe; a cause de la convexile , les bords ^es deux dis- ques elaient plus ecartes, et dans cette circonstance on obtenait constamment un son regulier qui etait renforce par les vibrations des corps environnans. Obskbvation. Cette derniere experience prouve qu'un disque sourais a la triple action du choc d'une veine fluide, de la pression atmospherique, et de I'adhercnce du fluide sur lui-niCme, pent conserver I'etat de suspension , et neanmoins s'ecarter sensiblement de I'etat d'cqui- libre. Le son qu'on obtient ne peut provenir que des vibrations du disque, ou des battemens successifs de ce disque contre Pair atmospherique ; dans les deux hypotheses, le disque conservant I'etat de suspension, aurait un mouvement periodique, dont la duree se- rait constante ; et puisque nous avons prouve ( experience 4', fig. 10 et 11) que I'etat de suspension pouvait subsister pour toutes les distances du disque mobile au disque fixe , comprises dans une certaine limite , il suifit done pour la production du son, que le disque mobile ne sorte pas de cette limite. M. Savart a I'intention d'examiner les phenomenes d'acnustique qui se manifestenl dans ce nonveau mode d'rbranlement des corps vibrans. 4- i5 ( '94 THEORIE PHYSIQUE DE LA COMMUNICATION DU MOUVEMENT A DISTANCE, ET EN PARTICtLIER Dt' MAGNETISME EN MOUVEMENT OH PAR ROTATION; PAR M. Saigey ( Suite '!e la page l\o de ce voliii?ie. ) IIP Partie. Loi des vitesses. Dans la seconde partie de ce memoire , il a ete deniontre que Taction mntuelle d'un point magnetique et d'une particule metal- liqiie, est en raison inverse de la quatrieme puissance de la distance. Cette troisieme partie est deslinee a etablir la loi qui regie la menie action, quand on ne fait varior que la vitesse. Pour proceder avec methode , nous supposerons d'abord que la particdle, qui est de cuivre par exemple, soit maintenuc en repos, et que le point magnetique se meuve dans une direction queloonque, avec une vitesse constante. mais seulement durant un intervalle de temps tres-conrt, afin qu'on puisse admettre que sa distance a la particule de cuivre ne varie pas d'une maniere sensible. De plus, nousadmettrons que Taction qui s'exerce entre ces deux elemens est instantanee, c'est-ii-dire qu'elle commence et finit avec le mouve- ment, dont elle suit exactemcnt toutes les phases. Alors il est evident que cette action ralentirait la vitesse du point magnetique, si Ton n'avait pas soin de la conserver, uni forme, et meltrait la particule de cuivre en mouvement, si on ne la mainte- nait pas en place; et que, quelles que fussent la direction et Tin- tensite de la vitesse du premier point, la quantite de mouvement qu'ilperdrait achaque instant, c'est-a-dire sa masse multipliee par sa perte de vitesse , serait egale a la quantite de mouvement qu'ac- querrait la particule de cuivre, c'est-a-dire a sa masse multipliee par sa vitesse acquise. Cette perte et ce gain auraient des signes difl'erens ; de telle maniere que le centre de gravite des deux elenieus ( ^9^ ) ne changerail pas de position , conime il doit arriver pour toute ac- tion reciproquc. Done, si Ton vcut conserver au [)oint magnetique une vitesse constante, et a la parlicule de cuivre son immobilite , il sera neces- saire d'ap])liqnt'r aii premier, et dans une certaine direction, une force constante , qui repare a cha([ne instant la perle que fait eprou- ver a ce point Taction de la particule de cuivre ; et d'appliquer a celle-ci la meme force dans une direction contraire, pour detruire a chaque instant I'impulsion que lui communiquerait le point magnetique. La direction de cette force ne nous est pas encore connue ; mais nous pouvons ne considerer que la coniposante dans le sens du rnouvement, laquelle croitra nccessairenient dans le meme rapport que la force totale. II est clair que cette composante sera une fonc- tion de la vitesge ; et c'est cette fonction qu'il s'agit maintenant de determiner. Huitieme experience. A cet effet , nous reprendrons I'appareil de la cinquieme experience (page Sa de ce tome) , et qui est re- prescnte par la figure 5 de la planche I, du tome III. On y voit les deux petites plaques de cuivre m et w', suspendues par des fils de soie, de telle maniere que leiirs milieux soient dans les verticales des poles de Taiguille a b. Cette aiguille est la meme qui a servi a faire \& premiere experience (page 25) ; elle n'a qu'un demi-millimetre d'epaisseur; sa face inferieure est a o,568 millimetre de la face su- perieure des plaques , et I'horizontalite de toutes est etablie avec beaucoup de soin. Cela pose, on ecarte I'aiguille jusqu'a 90 degres de son meri- dien; puis on la laisse osciller jusqu'a ce qu'elle soit revenue a une demi-amplitude de 10 degres. On note les nombres d'oscillations qu'elle execute pour arriver successivement a 80, a 70, a 60, etc. degres; mais, comme elle ne fait pas, en general, un nombre exact d'oscillations , de I'une a I'autre de ces demi-amplitudes , il est ne- cessaire d'estimer les fractions d'oscillation. On note les positions qu'elle prend a la fin de sa course, immediatement avant et imme- diatement apres son passage a la division que Ton considere ; puis on determine I'instant de ce passage par une regie de proportion , ou par le mo3en d'un trace grapbique. C'est ainsi qu'on peut estimer les dixii-mes d'oscillation, avec beaucoup de facilite, ( >96 J pour Ics {iiaiides amplitudes , vu que cellcs-ci decroissent tres-ra- pidement. A thaquc oscillation, les poles de raiguille, que nous conside- rons conime deux points niagnetiques , passent devant les petites plaques de cuivre, que nous regardons conime deux particules de ce metal; ct, a chaeun de ces passages, raiguille fait une pertede vitesse; tellement que, ces pertcs s'accumulant, raiguille arrive d'une amplitude iniliale a une amplitude finale, en moins d'oscilla- tions qu'elle n'en eflt f lit hors de la presence du cuivre. Mors, si ies poles de I'aiguille peuvent etre consideres conime animes d'nnc vitesse uniforme , lorsqu'ils passent devant ies plaques, et si ces dcrnieres n'agissent qu'a une tres-petite distance, on aura realise le cas d'un point magnetique qui se meut uniFormemcnt, et pendant un tres-court intervalle de temps, en presence d'une par- ticule de cuivre. II est vrai que la distance du point a la particvUe n'est pas la meme dans toute la duree de Taction; car cellc-ci com- mence un peu avant que les poles ne soient arrives dans les ver- ticals des plaques , et un peu apres qu'ils les ont depassees. Mais cet effet devant se reproduire pour toutes les oscillations que Ton comparera entre elles, il est evident qu'on en pent faire abs- traction. Si rien ne oontrariait le mouvement de I'aiguille, un de ses poles, parti du point a' (fig. 4), a la distance dm du me- ridien magnetique, arriverait de I'autre cote du meridien en a, precisement a la meme distance am, pour revenir bientot a sa premiere position, et ainsi de suite indefiniment. Mais, sous I'in- fluence de la plaque de cuivre m, ce pole, dans sa premiere oscil- lation, n'arrivera que jusqu'en a" par exemple ; il aura done perdu une portion de sa vites.se , egale a la difference des vitesses qu'il ac- querrait en passant librement et successivement de a en m , et de a" en m. Si c'est en deux oscillations qu'il eprouve cette perte, chaque oscillation en aura produit a peu pres la moitie ; a peu pres le tiers, si c'est en trois oscill.ations ; et ainsi de suite, taut que Tare perdu 3?o >2,i 175 40 — 5o 18,7 17,0 187 3o — 20 28,8 25,0 189 20 — i5 22,3 18,0 95 1 5 — lo 33,0 24,5 95 Poiir deduire I'un des nombres dela derniere colonne, on fait le produit des nombres coprespondans des deuxieme-et troisiemc co- lonnes, puis on divise ce produit par la difference de ses facteurs. Ainsi, par exemple , sous la seule influence des plaques de cuivre, raiguille eflt fait 110 oscillations, pour arriver de ramplitude ini- tiale 90° a ramplitude finale 80° ; on , en d'autres termcs , il eut fallu qu'elle passat 1 10 fois devant ces plaques, pour perdre une \itesse egale a la difference des vitesses qu'elle acquiert au meridien magne- tique , apres avoir decrit des arcs de 90 et 80 degres. Pendant qu'elle executerait ces 110 oscillations, elle passerait devant les plaques avec des vitesses comprises entre ces deux extremes. On ne commettra pas d'erreur sensible en prenant la moyenne entre la plus petite et la plus grande. Calculous done la vitcsse acquise par I'aiguille, lorsqu'elle passe au meridien magnetique, o\\ elle recoit rinfluence des plaques de cuivre, apres avoir parcouru des arcs de 90, de 80 , de 70 etc. de- gres. Le mouvement, comme celui dupendule, etant produit par une force acceleratrice, proportionnelle au sinus de la distance an- gulaire au meridien, on aura la formule connue V =^ kv I — cos . 6 dans laquelle v est la vitesse au meridien, la distance augulairc ( '98 ) initiale t,t A uiie constanle qui renf'erme !e moment d'inertie de raiguillc. Au moyen de cette formiile on obtiendra les residtats suivaiis : ri.iiiporls Mojein.es DilltrciKCS Di.^lance des de deux eulre deux ^iles igulaire iaitiale. >itesses au mt-ridien. vitesses successives. succe.sives. 90 I 0000000 9545196 909608 80 9090392 8600995 978798 70 8111594 7591331 1040526 60 7071068 6523897 1094342 5o 5976726 5456811 1 1 59850 40 48568o6 4248575 1 176642 3o 3660254 5o58oo5 1204498 20 2455756 2i5o84i 609831 i5 1845925 1559242 6 13366 10 1232559 Si Ton consideie, pour exemple, les premiers nombres desdeux dernieres colonnes, on en tirera cette consequence : que les poles de Taiguille doivent passer 1 10 fois devant les plaques de cuivrc, avec une vitesse moyenne 9545196, pourperdre la vitesse 909608; que, par consequent, chacun de ces passages coflte a I'aiguille la 1 10^ partie de cette perte, ou la perte d'une vitesse representee par 8269. En raisonnant de memc pour tons les cas suivans , on trouve que les pertes sent successivement representees, pour chaque os- cillation, par 8269 — 8295 — 7430 — 6148 — 65i4 — 6292 — 6373 — 6419 — 6456. Si Ton fait abstraction des trois premiers nom- bres, qui reposent sur des donnees trop incertaines, et qui chan- geraient totalement par une correction d'un dixieme d'oscillation sur les donnees immediates de l'experience,on voit qu'ily a cgalite dans ces resultats, ou du moins que les differences qu'on y observe sont du meme ordre que les erreurs de I'observation, En effet , si Ton prend pour tons la valeur 65 14 du cinquieme re- sultat, qui tient le milieu entre les autres , on Irouvera par des calculs inverses des precedens , que I'aiguille devrait faire , sous I'influence seule des plaques, les nombres d'oscillations suivans: 140 — i5o — 160 — 168 — 175 — 181 — i85' — g4 — 94i au lieu des nombres de la derniere colonne du premier tableau ( '99 ) tlonne ci-dessus. De ccs nonibies calcules, on dediiit lessuivans, pour les oscillations f|uo I'aiguille devrait reellemenl 'cxecuter en presence des plaques : 4,6— 5,9 — 7,3 — 9,2— 12, 1 — 16,9— 24,9— 1 8,0 — 24,4 J an lieu des nombres de I'avant-derniere coionne du nienie tableau ; mais ceux-ci n'en different pas , ou n'cn different quo d'un dixienie d'oscillation au plus. Consequences dc cette exjxirience. 11 resulte de hi que I'aiguille eprouve la menie perte de vitesse,chaque fois qu'elle'passe devant les plaques, quelle que soit d'ailleurs la vitesse qui I'anime dans oe court moment (ou du moins pour des vitesses decuplees, ainsique Tindiquent le premier et le dernier nombre de la deuxieme coionne du deuxieme tableau). En d'autres termes , I'effet absolu, produit par les plaques decuivre, est lememe quelle que soit la rapidite avec laquelle I'aiguille passe dans leur voisinage. Et, puisque cette action dure autant de temps qu'il en faut a I'aiguille pour parcourir I'e- tendue des plaques , c'est-a-dire un temps d'autant plus court que la Vitesse est plus grande , il s'ensuit necessairement que Taction d'une particule de cuivre, sur un point magnetique, est en raison directe de la vitesse. Mais cette action etant aussi proportionnelle au temps , il en resulte qu'elle est proportionnelle au chemin parcouru par I'ai- guille, puisque le chemin est le produit du temps par la vitesse. Ce resultat remarquable va nous mettre en etat de verifier la proportionnalite de I'effet a la vitesse, par une experience heaucoup plus decisive que la precedente. (]ar au lieu d'exposer une seule particule de cuivre a Taction de Taiguille,en un point determine de sa course , nous pourrons faire osciller cette aiguille au-dessns d'une plaque d'une grandeur illimitec, et parallelemeiit a sa surface, afin de reconnaitre si la perte de vitesse de I'aiguille est proportionnelle a Tamplitude meme de chaque oscillation. Dans ce cas, en effet, un point quelconque de I'aiguille sera toujours en rapport avec des particules de cuivre situees de la meme maniere , dans chacune de ses positions ; Taction de toutes ces particules , ou do toute la plaque, sera done proportionnelle au chemin parcouru par le point magne- tique en question; il en sera de meme de tous les autres points de Taiguille, bien que ces divers points decrivent des arcs diffe- ( 'AOO ) rens; en jorte qu'il sufTua de consideier le inouvement d'un seul point (le I'nigDille, ou, ce qui rcvient an merae, son mouvcment an- gulaiiT. Neuvihine erpcrieiue. Elle a ete faite avec la meme aiguille, oscillaiit paiallelenient u la grande placjiie de cuivie de la premiere experience (page 25). En voit'i les resultats , obtenus avec toule la precision dont ces observations sont susceptibles, et dans deux positions de Taiguillc tres-rapprochees I'une de I'autre : Nombres (tc9 osciFlalions failes devaiit la plaque. Lioiiles des nistanct* Dislanrc Sislance Sous rinfluence dfemi amplitudes. 20,590101. 32^oGnini. moyenne. seule de la pla<|U( go° a 80° 3,3 3,5 3,40 i''7 80 — 70 4,' 4,4 4,25 14,0 70 — 60 5,2 5,4 5,5o 17,0 60 — 5o 6,4 6,7 6,55 ao,2 5o — 40 8,4 8,9 8,65 25,9 40 — 3o 11,8 12,3 12, o5 33,9 5o — 20 17,8 18,5 i8,o5 48,4 20 — i5 i3,o i3,4 l5,20 32,6 i5 — 10 iQ'O "9,5 19,25 46,2 Les nombres de la derniere colonne sont calcules,commeprece- demment , au moyen des nombres correspondans de I'avant-der- nifere colonne , et des nombres inscrits dans la seconde colonne du tableau de la pag. 197, qui indiquentcombien d'oscillations I'aiguille fait hors de la presence de !a plaque. Ainsi , par exemple, Taiguiile serait ramenee de 90 a 80 degres d'ampiitude en 11,7 oscillations, sous la seule influence de cette plaque ; c'est-a-dire qu'elle perd une Vitesse representee par 909608, d'apres le tableau de la pag. 1 98, et par consequent une vitesse moyenne 7774, pour une oscillation de 85 degres, moyenne entre 90 ct 80. Or, il doit y avoir propor- tionnalite entre I'aic parcouni par I'aiguille et la perte eprouvee durant ce trajet. C'est en effet ce qui arrive a tres-peu pres, comme I'indique le tableau suivant : ( ^<»' ) I Oscillalioti « de i'iilgullle , Demi arc Vili-s-c JItme vitnsse — — ■^^^__ - (larcouru. perdiie. c^ilrulee. cilcuUe*. observees. DilTirfOces. 85 7774 801 3 3,33 3,40 0,07 75 t>99i 7335 4,29 4.25 + o,o4 65 6121 6357 5,24 5,3o 0,06 55 54.7 5379 6,56 6,55 + 0,01 45 4401 4401 8,65 8,65 0,00 35 347. 3423 12, 1 1 12, o5 - - 0,06 25 2489 2467 18,11 18, o5 - - 0,06 17,5 .871 1711 13,67 l3,30 - -0,47 12,5 iSaS 1225 19^90 19,25 - -o,65 L'arc parcouru par raiguille, durant mie de ses oscillations, est leellemeiit double de celiii qui se tiouve indique dans la premiere colonne; mais on a pu n'y iiiscrire que les demi-arcs, pour calculer las nombres de la troisieme colonne, qui leur sont proportionnels. On a fait concorder les nombres de la ligne du milieu, qui cor- respond a l'arc de 45 degres. Ensuite on a calcule, an moyen de la troisieme colonne, les nombres d'oscillations que I'aiguille devrait executer sous I'influence seule de la plaque; ces nombres, qu'il etait inutile de rapporter ici , etant connus, on en a deduit ceux de la quatrieme colonne, pour les oscillations que Taiguille aurait du effectivcment execuler, et qui different trcs-peu de ceux de la cin- quieme colonne, reellcment observes , et cites au tableau precedent ; carles differences , qui oecupent la derniere colonne, sont aussi petites qu'on pnuvait I'esperer : ce qui confume pleinement la pro- portionnalite de I'effet au chemin parcouru par raiguille, et, par suite , la proportionnalite de I'effet a la \itesse , pour le meme inter- valle de temps. Remarque. La loi que nous venous d'etablir devient extreme- ment probable . par cela meme qu'elle est tres-simple. Toutetbis elle n'est demontree que dans les limiles des vitesses de notre ai- aiguille, sous rinflueuce d'lin metal particulier. Elle pourrait se trouver en defaut, pour des vitesses beaucoup plus considerables, et pour des corps de nature diverse. Dans rexperience des plaques lournantes, qui sont animees d'une tres-grande vitesse, I'effet pro- duil sur I'aiguille croit moins rapidement que cette vitesse, sans doute pane que le magnetisnir n'a pas !<■ temps de se developper ( 30?, ) dans les ])laques, on que Teftet pioiliiit en un de lenrs points, par I'un des pules de I'aiguille, subsiste encore en partie quand ce point arrive sous I'influenoe de I'autre pole. Mais ceci est independant du probleme que nous nous ctions pro- pose de rcsoudre dans cette troisieme partie de notrc menioire. C'est en effet une nouvelle question a traiter que de determiner ie temps qu'il faut an magnetisme pour se dcvelopper dans les differcntes substances, pour s'y propager, et pour s'y eteindre. Tel sera aussi I'objet special d'une partie du meme memoire. Conclusion gdnerale de telle troisieme parlie. De tout ce qui precede, il resulte que les substances on le ma- gnetisme peut se developper d'une maniere instantanee, produisent sur un point magnetique en mouvement , et dans un meme inter- valle de temps, un effet exactement proportionnel a la vitesse; D'ou il resulte que cet effet, etant aussi proportionnel au temps, est proportionnel au produit du temps par la vitesse , c'cst-a-dire au chemin .parcouru par le point magnetique, toutes les autres cir- conslances demeurant absolument les memes; D'ou il resulte enlin qu'une aiguille quelconque, qui oscille pa- rallelement a un disque metallique indefini, eprouve, a chacune de ses oscillations, une perte de vitesse proportionnelle a I'amplitude de cette oscillation. NIVELLEMENT EXECUTE A TRAVERS l'iSTHME DE PANAMA, DANS LE BUT DE DETERMINER LA DIFFERENCE DE NIVEAU DE l'oCEAN ATLANTIQUE ET DE LA MER D« SUD; AVEC DES NOTICES GEOGRAPHIQUES ET TOPOGBAPHIQDES SIJR CET ISTHME ; PAR M. J. -A. Lloyd. ( Analyse. ) En novembre 1827 , I'auteur recut du president Bolivar une com- mission speciale pour determiner sur I'isthme de Panama, laligne ( ^u5 ) (]e jonction des deux mers la plus tonveiiuble, soil au iiioyen d'un canal, suit par un dieuiin de fer. Anivc a Panama, en mars 1 828 , et secoudc par im ingenieiir suedois qui liii avail eto adjoint , il com- menta par operer un nivellemcnt general , a travers Tisthme , cntre Panama sur I'ocean PaciGque , et rembouchure de la riviere de Chagres dans I'ocean Atlanlique. Les instrumens employes a cc nivellement etaient les suivans : un niveau a alcool de 20 pouces , muni de lunettes, etc. , nne paire d'excellens signaux munis de verniers, au moyen desquels on pou- yait lire les miiliemes de pied, des chaines, un theodolite de 10 pouces, et un excellent cercle destine a prendre les hauteurs et les azimuths. L'operation du nivellement commenca le 5 mai 1828, a I'endroit de la bale de Panama, nomme Plaja-Prieta, ou I'Dn mit une large pierre taillee du cote de la mer. On marcha d'abord vers le nord-nord-ouest , dans la direction de Porto-Velo , jusqu'ala riviere de Chagres; apres quoi Ton suivit le cours de cette riviere jusqu'a son embouchure , aulieu dit la Bruju , ou Ton termina la Ugne de nivellement par un simple pieu , dont la position et I'elevation etaient a la verite liees a d'autrcs points voisins, plus durables. Les details de ce nivellement ne sont point inseres dans le memoire ; lis sont deposes a la bibliotheque de ia Societe royale de Londres. Mais on trouve annexe au memoire, une carte topographique de I'isthme, magnifiquement executee, la coupe de la ligne de nivel- lement sur une tres-grande echelle , ainsi que les cartes nautiques de la baic de Limon ou de Davy pres de Chagres, et du Havre situe u I'embouchure de la riviere de ce nom. Voici quelques details sur ce nivellement. De Panama aux bords de la riviere de Chagres, sur une etendue de 22 milles 5/4 (un mille anglais = 5280 pieds anglais = i6og,3 metres), on fit ^52 paires de nivellement-, c'est-a-dire qu'on choisit un pareil nombre de sta- tions. On aA'ait alors traverse la partie montagneuse de I'islhme , et la station la plus elevec avait ete de 655,32 pieds anglais ( 1 metre = 59,5^079 pouces anglais, dont 12 forment le pied ). On discon- tinua l'operation quand on eut atteint la riviere de Chagres, a cause des pluies continuelles qui tombaient a cette epoquc. On ctait alors au Sojtiin 1828. Le 7 levrier de I'annee suivante, on reprit le nivellement a cc ( ^o4) point elcve de 1 53,55 pieds au-dessus de la haute iner a Panama; et, en descendant le Chagres, on put choisir des stations plus dis- tantcs entre elles , puisqu'il n'y en eut que 2o'5 jusqu'a I'embou- churc de la riviere, siir une etendue de 59 niilles 1/4. La longueur totale de la ligne de nivellemenl est done deSa millcs ( iSigGS metres, on environ 29 lieucs 1/2 de 25 au degre ) ; et comme elle est divisee en 955 stations, il en resulte que la distance mojenne de deux stations consecutives est de i4i metres, c'est-u- dire qu'on a 72 metres pour la distance moyenne du niveau a cha- cun des deux signaux. Ce travail etait trop penible pour que I'auteur songeat a le veri- fier dans le coins d'nne troisitme annee ; et pour s'en dispenser, il apporta le plus grand soin a faire ses observations. En voici Ics resultats : La hauie mer, a Panama, est de i5,55 pieds plus elevee que la haute mer a Chagres. La moyenne des hauteurs des marees fut de 3 1,22 pieds, il Panama, durant le temps des observations que Ton y fit. A Chagres, la moyenne des marees correspondantes ne fut que de 1,16 pied. Par consequent la haute mer , a Panama, etait elevee de 10,61 pieds au-dessus du niveau moyen de I'Ocean Pa- cifique ; et la hmtle mer, a Chagres, a'etait elevee que de o,58 pied au-dessus du niveau moyen de I'ocean Atlantique. Done enfin i3,55 — 10,61 -|-o,58==3,52 pieds, est la hauteur du niveau moyen de I'ocean Pacifique au-dessus du niveau moyen de I'ocean Atlantique. « Toutes les personnes, dit I'auteur en terminant cette partie de son memoire , qui visitent Panama , en arrivant du cote de I'At- lantique , sont tentees de croire que le pays s'eleve depuis cette mer jusqu'a celle du Sud. En eflet, on eprouve beaucoup de dilficulte a re- monter la riviere de Chagres, surtout lorsque les eaux en sont gon- flees par les pluies ; et quand, apres quatre ou cinq mortelles jour- nees, il atteint le village de Cruces, le voyageur est persuade qu'il s'est eleve a one grande hauteur au-dessus de la mer dont il vient de quitter le rivage. Cette impression n'est nullement affaiblie pen- dant la journee de marche qu'il doit encore faire pour arriver a Panama ; car il nionte et descend continuellement en suivant des pen- ( 205 ) tes tres-rapides ; et lorsqu'il sc trouve clans les savaniies , a quelques milles de la ville dont il apercoit lacatht-drale, sa premiere exclamation est celle-ci : Je crojais que Panama etnit silite ait bord de la mer I Telle est pourtant la position de cette ville; inais comme la Tallee, de laquelle on I'aperfoit d'abord, est de quelques pieds plus basse que I'Ocean, la premiere impression que Ton eprouve foit croire que Panama se trouve buti sur une eminence. » Dans la partie de son memoire , consacree a la topographie de risthme, i'auteur s'exprime ainsi , a Toccasion de la chaine de mon- tagncs qui le traverse. « On croit generalement en Europe que la grande chaine de montagnes qui, dans I'Amerique du sud, forme la cordiiierc des Andes, et dans I'Amerique du nord, les monta- gnes du Mexique et de Rocky, se prolonge , presque sans interrup- tion , a travers Tisthmc de Panama. Mais cela n'est point : la cordi- liere, a son extrcmite nord , se termine en montagnes isolees, dans la partie orientale de la province de Veragua. Ces montagnes sont extremement elevees, raides, et presque toujours coupces a pic. A celles-ci succedent un grand nombre de montagnes coniqucs, dispersees dans les savannes et dans les plaines, et dont Televation excede rarement 3oo ou 5oo pieds. Enfin , dans le pays compris entre Chagres sur I'ocean Atlantique , et Chorrera sur la mer du Sud, ces montagnes coniques sont moins nombreuses et com- prennent entre elles de vastes plaines , avec quelques series de col- lines isolees el de faibles dimensions ; teilement que cette partie la plus etroite de I'Amerique se distingue encore par une interruption momentanee de la grande chaine qui traverse le continent a peu pres dans toute sa longueur. » L'auleur propose , en consequence, dc remonter avec des ba- teaux, la riviere de Chagres, depuis son embouchure jusqu'au con- fluent du Piio-Trinidad , pour passer ensuite sur un chemin de fer qui irait en droiture a Chorrera, an sud de Panama, ou bien au mont Lirio, pour aboutir a cette clerniere ville. [Philosophical Transactions, i85o, p. 5<).) Note du Redacteur. Nous avons fait voir [ Annales, tom. I, p. 34s ) ) tant par le simple raisonnement , que par la discussion de toutes les observations du pendule, que les inegalites visibles de la Terre-Ferme , produisent a la surface de I'ocean des inegalites tres- ( 2o6 ) considerables, dout, jusqu'i present, on n'uvait pas tenu comptr. Le niveau reel dc la mer prt'-s des cotes , s'eleve au-dcssus de son niveau moyen ou elliptique, d'une quantite qui varie avec la confi- guration et I'e tend ue des lies et descontincns. Maiscetcffet ne cesse pas brusquement , et la surface reelle de la mer , quoique tres-irre- guliere, est une surface continue; tellement que si i'on coupait la Terre-Ferme dans une direction quelconqne, par des canaux, I'eau des mers qui y penetrerait, s'arrangerait en une couche de niveau, mais ne donnerait lieu a aucun courant, si toutefois les mers com- muniquaient librement entre elles. L'isthme de Panama etant plus eleve du cote de I'ocean Paci- fique que dii cote de I'ocean Atlantique, il en resulte que le niveau reel de la premiere de ces mers est plus eleve que le niveau reel de la seconde, au-dessus du niveau elliptique qui est commun a toutes deux, du moins dans le voisinage de l'isthme. Par consequent, lorsqu'on fcraun nivellement a travers cct isthme, quellesquesoiefit d'ailleurs les tables que Ton emploie pour calculer la courbure de la terre a ce point, on trouvera que le niveau de la mer du Sud est [lus eleve que celui de I'Atlantique, et neanmoins en coupant l'isthme, I'eau ne coulerait point de la premiere a la seconde, abs- traction faite des marees. Que Ton se figure , en effet , la ligne de niveau prolongee de part et d'autre d'une station , jusqu'aux signaux des lieux dont il s'agit de prendre la difference de hauteur. II faudra reduire les hauteurs apparentes de ces deux derniers points, au niveau reel que la mer yprendrait; mais on ne connait point ce niveau, et on le calcule dans I'hypothese de laregularite de la surface de la mer, ou d'apres son niveau elliptique moyen. Alors il est facile de voir que le lieu qui correspond au point le plus eleve du niveau reel, etant ramcne au niveau moyen, aura une elevation trop considerable, relative- ment a I'autre point. Done , a mesnre que Ton marchera de la mer du Sud vers I'ocean Atlantique, a travers l'isthme de Panama, Ton passera d'une station sur laquelle on fera une erreur en plus, a une station sur laquelle on fera une erreur en moins, et toutes ces crrcurs accumulees donneront la difference de niveau observee par par I'auteur de ce menioire. Cette difference , toutefois, variera d'apres I'eloignement absolu des stations, en supposant que I'exactitude des mesures soit d'ail- ( 207 ) lours la meme, et qu'on lecoure aiix memes tables de reduclion. On pciUproiiver, en effet, qne ces erreuis sunt proportionnelles aiix cai res dcs distances ; ct comme la somnie dc ces erreurs est eu raison inverse de leiir nombre , il en resultera que I'erreur finale sera en raison directe de la distance mojenne des stations. Ainsi , I'auteur a obtenii trois pieds et demi pour la diflerence des niveaux en prenant gSS stations ; il eut trouve 7 pieds pour cette difference de niveau, s'il I'avait deteruiinee par le moyen de 1870 stations; il n'eQt trouve que la moitie de son resultat , s'il avait double le nombre des stations; le quart, s'il I'avait quadruple; et Wen du tout, s'il les avait extremement rapprochees. On voit ainsi quelle peine inutile on se donne , pour cbercher une difference de niveau qui n'existe pas ; a quel danger Ton s'ex- poserait si Ton basait une entreprise dispendieuse sur de pareilles mesures; enfin de quels avantages on se priverait si Ton se fiait a ces resuitats mensongers. Aureste, nous aurons bientot I'occasion de trailer cette question d'une maniere plus detaillee. SAIGEY. PRODUCTION DE LA DOl'BLE REFRACTION REGULIERE DASS LES CORPS QUE I'ON COMPRIME SIMPLEMENT, ET REMARQUES SCR LA CAUSE DE LA DOUBLE REFRACTION; PAR M. Brewster. Dans divers meinoiresinseresaux Transactions philosophiques,j'ai montre que le phenoniene de la double refraction pent etre produit aitificiellement par certains changemens mecaniques des corpsmous et des corps durs (1). Dans tous ces cas , ces phenomenes sont at- tribues u la ferme de la masse sur laijuelle on opere; et dans le cas des corps solides elastiques, ces memes phenon)enes varient toutes les fois qu'on cliange mecaniquement I'etat de leurs particules. (1) Pkilo,. Tr.nis., ,8.4; ,S,5, p. i , 3o , 60 ; iSlG. p. \'.i . ^a. ( 2o8 ) Dans le verre et dans les autres corps auxquels on a communique la doul)le refraction par un certain mode de solidification , les parti- cules prennent une position permanentc qui n'esl plus alteree par la taille; mais les phenomenes que manifeste une portion don- nee de la masse, sont toujours en rapport avec les surfaces siu- les- quelles on a proyoque la solidification , de meme qu'avec les faces primitives du verre; en un mot ces phenomenes dependent de la position que la portion du corps occupait dans I'interieur de la masse . Dans tons ces cas, les phenomenes sont tout-a-fait differens de ceux que presentent les cristaux reguliers , et dans aucun de ces cas la force qui produit la double refraction n'est fonction de Tangle du rayon incident avec un ou plusieurs axes donnes de position. Deji'i en i8i4, je communiquai a la Societe royale rexperience suivante sur la propriete de polar is ante de la cire blanche et de la resine. « Lorsque la resine est melee avec une egale partie de cire blanche, et pressec entre deux plaques de verre par I'effet de la chaleur de la main, la couche de ce melange est parfaitement transparente, tandis que par reflexion elle se presente avec un aspect laiteux. Elle n'a pas la propriete depolarisante lorsqu'elle recoit la lumiere suivant la normale; mais elle la possede tres-evidemment pour les incidences obliques, et presente alors des segmens d'an- neaux colores (i). » L'etude de la double refraction etait alors si peu avancee , que cette experience ne fit aucune sensation, et que je la considerai moi-meme comme fortuite. Cette couche de cire et de resine n'a rien perdu de sa propriete depolarisante depuis quinze ans qu'elle se trouve placee entre deux verres ; mais pour mieux etudier ce fait rcmanjuable, j'ai compose un grand nombre de pareils melanges, avec differentes especes de cire et diverses proportions de resine ; les resultats auxquels je suis arrive presentent beaucoup dinteret. Lorsque la cire blanche est fondue isolement, puis coulee entre deux plaques de verre, elle se compose d'un grand nombre de parties tenues, qui toutes jouissent de la double refraction, mais qui ont leurs axes diriges dans toutes les directions possibles. Si la (i) Ibi'J.. i8i5, p :■>! et 32. ( 209 ) couche de tire est extrenicment mince, elle n'n plus tl'acfion siir In 1 11 mi ire polaiisec. Quaiul on conle de la nienie maniere de la resine pure, elle ne jouit nuUement do la double refraction, soit qu'on la laisse se refroi- dir lentement , soit qn'on la coiiiprime avec force. Si la cire blanche et la resine sont melangees dans la meme pro- portion , le compose qui en resulte jouit d'une grando tenacite. Fondu et coule entre deux plaques de verre , ce melange polarise dans toutes les directions conime la cire des aljeilles , c'est -a-dire que les axes de ses particules elementaires sont tournes en tous sens. II est tr^s - opalescent, et une lumiere vue a travers parait enveloppee de nebulosites. Cette transluciditeprovientevidemment des reflections et des refractions que les rayons luraineux subissent en passant d'une molecule a I'autre ; accidens qu'il faut attribuer a la difference des pou\oirsrefringens des deux matieres elementaires, ou au contact imparfait de leurs atonies, on a ces deux causes com- binees. Dans le but d'observer les modifications que ces phenomenes re- coivent par la pression , je versai successivement qiielques gouttes du melange fondu, sur une plaque de verre epaisse, de maniere a y former une large goutte. Avant le refroidissement, je posai sur cette goiitte un disque de verre d'environ deux tiers de pouce de diametrc; et en Ic pressant fortcment par son centre, j'ecrasai la goutte en une mince couche, laquellc etait alors parfaitement trans- parcnte, comme si la pression avait occasione un rapprochement suflisant entre ses molecules. Si nous exposons cette couche a la lumiere polarisee, nous trou- verons qu'elle possede un axe de double refraction positive, et offre les teintes polarisees aussi nettement que beaucoup de cristaux du regne mineral. Le mode de formation de cette couche, par la pres- sion d'une goutte encore moUe, n'en fait pas un seul tout, c'est-a- dire que la couche n'a pas un seul axe de double refraction , passant par son centre comme i'axc d'une poulie; mais en cliacun de ses points reside un axe de double refraction , perpendiculaiie a la couche , et la double refiaction y varie d'intensite avec I'iiiclinaison sur cet axe du rayon de lumiere incident , comme dans tous les cris- taux reguliers a un seul axe. Lorsqu'on separe les deux plaques de verre, on detache de la couche une ou plusicurs portions qui agis- 4- .1 ( 210 ) Rcnl snr la lumierc cxaitemoiit (;oiiinic dcs feuilles dc mica ;\ uu snil axe , ou de magnesie hydratce , en produisant la double refrac- tion aussi cnergiqueincnt que ces dernicres substances. Cettc experience remarquablc offre un intercssant sujet d'etudc. Que la doul)le refraction reguliire d'unc couche de maliere soil en- gendree par la presslon , c'est ce dont on ne pent douter; mais on ne voit pas d'abord si la double refraction est un effet immediat dr la pression, ou si elle est due a la memc force doublement refrin- gente qui produit la polarisation irreguliere que Ton observe dans la menie couche librement consoiidee. Dans ce cas-ci, les axes de double refraction sont evideniment diriges en tous sens, et il serait difficile d'adniettre que ces axes deyiennent subitement tous paral- leles entrc cux, par Teflel d'une pression exercee dans uneseule di- rection. Meanmoins la doidilc refraction a etc prodnite dans dm- cune des portions de la couche, par une force comprimante qui leur etoit semblablement appliquee , et qui a du les priver dc la double refraction dont elles jouissaient auparavant. Ce changement dc structure, par lequel une double refraction est substituee autre, pent s'observer dans plusieurs corps. Meme dans les crislaux reguli'ers, on pcut modiGer ou dctruire la double refraction, soil par la chaleur, soit par la pression. Bien plus, on pent ainsi fairc d'isparaitre I'un des axes de double refraction, dans un cristal qui en a deux, et faire acquerir un second axe an cristal qui n'enaqu'nn. Lorsque la double refraction est due a la solidification du corps, on pent la faire disparaitre totalemcnt par la pression, et en reproduire une autre, n-.eme d'nn caractere oppose; et quand cctte propriete derive d'un priucipe vital , comme pour les cristallins desyenx, on peut la detruire cntierement et lui en substituer une autre, meme plus energique, par la solidification de ce corps. Nous devons done admettre comme un fait parfaitement etabli, que la simple pression a communique la double refraction uniaxe i toutes les particules d'lme masse resineusc; (pie la transparence dfe ce corps s'est accrue par un rapprochement de ses molecules ; et qu'enfin la double refraction est regulicre , parce que les diffL-iente-S compressions d'une juolecule en ses divers points sont symetrique- ment rangces autour de I'axe de pression. Cet effet, produit siir un^ matiere resineuse , est precieinent le mcme que Ton observerait pour des spheres .dastiques. soumises a des pressions idenliques. La ( ^-ll ) ligne (le pression devient iiii axe de double infraction positive, ct ta doiihle refraction croissant avec Tinclinaison du rayon sur I'axe, devient un maximvim ;i I'equateur de chaque molecule. Nous sommcs ainsi conduits a une explication tres- simple des phenomenes gcnerauxde la double refraction dans les cristauxregu- liers. On peut d'abord facilement prouver que cette propriete n'est pas inhorente aux molecules elles-memes. Les molecules de silice, par exeniple , ne Ja possedentpas dans leur etat d'isolement. Dans le labasheer (concrelitin silireu>e des bambous), dans plusieurs opales, et dans le quartz fondu , il n'y a aucune trace de double refraction; mais quand les particules de silice en dissolution, ten- heriquesseraient changees, par les forces qui les unisseot, en des spheroides aplalis ou allon- ges, au moyen desquels, d'apres I'opinion d'Huygens, on pourrait reproduire toutes les especes de rhomboides ( i ) ; car si ceia etait . les rhomboides obtus auraient im axe positif. et les rhomiioiilcs aigns. (i) Voyoz le Trade dc la lumicrc irHiivi;ciib cli. j- il \ Eiliubnii^li Jotiriiat of Science , no i8 , p. 3i i-3) \ ( 214 ) uri ;i\f (ifgaiil' dc (luiible ivrractioii. Nou< sunuiies duiu; olttige.s d'adiuetlre que, dans les cristaux rhomboides, Ics niolociiles sonl des sphcroides aplatis , dont les axes sonl tellement disposes que les cbangeniens qui peuvent resulter de leur force d'agregalion , determinent cxactenient la lorme du crista!. Dans la chaux carbo- natee , par exemplc, ov'i i'inclinaison dcs faces du rhomboide ne pent dtriver que de spheroides, dont les axes polaire et equatorial soient dans le rapport de j a 2,8204, nousdevons supposer (|ue les spheroidcs elaienl d'abord plus aplatis, etqueleslbrcesauxqueilesils doivciit laslriicture de la double refraction, les dilatent dans le sens du plus petit axe , de maniere a produirc dcs sphcroides dont les axes soient commc 1 est a 2,8204. C'est-a-dire que si nous adinet- tiOns ces molecules en contact, mais depourvues de forces qui pussent alterer leur configuration, elles donneraicnt naissance a un rhomboide d'un angle plus ouvert, et sans apparence de double refraction; mais aussitot que les forces attractives de ci-istallisation agiront sur ces molecules, on aura un rhomboide de io5°, jouis- sant de la douljle refraction negative. Ainsi , les deruieres particules des cristaux , prises dans leur etat d'isolement, doivent etre consiiJerees comme indiquant a peu pres la forme primitive de ces cristaux; mais la structure de la double refraction et la forme precise du crista! sont simultanement pro- duites par Taction des forces d'agregation. Cette consequence est appuyee par I'observation que j'ai faite il y a plusiem-s anntes, d'une double refraction particuliere dans la chabasie,et qui sera le sujet d'un nouveau travail. Dans certaines varietes de ce mineral, il existe un cristal regulier central, qui pos- sede la double refraction reguliere. Par suite de quelque change- ment opcre dans la dissolution, les molecules ont non-seulement forme des cristaux hemitropiques sur toutes les faces de ce noyau central, mais encore les diflerentes couches qu'elles ont ainsi pro- duites ont perdu peu a peu la propriete de la double refraction, qui a fini par disparaitre entierement. A cette limite, la double refrac- tion s'est de nouveau manifestee, mais en sens contraire, et s'est developpee progressivement jusqu'a la formation complete du cris- tal. Dans cet cxcmple, les intensites relatives des axes ou jM)les d'agregation, ont ete changes graduellement, sans doute par I'ad- ditioii de qnehiuesparcclles do mnlieres etrangercs, dont la presence ( a. 5 ) pourra clre deniontrcc piir Taiialyse ciiiiuiiiuc. Si nous adiuctloiis ici liois axes, et si nous supposons que les niatiercs etrangcres alliii- l)Iisst'nt la force d'agregalion du plus grand , la double rclraction (li;uinuera dans le iiienic rapport, et disparaitra lorsijuc Ics trois axes seront ranieues a I'egalite. Mais si la force du memc axe conti- nue a decroitre, la double refraction reparaitra , de signe different, oxactenient couame dans la chabasie en (juestion. D'apres cette dependance uiutuelle des forces d'agiegaliou et lie double refraction, il est facile de concevoir I'influence <\ur. la rhaleur cxerce sur la structure de la double refraction, influence reconnue par M. Jlitscherlich. dans la chaux sulfatee et dans le -path calcaire, et par moi-meme dans la glauberite (i). Ce phy- "icien a trouvc , par I'experience directe , que la chaleur dilate iin rhoniboule de chaux carbonatee dans la direction de son axe , et le contracte dans les directions perpendiculaires a cet axe (2) ; qu'alors le rlioniboi'de devient moins obtus . qu'il se rapproche ainsi des formes cubiqucs ou a Irois axes egaux, et que la double refraction diminuc. Tons ces efl'ets sont des consequences neces- saires de nos principes. L'expansion dans le sens de I'axe du cristal , et la contraction de tous les diametres de I'equateur, diiiii- nuent la compression des axes des molecules spheroidales aplaties, et par suite la double refraction et I'inclinaison des faces du rhom- boide. De meme, on trouve que dans le sulfate de chaux et dans la glauberite , les expansions et les contractions etant rapportees (i) £ihiibiiri^li Tiansacliuus , t. XI. (u) 11 resulte do ce fait , qii'une mj^sse dc cLuiix carhoiuitc.- il.nil lis Uiole'culc-s ont leurs a^es foiirnos dans toutcs k-s directions j).>ssil)los . nc ilevrait ni se diJatcr ni se contracter par l;i chaleur, ft serair. propre :i former un pendule invariable; car dans uue longueur donnec de cello »!;bstancc, il'y aurail le m^inc nomhrc d'axes dilates et d'ascs conliactes . tcllcmcnt que leurs cHets s'enlre-detruiraient si la contraction J)alancail pre'cisemenl la dilatation tians cliaqiie particulc cristallinn; niais si ce.s effets claient proportionuels aux dimensions de ces ])articule8, les conh ac- tions excederaient les dilatations, i Ici M. Brewster se tronipe t'viileniinrnt , cVst pre'cisemenl le cas ou I'effet total serait nuj. ) Dans ce cas, il suflirail dc combiner le marbre avec une m.ilii're simplement expansive {jar la clialcur, pour avoir un penJulc invariable, tielte pailiedcs clnon oim'lres dcvraitdonc ^he composee de substances niine'ralc? aux trois axes dcs molecules, on pent expliqucr ct Ic changemciit de la structure a deux axes, en celle qui n'cn possede qu'un , et la reapparition de la premiere dans un plan perpendiculairc a cclui dcs axes primitifs, observes a la temperature ordinaire. Lcs phenomoues que prcsentent les liquides sous I'influence de la chaleuret dc la pression, et les cristaux a double refraction soumis a dcs forces d(^ compression ou de dilatation, s'accordent parfaitc- ment avec I'bypothcse que nous venous de developper ; et quand bien meme notre opinion ne serait pas fortifice par I'experiencc ca- pitale que nous avons rapportee au commencement de ce memoire, nous serious encore autorises a conclure que les forces de la double refraction ne resident point dans les molecules elles-memes , mais resultent immedialement des forces mecaniques en vertu desquelles les molecules constituent les corps solides. ( Philosophical Trans- acliofis , i83o, p. 27.) SUR UN PROCEDE ELECTRO-CHIMIQUE POUR RETIRER LE MANGANESE ET LE PLOMB DES DISSOLUTIONS DANS LESQUELLES ILS SE TROUVENT ; PAR M. Becquerel. ( Extra I. ) On verse dans une capsule de porcelaine une dissolution d'ace- tate de fer et de manganese, parexemple, et Ton plonge dedans deux lames de platinc , en communication chacune avec I'un des poles d'une pile. 11 y a aussitut decomposition de I'eau et degage- ment de gaz ; I'oxigene en se rendant au pole positif , suroxide le manganese qui abandonne alors I'acide acetique ct se depose sur la lame positive de platine. Le sulfate et le nitrate de manganese con- duisent au meme resultat. C'est ainsi qu'on peut sej>arer le manga- nese du fer, bien que I'operation soil un peu longue. On I'accelere, en enlevant de temps a autre le peroxide qui se depose. A mcsure que la decomposition s'elTeclue, la liqueur devieut de plus en plus acid*-; c'est pour ce motif qu'il se depose peu d'oxiile de fer sur la ( -^'7 ) l;ime nij^'ative, parcc qu'il est icdissous en parlie. Quand I'opcra- tion est tcriuincc , on lave celte lame avc;; de I'luidc, poiirdissoiulre la petite quantite d'oxide dc ler <|ui s'y Irouve , el leiiieillir le per- oxide de uuiiiganese qui a pu s'y altacher. Quels que soient les melaux combines avee le manganese, on parvient a en separer aisement ce dernier. L'auteur cite, entre au- tres, le manganese et le zinc, dont la separation est difficile par les voies ordinaires de la chimie. La liqueur se colore souvent en rose vers la fin de I'operation , et redevient incolore quelque temps apres, lorsque Taction de la pile a cesse. L'auteur s'est servi d'une pile a auges de 3o paires, ayant 8 cen- timetres de hauteur sur 6 de lorgeiu", et chargee avec une legere dissolution de sel marin , pour qu'elle puisse fonctionner long-temps. Des piles plus energiques, en decomposant I'acide acetique, pro- duiraient peut-etre des effets qui contraiieraient ceux dont on a besoin pour former le peroxide de manganese. La separation du plomb exige quelque modification a ce proccde , attendu que son oxide se reduisaat facilement, le metal se porta aussitot sur la lame negative de platine , ainsi que les autres bases qui se trouvent dans la dissolution. Avec les piles a petite tension on n'eprouve pas le meme inconvenient; le plomb se comporte alors comme le manganese , c'est-a-dire qu'il se suroxide et se de- pose sur la lame positive de platine. houvcnt la pellicule de per- oxide est noire et cristalline ; en la broyant , la couleur puce reparait. Mais comme les piles faibles n'agissent que ientement, si Ton veut se servir d'une pile ordinaire , il faut disposer les choses de maniere a ce que I'oxide de plomb ne puisse etre transporte au pole negatif oil la reduction du metal s'opererait ; on y parvient en se servant d'un bocal dans lequel on verse une dissolution de nitrate de cuivre, oii I'on fait penetrer un tube rempli , dans sa partie inferieure , d'argile legerement humectee d'une dissolution d'acetate de sonde, et, dans sa partie sup^ieure, de la* dissolution de laquelle on veut precipiter le plomb. Une lame de platine , communiquant avec le pole positif de la pile, plonge dans cette derniere dissolution, et une lame de cuivre , en communication avecle pole negatif, plonge dans le nitrate. Par ce moyen on rend sensiblcs , non-seulement les plus petites parties du plomb qui se trouvent dans la dissolu- tion, mais encore on les en retire toutes, sans (|ue les reactifs chimi- ( 218 ) quns Ics plus sensibles, riiyclrosuHale il'armnoiiiaqiic, parcxemplc, puisseiit en I'aire rcconnaitre ilos traces qnand I'operatiuii est tor- niiiit'e. L'acelaleil'aigeiit . prepare avecl'argentde coupelle, cloimcassex pruuiptenient la reduction du plomb, ainsi que le nitrate du memc metal. On pent done employer avcc sncces ce procede pour retircr le plomb de toutes ies dissolutions oi'i il entrc. L'avantage qu'on y trouve, ainsi que pour le manganese, est d'eviter des manipula- tions qui occasioncnt souvent des pertes plus ou moins sensibles dans Ies produits de I'analyse. ( Annales de. Chim. el de Phjsiij. , lom. XLIII , p. 58o. ) NOTE SUB UNE VARIETE DE SEL CEMME qVl UECRElTrE AH CONTACT DE l'eAU ; I'AR M. J. Dumas. ftl. Boue m'a rcmis un echanlillon d'une vaiiete de sel gemine qui vient de la mine de Wicliczka, et dans lequel on a observe la propriete tres-reniarquable de decrepiter quand on le met dans de I'eau, et a mesure qu'il se dissout dans ce liquide. La dissolution est accompagnee d'un degagement de gaz tres-scnsible. Des builes plus volumineuses s'en echappent a chaque fois que le fragment eprouve un craquement un peu fort. Ces craquemens ou detona- tions sont du rests assez forts pour faire vibrer le vcrre dans lequel on fait I'experience. Pour reconnaitre la nature du gaz, j'ai place quelques fragmens de ce sel dans un tube de verre ferme et rempli aux deux tiers de mercure. J'ai ajoute dans le tube assez d'eau pour le remplir en en- tier; je I'ai rcnverse sur la cuve a mercure^et j'ai fait bouillir I'eau jusqu'a ce que le sel fut dissous; le gaz s'est rassemble au som- met du tube. J'ai fait passer dans celui-ci une bulle d'oxigene a peu pres egale a la moitie de celle qui s'y elait rassemblee, j'ai ren- vcrse le tube, et, par I'approche d'une allumette enflammee , le melange gazeux a detonne commc I'aurait fait un melange parcil , pniduit par de I'liydrogene. Je m'atteadais a trouver un gaz inllam- ( ^'y ) inublc il'apiTS (iiiol(|nes indiottroiis qui, coiiiine on voil . nc la'oiit pas Irompo (i). Cornme cc sel gemme n'ollVe pas dc cavites iiitericiires bieii ap- preciables, j'ai voiilunicsurer le volume de gaz lourni par un vo- lume connu du sel. En consequence , dans un tube d'une rapacite connue, j'ai place un morceau de ce sei, j'ai remplile tube d'eau a I'aide d'une pipette graduee, et j'ai pu apprecier ainsi le volume du sel, qui etait d'un centimetre cube et demi. Le gaz degage. mesiire sur I'eau et sous la pression ordinaire, occupait sept dixiemes de centimetre cube a la temj)erature de i4° centigraJes. Le sel avait done fourni la nioitie de son volume de gaz. Cette quantite paraitra yraiment enorme quand on songera qu'on n'apercoit dan« ce sel aucune cavite appreciable a I'oeil. Ce gaz s'est enflamme comme I'autre, c'est-a-dire , en brfllant a la maniere de I'hydrDgene. Peut-etre cet hydrogene est-il un pen carbone; mais les cssais que j'ai faits a ce sujet, me laissent des doilies qui seraient bientut leves si Ton pouvait disposer de quel- ques fragmens de ce sel dans ce but particulier. 11 parait done evident que ce sel doit la faculte de decrepiter dans I'eau a un gaz tres-fortement condense qu'il contient. Les cavites microscopiques dans lesquelles le gaz est enferme eprouvent peu a peu, amesure que le sel se dissout, unaftaiblissementdelenrsparois qui permet bientot au gaz de les rompre en s'echappant avec ex- plosion. L'expericnce, faite dans une obscurite parfaite, a montre (i) Je rapporte ici , eu I'libregeant , tin passage de Gutttard : « 11 sort quelquefois do certainos cavites une vapeur suffocante qui s'enflaiiinie , si par hasard il se trouvc une luiniire dans son couranl. Plus d'une fois des mineurs en ont e'te dtouffes , ou ont eu quclques parties de leur corps brftlees ou giiFlees. Uno semblable vapeur s'amasso aussi quelquefois dans les chambres abandonne'cs, et meme dans les galeries. Cette vapeur s'en- flamine avec explosion. » [Mem. sur les mines de sel de Wieliszka , Mem. deTAcad., 1762, p. 5i2. ) — L'iiydrogene , dit M. Marcel de Serrcs , manifeste quelquefois sa presence dans les iniues de sel i)ar des inflam- mations partiellcs, mais ceci est rxtremeinont rare. [Essai suf les mmiu- facluves de iempire d' Aulriche , \. II, p. S;^.) Je ne sais si cc dernier auteur avait en vue Ic passage pre'cedervl , oil l>ii'n si sa phrase si- rapporic aux mines de I'AiilrichL-. ( 230 ) qu'il ii'y avail pas tie lumiere protluite aii moment tie la decrepita- tion. Bien que ce sel ne presents pas tic cavites appretiables, on re- marque ccpendant que certaines portions sont nebnleuses , tandis que d'autres sont transparcntes. Les nebnlosites indiquent I'existente de cavites eioessivement petites , probablemcnt reniplies tie gaz. J'ai cherche a conslater si le gaz elait en effet contenu dans ces por- tions nebnleuses, et si les parties transparcntes en elaient depour- vues. Pour cela , j'ai isole un fragment cristallin a moitie transparent et a moitie nebuleux. J'ai separe les tleux parties, et jc les ai pla- cecs I'une et I'autrc dans dcs tubes etroits area de I'eau. Bien que ces tleux fragmens fussent a peine gros comme une lentille , je ne crois pas m'etrc trompe en etudiant la marchc dc leur dissolution. II m'a paru que le fragment nebuleux donnait plus de gaz que I'autre ; mais ce qui paraitra remarquablc, c'est que le fragment transpa- rent en donnait aussi, quoiqu'il fut aussi limpide que du cristal. H. Davy, qui s'est occupe Ic premier de I'examen ties substances qui sont contenucs dans les cavites des cristaux, etM. Brewster, qui en a fait depuis une etude plus detaillee , n'ont pas rencontre, a ma connaissance, degaz inflammable dans les mineraux qu'ils ont exa- mines. Du reste, ce nouveau fait montre combien le phcnomeue auquel est due cctte accumulation de corps gazeux dans des cavites dc substances minerales a etc frequent dans le cours des accidens geologiques, et combien aussi les matiercs sur lesquelles il s'est excrce ont ete variees. Comme de toutes les substances qu'on a indiquees jusqu'a pre- sent, le sel marin est la seule qui se prf-te a des essais destines a imiter le resultat donne par la nature , j'ai cntrepris quelques expe- riences dans ce but, et je ne doute pas qu'on ne puisse produire un sel decrepitant par I'eau , par des procedes fort simples. En atten- dant, par cela seul qu'il existe des sels gemmes, qui, en se dissol- vantdans I'eau, fournissent un gaz inflammable, le phenomene dcs salzfis se trouve , sinon expliqut; , du moins bien pri'S de I'etre. ( Aimales dc Chimie cl de Phr.si acidcs lies trois premit-rs numeros, le temps etant loujouis expiinu'; 11 SCCOI dc 1 : Aoliic-. Zinc dislilU. Ziuc ilain. Zinc ptoinb. Zinc Ziuc fer. N" 1. 207 24 12 4 a 6 4 N" 2. I lO 12 9 6 3 N" 3. 3o 12 10 5 a 4 2 a La Icmperafiire initiate etaitde lodegrescent. pour Ics aciiies ri"' i ot 2, et de i5 degres pour I'aciden" 5. On voit que I'alliage de zin,- ol de fer a donne Ics memes resultats que le zinc du commerce. Tous ces alliages atteignaient leur maximum d'eflfet en plus on nioins dc temps, excepte I'nlliage de zinc et de cuirre doftt Taction cliimique etait la plus grandc au commencement de I'experience . et allait sans cesse en diminuant d'intcnsite, sans doute a cause d'unc couche d'oxide qui se deposait a la surface du metal; car aussitot qu'on enlevait cette couche , Taction reprenait toute son energie, jusqu'a ce qu'il se format une nouvelle couche, et ainsi de suite. Pour expliijuer cette difference d'aclion du zinc pur et des al- liages de ce metal , il est d'abord a observer que les solutions acides auxqueiles ces divers alliages donnent naissance , conduiserit mieiix Telectricite que la solution du zinc pur. En second lieu quand on met ce dernier ziuc en contact avec un fil de platine plongcant dans Tacide, Tintensite de Taction du zinc se trouve triplee, et Ton voit un grand nombre de bulles d'hydrogene se degager autour du fil de platine. On augmente encore cette action, en enveloppant le cylindre de zinc avec des fils dc platine, ou eu implantant ii sa sur- face des pctites pointcs de platine de 3 ou 4 millimetres de longueur. Ces faits ne permettent pas de douter que Taction des alliages de zinc sur Tacide sulfurique etendu, ne depasse I'action du zinc pur surle meme liquide, par un effetgalvanique, qui rend le zinc plus Electro -positif qu'il ne Test dans son etat de puretc parfaitc. Dans le but d'etudier les phcnomenes qui resulteraient do Tac- tion prolongee de Tacide sulfurique sur chacun de ccs alliages de zuic, Tauteur en a place des petits cylindres tgaux dans des verres reniplis de Tacide n" i. L'action a ete immcdiatement tres-vive sur le zinc du commerce, sur le zinc-fer el !<■ /.in.-cnivre: mais elJe a ( 2^4 ) ccsse ail bout dc 34 licures. II s'etait depose une poudre iioinltrc , qui etait probahlcment un oxide du metal combine au zinc. L'ac- tiuu a ete beaucoup moiiis vive sur le zinc distille , le zinc-plomb, et le zinc-etain ; mais elle a paru continuellcment augmenler d'in- lensite pendant I'espace de huit jours qu'elle a dure. Dans I'acidc n° 6, qui est beaucoup plus concentre, Taction a ete tres-faiblc sur tons les zincs ; mais elle a ete a pen pres la meme pour tous. Le zinc pur s'est dissous sans residu ; quant aux autrcs zincs, ils i)nt laisse des depots en rapport avec leurs inipurctes. Qnand le metal qui est combine au zinc , est tres-clectro-negatif, comme le cuivre, Taction est d'abord tres-prompte , a cause de Tenergie des couples elementaires zinc et cuivre ; mais bientot aprt'S, Telement cuivre reagissant sur le sulfate de zinc en disso- lution, se recouvre de zinc plus ou moins oxide, el Taction se ra- lentit. Neanmoins Toxide de zinc etant negatif par rapport ay zinc melallique, ilproduit encore plus d'effet quele zinc absolumeatpur. Aussi Taction de ce dernier metal, sur Tacide sulfurique, se trouve- t-ellc augmcntcc par la formation d'une coucbe d'oxide a la surface du metal , dont Taction va sans cesse en augmentant d'energie , comme il vient d'etre dit. On accelere cette oxidation du zinc, et par suite son action sur le liquide , en le sortant de temps en temps du liquide pour Texposer au contact de Tair. Dans Texperience faite avec le zinc pur, entoure de fil de platine , Taction se trouve d'abord tres-acceleree ; mais bientot elle se ralenlit, par la raison que le platine reagit, comme le cuivre, sur la dissolution de sul- fate de zinc, et se recouvre d'une peilicule de ce metal. En enle- vant cette couche , ou cliangeant les fils de platine, Taction reprend son energie precedente. L'analyse chimique du zinc du commerce a donne quelques traces d'etain ct de plonib , et un pen plus d'un centifeme de fer. L'auteur s'est assure, par divers essais , qu'il sufTisait d'associer au zinc pur moins de deux centiemes de fer, pour produire avec Tacide sulfurique le mCme effet que le zinc du commerce. Enfin, au moyen du galvanometre , dont les extremites etaient formes successivement de deux especes de zinc plongeant dans Tacide n" 3, Tautcur a pu les ranger dans Tordre suivant , en allant du plus positif au plus negatif: zinc distille, zinc-plomb, zinc- etain, zinc-fer, zinc du commerce et zinc-cuivre. { Bibliotheqiie unwerselle de Geneve, avril !83o, p. Sgi.) ( aaS ) ESSAI DE CHIMIE MICROSCOPIQUE APPLIQUtE A LA PHYSIOLOGIE, l'aRT DE TRANSPOBTER LE LABORATOIRE SDR LE PORTE-OBJET , DANS l'etcde des corps organises ; PAR M. RASPAIL. ( Suite. Voyez lome IV , p. 65 — 81. ) 171. Orgnnes pollinic/nes. — Pollen desfeuilles. — Liipuline. — La direction nouvelle que tous ces resultats imprimaient a mes reclierches m'amena a etudier la substance granulee et jaunatre que Ton trouve sur les cones femelles du houblon , et que M. Yves de New-lorck avait designees sous le nom de Lupuline (1). II ne me fallut pas un long examen pour m'assurer que cette preten- due substance immediate ne se compose que d'organes vesicu- laires, variant autour de 1/8 de millimetre, et de la forme generale ct l!X ^ que represente la fig. 6 de la planche 12. Chacun de ces grains est, 'nfl^'^^'^ apres la dessiccation, d'un beau jaune d'or, assez diaphane, aplali, *^^^^ '^^i offrant sur un cote quelconquc I'cmpreinte de ce point d'attache ' ity[((. f>e , par lequel il tenait a I'epiderme de la feuille, et queje designe or- j'r^"-^"' dinairement sous le nom de Hile. Lorsqu'on examine ces grains " '^^t^f^^ sur les bractees fraiches du cone femelle du houblon , on les irt des grains de pollen de tulipe (fig. i3) dans I'alcool i 38", on obtient bientot ces organes sous la forme que j'ai dessinee (fig. 17) ; I'alcool a enleve toute la substance coloree qui rendait la surface du pollen rigide ; I'epiderme se montre vide et distendu ; dans le centre , on observe des cellules agglomerees et colorees en jaune rougeutre, que Talcool n'a point attaquees a froid (fig. 17). Le hile se montre d'une maniere bien distinctc a la base; et dans cet etat I'organe ressemble admirablement bien a la lupuline (fig. 8) qui avait sejourne trois semaines dans I'ammoniaque. 186. IJn phenomene presqnc contraire se presentaiten faisant se- journer a fruid les grains de pollen de tulipe dans I'ammoniaque; rammoniaque respectait ce que I'alcool avait attaque, et attaquait ce que I'alcool avait respecte. Toute la peripheric du grain restait ri- gide et Opaque , quoique coloree en rougeutre ; mais bientot cette coque etait dechiree par I'enflure croissante d'une vesicule remplie d'un liquidc jaune de cire et tres-diaphane , qui sortait en se gonflant et enrejetant derriereelle la coque rougeatre, commel'insecte rajeuni rejette son antique depouille. Cette vesicule sortait quelquefois seule et parfaitemcnt isolee , comme on le voit aux fig. i5 et 16 ; mais d'autres fois on en voyait sortir plusieurs a la fois du sein de la meme coque , aux parois internes de laquelle elles restaient adherentes par un point de leur surface. La figure i4 en represente trois, dont une qui etait plus blanchatre que les deux autres aurait semble partir de I'autre, si la difference desa coloration n'avait pas indique suffisam- ment qu'ellc n'avait aucune communication avec cette derniere, et qu'elle venait s'inserer sur la paroi interne de la coque par un pe- doncule tres-long qui passait au-dessus de la vesicule jaune. 187. J'ecrasai, avec une pointe , ces grandes vesicules ; elles se viderent, et , en etendant d'eav. le liquide, leurs parois se presente- reat aussi incolores que les tegumens isoles du grain de fecule. 188. En consequence , la substance soluble seulemont dans I'am- moniaque froide (r//e) se trouvait dans les cellules ci^nlrales Au grain de pollen dc tulipe, et dans les cellules externes des glandes poUiniques du houblon ; et la substance soluble dans I'alcool et Te- ther froid ( rt'sirie) se trouvait dans les cellules internes des glandes ( 25l ) poUiniques du houblon ct dans les cellules extemes dn grain de pol- len do tulipe. 189. L'acide liydiochlorique produit , sur le grain de pollen, Ic meme effet que I'ammoniaque et I'eau pure. Je plagai au porte-ob- jet des granules de pollen de Cucurbita leucantha ( flg. 25 ) sur une goutte d'acide hydrochlorique; les grains, d'arrondis qu'ils etaient, ponsserent en general au dehors trois mamelons tigalement distans; mais j'eus lieu d'en remarquer un certain nombre dont un mamelon s'etait allonge en bojau nieuibraneux , renlermant a son sonmiet une vesicule spherique granulce, qui paraissait avoir etc entrainee avec violence dans cette espece de cul-de-sac. 190. Cette explosion poUinique , que nous venons de remarquer sur les grains de Lupiiline et sur ceux du pollen, ne pent etre attri- buee , ni a une de ces actions vitales , dans lesquelles se rel'ugie I'ima- gination , toutes les fois que I'explication parait embarrassante ( car la vitalite cesse dans rammoniaque et dans l'acide hydrochlorique) ; ni a la fermentation (car la fermentation est paralysee par ces deux menstrues ; elle se manifeste du reste par un degagemcnt de gaz, dont les buUesseraient trop reconnaissablesau microscope (1) pour qu'elles pussent passer inapercues; enfin elle ne s'etablit qu'a la longue : or, a la temperature de I'ete , I'explosion a lieu des qu'il y a contact de I'eau ou du menstrue). Mais si Ton admet que I'inte- rieur du grain de pollen est distendu par un tissu cellulaire gluti- neux, I'explication de I'explosion n'offre plus rien d'insurmontable. Les tissus glulineux sont avides d'eau , d'ammoniaque , d'acide hy- drochlorique , etc. ; et, s'ils ne se dissolvent pas toujours dans ces trois menstrues, du moins ils se combinent avec eux. Or, il est evident que cette combinaison intime d'un tissu avec un menstrue doit augmenter son volume, que la chaleur produite par cette com- binaison chimique doit encore ajouter a I'intensite de ce pheno- mene physique, qu'en consequence le tissu glutineux dilate ne pourra plus etre contenu dans la capacite de la coque externe , et qu'il sortira par la filiere du Hile sous forme d'un boyau plus ou moins allonge. Ce qui vient encore a I'appui de cette expli- cation, c'est que quelques coques de pollen, dans rexplosicn , se (i) Vi>y. Aim. (hssc. dobs., t. II, pi. 9, fij;. 12^' ( 23« ) brisent en eclats , au lieu d'ejaculer un boyau ou uii liquide iiua- yeiix. Le pollen extroit de certaines plantcs conserve, meme apres deUx ou trois ans, la propriete de produire cette explosion dans I'eau. 191. L'iodc colore en bleu les cellules centrales du grain de pol- len; ce qu'on observe facilenient sur le pollen des graminees et sur les pollens a test mince et transparent. Mais cette coloration n'est point due a la presence de I'aniidon, dont aucune experience ne pent demontrer I'existencc dans le grain de pollen (i). Le pollen parlage cette propriete avec la resine de gaiac ; et ces deux circon- stances achevent de nous prouver que la coloration en bleu de la feculeparl'iode est due a une substance etrangere a la fecule. 192. Certains pollens se colorent en purpurin par I'acide sulfu- rique concentre; ce quidemontrc, dans leur interieur, la presence simultanee du sucre et de I'albumine (2). 193. Quant a la disposition de la resine et de la cire dans les cellules du grain de pollen , elle est aussi variable que la forme du grain de pollen lui-meme. L'analyse que j'ai presentee du pollen de la tulipe, I'ournit un exemple, mais n'exprime pas uue loi. 194. Ce que les reactifs m'avaient appris au sujet de la structure generale du grain de pollen, je cherchai a le verifler par des dis- sections microscopiques ; je me servis a cet effet du pollen du Nj-C' tago Jalappcv qui est d'un aussi gros calibre que celui de certaines malvacees. Les grains en sont enticrement unis et jaunes , leur consistance est ferme, et leur forme regulierement spherique. Je CDupai un de ces grains en deux calottes au moyen d'un scalpel tres-fin; et il me fut facile de voir, en separant les deux calottes, que leur interieur etait rempli d'un tissu extraordinairement fin, qui empechait ces deux moities de se separer spontanement; j'en en- trainai une portion sur le porte-objet; et a un fort grossissement sa structure devint si evidente, que je ne conservai plus aucun doute a cet ogard ; c"etaient de veritables cellules elastiques, ou, pour me servir d'une exjiression plus rapprocbee des idees an- ciennes, c'etaient des cellules glutineuses, un veritable gluten. (i) Voy. Ann. cks sc. ilobs. , t. Ill, p. 3y3. (2) Ibid. , t. I, p. 89. ( 255 ) igS. Chacune de ces calottes examinee an microscope (fig. 19) est composee de cellules Ires-petites, mais dont certaines outpiis a de grandes distances les unes dcs autres, iin developpement con- siderable; dies sont disposees regulierement suivant une ligne en spirale , auloiir de deux cellules opposees qii'on aurait pu regarder comme les deux extremites de I'axe. Les petites cellules sont infil- trees de resine jaune, ce qui donne beaucoup de cqnsistancc a leur tissu ; les grandes sont fort transparentes ; mais elles ne font pas saillie au-dehors, ce qui les rend invisibles quand on examine la surface exterieure des grains de ce pollen par reflexion. 196. L'etude de la structure de ce pollen d'un grand calibre, amene a expliquer la structure exterieure en apparence plus com- pliquee d'une foule de pollens de diverses plantes. Si chacune des grandes vesiculesdu test de ce pollen, an lieu de prendre un accrois- sement dans tons les sensde sa surface ,s'etait developpee en dehors, repideraie de la coque eut ete reconvert de popilles, telles qu'on en remarque sur le test des pollens de malvacees, et entre autres sur celui de VHibiscus rosn sinensis dont le diametre varie autour de 1/7, i/io, 1/25 de millimetre. Aj-^ant coupe en deux calottes le test de ce dernier pollen, de la meme maniere que celui du Njclago JalappK, il me fut tres-facile de voir que ces papilles ne conununiquaient auciniement avec I'interieur de la coque ; elles ne jouaient pas d'autre role que les grandes cellules dn ISyvlago Ja- lappcL' , dont elles ne se distinguaient que par leur allongement a I'cxterieur. 197. Si Ton suppose mainlenant qu'au lieu de toutes ces cellules developpees en spirale , trois seulement se developpent a distances egales, on aura dans ce cas le pollen des Oenothera , des Ljlhrum, des Lopezia, des Siachylarphela et de la Scabiosa caiicasica, qui offrent une forme trigone , pourvu qu'on les observe par refraction. Car par reflexion . les trois cellules saillantes disparaissent en se confondant avec le noir du fond sur lequel le pollen est observe. 198. Que les cellules resiniferes du test soient recouvertes im- mediatement par un epiderme , c'est ce que demontrent non-seu- lement toutes les reactions que nous avons etudiees sur la Lupii- line et le grain de pollen, mais encore I'inspection du pollen u I'etat le plus jeune. A cet age les grains de pollen du Mtiscari offrent leur epiderme tres-distant du test resineux qui en occupe le ( 234 ) centre, et qui en se developpant de plus en plus vient s'agglutiner telleinent i Tepiderme qu'on ne peut plus I'en distinguer , qu'en soumcttant le pollen a I'influence des reactifs. igg. J'ai dit plus haut que rejaculation du grain de pollen s'o- perait a travers le Hile, c'est-i-dire au travers de I'ancien point d'adherence du grain de pollen contre les parois interieures de la cellule glutineuse qui remplit la cavite de I'anthere et dont je parle- rai plus en detail dans son lieu. Cependant on a decrit sur d'autres pollens , une suture longitudinale bordee de sphincters pour la faire ouvrir et fermer, etc. ; les pollens, quant a leur structure essen- tielle, ne seraient done pas identiques? Les pollens sent tons iden- tiques sous ce rapport; mais les illusions que leurs formes variees peuvent faire naitre, ne le sont pas, et ces sutures et ces sphinctets ne sont que des illusions d'optique. Que Ton suppose en effet un grain de pollen organise interieurement comme ceux que je viens de decrire , mais dont le test ne soit point infiltre de substances resineuses ; si Ton observe cet organe par transmission de la lumiere, on devra necessairement apercevoir les cellules internes dont les points d'adherence mutuelle se dessineront en noir a travers la membrane externe, qui alors paraitra divisee en autant de sutures qu'il y aura d'interstices de cellules internes. Si , au lieu de plusieurs grandes cellules internes, il ne s'on est forme que deux qui occu- pent toute la capacite du test epidermoide, il est evident que toutes les fois que le point de contact de ces deux grandes cellules ne pre- sentera a Tceil de I'observateur que son tranchant , le grain de pol- len paraitra coupe longitudinalement par une ligne noire; mais lorsque le grain de pollen , cedant au mouvemenl de I'eau du porte- objet, presentera sur un plan plus ou moins incline les surfaces de contact des deux grandes cellules de son interieur, la pretendue su- ture paraitra alors avoir eloignc ses deux bords , et avoir mis ainsi a decouvert une ouverture longitudinale ; enfin , en derangcant successivement la position du grain de pollen , on pourra voir pa- raitre et disparaitre ou se modifier la premiere et la seconde forme, de maniere qu'il soit impossible d'elever le moindre doute sur la cause d'une semblable illusion. Or ces observations sont faciles a etre verifiees avec Ic plus grand succes sur les grains de pollen jeunes, ainsi que sur les grains de pollen vides do graminees (tig. ao) , dc monocotylcdones en gene- ( 255 ) ral, et d'un notnbre considerable de dicotyledones a test transpa- rent, membraneiix et non infiltre de resine. 200. Pour avoir un point de comparaison assez pittoresque, qu'on examine les articulations des conferves , c'est-a-dire , les deux points par lesquels la calotte superieure d'un tube interne adhere intime- ment ayec la calotte inferieure du tube suivant, etl'on reconnaitra que ce point d'adherence presente , suivant la position et le jour, les deux formes que je viens de decrire ; et en consequence que de meme que Ton ne serait jamais porte a admettre une suture et un sphincter sur ce point de contact des deux tubes d'une conferve, de meme on doit se garder d'admettre I'existence de semblables appa- reils sur le grain de pollen jeune ou vide. 201. L'existence de deux grandes cellules paralleles et internes du grain de pollen , devient evidente dans le pollen des coniferes , ainsi qu'on pent le voir sur les fig. 27 et 28 qui representent le pollen du Pinus sjlvesiris. Outre les deux grandes cellules internes qu'on apercoit dans I'inlerieur de ce pollen, on voit aussi que chacune des faces anterieure et posterieure ofifre deux grandes vesicules aplaties qui, par leur position, croisent les deux grandes cellules internes. Ce pollen a 1/10 sur 1/20 de millimetre. 202. Le passage de toutes ces formes qui ont fait naitre tant d'il- lusions microscopiques au sujet des pretendus sphiucieis , se pre- sente sur les differens grains de pollen de Zamia (fig. 19, 22, 23, 24, 25), avec des nuances si bien menagees, que Ton n'aurait pas besoin de recourir a d'autres plantes, pour soumettre al'observation la theorie dont j'ai plus haul expose les elemens. Cette pretendue suture y prcnd toutes sortes de formes et deborde quelquefois I'e- piderme qu'elle repousse devant elle. 2o5. Je crois pouvoir me dispenser ici de refuter I'opinion qui avait assimile les granulations qui sortent pendant I'explusion des grains de pollen, aux animalcules spermatiques des animaux, et qui leur avait meme attribue des mouvemens spontanes. Je renvoie mes lecteurs aux Annales des sciences d'obseri>ation , t. I, pag. 23o et tom. Ill, pag. 92, 01^ cette question a ete traitee avec une im- portance que doit rendre excusable le caractere des juges academi- ques qui s'etaicnt occupes, d'une maniere si serieuse, de cette singuliere conception. J'ajouterai seulemeut que le grain de pollen, outre les granulations glutincuses qu'il lance daus sou explosiou , ( 1256 ) cede sou vent encore a I'eau ties goutleletles d'huile csseiilielle plus ,ou nioins mclangee de lesine , qui, par I'evaporation do Icur sub- stance, sent susceptibles de decrire des mouvemens vagues et in- determines. Ces gouttelettes recouvrcnt la surface de certains pol- lens et manquent absolunient sur d'autres. 204. Par tout cc que nous avons dit , il est aise de prevoir que sous le rapport des proportions , I'analyse des pollens variera a I'in- fini selon les diverses plantes; que les uns fourniront plus de re- sine, ou d'huile, ou de sucre que les autres ; que le gluten sem- blera plus abondant (parce qu'il sera plus elastique ) et plus azote (parce qu'il renfermera plus de sels animoniacaux § 1 23 ) plus ou moins combine avec les sels terreux et le posphate de chaux,par exemple , cliez ceux-ci que chez ceux-lu; enfin qu'a elle seule I'analyse en grand de ces sortes d'organes , ne pourra jamais jeter le moindre jour sur le mystere de la generation, enfin que la substance active du pollen peut exister independamment de la variete des produits et des formes (1). 205. Nous avons vu que les glandes vesiculaires des feuilles du houblon possedent la structure, les substances et les proprictes des grains de pollen ; que placees dans I'eau elles produisent une explo- sion comme ce dernier organe. Ces glandes paraissent done desti- nees a jouer dans le vegetal un role analogue au pollen ; et il me parait plus que probable que cette analogic piquante explique les experiences de Spallanzani (2) sur la fecondation du chanvre et de I'epinard, sans le secours du pollen des antheres ; car les glandes' vesiculaires, qui sont des organes polliniques , se retrouvent sur la page inferieure des feuilles du Cannabis sati\>a , et en tres-grand nombre sur leperianthe de sa fleur femclle, avec des formes (fig. i5 et 14) qui ne different que par quelques nuances, des formes des glandes du houblon. Sur lamercuriale , ces glandes s'eloigncnt dela structure des glandes de ces deux especes; mais Hen ne s'oppose a (1) Voy. Aititales ties sciences iPobseri'tition, t. Ill , p. 366, nu nous avons fait I'application do ces idees i une analyse du Pollen ilu Typha , publice par M. Biaconnot. (2) Eipcr. poiiv servir ii rhit.1. de In i^cner- des nniiii. el des pi. , Irad. de Se'nebier, p. S/Ji- ( 357 ) adiiicltre que ccs differences no portent que sur des substances etran- geres a la faculte fecondante. Par consequent , il est vraiscmblabic que ccs glandcs ont fait I'office de I'organe male dans les expe- riences de Spallanzani qu'elles ont donne le change a ce giand observatcur, et que tous les cas de fecondation sans pollen dont il a parle , au lieu de former tout autant d'objections contrc la neces- ^ite du concours des deux sexes dans I'acte de la fecondation, ne doivent plus etre consideres que comme des cas particuljcrs de cctte loi generale. 206. En resume, nous venons de voir que les organes que j'ap- pelle polliniques, soit des antberes, soit des feuilles, se compo- sent, 1° d'une vesicule externe, tenant par un Hile a la membrane sur laquelle lis ont pris naissance, vesicule que Ton peut comparer au tegument des organes feculeus ; 1° d'un tissii cellulaire interne forme d'emboitemens plus ou moins nombreux, infdtres de resine , de cire, d'huile essentiellc , et dont une portion conserve les carac- t^res du gluten, tandis que le tissu cellulaire glutlncux renferme dans le tegument feculent n'est infdtre que d'une substance gom- meuse melangee avec une substance colorable en bleu par I'iode {amidon) , ou privee decette substance colorable [inuline). Nous entrerons dans des details plus nombreux sur les formes varices des glandcs polliniques, lorsque nous serous arrives al'application im- mediate de ces recherches chimiques a la theorie physiologique. ff 207. Glandes adipeitses , graisses et tissus adipeux. Analogie de. leur organisation. — Qu'on prenne une graisse ferme et qui n'ait pas encore etc souniise a I'influence d'une temperature elevee ou a Taction du mortier. Les graisses de mouton, de veau et de boeuf se prftent tres-bien ii la manipulation que je vais decrire. La graisse de pore ne peut etre manipulee que par une temperature de — 5 degres au moins. Qu'on dechire ensuite, sans Tecraser, une masse de graisse sous un petit filet d'eau, apres avoir eu soin de placer, sous le filet d'eau , un tamis en crin dont les mailles ne soient pas tres-fines. A cbaque tiraillcment du tissu, I'eau qui tombe sur la masse adipeuse detache des myriades de granules pour ainsi dire amylaces, et quelqucfois des fragmens de tissu cellulaire assez considerables; les fragmens restent sur le tamis, et les granules passcnt a travers les mailles, tombent jusqu'au fond dune terrine pleine d'eau qui les recoil, remonlent ensuite a la surface du Ii- ( 238 ) quide, ou ils se rassemblent sous forme d'une poudre cristalline et blanche comme la neigc. Lorsquecette nialaxation est achevee , c'est-a-dire, lorsquel'eau qui decoule des mains du manipulateur ne passe plus laiteuse, Ic tissu adipeux est reduit a I'aspect et a la consistance de tous les tissusmcmbraneuxdesanimaux. On n'a plus alors qu'a enlcver avec inie ecumoire la couche de granules qui se tiennent en suspension i la surface de I'eau de la terrine, et a les laisser cgoutter sur un filtre soit en toile soit en papier. On obtient ainsi une poudre amy- lacee, mais plus douce au toucher que Tamldon, etqui ne reflechit pas la lumiere d'une maniere aussi cristalline que les depots amy- laces. (i) 208. Ces granules adipeux qui se tenaient en suspension a la surface de I'eau , se precipitenl au contraire dans I'alcool froid , et ne m'ont pasparu, apres quinze jours de depot dans ce menstrue, avoir subi aucune alteration appreciable ; ils se comportent a pen pres dans I'alcool comme la fecule integre dans I'eau froide ; elle s'y ,f«- ' *^ 'I' conserve integre indefiniment. A J liw 2og. Observes au microscope, ces granules (pi. i3, fig. 1, 2, 1/^ •;{;, 3,4) presentent des formes et des dimensions variables, non-seu- /i I ■ (L lement selon les divers animaux, mais encore dans le meme animal /l^ *■ ^A-^t meme selon I'age des animaux; toutes circonstances que nous 'r^'^^ avoDS eu lieu de remarquer a I'egard des grains de fecule. (§ 5 ) J' ' f^' 210. Les granules adipeux du mouton , du veau et du bceuf se *'|J. ^ presentent au microscope, avec un si grand nombre de facettes ^\jfj. J' parfaitement bien dessinees, qu'on serait tente de les prendre pour ^/y' les cristallisations les plus regulieres. fcA^ ,(,' 211. Par refraction , les facettes du pourtour paraisscnt noiratres, X^ ^ et celles du champ jaunatres (pi. i3, fig. 3 et 4)- -^ - 212. Par reflexion (2), chacun de ces granules est d'un blanc (t) Ce precede mo paratt infiniment prdfe'rable a celiii que M. Chevreiil a iildiqtie dans ses Recherches chiiniques sur les corps grus tie nature aniinale , 1828 , p. 197, n" 597. Pour obtenir la giaisse au plus grand etat de purcte , M. Clicvreul fail fondrc les graissps et filtre ensuite pour en SL'i)arer les rnatieres etrangeres. (•2) Les opticicns ne manquent jamais d';ijoiiler h lours microscopes de3~ loupes, des miroirs re'flecfeurs ou des prismes , pour eclairer les corps ( 2.>9 ) cristallin , et ils reflechissent la lumi^re commc le feraient dc beaux cristaux de quartz ( fig. 2,8). 2i3. Leurs formes etleur diametre varient a I'infini, cependant entre des limites J)ien plus rapprochees que celles que nous avons observees a I'egard des grains de fecule. 214. Les granules de la graisse de pore (|gl. i5 , fig. 1,6) s'eloi- gnent des formes et de I'aspect cristallin des granules des trois ani- maux precedens, et se rapprochent d'une maniere frappante des globules de fecule. Ils sont arrondis sans etre spheriques, oblongs et reniformes , possedant un hile bien plus visible et plus conside- rable que celui que j'ai decouvert sur tous les globules vegetaux qu'on avail crus jusqu'a ce jour isoles. Par reflexion ils sont blancs comme la neige ; par refraction ils sont jaunatres, plus colores en noir sur les bords que les autres globules adipeux, et laissant ma- nifestement entrevoir dans leur sein des globules plus petits, ana- logues a ceux que j'ai decouverts dans le grain de fecule qui se vide sous I'influence de la germination ; leur diametre depasse de beau- coup celui des plus gros granules adipeux du mouton et du boeuf. Pour les obtenir isoles, il faut laisser pendant une hcure une masse de graisse de pore exposee a un froid de — 5°, et malaxer en dechirant le tissu dans une eau a -|- 2° ou 3° environ. 21 5. Chez les insectes, les granules adipeux sont en general tur- bines a cause du hile considerable par lequel ils tiennenta la mem- brane de la cellule dans laquelle ils ont pris naissance. Leur tegu- ment est plus ferme que dans les granules de la graisse de veau ; mais leur conteau est fluide et a I'etat d'huile. 216. La graisse humaine , plus fluide que celle du pore, offre qu'on veiit observer sur un fond opaque. Je me suis convaincu, par ma propre experience , que tous ces instrumens ne donnaient qu'unc lumiere vague oil tronque'e. Au microscope simple comme au microscope compose, on n'a qu'a faire usage de la lumiere directe des nuages, en placant son iustrunient en face d'un beau ciel ; on parvicnt presque toujotirs a dis- tioguer nclteraent les corps opaques qu'on ne voit avec une lumiere reflc'chie que dans une espece de vague nuageus. Au microscope acliro- matique , on nc laisse qu'un objectif, on tire tous les tubes , et Ton obtient ainsi un grossissement de 80 a 100, avec un foyer de pres d'un poucc. La lumiere arrive alors sur Tobjet , commc si ou observait a la loupe simple d'un poucc de foyer. ( -^40 ) plus de dilficultes sous le rapport de I'elude de ses globules. Par la nialnxation i\ la temperature ordinaire, il serait impossible d'obtenir autre chose qu'un rnagmn desorganise. Le hasard m'offrit une oc- casioH favorable d'en observer les formes et les diam^tres. J'avais laisse tomber de la graisse humaine daus I'acidenitrique; j'en placai quelques grumcaux sur le porte-objct, ct je retrouvai sous mes yeux I'eftet que j'avais vainement tache de produire par des moyens plus compiiques. La graisse humaine saponifiee par I'acide s'etait figee, et avail determine par la le retrait des parois des cellules qui la recelent. C'est ainsi qu'au lieu d'un mctQma informc , la graisse humaine m'offrit ses cellules-limites isolecs sous forme de crlstaux a facettes, dont il m'etait dcs-lors facile de determiner la figure generate etles dimensions les plus ordinaires. 217. Je produisis le meme cffet par la saponification au moyen de la potasse , en laissant sejourncr a froid, et pendant quelques jours, la graisse humaine dans cet alcali caustique. 218. L'effet de ces deux reactifs doit varier, comme on peut le presumer, selon la temperature et les quantites relatives des sub- stances employees ; I'exces du reactif ou de la chaleur serait capable de carboniser la graisse ou au moins d'en alterer le tissu cellulaire. 2ig. Je commencai par examiner, a I'aide de ces precedes, la graisse prise sur le sein, sur la poitrine, la cuisse, le pubis, le mesentere d'une femme raorte en couche a I'age de 3o ans. J'ob- tins , en dechirant le tissu macere pendant 4 heures dans I'acide nitrique, les formes des flg. 7, 8, pl._i3. La fig. 7 represente les granules observes par refraction ; les bords des granules y parais- sent unpen franges par Taction corrosive de I'acide nitrique; ces franges disparaissent en observant par reflexion (fig. 8). 220. En laissant sejourner dans I'eau froide le tissu adipeux, je parvins encore a observer sur de petits fragmens I'organisation de son tissu. II est vrai que, dans ce cas, les cellules, au lieu d'etre polygonales , etaient arrondies et giobuleuses ; qu'au lieu d'etre obscures, comme dans le cas de la saponification, elles conservaient toute la limpidite de I'huile; et qu'enfin on aurait pu m'objecter que je voyais la, non des cellules, mais des gouttelettes d'huile qui se seraient agglomerees apres avoir ete exprimees des tissus qui la renfermaient ; mais, a I'aide d'une pointe, je m'assurai qu'elles etaient emprisonnecs chacune dans sa vesicule propre, ainsi qu'on ( 24» ) peut s'en faire une idee par la figure g qui appartient a la graisse prise sur le pli du coude d'un enfant mort a I'uge de 8 ans. 221. Enfin je finis par rencontrer des cas oii, en coupanl avec des ciseaux Ics bords un pen dcsseches spontanement d'un flocon de graisse humaine , et surtout la oii aucun dechircment n'avait entame et frange le tissu, j'obtenais I'image du tissu cellulaire le plus regulier et le plus analogue au tissu cellulaire qu'on observe avec tant de facilite dans les vegetaux. La figure lo rcpresente au grossissement de lOO diametres, le bord d'un flocon de graisse ap- purtenant a une fenime morte en couche a I'age de 3o ans. On voit les cellules (a) distendues' sur les bords du flocon , et les cellules (b) affaissees apres avoir ete videes par suite de leur solution de conti- nuite. 222. Apres ce que j'ai expose (§ 120) sur la maniere dont les tissus cellulaires s'ofl"rent au microscope , on concevra sans peine que le reseau qu'on observe sur le flocon de graisse humaine (fig. 1 o) n'est forme que par la juxta-position des cellules-limites de la graisse, et en definitive n'est autre chose que I'ensemble des interstices que les cellules laissent entre elles. Les granules des graisses fermes, telles que celles de veau ct de mouton, lorsqu'ils sont appliques les uns contre les autres (fig. 5) , offrent les memes reticulations, et il suflit de les desagreger, pour voir s'evanouir toutes Ics anas- tomoses de ce reseau , et pour se convaincre que chaque ligne d'un des polygenes n'etait qu'un interstice de deux faces accolees. 225. J'ai pris soin de mesurer les extremes de tous ces divers granules, je vais mettre en tableau les resultats que j'ai obtenus. Les nombres expriment des fractions de millimetre. PORC. Reniformes. 1/3 aur 1/4 1(1 sur )/3 Polvedres Ires- 'les. oblongs iDscrils dans 1/6 sur i/jo 1/4 sur 1/7 1/5 i/8suri/io ■ /7sur./U ./.o MODTON. Idem. ./7»uri/.c >/«nr 1/7 ./.o 1/7 ceplibles s'isoler. l/i5 i/>4 1/7 l/5o l/.-.S 1/20 HANNETON. Turbines ct mous. 224. Ce tableau prouve evidemment que les granules de graisse de ranima! jeune affectent des diametres inferieur? aux granules 4- 16 ( -42 ) do la grais3c dc I'adultc , ct (jiic par consequent ccs granules onf graudi avec raniuial liii-mr'nie. 225. Quoiquc I'analogie indiquAt d'avanee que chacun dc ces granules isolcs est une cellule, composee .au nioins d'un tegument et d'nne substance quelconque y inclusc, cependant il etait neces- saire de Ic verifier par Texpcriencc dircctc. Je placai an porte-objct un verre de montre reuipli d'alcool dans lequel j'avais depos« d'abord des lilamens de colon et ensuitc des granules de graisse de moulon. ,1'cnveloppai Ics objeclil's d'un dc en vcrre trcs-mince qui s'appliqiiait exactemcnt par sa partic concave contre la lentille; jc plongeai ics objcctit's dans I'alcool mfme. Dc ccttc inanicrc Ics \a- penrs alcooliqiies ne pouvaicnt plus, en sc condensant contre la surface extcrne de I'objectif , nuire a la nettete de la vision; et, d'un autre cote , le de en verre s'opposait a ce que I'alcool en s'in- sinuant a travers les jointures des lentilles et de la monture, ne vint se condenser dans rinterieur mcme des tubes. Je remplacai ensuitc le miroir rcflecteur par une lampe a esprit-de-vin suflisam- ment cloignce, dont la lumierc devait ochauffer et en meme temps c'clairer I'objet. C'est avcc cet appareil egalcnient applicable aux microscopes composes ou aux microscopes simples de Dclcuil, que je suis parvenu a ctudier toule rbisloirc d'un j^ranule dc graisse. Car il arrive un instant ou un de ces granules s'embarrasse et se fixe dans les fibrilles de coton qu'on a eu soin de placer dans le verre de montre ; et dans cette circonstance favorable voici ce qu'on observe : Tant que I'alcool n'entre pas en ebullition , le granule semble rester stationnaire ; mais des que I'cbuUilion se manifesle, on le voit se distendrc, devenir transparent; on distingue dans son sein des globules internes; bientot il se dechire en deux ou trois t fragmensqni s'agitent au gre du liquide, niais ne subissent pas la moindre alteration pendant tout le cours de I'experience. On voit passer sous ses yeux, avec toutc la rapidite de I'ebuUition , une foule de debris scmblables a celui qu'on observe, et qui ne s'alte- rent pas plus (jue lui. Si maintenant on remplace la lampe par le miroir rcflecteur , et qu'on laisse refroidir I'appareil, on observera que le precipitc ne sera compose que de ces fragmens de mem- branes qu'on auravus se rouler sous ses yeux pendant I'cbullition, et qui sont evidcmment ideutiques avec les fragmens du granule qu'on ii'a pas perdu dc vuc pendant toutc la durce de rcbullition. ( 245 ) 226. Chaque granule degraisse sc compose done, ainsi que le grain de feculc (§ii), d'un tegument vesiculeux et insoluble dans ralcool froid ct bouillant, et d'une substance incluse qui reste soluble dans ralcool bouillant ou relVoidi, et meme d'un tissu cel- lulairc interne peu apprccijil)le a nos moyens d'observation. 237. Ccpendant si les granules de graisse etaient en exces par rapport a I'aleool , il arrivcrait que , par le refroidissement, Tcxces se precipilerait, et cc precipite produirait des flocons globu- laires qui simuleraient a I'oeil un tegument. II laudrait alors recom- mencer a I'aire bouillir ce precipite dans un esces d'alcool, et Ton verrait ainsi disparaitre pour toujours ces tegumens illusoires. 228. Un effet analogue a lieu, lorsqu'on a laisse sejourner les granules de graisse dans I'aleool froid. L'alcool froid dissout tou- jours une faible quantite de la substance incluse (soluble); et comme il s'evapore sans cesse une portion d'alcool meme a tra- vers les bouchons les mieux fermes, il s'opere par consequent un precipite proportionnel. Ce precipite alien sous forme de globules qui se deposent sur la surface de chaque granule et lui imprinient I'aspect que j'ai represente (fig. 3). 229. Une fois I'analogie du granule de graisse avec le grain de fecule etant bien constatee , il me restait a m'assurer de I'analogie du tissu adipeux lui-meme avec le tissu cellulaire vegetal, et du role que le granule de graisse ou cellule-limite joue dans ce tissu. Or, si I'on prend une masse de graisse fernic (pi. i3, fig. ii), telle que la graisse de mouton, de veau ou de bceuf, on peutme- caniquement constater que cette masse se compose d'une vesicule externe (a) , a parois fortes et membraneuses , mais sans aucun pore visible a nos moyens d'observation ; qu'elie renferme dans son sein de grandes masses {b) faciles a separer les unes des autres, et revetues chacune d'une membrane vesiculeuse a parois moins fortes que la vesicule externe, et chacune renfermant comme cette derniere un certain nombre de masses dun plus petit calibre, les- quelles en conticnnent d'autres, et ainsi de suite jusqu'a la vesi- cule ((•) qui renferme les granules adipeux, et dont les parois sont si minces qu'a I'ceil nu on serait tente de prendre pour une seule vesicule I'agregat d'une foule de petites cellules pleines de gra- nules adipeux. On voit evidemment que chacune de ces masses particUes, qu'on chcrche a enlever, tient par un point quelconque ( 244 ) de sa surface, a la face interne de la vdsicule qui la renfermait; en sorte qu'en suivantcette degradation de I'analogie, on doit ad- inettre que les granules adipeux ticnnent par un liile a la cellule qui les renferme, comme nous avons vu les grains de fecule ad- herer par un hile a la face interne de la vesicule glutineuse ou li- gneuse qui les a engendres. Ce hile est invisible sur les granules de graisse ferme du raouton et du veau , parce qu'il a ete comprime comme toutes les faces du granule ; il est plus visible sur les gra- nules de graisse moins ferme , parce qu'aucune compression et aucime cassure ne I'a fait disparaitre. 23o. Composition chimique de la graisse. — Je viens de m'oc- cuper de la structure anatomique de la graisse , je vai? exposer maintenant quelques considerations destinees a donner une idee de sa composition chimique et de ces decompositions. 33 1. Les anciens classaient les huiles et les graisses d'apres les differences de leur fusibilite. La chimie moderne considere chaque graisse comme une combinaison en proportions variables; i°d'une graisse solide a la temperature ordinaire, fusible a une tempera- ture plus elevee, insoluble dans I'eau, soluble dans 6 fois i/4 son poids d'alcool a 0,795 de densite et bouillant [stearine); 2° d'une huile fluide a -{-4°, insoluble dans I'eau , soluble dans 3i fois i/4 son poids d'alcool a 0,816 de densite et bouillant (oliiine); telles sont les differences essentielles qui, d'apres la chimie moderne^ existent entre ces deux substances. Leur analyse elementaire n'en offrc aucune , ainsi que le montre le tableau suivant : Carbone. Hydrogei Stearine. . . 78.776 i«,770 9.445 j chevreul. f Oleine . . . 79,o3o 11,423 9,548 ) ■•}■ aSa. En effet , on trouve moins de difference entre ces nombreft qu'on n'en remarque entre deux analyses de la meme substance, faite par les chimistes les plus exacts, ainsi qu'on pent s'en con- ■vaincre par le tableau suivant : i Blanc de baleine. Graisse de pore. 81, 75,474 78,843 795098 ( 245 ) Uydrogenr. i3, 12,795 12,182 1 1 , 1 46 Oxigeoc 6, w,377 8,5o2 6,756 Berard. Saussure (1). Saussure (2). Chevreul. 233. On pent done conclure , sans crainte de se tromper, que sous le rapport de leurs elemens, non-seulement la stearine ne diff^re pas de I'oleine, mais encore que ni I'une ni I'autre de ces deux substances ne differe de la graisse elle-mgme dont on les obtient. 234. On ne doit pas s'attendre que ces deux substances , une fois obtenues par la manipulation ordinaire, n'offrent aucune diffe- rence quant a leurs proprietes physiques; mais je vais essayer d'etablir que ces deux substances, ainsi obtenues , n'existaient pas dans la graisse avant la manipulation; ce que je vais faire preceder de quelques considerations generales. 235. Les substances animales ou vegetales , dont la destination est de concourir a la formation des tissus, doivent necessairement offrir, sous le rapport de la fluidite, des gradations successives, depuis I'etat d'une liquidite pour ainsi dire aqueuse, jusqu'a un etat approchant de la solidite des tissus. C'est ainsi que nous avons vu ( § 1 ig) I'albumine de I'ceuf de poule varier depuis I'instant de la ponte jusqu'aux dernieres periodes de I'incubation. C'est ainsi que la gomme exsudee du vegetal acquiert de jour en jour une consistance qui la rend de moins en moins soluble dans I'eau. C'est ainsi que les huiles, par I'absorption de I'oxigene de I'air ou par la perte de leurs parties aqueuses, se figent de plus en plus, effet qui doit avoir lieu avec plus de regularite encore dans le sein des cellules de I'etre vivaat. Or, on conceit ( § 35) que ces effets, dont les sommes apparaissent bientot d'une maniere sensible, s'ope- rent successivement , et que, par consequent, si Ton voulait dis- tribueren deux classes les gradations des molecules de ces substances (i) M. dc Saussure y a trouve de plus 0,296 d'azote. (1) M. de Saussure y a trouve de pips 0./J73 d'azote. ( •■^46 ) vers I't'itat de tissus, cette division seiait lout aussi arbilrairc ijiic celle par lafjuclle on paitagerait en deux ages egaux une scrie de cinqiiante individus variant d'age depuis un an jusqu'a cinquante. Les molecules de graisse et d'huile sent douees, il est vrai , dans les organcs celliilaires qui les recelent, d'une fluidite toujours de- croissante ; 'mais par'cela niGme ces divers etats de la meme sub- stance cessent de se pretcr ;; la precision des classifications, et ne sauraient etre consideres comme formanl plusieurs ou sculemcnt deux substances distinctes. A-t-on jamais essaye de classcr les nuances d'une degradation de couleurs ? 236. On sait encore depuis tres-long-temps qu'un acide concen- tre est capable de saponifier une huile ou une graisse, en lui sou- lirant une certaine quantite d'eau. Cette combinaison de I'acide et de I'huile communique a I'huile la propricle de devenir soluble dans I'eau. II est bon d'observer que pour produirc un magma par ce melange d'acide et d'huile , surtout lorsqu'on se sert d'acide sulfurique, il faut agiter le melange au contact de I'air; il se pro- duit alors de la chaleur, les molecules aqueuses s'evaporent, et I'huile se fige de plus en plus; elle rep rend sa fluidite, si I'on y remet de I'eau, 237. Quand on est parvenu a dissoudre de cette maniere une certaine quantite d'huile dans un acide (sulfurique par exemple), I'eau ne precipite pas I'acide ; mais si on y verse de I'ammoniaque, il se forme tout a coup un precipite plus ou moins floconneux et gras, qui provient de I'huile alteree. Je me suis assure, au moyen du microscope , que la dissolution etait complete auparavant , et que le liquide ne tenait aucun flocon en suspension. 258. J'ai deja fait remarquer depuis long-temps, combien Ton se tronipait, lorsqu'A I'aide des lavages meme les plus nombreux, on pensait etre parvenu a depouiller une substance organique de I'acide quelconque dont on I'a prealablement impregnee. Cette remarque s'appliqne avec plus de verite encore aux huiles et aux graisses. Si la substance grasse s'est combinee avec une quantite d'acide trop faible pour lui communiquer la propriete de se dis- soudre dans I'eau , il arrivera , lorsqu'on voudra lui enlever I'acide, en I'agitant dans I'eau, qu'ellc se divisera en globules d'un volume variable. Alors I'eau s'emparcra, a la verite, des molecules d'acide qui recouvrent chaque globule huileux, mais elle respectera neces- ( '^4; ) .-aiienient racide einprisoiinc dans Ic sfiii du glohnlc menu: ; el (ill aura tort dc coiiclure (|iio riuiilc a pii elre (■nlh'rciiient rlijtuiiil- Ice d'acidc, par cela scul que Tcau do lavage n'en ofliira plus dc traces sensibles. J'ai place une larnic d'ncide hydrochloriquc dans un centimetre cube d'huilc d'olive ; j'ai lave a grandc eau , et alors que I'eau ne mc semblait plus donner de traces d'acidite, je par- venais pourtant , a I'aide d'unc dissolution dans I'alcool froid , a en reconnaitrc I'existence. Au bout de trois mois d'expusition a I'air. cctte huilc renfermait encore de I'acide hydrocblorique. 25(). Les molecules des buiies et des graisses sont si faciles a sc desagreger et a former de nouvelles couibinaisons , qu'on ne peul les soumettre a I'influence de la moindre elevation de temperature, sans en retirer des produitsaussinouveaux que varies. Onsavaitau lemps de Macquer, qu'en distillant la graisse demouton, ou le beurre, on obtient dans le recipient une buile dont la fluidite est a pen pres semblable a ccUe des Iiuilcs grasses , ensuite une buile epaisse qui se fige dans Ic recipient quand ellc est refroidic, qui doit etre ensuite accompagnee dc quelques f^outtes de liqueur dont I'acidite devient de plus en plus grande, enfin une buile epaisse, une espece de beurre qui a une couleur rousse. On savait encore de son temps qu'en distillant une buile grasse avec le double de son poids de chaux eteinte a I'air, on peut attenuer I'epaisseur de I'huile jusqu'a lui commnniquer I'aspect d'unc buile esscntielle , et qu'a mesure que I'builc tenue passe dans le recipient, il reste dans la cornue une portion epaisse et lourde dc la memo buile. Il serait facile de de- montrcr dans les produits de la premiere ol)servation, tons les ana- logues des produits qu'on a decouverts de nos jours par la distilla- tion des corps gras; cc qui nous ecarterait pour le moment un peu trop dc notre sujet. 240. Non-seulcment les alcalis et les acides peuvent (aire con- tracter des proprietes nouvelles a une substance grasse, mais en- core I'alcool lui-meme est capable de la modifier. « Ainsi, dit Boerbaave (1), il y a une autre metbode moins connue et plus pe- nible, pour faire que les buiies so melent a I'eau ; aussi les artistes la regardcnt-ils comme un secret : elle consislc a faire digercr dans (i^ F.U'm tie rhiiini- , t. IV , Traitc' Jc I'rait, j) 81. ( 248 ) I'alcool , asscz long-temps et suivant les regies de I'art, quelqu'une de ces huilcs , qii'on appelle essentielles , et a meler ensuite intime- ment le tout par plusieurs distillations reiterees ; par la la principale partie de I'huile est si fort attenuee et si bien confondue avec I'al- cool, que ces deux liqueurs peuvent se meler avec I'eau. » II est inutile de faire observer que le meme effet aurait lieu sur Ics huiles gi'asses; car enfin puisque la chaleur seule est capable d'imprimer des changemens aussi considerables aux huiles, il est evident que I'alcool, bien loin de s'opposer a ces phenomcnes, ne doit qu'en ac- croitre I'intensite. Puisque les huiles peuvent se combiner non-seu- lement avec les acides mineraux, mais encore avec les acides vege- taux, il est evident que Taction de la chaleur produisant la formation d'acides varies aux depens de toute substance organique, acides que Ton peut considerer theoriquement comme carbonique et aee- tique, il arrivera que la partie huileuse qui passera dans le reci- pient ou qui restera dans la cornue se combinant avec ces acides, semblera revCtir les caracteres d'une substance acide qui tiendrait et de I'acide et de I'huile, et qui oflVirait des proprietes plus nou- velles encore, si I'on salurait son acide par une base. 242. Nous avons vu ( § 127) que la potasse caustique transforme une portion des substances organiques en acides acetique , oxa- lique, etc. La saponification au moyen des alcalis determinera done la formation d'un ou de plusieurs acides qui satureront une partie de I'alcali combine avec la substance grasse. 243- Faisons maintenant I'application de ces cinq propositions qui doivent paraitre incontestables , a la determination des sub- stances nouvelles ou nouvellement denommees que I'etude re- cente des graisses a introduites dans la science; et occupons- nous d'abord de Voleine et de la stearine, dont toutes les graisses, meme dans I'etat de vie des organes qui les recelent, ne seraient, d'apres les auteurs, que des combinaisons en pro- portions variables. 244- Ste'arine et oltine. — Je place dans un matras de la graisse de pore, par exemple ; je la traite par sept a huit fois son poids d'alcool presque bouillant. Je decante le liquide et traite le residu par de nouvel alcool jusqu'a ce que toute la masse soit dissoute. Chaque portion d'alcool laisse deposer par refoidissement, sous forme de petites aiguilles, la slcarine et retient VolcHne qui, lors- ( =49) qu'on reduit la dissolution i i/S de son \olume, se rassemble en une couche semblable a I'huile d'olive. 245. Je dis que dans cette experience, la partie qui se depose la premiere fois etait, avant la manipulation, identique ayecla partie qui reste dissoute, et que, si elle se precipite, e'est que I'alcool en dissout plus achaud qu'a froid. Cela est tellement vrai , quesiau lieu d'employer six a sept fois son poids d'alcool dans la premiere ex- perience, on emploie une quantite en exces de ces menstrues, on n'obtient aucun precipite par le refroidissement, meme alors qn'on aura concentre suffisamment le liquide. Mais il ne faut pas perdre de vue que la graisse que Ton traite ainsi, par six ou sept fois son poids d'alcool, reste appliquee contre des parois echauffiies, subit I'effet de I'elevation d'une haute temperature (g aSg), et s'altere d'autant plus que I'on reitere ces traitemens. Aussi aura-t-on lieu de remarquer, qu'a chaque nouvcau traitement on aura des quanti- tes et des qualites de produits differentes de celles des precedentes experiences. II ne sera done pas extraordinaire qu'apres tant de ma- nipulations on obtienne une, et meme, si Ton ne s'attache qu'a constater la solubilite et la fusibilite , plusieurs substances diffe- rentes. Mais on ne sera pas plus en droit de conclure que les sub- stances nouvelles se trouvaient combinees en proportions variables dans la graisse de I'animal vivant, qu'on neserait en droit de con- clure que les acides qui se forment a I'aide de la clialeur se trou- vaient dans la substance adipeuse avant la manipulation. 246. Lorsqu'il s'agit d'obtenir les deux principes supposes de I'huile d'olive ou de toute autre huile , on se garde bien de com- mencer I'operation par I'ebullition dans I'alcool. On congele I'huile et on la depouille de sa portion non congelee, en la pressant dans du papier gris. Mais on n'obtient la stearine pure qu'apres I'avoir soumise a plusieurs reprises a Taction de I'alcool bouillant. Or on ne saurait nier que la congelation produit sur les substances or- ganiques des alterations importantes. Ce genre d'alteration est "analogue, sous certains rapports, a celle qu'exercent les substances avides d'eau ; c'est-a-dire que la gelee opere le depart de I'eau dont toute huile est impregnee, et tend ainsi a epaissir, a coa- guler la portion essentiellement huileuse , de meme que les acides concentres et la potasse caustique coagulent les huiles, en faisant une soustraction de leurs molecules aqueuses. Si a Faction dela cha- { .5o ) leiir on ujonlc celle de ralcool qui est luiit aussi aviilc d'cau que Ics acidt's, on ne nianqucra pas do coaguler , d'epaissir, de dosseclier la portion de la substance huileuse qui aura ote la premiere atla- quee, d'obtenir la portion alterce sous forme de siearine, et sous forme d'oleine la portion devenue plus fluide par la chaleur ainsi que par sa combinaison avec ralcool. 247. Acides grtis. — On pcut obtenir ces acides ( sthaciqiit , oleiqiie , margavique, phrccniqiie , hntjrlque, etc. ) , ou bicn par la saponification, ou bien par la distillation. 248. Par la saponification on combine une substance grasse avec la potasse , on saturc la potasse avec un acide , et Ton obtient une substance grasse plus ou moins fluide, qui, a I'etat liquide, roiigit le tournesol et devient susceptible de saturer les bases. Or, par ce que nous avons deja fait remarquer (§ 242), on ne se rcfuserapas a croire que I'acide employe en exces pour saturer la potasse de la substance saponifiee , reste combine avec la substance grasse et la saponifie a son tour. D'un autre cote, comme la saponification par la potasse ne pent avoir lieu sans rintermcdiaire de la chaleur, les acides acetique, carbonique, oxalique, etc, , s'etant formes soil par Taction de la potasse, soit aussi par Taction de Televation de temperature, Tacide nouveau mineral ou vegetal qu'on emploiera pour saturer la potasse isolera en tout ou en partie ces acides, qui ne manqueront pas de s'unir aux substances grasses et de leur pre- ter le caractere de Tacidite. 349. Si, an lieu de la saponification, on a recours, pour les pro- duirc , a la distillation , on oblicndra a pen pres les memes resul- tats. Les acides produits par la decomposition do la substance grasse do la cornue, iront se meler dans le recipient avec tous les produits qui s'y rendront avec eux. 25o. En consequence , en considerant les nouveaux acides gras comme une combinaison ou plutot un melange de matiere grasse plus ou moins fluide a la temperature ordinaire, et d'un acide soit produit, soit ajoute, on n'aura pas besoin d'avoir recours a Texis- tence d'acidcs gras, et tout s'expliquera avec une simplicite qui est voisine de Tevidence, quand on pense que la nature ne compliquc jamais ses causes et ses lois de creation. La capacite de saturation de ces acides est loin de s'opposer a ce (jue nous venon? d'avancer ; et quant a Tnnalyse clementaire des acides founiis par les corps The "Bibliographie de la Prance, 12 Ferrier, 1S31" , announoes the appearance of the "Essai de Chimie microscopique appliquee a la physio- logie ... Par M. Raapail . In-8** de ,j 9 feuillea 3/4, -plus 5 planches. Irnpr* de Fournier, S Paris, &c.", as a separate work. . ( ■^'» ) gras, ellc ne presenlo ontrc eux auciine diffeieiice reelle; car l'o\i- gene y varie, par excinplc, tic 7 i 8; I'hydrogeiic ile 1 1 a 12, et Ic carbone tie 79 a 80 ( Voy. § a5i ). ■ 25i. On me repondra peiU-t'tre qu'ii olait iuteressant de consta- / rl€ ter les difierences tie ces produits, quoiqu'ils n'existent pas dans la ^ij^J-Jthu- nature. Je ne le nie ptiint ; mais je ferai observer (lue, sons ce rap- C/ -,. A port , les modcrnes sont restes bien loin dcs anciens ; car ceux-ci • " avaient reconnu que, si Ton tlistiile de nouveau la partie la plus ,'■ ' '^» fluide de la graisse qui a passe dans le recipient, on obtiendra, " r-tti^ a chaque distillation-, une huile plus ou moins fluide, et qui, ■cxJ\4*^ apres la sixieme ou huitieme distillation , sera aussi limpide que 1>\^ I'eau. Or conime les caractt'res diffcrentiels de toutes ces substances factices resident dans leur plus ou moius de fluidite et dans leur plus ou moins de solubilite dans i'alcool, il s'ensuit qu'a chaque distillation on aura une nciuveile substance terminee en ine ou un acide nouveau. Nous renvoyons a ce sujel a la Chimie praligue j de Macquer, torn. 2; Ton y verra combien tie substances nouvelles ■-< les graisscs auraient fournies a ce chimiste, s'il avait voulu leur ,, '^f-'/to imposer des noms. dt-cA^f^-cA^ii-^ ( La suite au prochain ninnero. ) i-n^ it>Jt*~t dcuM. ■ Li, Cct^ NOTICE GEOLOGIQUE ' aX~ h .^h SCR LES TERRAINS VV DEPARTEMENT DE LOT-ET-G ARONNE ( ANCIEN AGENAIS ) ; PAR L.-A. Chai'Bard et A.-G. de Raigniac. (^Suile lie la page 81. ) § VII. Formaticn des graviers diifond des valh'es. Le fond des vallt-es de la Garonne et du Lot, et les plateaux formes au-dcssus de la plaine par le calcaire crayeux, sont couverts par un depot de gjJets ou cailloux rouU'S de diverses sortcs. Cc soul dcs quartz laiteux, des granits communs et aniphiboliqucs, des ( 25a ) porphyres. On y trouvc aussi quelques blocs de grcs dur et qucl- qvies silex blonds fort rares , dont la plupart sont enveloppes d'une croQte calcaire qui , par une nuance graduelle et insensible, se fond avec la matiere siliceuse du noyau. Ces gres, surtout ces silex en- Tsloppes d'une croQte calcaire, ont sans doute ete fournis par les premieres formations secondaires , auxquelles ils ont pu etre sous- traits par les eruptions pseudo-volcaniques posterieures au depot du calcaire crayeux; mais a quelle formation doit-on rapporter tous les autres ? Parmi ces galets ou cailloux roules du fond des vallees , il s'en trouve d'une grosseur telle , qu'il est impossible d'imaginer qu'ils aient pu y etre repandus par les debordemens de la Garonne. On voit, dans quelques villages de la plaine, aux coins des maisons, des chasse-roues formes par un gros et enorme galet de porphyre ayant un a deux pieds de hauteur sur un pied de diametre. Dans ses plus fortes crues la Garonne ne roule point de pareilles masses. L'epaisseur de ces bancs de gravier, car il y en a plusieurs, atteint quelquefois deux ou trois metres. On y trouve communement des dents fossiles de cheval et de bceuf, et a Saint-Jean-de-Turac, en I'exploitant pour paver la route de Toulouse , on y a trouve une belle defense d'elephant qui est dans le cabinet de M. Laffore de Bourrousse , ainsi que des vertebres et un tibia du meme animal trouves non loin de la. Au voisinage de la Garonne, ou ces graviers peuvent avoir ete remanies par cette riviere, ils alternent plusieurs fois avec du sable ou de I'argile sableuse. Comme des raisons geologiques font penser qu'il pent etre compose de depots de differens ages, on devraitne point en negliger I'etude, et noter avec soin les diverses alternances que Ton y remarque. Car il serait interessant de savoir si cette al- ternance qui se montre aussi au plateau d'Issoire , en Auvergne , se retrouve generalement dans tous les depots de pareils graviers. Ces graviers du fond des vallees sont-ils une formation indepen- dante de celles des cinq calcaires precedens ? On trouve intercale , notamment au-dessous du sable du calcaire parisien, des graviers ab- solument itkntiques avec ceux du fond des vallees. Si ce fait ne dcmontre pas que ceux-ci font partie de cette formation , il nous defend de^^decider qu'ils constituent une formation independante ; cars'il est une chose probable, c'est que ces graviers identiques sont ( 253 ) dm ;\ une meme cause et doivent etre rapportes k la mgme epoque, piiisque d'ailleiirs rien ne s'y oppose. § VIII. Formation des sables et graviers des hauteurs. Le vaste plateau des Laiides d'Aquitaine, dent la partie la plus elevee appartient au departement de Lot-et-Garonne , est rccouvert par des sables accompagnes de graviers qui en occiipent la partie in- ferieure, parmi lesquels on doit distinguer des quartz jaspes absnlu- ment semblables a ceux que Ton appelle cailloux d'Egyple. On y trouve aussi quelquefois despetits galets de calcaire de transition, et frequemment des quartz hyalins roules qui ont recu le nom de cail- loux du ftledoc. Ce sable est blanc , transparent , tres-homogene. On le dirait forme de quartz crislallise. Depuis la Baise ou se ter- mine le haut plateau des Landes, toutes les collines qui se sont de- yeloppees vers Test, sur la rive gauche de la Garonne, sont pareil- lement recouvertes par un terrain de transport compose de graviers de moyenne grosseur, de sables et d'argile. L'ordre qui a preside a ladisposition relative deces matcriaux de formation estrcmarquable, car il differe suivant I'arrangement des collines entrc elles. Un petit vallon se dirige-t-il vers I'embouchure de la Garonne , de maniere a former avec la direction de la vallee de cetle riviere un angle moindre que Tangle droit, la croupe de coliine qui se trouve vis- i-vis ce vallon est couverte de gravier. Le petit vallon se dirige-l-il a peu pres a angle droit sur la grande vallee, la croupe de coliine Tis-a-vis de ce vallon est couverte de sable au lieu de gravier. II en est de nieme pour la croupe de coliine qui se trouve entre deux petits vallons diriges de maniere a etre converts de gravier , cette croupe est couverte de sable. Get ordrc est d'une telle Constance, que si on parcourt les collines du nord au sud ou du sud au nord . c'est-a-dire perpendiculairement a la direction de la vallee de la Garonne , il est aise de prevoir ainsi oii va se trouver le gravier, o\\ se trouvera le sable; et Ton ne se trompe jamais. Quand on est sur les lieux oii I'on voit si clairement ce singulier arrangement, on ne pent se defendre de penser qu'il est dfl a une puissante invasion de rOcean. Et en eifet, si la nier entrait par la vallee de la Garonne , ello laisserait le gravier li ou se trouverait le courant, c'est-a-dire dans le vallon, sur la croupe de coliine vis-a-vis, ct sur la penle op- ( 254 ) posec, tanclis qu'u cote dii conrant clle dt;poserait Ic sable; ce qui est absolunierit scmblablc a ce que Ton y voit. Pour ce qui est de la disposition relative des materiaiix dc forma- tion entre eux, clle denote un depot de sediment. Le gravier ou Ic sable, comme etant plus lourds, occupent le fond, ctl'argilc ferru- gineuse la superficie. Ce depot est moins repandu sur les croupes de collines de la rive droite de la Garonne. Cependant on I'y trouve en quelques endroits, notamm^nt au moulin de Saint-Julien, au-dessus du port Sainte-Maric , aux environs d'Aiguillon , a Grateloup. Dans cetle dernierc localite il offre meme nne circonstancc notable ; car il rcnferme des caillonx dc calcaire intermediairc, comme le gra- vier des Landcs. Ce gravier , de meme c[ue celui du fond des vallees , se compose de petits galets de quartz laiteux, de porphyres , et parfois de cal- caire intermediairc ; mais nous n'y en avons jamais vu dc granit. Du moins nous nous sommes inutilement donne beaucoup de peine pour y en decouvrir quelqu'un. Quoiqu'en general la grosseur de CCS caillonx soit moindre qu'une noisette, on ne laissc pas que d'y en trouver parfois d'aussi gros que le poing. Quant a I'argile, elle rcnferme toujours de petits rognons d'oxide de fer limoneux qui , cparpillcs ca ct la , n'y formcnt ni amas ni filons. Ces rognons sent envcloppes d'une croute argileuse qui, au premier coup d'oeil, les fait prendre pour des concretions d'argile endurcie. Mais ces graviers des hauteurs font-ils ou non parlie des diverses formations de calcaire dont il vient d'etre parle? C'est un principe rcfu en geologic, que toutes les fois qu'un terrain quelconque se . montre indifferemment superpose sur des roches de divers ages, ce dcpnt constitue une formation indcpendante de cellesqu'il recouvre. Or, le gravier des hauteurs se montre indifferemment au-dessus de toutes les formations de divers ages dont il vient d'etre parle. De la les consequences suivantes : i° ces graviers constituent unc for- mation indcpendante de ces calcaires; 2°cette formation dansl'ordre des temps leur est posterieure. Enfin, ces sables, ces graviers sont-ils differens de ceux du fond des vallees? A en juger seulement par les apparences , on est tente de se decider pour la negative ; mais de solides raisons tendent au contraire a faire admettre I'affirmative dc la (]ueslion. ( 255 ) D'ahord Ics gravieis «hi fond des vallccs renfermcnt dcs galefs de graiiit, taiidis que ccux dcs liautciirs paiai^sciit n'cn point ren- Icriiier. En second lieu, les gravicrs identiques avec colui du fond dcs vallees, qui sc trouvent intercales, notamment dans la formation du calcairc parisicn, portent a pisnser que ceux-ci ne sont nuUe- mcnt postericurs aux formations sccondaires superieures dites ter- tiaircs , taudis ([ue Ics gra\iers des hauteurs le sont incontcstable- mcnt. Enfni les gravicrs des hauteurs avec leur argilc a rognons ferriigineux, rccouvrent constamnient le gi'avicr lui-meme du fond dcs vidlccs tout commc les autres formations, et par consequent lui sont postcrieurs. ( Voyez V addition /v ce §, a la Jin de re Mcinoirc. ) § IX. Distribution topogrnphique des formations pi-^cedentes. Pour se faire une juste idee de la distribution topogrnphique des formations precedentes, dans la partie moyenne dc la vallee de la Garonne que comprcnd le departement , il faut la parcourir de Touest a Test, et considcrcr ce qui se trouve a droite et a gauche a mesurc que Ton avance. Considere sous ce point de vue, le departement de Lot-et-Garonne doit etre divise en cinq parties. hsi premiere comprend le territoire borne au sud par la Garonne; au iiord, par les collines de la rive gauche du Drot ; a Vest , par celles qui se trouvent entre AUemans et Villeneuve , et par les col- lines qui bordent la rive gauche du Lot. Toute cette partie se compose de collines formiies par la partie sableuse du calcaire parisicn superposce au calcaire crayeux. II n'y a dans toute cette contree d'autrc calcaire que celui de la formation crayeuse dont le fiiible developpcmcnt ne lui a permis de montrer en ces lieux que de faibles couches ou de simples indices. En un mot, c'est une contree entierement occupee par des formations arenacees. Nous avons donne ici la coupe de Beaupuy a I'entree du departement : c'est le lieu oii le calcaire crayeux se montre avec le plus de puissance. La seconde comprend le territoire borne au sud^arX^ Garonne; au nord, par les collines de la rive gauche du Lot; a Vouest . par celles de la rive droite de la mcme riviere ; et a Vest , par Ic depar- tement de Tarn et Garonne. Toute cette partie se compose dc hautes collines dont I'elevation ( 256 ) s'accroit a mesure que Ton s'avance vers la ligne du partage des caux entre le Lot et la Garonne. Les plus basses , c'est-ii-dire celles qui s'elevent au-dessus de la plaine, se composent de trois forma- tions superposees qui sont celles du calcaire crayeux, celle du cal- caire parisien et celle du calcaire gypseux. Les points culminans en petit nombre qui s'y montrent, offrent en outre i'avant-dernier calcaire , et deux ou trois sommets le dernier calcaire. La meuliere est excessivement rare dans cette contree, car a peine la trouve- t-on cii et la en menus fragmens au-dessus des calcaires parisien et gypseux. Quant au gypse lui-meme il ne s'y montre nulle part. Ici se presente im fait digne de remarque. Le calcaire des for- mations superieures d'abord nul s'accroit peu a pen , sa puissance se montre dans toute la force de son developpement vers la hauteur d'Agen, se maintient ainsi jusqu'a la hauteur de Valence, et puis ses bancs s'amincissent graduellement jusqu'aux rives du Tarn , oi"i il disparait pour ne plus se montrer qu'en indices jusqu'a Toulouse. La troisiemecom^rend toutle territoire au-dcla de la rive gauche de la Garonne. Cetle partie , de meme que la precedente , se compose de col- lines formees par la superposition des trois premieres formations, c'est-a-dire , des calcaires crayeux, parisien et gypseux. Ces col- lines s'elevent graduellement a mesure que Ton s'eloigne des bords de la Garonne , jusqu'a un myriam^tre environ de distance. La se trouvent les points culminans que couronne le dernier calcaire, et autour de ces points les coUines presque toutes elevees offrent , outre les trois formations precedentes, I'avant-dernier calcaire a leur sommet. Les collines ainsi formees des quatre premiers cal- caires paraissent s'etendre fort avant vers le sud, et par la I'avant- dernier calcaire s'y trouve bien plus repandu , bien plus de- veloppe et beaucoup plus puissant que dans la partie dont il vient d'etre parle. En second lieu, le gypse se montre presque partout dans les marnes de sa formation , mais en cristaux seulement. Un autre fait geologique important se presente ici de prime abord a I'observateur qui parcourt cette contree eminemment classique ou tout se trouve jusqu'aux accidens des couches, nous voulons parler de la difference considerable du niveau qui se fait remarquer entre les formations des coUines situees au nord de la Garonne , et les formations correspondantes des collines situees au sud. Cette ( ^5; ) difference peu appreciable a Toeil , s'eleve neannioins a envircii fjnaranle-cinq metres. 11 resiilte de cettc disrordaiicc , i° que la rnrniation dii eali aire rrayeux, qui sur !a rive droitc forme au pied dcs collines un gradin eleve de plus de ijuarniile-rinq metres au- dessus de la plaine , ne forme sur la rive gatiche qu'un plateau a peine eleve de ?'.•/;:,'/ metres au-dessus du lit de la Garonne, c'est- a-dire an niveau de la [daine qui est sur la rive droite ; 2° que la foiniation du calcaire gypseux, elevee de cent cinqiiaale-cinq metres sur les collines au nord delavallee, correspond a la partie inferieure du dernier calcaire sur les collines situees au sud. Ainsi re dernier calcaire est la seule formation qui s'eleve au-dessus du niveau du calcaire gypseiix de la pnrtie au nord. Le lambeau des Landes que compiend ce territoire, offre deux [dateaux , I'un has forme par le calcaire parisien, I'autre haut forme par le calcaire gypseux. L'abondancc de sa])Ie qui recouvi'e ces lieux et les rend si peu fertile*, seml^le au prejnier coup d'ceil etablir une ligne de demarcation tranchee entre elles et les collines au sud-est ; mais I'importance geologique de ce fait est trop legere lorsqu'on remarque que les collines du sud-csi out etc recouvertes par les iiiemes graviers, les meuies sables, el que si elles n"en sont pas actuellement aussi enconilirees , ccia provicnt sans doutc de ce que la forme coiiique ties collines dont le pays est entrecoupe, a ete cause qu'une tres-grande partie de ces materiaux de transport a ete precipilee au fond des vallons et de la entrainee en d'autres lieux par le cours deseaux, tandis que I'immensc plateau de cal- caire parisien qui forme les Landes tin departement n'en a pas perdu un seul grain. Au-dela des points culminans forujes par le dernier caUairc , a Xaintrailles, Espieus, JMontagnac et Laplume, il parait que rien ne s'eleve a ce niveau vers le sud jusqu'aux Pyrenees. Aussi les principales elevations ne s'y trouvent-elles couiounees que par I'avant-dernier calcaire seulement. De meme que sur la rive droile, les calcaires vont d'al)ord en augmentant de puissance, a mesure qu'on remonte la vallce, et di- minuent ensuite de la meme mauiere. Mais en cela il est important de remarcjuer que sur la rive gauche , ces calcaires commencent a paraitre long-temps avant qu'ils ne se monlrent sur la rive droite, et qu'ils disparaissent bien plus tot. Serait- if't cndrdit iusf|n';'i la Garonne. boi-.!c les deux rives du Lot et qui ( .62 ) apparlieiit . coninie il a eti' dit , an caltaire crayeux a co(|uilles d'cau douce. Ainsi, selon toutes les apparences , le systenie a coquillcs ma- liiics du nord-est dii departement est bien plutot une dependance du liassin parliel tie la Dordogiie , qu'iine dependance du bassin partiel de la (laronne. Au-dessiis dc ce calcaire parisicn a coquilles niarine.s , on tronve le sable et les marnes du calcaire gypseux. Cost sin- ce dernier terrain que reposent les Ibndations du chateau. Au-dessous de cc calcaire et de son sable rouge, en descendant yers la Capelle-Bi- ron , on trouve un autre calcaire pctri de coquilles et autres de- pouilles marines qui se prolongc jusqu'a la bcrge du Lot. A Test et au nord-est de la ligne passant par Biron et par Monsempron , tout est semblable , tons les calcaires sont a coquilles marines jusque dans le departement du Lot. Ces trois formations differentes vont etre successivement passees en revue dans les paragraphes snivans. § 2. Calcdire owyeiix It coquilles mnriiu'S. Le sable du calcaire crayeux a coquilles marines du nord-est de TAgenais, ne se montre nuUe part a decouvert. Vraisemblablement il se trouT£ au-dessous du lit du Lot. Calcaire. Au lieu d'etre a Fetat pulverulent comme dans le nnrd-ouest de la France, le calcaire crayeux a coquilles marines du departement de Lot-et-Garonne est au contraire tres-dur. Sa pate est un carbonate de chaux en pctits grains , lies et durcis par des infiltrations ou concretions ferrugineuses et spatbiques. Sa tex- ture vue a la loupe , loin d'etre conipacte comme celle des calcaires ;'i coquilles d'eau douce dont il vient d'etre parle, presente une multitude de petits points presque imperceptibles a I'ceil nu , les- quels sont vidcs et tapisses de fer oxide; ce qui leur donne une couleur blanc jaunatre. Sa masse entre FumeletCondat parait avoir plus de douze metres de puissance. File est divisee en deux parties distinctes. La snperieure, bien moins puissanteque I'inferieure, ne forme qu'un scul banc, du moins ellc ne nous a pas paru autre- ment. Elle fouruit de bois et excellens quartiers de pierre de taille. Tousles nombrcux chateaux, toutes les maisons qui se voient entrc Biron et les rives du Lot en sont construits. La parlie iuferieure se ( 2fi5 ) compose d'uu calcaiie iiiameux, tautol blaiic, tantot gris bleu, qui sG trouve divise par de minces lits de marne eadurcic en une mul- titude de conches, presque loutes de trois i\ quatre decimetres d'e- paisseur, el parfois en iVuillets qui servent a recouvrir les maisons , loiimie par exemple a Bmia^uil. Ces couches de calcaire mariieux s'enloncent jusqu'au-dessous du Lot, on ne sait jusqu'a (|uelle pro- I'ondeur. Parmi les nombreuses dtpoiiilles de la mer que renferment ces cnlcaires, on voit des coquilles bivalves tres-variees. Ce sont priaci- palement les 'I'erebralidUes scmiglohosa , T. Iricoslala, les Grj - plieu auriculalu ou angustala qui passent pour etre caracteristi- ques de la i'ormation crayeuse. Ce sont des univalves du genre Terebra. M. de Saint-Amans y a trouve une Ammonile , et M. Debeaux un petit oursin; mais ces derniers I'ossiles paraissent y c'tre fort rares. Les polypiers du ^envejlustm y sont an contraire lellement communs, que nous n'avons peut-etre pas donne un seul coup de marteau depuis la Capelle-Biron jusqu'a Condat, sans en avoir mis des vestiges a decouvert. Non loin de Gavaudun, sur les bords de la Lede , a I'usine de Ralier, vis-a-vis la porte au nord , se montre une cavite dans la masse du calcaire crayeux, oii se trouvent meles avec de la marne argileuse une multitude d'ossemens de quailrupi-des. Nous yenavons remarque un dont le tissii compacte avait trois lignes au moins d'e- paisseur, et qui sans doute a dCi appartenir a un des plus gros mam— miferes de I'ancien monde. Les instruniens que nous avions avec nous ne nous permettant point de fouiller, nous n'y avons recueilli que des iVagmens prets a se detacher d'eux-memes, et peu ou point caracterises. Cest avec an bien vif regret que nous nous sommes vus forces de quitter ces lieux sans avoir pu les enlever tons avec soin. Car il serait curieux de savoir si ces ossemens ont apparlenu a des quadrnpedes differens de ceux trouves dans le calcaire gypseux de Paris . dc I'Orleanais, de I'Agenais , etc. - Ars^ilc plasliqiif. En ime foule de lieux, par exemplc entrcGa- vauduu et Libos, on voit, au-dessus du calcaire crayeux, des indices ou fdons d'argile blanche, pareille a celle dont on fabri(|ue la faience fine connue sous le nom de i^vcs de Montereau , aux envi- rons de Paris. Elle est exlremement douce au toucher et d'lni blam; presfjue pur qui se maintient a la ruisson. On en fabriqur do la ( 264 ) tiiile a canal , pour coiivrir les maisons , et tits-peu i!e poteric qui , d'aillcuis, est fort maussademciit travaillcc. Probablcuicnt il s'en trouve (les anias considerables sous le sable qui la rccouvre ; mais on parait ne pas s'en douter ou ignorer I'art de Taller chercher sous terre , car on se borne a recueillir celle qui se montre aux affleure- mcns le long des ravins. Cepondant son extraction pounait etre I'objet d'une spcciilation lucrative et avantagcuse pour cos contrees pen fcrtiles. Que cctte formation a coquilles marines soit identiqne ave;- celle du calcaire crayeux du sud-oucst de la France, c'est ce dont il n'est pas possible de douter. D'abord les principaux fossiles qui s'y rencontrent sont les memes que ceux qui caracterisent la craie. En second lieu cette forination supporte celle du calcaire parisien a coquilles marines, qui se montre comme on a dejii vu, a la place ct vis -a -vis du calcaire parisien a coquilles d'eau douce, et qui crailleurs a ete icconnu comme tel dans les departemcns de la Dordogne, dans cclui du Lot, par tons les ingenieurs des mines, tousles geologues qui ont visite ces contrees. I'^ifin cette formation il rembouchnre de la Lcmance se juxta-pose avec la plus complete evidence de part ct d'autre du Lot, a celle du calcaire cra^eux a coquilles d'eau douce du reste dc TAgenais. § 5. Calcaire parisien ii coquilles marines. Sables. Le sable de cette formation est generalement d'un rouge plus ou moins vif , plus ou moins brun . queiquefois jaunc. II ren- fermeenabondanccdu mineral dc fer brun, souvent a I'etat (T/iemd- /z7eauquelil doitsa couleur sanguine. II oft'reaussi ca et i;'i beaucoup de nids d'ocre rouge, jaune o»i brune, et du rouge connu dans le com- merce sous le nom de rouge de JVandick , qui est tres - recherche pour la peinturc de decor , soit a I'huile soit a la detrempe , parce que son melange avec le blanc de craie fournitdesteinteslegeres qui semblent faites avec de la laque. Toutesces terrcs ocreuses n'exigent qu'un simple lavage prealablc ])()ur etre ensuitc livrees an commerce. Cependant telle est I'ignorance de ces lieux, qu'on ne les recueille pas. Ce serait un grand service a rendre aux pauvres habitans de cette contrte, qui, faule dc pain, sont forces de se nourrir de chatai- gnes pendant une partie dc I'annce, que de lenr apprendre a laver ( -205 ) les ocres qui recoiivrciit Icurs deserts et a aller rlierclier sous la ten-e leur belle argile blanclie pour en fal)riqiier de la tai'eiice line. Quant au mineral dc fer dissemine dans le sable oi'i 11 ne forme ni amas ni filons, iis savent le recueillir et Ic porter aux nom- breuses usines qni vivifient les bords de la Lede et de la Lemance oCi il est converti en fonte. Calcairc. La texture du caUaire parisien a coquilles marines res- semble si fort a cello du calcairc crayeux au-dessus duquel il re- pose , qu'il serait inutile de le decrire. D'ailleurs pour parler perli- nemment de celui dc I'Ageuais, il faudrait decrire celtii du Perigord dont il est, comme onl'a vu,iine dcpendance ; car c'cst vraisembla- blement sur les bords de la Dordogne qu'il so montre dans tout son developpement. (^'est la qu'il faudrait Taller ctudier, et non dans I'Agenais, oi'i sa puissance se trouve reduite a son moindre degre. Nous devons done nous bonier a remarquer qu'il ressemble partai- tement a celiii des carrieres de Paris, et qu'il renferme bcaucoup de coquillagcs marins , soit univalves soit bivalves, dont les especes sont extreinement variec'^. Nous y avons aussi observe des polypiers du genre Jilts Ira comme dans le calcaire crayeux. Meu'ieie. La meuliere qui parfols recouvrc le calcaire parisien a coquilles marines est compacte ct pareille a toutes les autres. On n'y a non plus jamais rencontre de$ fossiles. § 4- Calcaire grpsetix du syt^l'eme a coquilles marines. Les plateaux un peu etendus couronnes par le calcaire parisien a coquilles marines sont en petit nombre; partant la formation du calcaire gypseux qui se developpe toujours sur des plateaux de cc genre y est peu repandue. D'ailleurs leur peu d'etendue ne lui ayant pcrmis d'y former que des mamelou'^ coniques, on n'y trouve que les sables ou gres et Ics marnes servant de moyen de tran- sition , pour passer au calcaire de cette formation qui ])ar la se trouve manqiier. II serait done inutile de s'en occuper iri plus lon- guement. D'ailleurs tout ce qui a etc dit precedemment du calcaire gypseux appartenant au syst^me d'eau douce , pent s'appliquer ici; car les eleraens de cette formation ainsi que la nature des fossiles sont les memes, Poi;r te (|ui est de la distribution topographique des formations ( .60 ) clu s^steuie a coquilles niarhies, puisque Li partie du deparlcuieiit oil elles se niontreut apparlient au has.^iu purtiel de la Dordoj^iie , il faudrait entreprendre la description de ce Ijassiu pour pouvoir en parler pertinemuient. Or oe travail ne pouvant entrer dans notre catlre, nous n'en dirons ricn ici. ADDITION AU § 5. PAR L.-A. Chaxjbard. S'il a pu raster quekfue doute touchant I'identite de formation des calcaires parisiens a coquilles marines et a coquilles d'eau douce dont 11 a ete parle au § 5 et ailleurs, les fails qui vont etre consi- gnes ici, et qui ont ete recueillis depuis la redaction de cette notice, ne peuvent manquer de les faire disparaitre. Force d'admettre I'identite de formation de ces deux sortes de calcaire toules les fois que je les rencontrais, I'un d'un cole du val- lon, I'aulrede I'autre, places d'ailleursaumeme niveau el moiitrant les memes couches ou les mcmes formations au-dessus et au-des- sous d'eux, j'ai long- temps cherche a les rencontrcr enfin su- perposes I'un a I'aulre. Mais prcvenu que jeparviendrais plus facile- ment a decouvrir cette superposition dans les coUines de la ri vo droile de la Garonne que dans celles de la rive gauche, je n'ayais pousse mes recherches que de ce cote. Enfin n'ayant rien trouve , je priai mon ami Debeaux , que ses occupations forcaient souvent a resider aux environs de Casteljaloux, de chercher cette superposition qui devail se montrer vers ce point, si die etait quelque pari, el d la rcncontra en effel dans la premiere colline dont il ctudia les cou- ches. II reconnut ensuile que cette superposilion se montrail conslam- ment parlout depuis les environs de Bazas, dans la Girondc, jusqu'a ViUefranchc du Queyran, ou pour mieux dire, jusqu'au Vallon de rOurbise, gros ruisseau qui prend sa source a Saint -Julien dans les Landes de Lot-et-Garonne. Voici pour exemple les coupes de deux de ces callines prises sans choix. ( i\)r. ]>t 9). ( ^('r ) CoiPE DE tOLLl.NE A LlZOS PRES GkiGNOLS, A LA FROMIEIE OCCIDENTALE DU LoT-ET-GaRO-N>E. Sables et graviers recoiwranl les penles. Argile 5 metres. 5" Calcaire a coquilles d'eau douce, deux bancs, 1 blaiic , 2 gris 8 — Transition marneusc 8 Sables ct menus graviers 8 Argile i 1' Calcaire, six bancs, les superieurs a coquilles d'eau douce , les inferieurs a coquilles marines , savoir : — 6' banc. Calcaire mnrneux I'l vacuoles et coquilles d'eau douce 5 — 5" Calcaire jnilvendenl tres - blanc , passant a la superficie a un calcaire tres-dur , couipact , gris- roux sans coquilles, maisidentiqr.eavec les calcaires d'eau douce . i — 4' Calcaire cinientant des debris de coquilles ma- rines agglutines . a — o' Calcaire blanc puh'eritleiit ( a I'etat vraiment crayeux) o, lo — 2" Calcaire marueux friable, gris, a ceritlies, bi- valves marines d'especes varices, dent d'nn rongeur. i . oo — 1" Calcaire un pen sableux a coquilles marines, bivalves, univalves, oursin dit le g-pcnient de trois a quatre myriamt'lres. Eneffet, le calcaire a coqiiilles mariiies dcs environs de Bordeaux est connu des geolo- giics : nul donte qu'il n'appartienne a la meme formation que le cal- caire grossier des environs de Paris , auquel on I'a toujours rap- porte. Or on peut suivre ce calcaire, sans jamais le perdre de vue, depuis Bordeaux jusqu'a la frontiere du departement de Lot-et-Ga- ronne, jusqu'a Lizos meme, od 11 se montre surmonte, sans aucun intermediaire quelconque, par le calcaire parisien a coquilles d'eau douce, de telle sorle que les bancs inferieurs de la masse calcaire sont a cinales, la scrie tie mes travaux speciaux sur les graminees, qui ont seryi tie base a la classification gcut'rale que j'ai mise au jour il y a quelques annees. I, Metamorphose iJu Loliimi en FeUiua elatior. Daus le t. II , p. 242 tics Annales dcs Sciences d'obsen'otion , j'annoncai que tlans une livraison suivante je placerais sous les ytjux ties leeteurs les figures analytiques tie cette metamorphose re- marquable. La pi. 10, fig. I tie cette livraison represente au meme grossissement, etpar consequent avec leurs grandeurs relatives, les organes floraux du LoUiim perenne devenu Fesliica loUacea et du Feslucn elatior. Ainsi toutes les fii^ures A appartiennent au pre- mier; toutes les figures marquees B appartiennent au second. Les deux figures marquees C reprcsentent deux des formes les plus or- dinaires qu'alTccte la glume avortee, tiue Ton trouve si souvent, et surtout a la base de I'epi, des Loliuni ordinaires, adossee contre la surface interne de son rachis. A la faveur de ces figures 11 sera fa- cile de reconnaitre et de verifier la valeur des observations suivantes: 1° la glume inferieure C d des Lolium ordinaires est aussi versa- tile dans sa forme que dans sou apparition. On est presqne toujours sftr de la renconlrer dans les locustes inferieures de I'cpi du Lnliimi U'.niulenlum et des individus vigoureux du Lolium. perenne. Elle offre toujours deux nervures principales , vertes , distantes du centre qui est, ou mcmbraneux, ou dechire ; et tlans ce dernier cas on dirait que Ton a devant les yeux deux petites glumes a une nervure mediane chacune. Quelt|uefois chaque nervure principale est accom- pagnee exterieurement d'une nervure accessoire; en sorte que la glume cntierc est, quoi(iue parinerviee, l\ nerviee, ou 3 nerviee, quand une des deux nervures accessoires avortc. ( =75 ) 2" C'estcctto glume qui dans le Fesluca loUacea fournit la glume inlV'iieiire. Mais i o n'cst jamais qu'au dctrimoiit d'unc seule moilic- dc sa substance ; on voit I'autre nioitic se dejeter sur un dcs cotes dc la locuste ; et si cctle dernieie allonge s(jn pedoncule , cette moi- lie, ou bien disparait, ou bien donne naissance a une autre locuslc plus ou molns pedonculee et presque sessile; Ton a alors un com- mencement de panicule. Nous avons vu (i) que chaque moilie de la pailleltepaiiiierYieed'uneballe de Loliiim donnait aussi naissance a une fleur complete. Or la glume C des Lolium est I'analogue de la paillette parinerviee. 3° C'est dans cette derniere circonstance , c'est-a-dire lorsque I'autre moitie ou s'oblitere, ou donne a son tour naissance a urn; autre locuste, que le Festuca loliacea ne diflere plus du Fesluca c-Liiwf.Car ses seules differences apparentes resident dansles glumes pins courtes et moins riches en nervures dans Velalior, que les glumes du loliacea, et dans les deux paillettes en general plu^. courtes dans le premier que dans le second. Or, la grandeur, bien loin d'etre un caractere differentiel , ne pent etre considere qi e comme un caractere individucl et de localite. Le nonil)re des ner- vures des glumes varie, sur toutesles graminees, selonles terrains et •'exposition , et selon les dimensions et les formes de I'individu de beaucoup d'especes de graminees. Plus le pedoncule du Fesluca lo- liacea s'allonge, plus les glumes se raccourcissent et se rapprochenl de celles du Fesluca elatinr. Ses ecailles hfsont tout aussi variables dans leurs formes accessoires, mais elles sont constantes dans leur forme typique qui est, pour le Lolium. l auriculalo-hideuiee. Les nrganesidentiques etant marques par les memes lettres, et le nombrc des nervures etant exprime par un chiffre , nous renvoyons, pour I'explication des figiues, a la fin deces notes, ou Ton trouvera la va- leur deces signes , el au memoire qui est relatif au snjet qui noub occupe. {Annalcs, torn. II, p. 255.) II. Holcus aciculatis Retz {Cenlrophorum 'Ynn.) pi. lo. fiff. 11. La figure IT. pi. io,cst. comme la figure que je viens d'expli- (i^ yinn. des ?c. c/'oAs . I. II , );. t^' ( 2^6 ) quer, deslineo a completer unc note que j'ai inseree en Janvier 1 829, (hins Ics Aniiales des Sciences d'o'j.^eivation , torn. I, p. io3. Jo ne reviendrai pas sur la formation et I'origine de cet epcron quo Ton voit en ao. Je me conlenlcrai de donncr rexplication analytiquo des organes de cet .Indi'opogon Nob. (««) montre la locu.ste par le dos de la glume inlVrieure c 5, qui descend par sa basecnvui long cperon herisse, de cliaque cote, d'une rangee de cils raidcs diriges en, haul, etqui se continuentjusqu'au sommetde la paillette, en suivant ses deux neVviircs laterales. ( a' a ) rcpresente la meme locuste par le dos de la glume superieure d 0, pour faire voir I'articulation a a , dont on a detache le pcdoncule, ou plutot le rachis de cet epi en forme de panicule. Sur chaque cote de la locuste on voit un pcdoncule ; un de ces pcdonculos porte unc locnste sterile, dont les organes sont representes vers le haul de la planche, et I'autre porte la repetition de ce type d'organisation. Locuste sessile tX. ferlile. La glume inferieure c a trois nervures ; elle est acuminee, et ses deux nervures laterales sont herissees de cils raides. Dans I'ordre alterne avec cette glume, \ient la glume superieure ^/ a trois nervures aussi ; elle est care nee; sa nervure mediane est herissee vers le haut de cils raides et qui diminuent de longueur en approcharit de I'arete et du dos de la glume. Dans I'ordre alterne avec cette glume est la paillette binervice membra- neuse ea, que j 'appelle y/e»r sterile x-pclcoc^e, Dans I'ordre alterne avec cette derniere , on trouve la paillette inl'erieure de la fleur fertile f 'a "o nervures reunies vers le dos et longuement aristee : dans I'ordre alterne avec celle-ci vient la paillette supe- rieure tellement inembraneuse que les nervures n'y sont plus recon- naissables. L'analogie indique rigoureusement que ses nervures, si elles Se manifeslaient , seraient en nombre pair , et que la mediane man(|uerait. tine des ecailles h t est dessinee a une lentilie d'une ligne de foyer; elle est impressionnee et epaisse. Lorsque I'epi se termine, la locuste sessile prend les formes que Ton voit sur la gauche du second rang, et qui sont marquees des memes lettres, mais accentuees. L'arete de^^'a disparu, et la pail- lette est devenue absolument memliraneusc. Locuste p^doncideeet sterile. La glume inferieure c' i5 est tres- developpee, coriace, i5-nerviee, bicarenee et herissee sur chaque carene de dents fortes et hyalines. Sa glume superieure d' 5 est r ( 277 ) '!: X egalement. bien developpee , clle\4s^moins fernic, plus IL^se que'* la pieceilcnte etn'aque trois nervures; elle est ciliee siir les bords. Dans l?ordre alteine avec celle-ci , vient la paillette parinerviee e'; (iltecst uieinbianei>se,daii.s. b locuste pedonciilee d'an epi. c glume inferieure. 5 du journal hcbtlomadairo, que M. Froriep public, sons le litre de Notizen cms dem GebieLe der Natur imd Ileil- kinule. M. Trinius, membre de 1' Academic des Sciences de Saiiit- Petersboiirg, en publia aiix frais de I'Academie une traduction in-8" avec notes; et M. Okou, en annoncant cette traduction (/vw 1826, 8' cahier, p, 780), invita Ics Aliemands a lire ce travail et a en adoj)ter le systeme. Un accueil aussi favorable reveilla I'intelligence de nos savans de Paris, ct notrc travail leur parut alors assez intel- ligible pour ineritcr quelqucs attaques sur des details assez peu im- portans, que les Aiinales des sciences natiirelles publierent dans la livraison de juillet 1 835, p. 335. Le principal auteur de ces notes, secretaire du grand referendaire de la cliambre des pairs, ne permit aux redacteurs de ce recueil d'inserer notre reponse , qu'en mai 1836, Le calme Ic plus profond succeda a ces petits orages, et I'on ne parut plus aussi eloigne d'adniettre la theorie d'abord hetcro- doxc , savoir : que dans les monocotyledones commc dans les dico- Ijledones, la fleur et le fruit ne sont que la repetition du chaume ou de la tige; que chacun de ieurs semi-verticilles est une feuille al- ternant avec les semi-verticilles inferieur et superieur, etinseree sur une articulation qui lui est propre ; en sorte que dans les graminees le^ semi-verticilles (y compris celui de I'ovaire) s'elevent dequatre a six , et dans la plupart des dicotyledones affectent le nombre quatre. II n'est pas improbable que 31. DecandoUe qui , comme ou le sait , est toujours dispose a adopter les nouvelles idees , n&voyait pas, avec autaut de repugnance que nos savans academiciens, cette uouvelle theorie, lorscju'uu coutre-temps facheux vint paralyser ses bienveillantes intentions, (^ette demangeaison de dire la verite qui nous domine et nous domptc sans cesse, nous porta a demon- trer (1) que M. DecandoUe avail emprunte a Duhamel , Bonnet, et surtout a Mustel, le beau memoire sur les Lenticelles, que M. De- candoUe venait de publier dans le n" de Janvier 1826, des Annales des sciences nalitieUes. M. DecandoUe pardonne peu de sem- blables inconvenanccs ; et, des ce moment, nous fumes mis a V index a V instill- de Picot de Lapcyrouse. Cepcudant la circonstance etait (lilficile : voila une theorie qui se Irouvait sur le point d'entrer en (i) Bull, iinii'crxe/ , a' sccf. , mai 1S26. i{ 285 ) credit , sans passer par la filiere et sous le convert de M. Decaudolle ! c'efit ete la premiere a joiiir d'une seinblable faveur. Mais il arriva (lu'uu savant allemand se rcndit aiipris de M. Decandolle a Geneve, apres avoir sejourne pres de six mois a Paris, (^e jeune physiolo i giste nous avail nianifcste bien des fois le deplaisir qn'il eprouvait, en nous voyant defendre des opinions dont la nonveaute ne poiivait que nous etre nuisible, (car il faul savoir qu'a Paris on se null beau- coup, toutes les fois qu'on ne s'attache pas a I'ecole de qnelque n)enibre des Facultes ou du Museum d'histoire nalurelle); I'in- fluencc de nos grands noms, de ces reputations hereditaires, nous paraissait I'obseder teUement, que nous lui savions beaucoup de gre du courage qu'il avait de nous adresser meme des objections; notre theorie enfin lui paraissait insou tenable. Quelle ne fut pas noire surprise, lursqu'a peine nomme a la chaire de bolaniqne de Bille, par les soins officieux de M. Decandolle, M. Pvceper (c'est son nom), nous adressa un petit eorit(i) danslequel, non-seulement il admct- tait I'ordre d'alternation des demi-verticilles, mais encoi-e il inipo- sait de nouveaiix noms a deux d'entre eux : androece pour notre appareil nulle ou staminiftMC, et Gyncece pour notre appareil fo- melle. Afin, sans doute , de nnire moins au succes de la theorie, M. Keeper, (|ui du reste se piquail dans cet ecrit d'une certaine eru- dition, garda le plus profond silence sur son veritable auteur : celte precaution ne fut pas sterile ; toutes les preventions tomberent. M. Ad. de Jussieu nous transmit, a la redaction du BulleLiii uni- ve rs el (2), V analyse de cet ecrit; elle etait empreinte de la plus flatteuse indulgence; et la theorie pourtant n'avait change que le nom de son auteur. M. Decandolle abandonna des-lors toutes les theories qu'il avait professees succcssivement avant cctle tpoquc, pour accorderacelle que M. lloeper venait de rcproduire, unc insertion litterale et sans .. modification dans son Organographie vcgetale, tom. I , p. ^'96; et lui qui avail era trouver, dans les ecrits de M. Treviranus, la theorie de la formation du tissu cellulaire que nous avons devclop- (i) ImpriiTiL' dans le n" 5 des 3Ielanges bolftnitjues i\e N.-C. Serinjjc , 28 mars 1826, et dans Ic Linnneu de Eerlin de la niemt anne'c. (2) Bitl/cl. iiiineisel, a' sect . t. IX , n" 27b, iSafi. 1 284 ) pee dans noire premier travail siir la fecitle, n'eul plus la mcme clairvoyance, quand il s'agit de reconnaitre le travail succinct de M. Roeper, dans notre memoire sur \a formation de Vembryon. Dans I'empirc de Fiore, comnie dans tous les sanctnaircs, il y a poidset poids, mesure et mesui-e. Mais ce silence ne nous afiligea pas bcaucoup. Ah ! si les Linnee , leg Bonnet, les Spallanzani commet- taient de tclics injustices, j'avoue que le coup serait rude, et qu'on aurait droit d'en etre accable. iMais qu'a-t-on a regretler de ne pas voir son noni enscveli dans des livres oi'i le bon est adniis a I'instar du mauvais, oii tout s'ecrit par haine ou par complaisance, oil I'histoire du Pollen, par exemple,€st exclusivement empruntee a un memoire dans lequel I'auteur a base vingt generalites sur huit faits particuliers dent un mem« est enlierement faux? En verite, il est possible de mourir en meilleure compagnie. Latheurie de la structure de la fleuravait ete prise, par M. Keeper, au point ou nousl'avions laissee dans notre premier travail. L'auteur ne s'apercut pas sans doute alors que, dans cette premiere applica- tion, elle n'etait pas complete. Nous annoncions, a la fin de ces nie- moires, un travail destine specialement a developper d'autres appli- cations. Ce travail parut dans la troisieme partie du memoire sur les tissus ofganifjues, insure dans le tom. Ill des Mdm. dela Soc. d'liis!. nat. de Paris, 1827. Nous croyons y avoir demontre que I'ordre d'alternation ne s'appliquait qu'a une partie des dicotyle- dones, et qu'a I'egard de I'autre partie il fallait necessairement admettre que la fleur se formait, comme les tiges sans articula- tions, par dispositions en spirales. La fleur chez les synantherees et les Calrciinilins , etc., ne peut pas etre expliquee d'une autre maniere. Enfin,en 1829, M. 31ichel-Felix Dunal public un ouvrage in-4% de 148 pages , accompagne de 5 planches, intitule : Comideralions sur la natnra et Irs rapports de quelques-iins des organes de la fleur, Montpcllier, 1829. L'ouvrage est herisse de citations de plantes et de lignes de quelques memoires d'amis. La theorie de V alternation des verticilles floraux y est admise , et , qu'on me passe I'expression, delayee dans des milliers d'exempies. Mais la scconde partie de la theorie ne parait pas avoir ete connue de l'au- teur; et M. Roeper y est cite comme I'uniqne auteurde la premiere. . .M, DecandoUe se moutrera sans doute reconnaissantaunomdcson ( 285 ) (love. Pour nous, il nousscmblo assez inutile d'analjser cet ecrit ; on n'analyse pas on gonoral nu commcnlairc ; sculcmonl nous inyi- terons I'autcur a ledigor des comnientaires nioins longs surdes idees quisontdejiiadmises; cardestravaux qui n'ont pour but que d'expo- ser dcs applications de dotails, n'ajoutent qu'une Fatigue de plus i\ I'aridito des recherches. Ce que nous ignorons est immense , et la vie est bien courte ; n'en sacrifions pas les fugitifs instans a retourner sanscesse, surelles-memes, le pen de choses que nous connaissons, RASPAIL. PREMIERE DISSERTATION SUR LES SYNANTHERliIES DE L'HERBIER DE BERLIN; PAR Chr. Fr. Lessikg. ( Suite de la page 118.) CENTRiTHERUM. { fsonema Cuss. ) Capitule multiflore , equaliflore. Akene oblong, subcylindrique, glabre, glanduleux, a plusieurs cotes, a disque epigyne grand, a areole terniiuale. Pappus a une seule serie, paleace , denteen scie, long, inegal, caduc ; corolle reguliere, a limbe pi,ofondoment 5-fide , a laciuiures plus courtes que la portion inti-gre, acuminoes, glabres, a tube long et grele. Antheres enfermees par les laciniures de la corolle , a ailes larges et oblongues ; filamens lisses ; rameaux du style denii-subules ; involucre canipanule, imbrique, plus court que les fleurs , a feuilles coriaces, soches, les intericures plus lon- gues. C. intermedin}?! {^Ampherephis Link) ; punctatum [Arnph. aristata Knth. ); mulicum ( Amph. mutica Knth. ); chinense ( Conjza chinensis Lam. ). Elephantosis n. Gen. Capitule paucillore, equaliflore. \kene un pen comprime, a pin- ( 286 ) si.nir? coles, ol)l()ng, alU-nue a la base, vclu , a Jisqiic ('pigyrie Ctand , ii iiectairc .'ilveolairc, a arcole lalcrale, et a callus hasilairc soini-liinaiie. Pappus a 2 series, paleacc , tlente en scie, a seric ex- lerieure longue , nuUement tlistinctc tie riutorieure en largeur. Co- roUe palmee , glabre, a limbe profondemcnt 5-fide , a laciniures acuminees, plus courtes que la portion integre, a tube grele. Ailes ties antheres , ovales, larges, obtuses au sommet. Filamens lisses. llameaux dii style a demi-subules. Involucre comprime, plus court quelesfleurs, a 2series, a folioles oblongues, mucronato-acuminees, coriaces, seches , a 3 nervures, les quatriemes de chaque scrie al- ternativement planes et plissees. Plan'es herbacees , vivaces, ve- lues, ayant le port des Elc-phnnlopua ; u I'cnilles membraneuses ; a nervures pennoes, sessiles, alternes, entieres; a capitules noni- breux agglomeres. E. hiflora ; quadriflorn. (Bresil.) Elephantopus L. Capitule multiflore, equaliflore. Akene un peu comprime, a plusieurs cotes, oblong, attenue a la base, vein , a nccfaire alveo- laire , a disquc epigyne grand, a areole lateralc et a callus basilaire scmi-lunaire. Pappus a une seuleserie, multipaleace , symetrique, denleen scie, long, a paillettes acuminees, droitcs,partantd'une base dilatee et entiere. CoroUe palmee, glabre, a limbe profonderaent 5-fide, a laciniures acuminees plus courtes que la partie integre ^ non distinct du tube grele. Ailes des antheres egalant en largeur les valvules posterieures. Filamens lisses. Rameaux du style demi- subules. Involucre comprime, plus court que les flenrs, a 2 se- ries , a feuilles coriaces, seches, oblongues, mucronato-acuminees, les quatriemes de chaque serie comme dans le genre precedent. Rachisnu. Plantes herbacees d'Amerique, vivaces, velues, a tiges droites, rondes , a feuilles membraneuses. Une sfeule espece des Indesorientales. R. carolinianus^WXA., srnber^ . \ton?enlosusL.] angiist/foliiis Sw. DisTREPTvs Cass, Capitule pauciflorc , equaliflore. Akene un peu comprime, a plu- sieurs cutes, oblong, etroit a la base, a disque epigyne grand , a ( -^8; ) nectaire alvcdlairo , a iireolo laterale , a callus basilaire soiiu-lii- naiic. Pappus a uuc seule serie , lon^, inogal, multipalc'acr, denU'; en scic, a paillettes dont deux des quatre plus longucs, plus dila- tees u la base et divisees en paillettes secondaires, et deux tres- longues pliees au sonmiet de haul en bas et ensuite de bas en liaut. Corolle palmee , glabre, a limbe profondement 5-fide, a laciiiiures acuminees , pluscourtes que la portion intcgre, non distinct du tube grele. Ailcs des antheres egalanton largeurles valves posterieures qui sout obtuses a la base. Filamens lisses. Rameaux du style su- bules. Involucre comprime, plus court que les fleurs , a 2 series, a folioles coriaces , seches, oblongues, mucronato-acuminees , les iiuatriemes de chaquc serie alternativemeut plissees et planes, les plissees distiques, et beaucoup plus longues que les interieures. Rachis nu. — Plantes herbacees, vivaces , velues , indigenes de I'Amerique nieridionale et des Indes orientales , a feuilles et tiges coniuie dans le genre precedent. D. spicatus Cass. ; nudijlorus ( Elephanlopus W. ) CORYMBIUM I.. Capitule i-llorc. Akene cylindrique, oblong, longuemeni altc- nue a la base, convert de poils longs et epais, a disque epigyne grand, a areole terinin(ile, a callus basilaire long. Pappus a une seule serie, coroniforme, court, membraneux, IV-ndu au sommct en laciniures nombreuses, piliformes. Corolle rogulitie, un pcu chaniue, glabre, a limbe deux Ibis de la longueur du tube et non distinct de celui-ci , 5-parli jusqu'a la base ; a laciniures acuminees, legerement roidtes surla marge , a deuxnervures intramarginales; les nervures accessoires disparaissant dans la substance du tube. Antheres renfermees par les laciniures de la corolle, a ailes beau- coup plus etroites que les valves posterieures qui sent aigues a la base. Filamens lisses. Rameaux du style a denii cj'lindriques ega- lant la corolle. Rachis ponctuc nu. Involucre cylindri(|ue l)ien plus court que ne Test la flcur par rapport an limbe, 2-phylle, calycule, a folioles se recouvrant a la ba;:e , coriaces, scarieuses sur la marge, ,1 5 nervures qui ne sont unies ni entre elles ni avec les ovaires. — i'lantes herbacees du Cap, a raciiies grosses , vivaces , tracantes , emettant des radicelles par le bas et des tiges par le haut. C. gla- hriim L. ; scabrum L. ; filiformc L. ( 288 ) ROLANDRA l\0ttb. Capitules i-flores, a fleur hermaphrodite, agglomeres dans un receptacle herusse de poils franges. Akene arroiidi , ii quatre cotes, glanduleux , ghibre , oblong , conique , acumine a la base , ii disque epigyne grand, a areole terminale, a nectaire alveolaire. Pappus a line seide seric , coroniforme, court, dente , ou plutot cilie , niembraneux. Corolle reguliere, glabre, a limbeenfle, profonde- ment 5-fule , a laciniures acnminees plus courtes que la partie en- tiere , a tube grele et long. Filamenslisses. Rameaux du style deml- subules. Rachis ponctuo, nu. Involucre oomprime , 2-phylle, plus court que la fleur, a folioles egales , coriaces, opposees , carinees, concaves, inegalement aristees, la plus grande enveloppant la base de la moindre, et I'une et I'autre enveloppant Takcne qu'elles de- passent en longueur. R. argentea Rottb. ; Cayenne, Jamaique , etc. Lagascea Cav. Capitules i-flores, agglomeres. Akene tetragone comprime, sillon marque de plusieurs cotes a son sommct qui est velu et enfle, a disque epigyne petit , a areole terminale. Pappus a une seule serie, coroniforme, membraneux, denticule, tril^s-court. Corolle reguliere, a limbc profondement 5-fide, a laciniures acuminees, plus courtes que la portion integre, non distinct du tube qui est assez long. Ailcs des antheres plus etroites que les valves poste- rieures qui sont obtuses. Filamens papilleux. Rameaux du style a demi-subules, egalant la laciniure de la corolle. Rachis turbine a sommet concave dans lequel se niche la fleur, nu, traverse par un seul faisceau de vaisseaux. Involucre a une seule serie , plus court que la fleur, a folioles libres au sommet, mucronees, acu- minees, coriaces, vertes, a trois nervures, la nervure centrale s'elevant plus haut vers le sommet, les folioles laterales plus ten- dres, enchainees sur leur portion soudee par des glandes oblon- gues , et les folioles alternes par des glandes plus courtes et plus obscures. L. mollis Cav. GuNDELiA Tourn. et L. Capilules a une fleur hermaphrodite, d'autres agglomeres presque ( 289 ) jusqu'au souimet, et duiit uii .-icul, qui est place au centre, pru- diiit line llcur ferlilo. Akene tetragone , strie , tres-glabre, a nec- taire alveolaire a base pyraniidale, le sommet arcrn coninie d'un linil)e dilate, a disque epigyne grand, a areole terniinalc. Pappus a unc seule stirie , coronifornie , coriace , court, un pen epineux a I'omerture. GoroUe reguliere, glabre, a linibe 5-fide , t\ laciniures acuniineesj plus courtes que la partie integre, distinct du tube et Ic depassant un peu. Antheres incluses , a ailes larges. Filaniens lisses. r.anicaux du style demi-subules. Racliis ponctue. Involucres pvramidaux, a une seule serie, beaucoup plus courts que la flcur, epineux au sommet, a epines anguleuses dont quatre plus longues. G. ToiirncJ'ortii L. Sparc ANOPHOurs Gaertn. Capitule multiflore , equaliflore. Akene obliquement pyramidal, a trois ou cinq cotes , glabre, glanduleux, a disques et callus du sommet grand, a areole terminale. Pappus a une seule serie, co- coniformc , cartilagineux. crenule, court. Corolle reguliere , 5-fide, a laciniures acuminees , plus courtes que la partie integre, a limbe non distinct du tube. Anthei'es incluses. Filamens lisses. Rameaux du style decfti-subules. llacliis nu. Involucre cylindrique , imbri- que , un peu plus court que ies fleurs, scaricux , a feuilles seches. Sp. Vaillaniii Ga^rtn. Ethulia L. Capitule multiflore, equaliflore. Akene pyramidal , tetraedre . a quatre cotes, tronque au sonmiet , glabre, glanduleux, a nectaire alveolaire , a disque epigyne grand , a areole terminale. Pappus a une seule serie, tres-petit , ceron i forme , charnu , tres-integrc. Corolle reguliere, a linibe campanule, 5-fide , a laciniures acumi- nees, plus courtes que la portion entiere qui est plus longue que le tube. Antheres incluses, a ailes rhomboidales egalant en longueur Ies valvules posterieures. Filamens lisses. Rameaux du style demi- subules. Rachis nu. Involucre cylindrique, plus court que Ies fleurs, a plusieurs series, a folioles herbacees aignes. E. comzoides L. ; E. gracilis Delil. 4 '9 ( 390 ) Odontoloma Kunth. Capitule i-flore , a fleur hermaphrodite. Akene court, tres- i^lahre , a disqiie epigyne grand, a nectaire alveolaire, a areolcter- minale. Pajipus a une seule seiie, coronilorme , coriace, court, multifide, a laciuiui'es acuminees presque egales. Corolle rcguliere, glahre, a limbe 5-fidc , a laciniures acuniinees, pliiscourles que la partie integre, non distinct du tube. Antheres inchises, a ailesega- lant en largeur les valves posterieures qui sent obtuses a la base. Filaniens lisses. Rameaux du style subules. Involucre cylindrique , plus court que la fleur, inibrique, a folioles coriaces, seches, a une seule nervnre, les interieures plus longues. Rachis ponctue. O. acii- minnln A . Adenocyclus n. gen. (lapitule i-flore, a fleur hermaphrodite. Akene, conique court,, sillonnc, tres-glaljie , a arcole tcrminalc , a nectaire alveolaire, a disfjue epigyne, glanduleux sur sa circoni'erence. Pappus nul. Co- rolle rcguliere, glahre, a limbe nou distinct du tube, profondement 5-fide, a laciniurnes acumiuees , plus courtes que la partie integre. Antheres incluses, a ailes cgalant en largeur les valveS posterieures qui sent obtuses ;\ la base. Filamens giabres et lisses. Rameaux du style semi-subules. Rachis ponctue , involucre cylindrique, oblongs imbrique , plus court que la fleur, a folioles coriaces, seches, a une seule nervure, les interieures beaucoup plus longues. A. condeusa- tiis rapport;'' par Sieber de File dc la Trinite. Cacusmia Runth. Capitule mulliflore, inequaliflore. Akene pyramidal, tetracdre tronque au sommet , tres-glabre, a disque epigyne grand, a nectaire stylil'orme, a areole terminale. Pappus nul. Corolle du disque re- guliere, a limbe glabre non distinct du tube, profondement 5-fide, a laciniures acumiuees reflechies, plus courtes que la partie entit;re, a languette de la corolle du rayon oblongue elliptique, ayant 5 cre- tieliues au sommet, longue deux fois comme le tube, et depassant la corolle du disque. Antheres libres, a ailc apiculaire, egalnnt en ( 291 ) larjjeiir les lateiales qui sunt obtiises a la base. Filamens lisses. Ra- meaux du style suhrvliiuiriqnes , plus longs que dans la fleur sterile. Rachis nn, involucre cylindiiqne. imbrique, plus court que les flcurs. folioles coriaces , seehes, a plusieurs nervures, les interieures plus longues C. riigosa k. OiospERMUM n. gen. Capitule multiflore, equaliflorc. Akene turbine, globuleux au sommet, pubescent, glanduleux, a plusieurs cotes, a disque epi- gyne petit, a nectfiire alveolaire , a areole terminale. Pappus nul. Corolle regulicre, legerement hispide, a limbe 3-fide, a laciniures iicuminees, plus courtes que la portion entiere, non distinct dutube qui est grele. Antheres libres, a ailes sousrhomboidales egalant en largeur les valves superieures qui sont obtuses a la base. Filamens lisses. Rameaux du style saillans, semisubules. Rachis large, nu. Involucre imbrique, ouvert, rend, a folioles scarieuses, glabres, aiguiis, rayonnantes, entourees a la base de plusieurs feuilles incgales plus longues que Ic capitule. 0. irn'ohicnilum ( Ethulia Nees). EXPERIENCES CONCERNANT LA MATIERE MEDICALE. ► 31. le professenr Jean-Chretien Geoffroy Joerg, de Leipsig, aide par une societe de 27 membres , la plupart etudians ou docteurs en medecine, s'est propose de constater d'une maniere exacts les effets des medicamens sur I'homme sain. Les membres de cette societe , dontune dame de 45 ans et deux demoiselles de 12 a 18 ans fai- saient partie , ne changerent rien au regime sobre et regie qu'ils suivaient avantles experiences auxquelles ils se sonmirent. Le docteur Joerg. apres avoir expose en detail dans son ou- vrage (1) , tous les effets obtenus chez les divers experimentateurs (1) Materialien zu einer Kiienftigen HeUmilleJlehre . Lpipzig. ( 292 ) liar (les doses diflerenlcs d'un modkamcnt, cii dcduit Ic mode d'aclion do tliaque substance. INous nous borncious a reproduirc les con- olusioiis de Tauteur quant aux medicamens qu'il a employes. Nitrate de iJOtas.se. — De toiites ses experiences, M. Joerg conclnt (|ue le sel de nitre exerce une action excitantc sur les reins, l(! Inbc digestif ct la peau; que la propriete dinretique est la plus certaine de ce meuicament, que son inlluence snr la (unction de la peau, la diapliorese n'esl pas aussi constante, que son action laxa- tive est tres-incertaine; mais que I'emploi niodere de cette sub- stance n'affccte pas d'autres organes; que les vcrtiges, les maux de lete ne surviennent que par de grandes doses, que le raleutissement du pouls , et la sensation de fraicheur que Ton eprouve dans la bouche, Tccsophage , et I'cstomac, immediatenient apres son ingestion, sent toujours suivis d'un echauffeinent, et que cette reaction est d'au- tant plus forte que I'effct primitif a etc plus intense. Son action sti- nmlante, dil-il, sur les trois grands appareils secreteurs, doit le faire rejeter dans tons les cas d'irritation ou d'inflamniation des or- "ancs abdominaux, et surtout de I'appareil genito-urinaire. On nc pent point le ranger parmi les antipblogistiques. L'excitation qu'il portc dans les trois grands appareils secreteurs, doit, jusqu'a un cer- tain point, le faire considerer comme un excitant des appareils sen- sitif et circulatoire. La dose de 3 a 5 grains, soir et matin, suffit le plus souvent pour augmcnter I'activite des appareils digestif et urinaire ; quel- quefois il faut porter la dose a 8 ou dix grains deux fois par jour. Enji de intirier-ceri.se. — (Feuilles de laurier- cerise fraichcs et coupees par niorceaux i livr. , alcool absolu 3 one. , eau commune ,6 livr. ; melezetretirez, par la distillation, trois livres de liquide). Les effets que ce medicament produit sont : excitation presque insf an- tanee de I'encephale et des nerfs pouvant etre comparee a une de- charge eleclrique; douleurs gravalives et pongitives dans le cer- veau, surtout vers la region des nerfs opliques ; pesanteurde tete et de tout le corps, puis , diminution de la conscience du moi et des oi)jets extericurs, raleutissement du pouls, lassitude, envie de dor- mir, sommcil , faiblesse generale, chatouillement au larynx, aug- mentation de la secretion muqueuse dans la trachee-arterc, loux , sechcresse de la bouche. Ces effets sont plus ou moins iutenses suivant les idiosyncrasies ; Chez les uns il faut une dose quatre fois ( 2<)5 ) jtius folic (Hie i;hci d'autres j)our obleiiir le mcine resullat. A jse- lilos doses, il iic ])rolonjre son action ([ue pendant a, 5 on /( hemes; a doses plus loiles, pendant 6, 8 a 12 hemes. Cepondant rirritatioii -liale et le (iibe digeslif et ilisposent re ileiiiiir a riiiflaninuititjii ; maiselles initent I'cesophage, restoiiiac et riiiteslin greie plus que Ics gros iiUestins.Leiir action porte plus sur les filjies invisculairesflu cau.il intestinal que sur Ics vaisscaux. Ccs eiYets primitifs doivent einuiencr des efl'ets secotulaires, tels que I'acceleration de la circulation , la diaphorese. Eufin par I'es- pice de gratlenient qu'elles produisent dans Ic pharynx et le larynx, elles doivent oxcitcr la tonx. Leiirs effcts duretit de 24 a 36 licures. Pour les personnes trcs- irrital)les, leur dose est de 1 a 2 grains infuses dans une cuilleree d'eau. Pour les personnes nioins sensi- bles, 3 ii 5 grains dans une demi-once d'eau. M. Joerg propose de les employer a I'exterieur en catapla»me , en fomentation ou en bains dans les cas ou on a besoin de produire uu travail inflammatoire de bonne nature, ou lorsqu'on se propose d'irriter la pcau sans intcresser I'epidcrme. line coucbe de ces fl.-urs produit la rubefaction. Rocine d'Jinica nionUnm. — La teinture en est moins elTioace que rinfusum. T/infusum delaracine diffire de ccluidesfleurs: I'en cequ'ilirritcn.oinslabonchc,roesophage restomacetl'inteslingrele; 2° que son action sur le tube digestif est plus lente, plus douce, et qu'il active la contraction des intestins plus que toute autre fonction ; 5° que chez les personnes dont le tube digestif est moins irritable , il senible agir cur le cerveau plus que Tinfusuni des fleurs. La racine ne rubcGe pas la pcau. Selon IM. Joerg , la propriel*'; icsolutive de I'arnica est rcelle. Cnniphre. — II excite primitivemcnt le tube digestif ct I'ence- phale, «^t stimulc continuellenient les appareils genito- urinaire . cutane ct circulatoire. Sur le tube digestif, il agit parson principe volatil, d'une maniere exlreniement diffusible et pcnetrante, a la ma- niere de Talcool; de la sentiment d'ardeur el de chaleur dans l.i bouclie , I'estomac et les intestins, et I'elevation de iemperaturc dans tout le corps. Cettc action est augmcntee par Taddition de I'alcool. Les principes amers et acres, par lesquels il moflifie aussi le canal intestinal et les organes voisins, n'agisseul qu'apres Ic prin- rijie volatil et u'ont pas des effets constans. Son elYet sur le cerveau est encore analogue a celiii des alcooli- qucsifhe/, quelques-uns le cervpnu n'esl point nlTcrtr. cliez d'au- ( Hf> ) tres il y a loujoiirs abattenient suivi d'nn sommeil piorund et proloiigc'. Couime il excite I'apparell genito-urinaire d'unc maniere imlubi- table, M. Joerg le regarde comuae contre-indique dans la strangurie occ'asinnee par les cantharides. A petites doses , ses efl'ets ne se prolongcnt pas au-dehi de 5 ou 4 heures ; la dose d'un demi-grain a tin grain suflit pour obtenir des effets salutaircs. 2 grains ne conviennent que lorsque la sensibilite generale et celle du tube digestif sont considcrablementdiminuees. Ca.'torei/m. — II fut administre a la dose de 5 a 20 grains aux menibres les plus irritablcs do la societe, et ne produisit aucun changeuient dans les fonctions, ce qui sembleniit devoir le faire raycr des niaticres medicales. Mine. — II e.vcite priniitivement le canal intestinal , et surtout le cerveau, comnie le prouvent les pbenomenes suivans, auxqiiels il donne lieu: eructations , pesanteur dans I'estomac, appetit dimi- nue ou augmente, secheresse dans I'cesophage , pesanteur de tete, vertiges, douleurs gravatives de la tete. Des effets secondaires bien plus sensibles sur I'encephale que sur le tube digestif sont : baille- mens etendus et froquens, envie de dorniir, sommeil long et pro- fond, abattenient general. Cliez les sujets tres -sensibles, il excite tout le systenie nerveux, determine des tremblemens ou meme des convulsions, lorsqu'il est pris a hautes doses. II active le systeme vasculaire. Les effets du muse ne correspondent pas toujours aux doses auxquelles il est administre ; la dose dc 5 a 5 grains est suffi- sante pour les personnes irritables ; il en faut de 6 a 10 grains pour celles qui sont douees de peu de sensibilite. Ces doses ne doi- vent etre repetees quetoutes les 8 ou 12 heures. M. Joerg dit s'etrc assure , que ni la sueur, ni les urines, ni les feces ne prennentl'o- deur du muse dans les personnes qui en ont avale. Few de Sainl - Ti^nace. — Les experiences furent faites avec la teinture (alcool a 80 degres 8onces, feve de Saint-lgnace i once) ctlapoudre qui avail etc broyee avec parties egales de sncre de lait. Ce medicament augmente d'abord I'activite des glandes soiis- linguales et des tonsilles, puis il provoque des nausees , pesanteur et douleur dans I'estomac, augmentation ou diminution de I'appe- tit, eructations, tranchees ct douleurs gravalives dans repigastre et I'hypngastre, borborygmes, et gonflement du canal intestinal. ( 297 ) conslipalion on evacuations alvinc^, frequcnles, tenues ou liquides ; formication et cuisson an pourtour de Tanas. A ces symptoincs siiccedent une pesantcur de tCte et des vcitiges, des doideiirs gra- Tatives dans Tocciput, Ic sjnciput et le front, aux tempcs et aux yeux, ophthalmic, avcc secretion auginentoe des glandes de Meibo- mius, et apres, abattement, envies de dormir, apathie. Dans des cas rares, acceleration du pouls, oppression de poitrine , sentiment de formication etd'ardeur dans I'uretre. Sou vent, Ics eflets priniilif? disparaisscnt et reviennent une ou deux fois, au bout d'un certain laps dc temps , qui varie suivant les individus et les doses. La teinture est moins energique que la pondre. Un denii- grain ou 1 grain de cette derniere suffit dans la plnpart des cas; mais on ne doit pas craiudre d'augmenter cette dose, lorsque les effets n'ont pas lieu, et Ton ne doit la repeter que toutes les 24 heures etquel- quefois toutes les 48 ou 72 heures. Jssd fcelida. — Elle a ete employee depuis un grain jusqu'a 20. Elle excite tres-forteuient le canal alimentaire dans tout son trajet, mais plus particulit-rement I'oesophage, Testomacct I'intestin grcle ; et determine des congestions vers le cerveau , annoncees par des maux de lete, des doukurs gravatives dans le synciput, le front et la rcgilatine. Mais la liqueur renfermera encore 11 parties de plaline, ( 3o6 ) que Ton pr6cipifera par le Fer , que Ton redissoudra par une qaan- tite proportionnee d'eau regale et par un 52° d'acide muriatique, et qu'on precipitera par le sel ammoniac. On lavera bien le preci- pite, on le chauffera pour en chasser I'exces du sel ammoniac, apres quoi le platine aura pris un commencement de cohesion; on lui donnera une certaine forme avec les mains avant que de le rou- ler dans I'eau, oii il se divisera en poudre extremement fine, se precipitera au fond, et laissera surnager les impuretes. Ensuite on introduira cette poudre de platine dans un moule cylindrique de bronze, ayant 6 pouces 3/4 de long, sur i,25 pouce de diametre inferieur, et 1,12 de diametre superieur, forme qui fiicilite la sortie du lingot. On ferme le fond par un bouchon d'acier qui y penetrc d'un quart de pouce, et qu'on a enveloppe de papier. On graissc I'interieur du moule, et on y met la poudre de platine, qui se tassc parfaitement , el que Ton presse au moyen d'un boulon de bois , de maniere a faire sortir I'eau, puis on ferme le moule avec un disquc de cuivre garni de papier. C'est centre ce disque que Ton exerce la plus forte pression possible. (Ici I'auteur decrit la presse dont il fait usage). Ensuite on retire le bouchon , et le lingot de platine sort du moule avec une certaine consistance. C'est alors qu'on pent le chauffer au rouge-blanc, pour le dessecher et brCiler la graisse qu'il a pu emporter. Ensuite on I'expose a la plus forte chaleur d'un fourneau alimente par un bon courant d'air. On le maintient au rouge -blanc pendant vingt minutes, et Ton donne un fort coup de feu durant les 4 f>u 5 dernieres minutes. On porte subitement le cylindre de platine sur une enclume, oii on le forge en le frappant forteinent a son sommet. S'il venait a se courber, il ne foudrait pas le redresser en le frappant sur le cote, car il se bri^erait; mais on doit lui appliquer avecadresse des coups sin- les bords de son sommet. Pour le degager des parcelies de fer quipourraientetre adherentes a sa surface, on I'enduitd'une couche humide d'un melange a volumes egaux de borax et de tartrate de po- tasse; puis on I'expose a une forte chaleur, dans un vase de pla- tine sous un pot renverse. On le met ensuite dans un bain d'acide sulfurique etendu, pour le debarrasser de son flux; des lors il est propre a tous les usages auxquels on le fait ordinairement servir. L'auteur donne ensuite des precedes pour obtenir le palladium et I'osmium. ( 3o7 ) Desrri'plion d'ltn nncroscopp ; par M. Wollaston. Tleclierches sttr rcleclriciU de la torpillc; par H. Davy. (Voyez yJ /males, torn. Ill, p. 3i3. ) Mt'iliode de comparer laUmiiere -lit soleil a\>ec celle des cloiles fixes} par M. 'Wpllaston. Ce precede photoinetrique n'offre rien fie nouveau; mais I'auteur propose de s'en servir pour determiner la distance des etoiles fixes , en supposant que ces etoiles sent aussi fjrandes et aussi lumineuses que le soleil. Composition de I'enu de la Midi lev ranee; par M. Wollaston. Deuxboiiteiiles de cette eau avaientete rempliesa68o et 45o milles du detroit de Gibraltar, et a des profondeurs de45o et4oo fatiioms (823 et 702 metres) ; sa densite etait la mOme que celle de I'eau de mer ordinaire , mais une troisieme bouteille remplie a 5o milles du detroit et a une profondeur de 670 fathoms (i225 metres), avail ramene de I'eau dont la densite surpassait celle de I'eau pure quatre fois plus que I'eau marine ordinaire, et qui, evaporee, laissait par consequent un residu quatre fois plus considerable que I'eau de mer ordinaire. Voici les nombres exacts : Deusile. Set pour cci 1.0294 4,o5 1.0295 3,99 1,1288 17,5 Conslritctiou d'lin It^lescope rejlecleur de 7,8 ponces d'on\-er- ture, ovec une lentille concave , formee d'un liquide; par M. Bar- low. Cette lentille est formee de deux feuilles de verre , I'une plane et I'autre convexe, reunies par leurs bords , au moyen d'un mastic, et renfermant entre ellcs du sulfure de carbone, dont le potiyoir re- fringent est, comme on sait, tres -considerable. Ces lentilles for- mees avec des liquides , ont ete imaginees depuis plus de 5o ans , en Angleterre. Inclinaison de U aiguille magnelique a Lcndres, au mois Latitude. Longhudr. Profundeur. N° 1. . . . 38°3o' 4°3o E. 45o fath. N° 2. . . . 37 3o 1 00 E. 4oo N" 3. . . . 36 00 440O. 670 Gilbraltar . 56 07 5 22 0. ( 5o8 ) d'r.out 1828; par le capitaine Sabine. Cette inclinaison a ete trou- vee de 69° 47'. Elle etait de 70' 4',5 en aoCit 1821. Rewcirques stir la tendance a la formation ties calculs iiri- naires ; obseivations sw la nature de ces concretions, el analjse d'une grande partie des echantillons reciieillis a I'hopitalde Nor- folk et Norwich; par M. Yelloly. ( Voyez Annates, tome IV, pag. i33. ) Experiences du pendulefailes comparativemcnt a Greenwich et h la staiion de Londres , oil le capitaine Kater a fait les siennes; par le capitaine Sabine. (Voyez Annales , tome III- p. 327.) Obseivations stir la forme et In marche des aiirores borcales , el sur leur distance a la surface de la lerre; par M. Farquharson. Nous n'y avons rien tu de nouveau. Obseri'ations sur lesfonctions du canal intestinal et dufoie des foetus humains; par M. R. Lee. (Voyez Annales, t. IV, p. i34. ) Experiences sur la torsion; par M. Bevan. Surun barom'etre different iel; par M. WoUaston. Obseri'ations sur lesfonctions de la digestion; par M. Philip. (Voyez Annales, torn. IV, p. i53. ) Experiences sur lefrottemenl des surfaces des corps solides ; par M. Rennie. Corrections apportees aux formules logarilhmiques ; par M. Th. Graves. Sur la reflection et la decomposition de la lumiere aux sur- faces de separation de milieux possedanl des pouvoirs refringens e'gauT ou diprens ; par M. Bre^vster. (Voyez Annales, torn. IV, p. 1.) ( 5o9) Surla reduction an vide dcsvibralions d'un pendule iin'ariable; par le capitainc Sabine. ( Voyez Ann ales , t. Ill, p. 32i ). Remarqites sur les objections qiion a elevees contre la repre- sentation geometrique des racines carries des quantitcs nega- tives ; par M. J. Warren. Description anatomiquc d'un pied de femme chinoise ; par M. B. B. Cooper. L'auteur donne, avec une figure de grandeur na- turelle, la description d'un pied chinois, trouve dans la riviere de Canton, et fait reniarquer les difformites qui ont ete le resultat de I'nsage qu'ont lesfeunneschinoisesdecontrarier, par tons les raoyens possibles, le developpement de leurs pieds. La longueur de ce pied n'est que 5 pouces 1/4 anglais, et sa hauteur de 3 xj-i. Le calcaneum s'est beaucoup developpe dans le sens vertical, de telle inaniere que la plante du pied a pris une forme tres-concave. Obsen'alions sur IcsfoncLions da sjstenie nen^eux , et sur les raj)porls qu^ il ii avecles autresfonctions vilales ; par M. A. P. Vil- son Philip. M. Philip etablit, dans ce memoire fort etendu, mais qui ne peut etre considere que comraeun resume d'experiences dejii publixies , que les nerfs se divisent en deux classes dont les fonctions different essentiellement. La premiere comprend les nerfs qui nais- sent directement du cerveau et de la inoelle epiniere. La seconde comprend les nerfs ganglionaires. Les premiers recoivent I'influence des organes d'ot'i ils tirent leur origine, et transmettent aces niemes organes les impressions qu'ils recoivent; c'est a eux qu'appartient essentiellement la faculte d'exciter les muscles du mouvement vo- lontaire. Les seconds, quuiqu'ils recoivent les impressions du sen- soriun> , et qu'ils excitent aussi occasionellement les muscles de la volonte, ont cependant pour principale fonction de presidcr aux secretions et assimilations. Qu'il nous soit permis de faire observer que toutes ces experiences , en general si precises dans les conclu- sions des memoires physiologiques, offrent fort pen de garantie une fois qu'on a cherche a en repeter meme une seule. Les experi- mentateurs n'envisagent pas le sujet sous ses diverses faces, et n'evaluent presque jamais toutes les circonstauces. Nous ne crai- gnous pas dc Ic dire; In science est a recommenccr tout ciilicre <()us ce rapport. ( 3io ) Sur lit respiration des oiseaux ^ par MIM. Allen et Fepys. ( Voy. Aiuuiles, torn. Ill, p. 429-) Pwtjication sponlaneede I'eau de la T'amise; par M. Bostock. Del'eaude laTamise,saIiepar des ordures qui la rendaient opaque, et degageant unc odeur tres-fetide, avail depose , au boii t d'uue semaine, uiie grande qiiantite de matierc noire; niais I'cau, apr^s avoir passe a travers une couclie de sable et de charbon, n'avait perdu qu'une partie de son opacite et de son odeur. Abandonnee dans cet etat , pendant piusieurs semaines , on fut surpris de la trouver transpa- rentc et inodore, bien qu'un pen coloree , et contenant 76 parties de sels minerauxsur looooo parties. Cette eau avait ainsi eprouve unc espece de fermentation , qui I'avait debarrassee de toutes les matieres organiques dont ellc se trouvait auparavant chargee. Par la se trouvait confirme cette opinion populairc, que les eaux de la Tamise sont particulierement propres aux voyages niaritimes , a cause des impuretes qu'elle contient, lesquelles, en fermentant, se dctruisent en totalite et sans retour; ce qui n' arrive point pour les oaux plus pures. Sur la composilion dn chloruve de bariitm ; par M. Turner. (Voyez Annalcs, torn. Ill, p. 349.) Couleiir.s prodniles par les surfaces des nitiaux cl des corps diaphanes , quaiid onles a rajces; par M. Brewster. (Voy. An- nales , tom. IV, p. 1.) Sur les nerfs de la face; par M. Bell. Le but de ce travail est de retuter une opinion eniise par M. Magendie , conlradictoirement a celle que M. Bell avait deja publiee dans un travail precedent re- latif auxnerl'sdela face. Apres avoir demontre, par I'anatomie, les rapports qui existent entre les rameaux du nerf de la cinquieme paire et les muscles relcveurs de la machoirc, I'auteur prouve, par deux experiences directcs , leur influence sur I'acte de la mastica- tion : 1° ayant mis a nu, sur an ane, la racine du nerf dc la cinquieme paire et I'ayant stimulee, les maulioires se sont fernices avec bruit; 2° ayant coupe sur le mcmc animal la cinquieme paire, la ma- choirc est totobce relaclioc el san> force. : 5ii ) Sur III reduction an vide, du pendulc de Kaler; par le capi- laine Sabine. ( Voyez Annates, torn. Ill, p. 32 1. ) Sur la representation gcometrique des puissances des expres- sions qui renfermcnt les racines carrees des quantit^s negatives ; par M. Warren. Examen experimental des theories ^leclrique et chimique du gah'anisme; par M. Ritchie. L'autenr rapporte ici sept experiences qu'il regarde comme contraires aux idees generalement ref ues sur le galvanisme, mais dontilnoussemblequ'on nepeiitrienconclure. ACADEMIE DES SCIENCES DE PARIS. Seance du 3 Mai i83o. — M. Gaiitier presente un memoire sur la latitude de Geneve. Le Glossaire de botaniquc de M. Theis, est renvoye i I'examen dc MM. Desfontaines et Cassini. M. Julia -Fontenelle adresse une note sur un fossile humain trouTe dans un travertin, pres des Martres de Vegre. M. Plagge presente une addition a son memoire physiologique sur la vue. M. Arago presente quclques eclats d'un gros chOne frappe par la foudre. Ces fragmens sont tres-divises dans le sens de leurs fdires, de maniere a ressembler a des balais. M. Becquerel fait connaitre un procede electro -chimique pour separer le manganese ct le plonib. M. Dureau Delamalle lit un memoire sur le developpement des facultes intellectuelles des animaux. M. Charmel lit un memoire intitule : TUitracisme des niedecins qui sont persuades que letraitement antiphlogistique est le seidqui convienne a la syphilis. lo Moi. — M. Beltrami presente seize tableaux mexicains, qui I'ont aide a faire la genealogie des reis Aztequcs et Toll'cques., et une autre peinture qui lui a servi pour elablir la succession des chef* de la republiquedeThlascala. ( ^»2 ) M. Rousseau adresse a I'Academie Ircntc observations qui de- montrcnt la propricte febrifuge do la pondro dc houx. M. G. CuYier fait uii rapport favorable siir Ic niemoire de M. Ben- nati, rclatif au mecanisme de la voix humaine dans le chant. IM. Magendie en fait un pareil sur la dccouverte de la salicine par M. Lcroux. MM. Lame et Clapeyron presentent un memoirc sur la solidi- fication, par rcfroidissement , d'un globe primitivement liquide; ils appliquent leur analyse au cas de la consolidation du globe. M. Couverchel lit un memoire sur la maturation des fruits. 1" Mfl/. — M. Coriolis soumet a I'examen de I'Academie, une machine destinee a imprimer au corps hnmain un exercice muscu- laire, eflicace pour la guerison des maladies nerveuses. M. Gerdy adresse un memoire sur le mecanisme de la voix. M. Cauchy lit un memoire siu- les vibrations de la lumiere. M. Deleau adresse a I'Academie un compte rendu des resultats qu'il a obtenus dans le traitement des sourds-muets. M. Reveille-Parise lit un memoire sur I'existence et sur les causes organiques du temperament melancolique. M. Mongez lit un memoire sur I'histoire dupoivre depuis les temps anciens jusqu'a nos jours. M. Dufrenoy en lit un sur les caracteres particuliers que presen- tent les terrains de craie dans le sud de la France. 24 Mai. — M. Cuvier presente un monstre bicephale , nc au village de Salis. M. Jacobson envoie un instrument lithotriptique. M. Bijon adresse differens opuscules sur les proprietes des eaux minerales de Dinan. M . Thillorier annonce qu'il vient de depose^-, au Conservatoire des Arts et Metiers, le modele d'une nouvelle pompe a compression donee d'lme tres-grande puissance. M. Rauconrt presente deux memoires sur les recherches qu'il a faites sur le pesage des voitures. II a imagine pour cela plusieurs instrumens nommds phortoruetres, au moyen desquels on souleve separement chacune des roues de la voiture. M. Cauchy fait connaitre la suite de ses recherches sur les ondes lumineuscs. M. Duhamel lit un memoire sur la temperature des habitalions-. ( ^""^ ) M. Dtipelit-Tliouai's eu litun i-ur rcducatioii dessoiirds-uiucts. M. Auzoiix piesente a rAcadumio uiie piece arlilicielle d'unalu- mie, representant Ic corps eoticr. 5i Mai. — M. Chevallier annouce qu'on a obtenu d'heuieiix re- siiltats de Femploi de I'acide muiiatique, pour Ic nettoiemeiit du palais de I'Elisee-Uourbon, MM. Jlobiquct et Boutron-Charlard adressent de nouvelles expe- riences siir les amandes ameres et sur I'liuile volatile qvi'elles four- uissent. MM. Gon et Percheron adressent une nionographie d'un genre d'insectes de la tribu des scarabees. M. Poinsot lit un memoire sur !a theorie et la determination do I'eqiiateur du systeme solaire. M. Gauchj presente trois niemoires sur la tlieorie des nombres, sur la determination des racines primitives des nombres, et sur la tbeorie de la lumiere. M. Dufrenoy lit un memoire sur les terrains de craie du midi de la France. LE TEMPS FAIT JUSTICE DE TOUS LES TORTS, MiiME DES TORTS ACAD^MIQDES. 11 n'j a pas encore quatre ans, et justice est presque rendue. Avions-nous droit d'etre resignes, alors que, par une reclamation, nous soulevames contrc nous tons les amis d'un puissant acade- micien? alors que, avec ce ton que tant de jeunes auteurs qui, comme nous, ne sont rien que des auteurs independans, out eu I'occasion do reconnaitre, le secretaire perpetuel de 1' Academic (ce n'etait pas M. Fourier) s'ecriait : c'est encore une lellre de ce M. Raspaill alors qu'il la lisait a voix basse , pour avoir sans doute la voix moins fatiguee, autour de la lettre de son { rotege ? alors que le pere, qui etait en meme lemps le president, les geiidres et les solliciteurs accouraient signifierau Bulletin universe!, a la Revue encjclopc'difjue , an dole, de ne rien laisser passer qui eOl trait a cettc reclamation, et que dans I'un de ces retueils on effa^'ait meme un eloge de Theodore de Saussure. de crainte que. par ami- ( 3i4 ) (liii'ic, eel cloge lie fill line epigramuie dirigeecontre rinteressant incrimlne ? Mors eiifin que MM. Cuvier ct Theiiard , meiiibres de la commission, tout en se declarant incompetens , quant au fond dc la question, entrainerent M. Mirbel i sanctionner, par une couronuc, un plagiat cache derriere un roman ? qui eOt ose alors ne pas bia- mer notre hnrdiesse? qui eQt ose avouer qne nous n'avions pag tout-u-fait tort ? Et tout a coup voila qu'une fansse demarche , im- posee I'l I'amour-propre imprudent du fils par I'insatiable vanite du pere, vient a blesser M. Mirbel, qui n'a plus aujourd'hui a dis- puter la chaire du museum ; et le depit repare presqne les torts deja anciens d'unc complaisance interessee. Cependant comme cette re- paration n'est pas complete , et que toutes ces tournures tant re- comniandees, qu'on a-ppeWe formes acade'rniqiies , dissimulent ou alterent toujours un peu la verite ; nous allons hardlment enfin comblcr ces lacunes, completer ces reticences, ct publier, dans rinterCt de la morale de la science , des circonstances que les jour- naux mtticuleux et dociles n'oserent pas imprimer alors. Les deux ecrits suivans nous y invitent : i° Ri'ponse de M. Ad. Brongniart mix observalions faites siir ses travaux de p/iysiologie vdgetale, dans la seance de I'Academie des Sciences , du i" mars 1829, in-4% 8 pag. 2° Lellrede M. Mirbel a M. Alexandre Brongniarti in-4% 18 pag. (j). Le 21 juillet 1826, M. Raspail lut un long travail , fruit de deux ans de travaux, sur Veiiide des tis^as organiques, a la Societe d'His- toire naturelle de Paris dont il etait meml)re. II en demontra les principaux resultats sur le tableau. Un exlrait fort etendu fut de- pose dans le proces-verbal de la seance ; et M. Audouin, membre de la meme societe , en demanda a M. Raspail une note destince a etre lue le lendemain a la Societe Philomatique , et a etrc imprimee soit dans le Bulletin de cette societe, soit dans les Annales des sciences nnlurelles qu'il redige de concert avec MM. Ad. Bron- gniart et Dumas, ses l)eaux-freres , egalement membres de ces deux societes. Le lendemain cette note fut effectivcment lue a la Societe Phi-* (1) Voy. Annal. des sc. cFobs , t. Ill, p. 47^- ( r^'.'> ) loinalii|ue pai- M. \iii!ouiii ; cl le secrelaiiejijt: la societe ayaiil piiv a liaiilc V()i\ M. Audouin dc la (It-poser ^HHc bureau, pour etie inseree clans le Jhdleliii , M. Audouin repondil (ju'il la remcltrait a 31. Dumas, un des coredacteurs de la societe. Cette note iie fut inseree ni dans le Bulletin de la sociele , ni dans les Aniiales des Sciences nalitrelles. M. Raspail croyant, par toutes CCS circonstances, avoir assez bien assure ses litres a la prio- rite, se contenta d'annoncer succinctement le contenu de son tra- vail dans le Dullciin uni\>ersel dont il etait redacteur. ( 2' sect. , iivr. deseptembre 1826, torn. IX, n° 78. ; Cependant, a diverses reprises, MM. Ad. Brongniart , Audouin et Dumas demanderent avec instance a M. Raspail son grand travail sur le pollen ( ils le designaicnt ainsi), afin de I'inserer en entier dans les Anudles des Sciences nnlurelles. M. Raspail promettait de le ieur confier , apres I'insertion d'nn vnemoire etendu sur les graminees, dont la planche avail deja paru dans une livraison pre- cedenle. Nous verrons plus has que ce memoire n'a point ete in- sere dans ces Annales. Enfin, a la derniere seance du mois de decembre 1826, M. Al. Brongniart, president de I'Acadeniie des Sciences, lut au nom do M. sonfils, Ad. Brongniart, I'analyse d'nn travail sur la genera- lion, memoire destine aux ooncours de physiologic pour le prix de Monthyon. Les opinions de I'auteur sur la structure et la for- mation du pollen, ttaient tellement identiques avec celles que M. Raspail avaient lues au mois de juiHet, et dont M. Ad. Bron- gniart possedait un extraitanalytique, que M. Raspail ne put s'em- pecher dc communiquer sa surprise a quelques-uns de ses collegues prescns ;'i I'Institut, et qui avaient assiste a la seance du 21 juillet, dc la Societe d'Histoire naturelle. On savait au reste generalcment que M. Brongniart ne possedait son microscope que depuis qualre mois. On nc renonce pas aisement au fruit de deux ans de recherchcs, ct Ton ne se soumct pas de gaiete de coeur a un soupcon de pla- giat. M. Raspail, qui certes, dans cette demarche, ne pouvait pas etre anime de I'intention de disputcr une couronne, puisquc la cloture des concours avail eu lieu le 1" Janvier, M. Raspail ecrivit arAcademie dans la seance suivante, pour exposer les litres assez ftoinhrcux qn'il avail a la priorite : parmi lesquels il insislait spe- ( :5ir, ) cialeinciit siir la nijle|^nuscrite qii"!! avail confiue, ties le •22jiiillet 1828. aux vi'ddcteui^t/Ks yiiiiiales des Sciences naliirellcs. Cetle lettre, comme on devait s'y attendre , souleva tons les amis contre M. Raspail ; M. Ic president ecrivit a ce dernier en faveur de son fils; les deux beaux-freres se rendirent, avec M. Ad. Brongniart, a la seance suivante de la Societe d'Histoire naturelle, pour avoir pu- bliquement une explication avec M- Raspail. Tons les inembres fiirent juges, seance tenante, de la discussion. L'extrait du proces- verbal du 21 juillet, fut exhume et confronte avec les assertions du memoire de M. Brongniart. Ce dernier detlara n'avoir pas eu con- naissance de ce proces-verbal. Quant a la note dont il etait deposi- taire, M. Dumas la tenait cntre les mains, etrefusa opiniatrement, solt de la deposer sur le bureau, soil de permettre qu'im menibre en fit lecture ; IM. Brongniart assurait que ses beaux-freres ne Ini avaient pas conununique cette note. M. Dumas ne pouvant plus contenir son irritation , remit a M. Raspail , au lieu de la note fa- tale, un memoire dont la planche avait deja paru dans les Aiinalcs. ( Voyez Bullelin des Sciences nal. ei de geologic , t. X , n" "it^Q. ) Dans la seance suivante del'Institut , on kit une lettre dans laquelle M. Brongniart, apres avoir hasarde la meme declaration, faisait passer un extrait de la note de M. Raspail. Celui-ci repondit que la delicatesse auraitexige qu'au lieu d'un extrait, 31. Brongniart eut fait passer la note ecritede la main de M. Raspail meme. Leschoses en resterent la. M. Raspail fit imprimer, de son cote, le proces-verbal de la Societe d'Histoire naturelle de Paris, dans la livraison de fe- vrier, du Bullelin des Se. nat. et de geologic, t. X , n. 176, et en distribua des copies a presque tous les membres dc I'lnstitut. De leur cote, RIM. Audouin, Brongniart et Dumas firent imprimer, dans le Bullelin de la Sociele philoniatique , un extrait tronque i, et sans aucun caractere authcntique, de la note qu'ils avaient gardee six mois entre les mains. Quant a la nole elle-meme, nous suppo- serons, jusqu'u preuve du contraire, que sur I'invitation formelle de M. Raspail, ilsl'auront deposee au secretariat de l' \cadeniie. 11 est inutile au but que nous nous proposons dans cette revelation de raconter toutes les demarches, toutes les promesses, toutes les soUicitations que M. Al. Brongniart mit en usage dans cette circon- stance. Au mois lie juiu M. Mirbel. cedanl a la volontc ilc ses coUigue!: ( 3i7 ) de la commission, kit uii rapport ilaiis leqiiel, apres avoir fait la part de tout ce que M. Ad. Brongniart avait emprunte aux auteurs, il j;arda le plus profond silence sur la reclamation de iM. Haspail, el fit tomber la couronne sur les deux fails que M. Ad. Brongniart avait emj)runtes a ce dernier. ( Voy, ce rapport dans Ic torn. I des Annalts des Sciences d'ol)setvation , p. 255. ) M. Raspail en appcla a I'impartialile du public, en faisant im- prinierson grand memoire dans le torn. Ill des MJw. de la Soc. d'Hisl. nat. de Paris ; or, personne n'a ose I'accuser de plagiat. Cependant il faut en tout ceci qu'il y ait un plagiaire. En i83o, M. Mirbel a eu la force de le reveler. II est vrai que ces revelations sont faites avec tous ces deguisemens , toutes ces formes academiques a travers lesqnelles les confidens et amis seuls peuvent apcrcevoir le vrai , et qui , lels que I'anneau de Gyges , derobenl aux regards du public et les actions el les personnes. En voici un exemple : Dans sa lettre, M. Mirbel s'exprime deux ou trois fois de la maniere suivante : Ce fait est tres-curicux; je ne pense pas quaucwi observateur piiisse en dispuier la priorite a M. Ad. Brongniart (pag. 9). Cela signifie , dans I'intimite : M. Brongniart n'a jamais pu le demontrer a personne. On deman- dait I'autre jour a M. Mirbel ; Mais a present , pensez-vous que M. Brongniart ait veritablement exploite it son profit le lrnK>ail deM. Raspail, comme Hen a ete accuse? Apres un pen d'hesi- lation, M. Mirbel repondit : Pour c/uelques personnes , c'est en- core un pen douteux ; pour moi c'caI evident. Les formes acade- miques ne permettaient pas a M. Mirbel de s'exprimer avec tant d'abandon; il s'est , dans sa lettre, exprime de la sorte : ilest juste de dire qu'elle ( la structure du pollen ) na ete demonlree d'une maniere rigoureuse que par M. Raspail, qui, ai'ec les secours des reactifs , est parvenu a isoler, sans presque alterer sa forme I'enveloppe interne de V enveloppe externe (ibid. ). Quel aveu ac- cablant aux yeux de ceux qui savent evaluer les formes acade- miques! M. Raspail n'a demontre cette structure que dans le tra- vail dont M. Brongniart possedait un extrait et dont la commission connaissait I'existence ! Quant a la formation du pollen, M. Mirbel n'a pas eu la force de faire le meme aveu : aucune obser\>aiion aussi clairc ^ dit-il (p. 8) , aussi positive, n avail etc faile sur Vorigine du pollen avant M. ntvngniari. Et ponrtant I'origine ( 3'8 ) (111 pollen se troiive exposoe, c(')le a cole de la precedente observa- tion, dans la note dont M. Brongniart avait un extrait ! L'aibitrairo se glisse done j usque dans le repentir , j usque dans la reparation d'une injustice ! Qu'on est malheureux d'avoir fait Ic mal ! car on n'a jamais ensuite la force de le reparer en cntier ! Cependant ces aveux nous sont acquis ; nous en prenons acte ; et pour les completer, nous allons ofTrir, sur deux colonnes, le texte de la note dont M. Ad. Brongniart avait un extrait enire les mains, et le texte correspondant de la reclamation de M. Brongniart dans son J'actiini ncademique. Ces grandes lecons ne restent jamais steriles; elles profitent a ceux qui viennent apr^s nous. Structure de I'anthere el du pollen. Ad. Brongniart. Raspail. Le pollen se forme dans I'in- lerieur des cellules d'une masse cellulcuse unique et libre , qui reinplit chaque loge de I'anthere sans lui adherer. ( tlepon.se de M. Ad. Brongn., au.x obsetv. failes sur ses iravaux de phy— siologie iH'gclale. ) Le pollen est forme de deux membranes, I'une externe, cel- luleuse , souventcouverte de pa- pilles et percee d'un petit nom- hre de pores ; I'autre interne , mince et diaphane , forniant une vcsicule unique, qui contient les granules sperniatiques , et sus- ceptible, par Taction de Thu- midite , de se projeter au de- L'epiderme d'un grain de pol- len tient par une espece de hile, soit aux parois de Tanllitjre , soit au tissu cellulaire glulineux qui remplit ( avant I'anthcse ) Vanthere , et qui a toutes les proprietes du gluten. ( Proces- verbal du 21 juillet , imprime torn. X, n° 176, du Bulletin des Sc. nat. et de g('ol. ) N. B. Nous ne pouvons pas citer les paroles textuelles de la nole qui avait ete confiee a M. Brongniart ; mais I'opinion doit s'y trouver formellement exprimee. M. Raspail a lu le 21 juillet 1826, a la Societe d'Histoire naturelle de Paris, un travail assez ctendu 2° sur I'analogie qui existe entre la structure d'un grain de fecule et celle d'un grain de pollen , et sur la pres- que idenlitc, soit de la L.upu- line , soit de certaines glandes de Guettard, soit des pores cor- ( "^'9 ) hois en iin tube menibraiicux de- ticau\ avec uii grain tie pollen, ja observe une fois par Amici. ( liull. des Sc. iiat. cl di'pcoL, {lOid.) tom.IX,N°78, scptemb. 1826.) Cet ('■pidormc ( du grain dc pollen ) rcnferme line autre ve- siculc que I'ammoniaque en fait sortir, et cette vesicule renfernie deux ou plusieurs vesicules glu- tineiises elasli([ues, et qui peu- vcnt quelquefois s'allonger coni- me un boyau. ( Pioc'ts-verbal dii 21 jiiillel 1826, insere an Bidl. des Sc. nat. el de geol. , t. X, n° 176, p. 253, au bas. ) N. B. Cette opinion se trou- vait presque textuellenient dans la note dont >I. Brongniart, des le lendemain de ia lecture dii memoire , etait deposilaire. Remarques. Quant aux autres opinions contenues dans le tra- vail de M. Ad. Brongniart sur la geritraiio/i chez les vegetaux , nous n'ayous rien a reclamer : ce qu'il eontient de positif apparticnt aux auteurs et surtout a M. R. Brown ; ce qui apparticnt a M. Bron- gniart n'a pn, jusqu'a present, etre veriGe par personne ; et pour- tant on a apporte a la vcriflcation de bien bonnes volontes et beau- coup de complaisance. Nous avouerons, en meme temps, que les opinions dont nous reclamons la priorite, ne sont que la partie la moins importante de notre travail sur les l''ssus organiquex. Le plagiat nous effraya d'abord, parce que nous pcnsames qu'il avait ete complet ; aujourd'hui nous nous serious dispenses de reyendi- quer ce qui nous en revient, si la morale de la science ne gagnail pas a ces revelations. Discant justitiam moniti. ANNONCES. Fig I RES DES Champignons servant de supplement ai'x planches de Billiard, peintes d'apres nature, et lithographiees par J. B. L. ( 520 ) LETELtiER, D. M. P., grand ir»-4°- Prix de la livraisoii tic 6 pi. en noir, i fr. ; coloriees, 2 fr. 5o c. Paris, 1829, Meiihac. M. Letellicr s'cst fait conuaitre par iin excellent travail sur les champignons comestibles ct veneneux, in-8°. L'ouvrage qu'il cn- treprend aujourd'hui ne pent manquer d'interesser toutes les per- sonnes qui possedent BuUiard. Les planches seront numerotees ponr faire suite a ce grand ouvrage. Les figures en noir de cette premiere livraison n'offrent pas encore tout le fini desirable; mais la couleur masque cedefaut dans les livraisons coloriees qne nous recomman- dons specialement aux acheteurs. HiSTOIRE NATURELLE DES O ISEAVX-MOL'CHES ; par R.-P. LeSSON. Parfs, 1829; Arthus Bertrand. Observationes de avium arteria carotide commum ; auct. Chr. L. Nitzsch 26 pag. in-4°- Halle, 1829; Gebaner. Prodromus^etromatognosi^ animalium systematica; auct. G. Fis- cher. in-4°. Petrefacten von D.-A. Goldfuss. 2° livre in-fol. pag. 77 — 164 ; pi. XVI ^ — L. DUSSELDORF, 1829. ArNZ. Ueber die fossilien Reptilien, etc. — Histoire des Reptiles fos- siles qui se trouvent dansle Wurtemberg; par le d' S. F. Jager. In-4°, 48 p. , 6 pi. Stuttgard, 1828; Mess. Delle pietre antiche ; libri quattro di Faustino Corsi romano. In-4°j 224 p. Rome, 1828, Salviucci. ERRATA. Pag. 67, lig. 1. Cjanale, lisez : Cyanile. Pag. 25i, lig. 25. § /^//, lisez : § VIII , et ainsi de suite. Pag. 118, lig. 1 4- Emigrant . lisez : arrivenl ; a la fin , lisez et parlenl a la fin , dr. Ibid., lig. 39. Parlenl , lisez : anivenl ; on, lisez : el parlent. r ^aJ/e. r /f^ ayff ipAUjAi 'am fc^^/A^i^ ) _____ _ / ^ ^ ^ fj />^^«^ 'tyvt _£_ - /^^ / 1 yi /^^Az^*!^ ___/ . r/, fr/ ^ J) ^^^^"g^^r^^^ ^ ^ /^^^ T, ^^i-tJ^J-f I i^jt^ty/ii/^/ /n^^ ti^i^// J ^?j / ^A^r //^^>/'^^^^/^./^^^^^ 7 ^/ 'J ^^^ ^^^/^J __ '?f^^ ^/ i^^JJ^j A^'^^f^i^^ /^J*^7**^^f yt.rC^j ^^/ \^^^~ J e /'// ^ -^_^ — ^ I /^/ ^ 7 Av -e- /^ i uuj^^ f^n, // . / . ,'/^,y ? ^/^ 4 7^^//^^ rl ^ f^ Z^Z^' X -^ ^'^" c-^~- i^p,a - 6^ 'J n ^ o i7 PJ eif-i i- fS f-i--^ 1U/ly^F^^f^^t'''^^^--~ -iV^/ 7 // r p / ^ \ ^ / ' <'>i-/(^ajja4^j^ It a — — ^ — - ^i^^/- ^^^ /> /^//^/ V V^ ^-7 kr * I i«?/ '-// -^r- 6 <2^ ^ . ^ ^^a^c ^ ^/^ r'W-/W>^.^./^..y^^^,^, 't/^,//..,^^ ,^ 7/V, ^^^ A. yyj / n //^ e /^ /7A/^<*r-, -y J cL^ c ^fc.— / £- i/^ji'j:^^ ^ Pi^-p-i-t^^i^-r:/ . { i-f-i^ '> T-- ji Z' V^ VJ C'(r?yvH'>ii^^ "> ^i^ \ J^^^J^ 'r>-. J^(^ .V' Mm V?;/. y: /'y^:4-^. /y,,,u.vy^/,^r,/r^rAr.Ar(:r^fyn:r,^.,/,,rr?^'rnr^y:r. C/ftn. {^'O/m. torn iv R.JX Coa^ at' CO. {^cra//' (te /l..&i»i.irT •pvlM. J^eot^/ffs J/,>m>^„-n^ ./.i- /^/nr,/.:- p,r Jf H.u-lielte A.;)/ ,fi.- ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION, COMPRBKANT l'AsTROKOMIE, LA PflTSlQlE, f* ChIMIE, LA MlNEBA- LOGIE, LA GeOLOGIE, LA PhYSIOLOGIE ET l'AnATOMIE DES DEl'X REGNES, LaBoTAKIQUE, LA ZoOLOGIE; LES THEORIES MATHEMATIQL'ES, ET LES PRINCIPALES APPLICATIONS DE TOUTES CES SCIEKCES A l.n. Meteorologib , A l'AgricultvrEj aitx Arts et a la IMedecine; PAR MM. SAI6EY £T RASPAIL. ROUEN FRERES, LIBR AIRES -EDITEURS, KtE DE l'eCOLE DE MEDECINE, K" l5; BRUXELLES, Ar DEPOT DE LA LIBBAIRIE MEDICALE FRAN^AISE. Ces udnnales paraissent le premier ^" %r.mul. Flor. Guaclalupensis ; auct. Wikstr.m. - ^o/...en«^^_^^^ arborea, M. ^'^^'^: ^ -y:;^^-::T:r^,l^s dela Nouveau genre de saunen; M- NViegmann. ± Suede: M. Dalmann.- Anatomic de la Scolopendra morsUans ^ M Muller.-Reponse de M. Raspail a M. Baen-Esj^cces^ nouvelles de F.Iaria et de Monostonu. M ,Crephn.--Re>^e critique sur les insectcs: M. Trentepohl.-Addi'.on au Sj stema ( La suite a la page preccdente.) ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION, COMPRENANT L'ASTHONOMIE, LA PhYSIQPE, lA ChIMIE, IA MiNEBA- LOGIE, LA GeOLOGIE, LA PhTSIOLOGIE ET l'AnATOMIE DES DEUX REGNES, LaBoTANIQCE, LA ZoOLOGlE; LES TbEORIES MATHEMATIQUES, EX LES PBISCIPALES APPLICATIONS DE TOUTES CES SCIENCES A LA Meteorologib, a l' Agriculture, aux Arts et a la Medecine; PAR MM. S^IGEY ET RASPAIL. TOME IV, n«2. — MMiSZo. ROUEN FRERES, LIBRAIRES-JilDITEURS, RTJB DE l'eCOLE DE MEDECINE, N° l5; BRUXELLES, AU DEPOT DE LA LIBRAIBIE MEDICALE FRANfAlSB. Ces Annates paraissent le premier de chaque mois, par numeros de dix feuilles,de381ignesalapage,etaccompagnes chacunde 4 belles planches. Trois numeros forment un volume, termine par une table alphabe'tique. Les lettres et paquets relatifs a la redaction del vent ^tre envoye's,/rarac de port, d I'adresse de MM. Roueii fr^res, libraires-^diteurs, rue de rEcole de Mede- cine, n° i3. PRIX DE L ABOKREMENT : -J . I 34 francs pour un an. Four Fans | ^ ^ ft-ancs pour six mois. ^ ,1-1 i 4o francs pour un an. Pour les departemens. j ^^ ^^^^^^ ^^^^ ^j^ ^^j^ _ ,, ,. I 46 francs pour uu an. Pour I'etranger | ^3 f^^^^^ ^^^^ 3^^ ^^i. ow soTJScaiT: A Paris, chez Rouen freres, libraires, rue de I'Ecole deMedecine, n° i3 j Dans les departemens, chez tons les libraires correspondans ; A Londres, chez Treuttel et Richter; A Bruxelles, et toute la Belgique, au depot de )a librairie medicale francaise ; A Leipsich, chez Michelsen ; A Turin, chez Bocca ; A Lausanne , chez Doy ; A Genet'e, chez Barbezat et Delaruej A Florence , chez Vieusseux; A Milan, chez Gaetano Ferrario; A Saint-Petersbours; , chez Weyer j A £erZm, chez Schelinger^ A Vienne, chez Schaumburg ; A Edinburgh , chez Blackwood j A Philadelphie , chez Carey et Lea j A Mexico, chez Bossange; A. Rio-Janeiro , chez dos Santoj. TABLE DES MATIERES. Pages Experiences sur le mouvement des fluides aeriformes et des liquides ; M. Hachette • • ■; '^' Thcorie physique de la comniimication du mouvement a distance; IVl. Saigey. 194 Nivellement a travers I'lsthme de Panama ; M. Lloyd 202 Production de la double refraction dans les corps que I'on corn- prime simplement; et remarques sur la cause de la double re- fraction; M. Brewster • *°' Nouveau moyen d'isoler le plomb et le manganese ; M. Becquerel. 216 Varie'te de^sel gemme qui decrepite dans I'eau; M. Dumas 21S Action de I'acide sulfurique sur le zinc ; M. Delarive 221 Suite des experiences de chimie microscopique; M. Raspail 225 Suite de la notice geologique sur I'Agenais ; M. Chaubard 261 Suite des fragmens de botanique critique ; M. Chaubard 27 1 ttudes agrostographiques ; M. Raspail ^74 Histoire de la the'orie de I'alternation des verticilles floraux 280 Suite de la dissertation sur les synanthe're'es ; M . Lessing 286 Experiences concernant la raaticre medicale; M. Jaerg 29' lode impuissant contre les maladies scrufuleuses 299 Emploi de I'huile de Morue ^oi BULLETIN ANALYTIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE. Bulbilles naissant sur les feuilles An Malaxis paludosa. — 'Doahle emploi du Pteris cornjtta. — Monographic des JYamaspora et Libertella ; M. Desmazieres . — Experiences sur la generation des piantes; M. Girou de Buzareingues • • 3o2— 3oi Descriptions de crustaces; M. Milne Edwards- —Generation du sechot; M. Pr(?vost 3o4-3o5 Transactions philosophiques pour 1829 ■> 3o5 Seances de 1' Academic des Sciences de Paris 3ii Complementde la lettre de M. Mirbel'a M. Al. Brongniart 3i3 Annonces bibliograpbiques -^'9 Errata ^ 20 iMP&IMERlE DE H. FOCUNIEB , ROE DE SBISB ; . :«* rt-- ^*i .^yr A. X.,'l^